Suivant les itinéraires proposés par l’Office de Tourisme de Ferrare,
Le parcours « ville Renaissance » se déroule au-delà du Corso Giovecca. En face du Castello, le Corso Ercole 1 d’Este rejoint la Porta degli Angeli dans la muraille. Rectiligne, contrairement aux ruelles médiévales tortueuses, il est large, pavé de petits galets ronds entre de hauts palais de brique aux énormes portails soulignés de décors en pierre blanche et aux fenêtres grillagée.

Dominique Fernandez : dans le Voyage en Italie
« la visite de la ville débuta par un exposé sur l’urbanisme ferrarais et la modernité des Este.la cité reçu des princes pendant les deux siècles de la Renaissance, une ordonnance géométrique d’un type absolument inédit en Europe. On perça des avenues de seize mètres de large (corso Giovecca, corso Porta a mare). Le corso Ercole d’Este fut le pourvu de trottoirs, les premiers au monde … »
Les palais sont le plus souvent occupés par des administrations ou des facultés – là, de nombreuses bicyclettes sont posées. Pas de voiture. Le Palais des Diamants fait le coin avec le Corso Porta a mare. Il se démarque de la brique par son revêtement de marbre découpé en facettes les « diamants » et abrite la Pinacothèque, fermée le lundi.

Après avoir traversé le Corso Porta a Mare la promenade se déroule dans un cadre beaucoup plus vert avec le Parc Masari puis une allée verte mène jusqu’à la Certosa (chartreuse) edifiée en 1452 par Borso d’Este. Au début, dans le grand parc, on ne comprend pas tout de suite qu’on se trouve dans un cimetière. L’église San Christoforo alla Chiesa est très claire très simple. Deux peintres ont réalisé les tableaux dont Roselli dont j’ai beaucoup aimé la simplicité des expressions, les couleurs vives et la fraîcheur.

Bassani, dans les premières lignes de la nouvelle LES DERNIERES ANNEES DE CLELIA TROTTI dans le roman de Ferrare:
« Qualifier de beau le vaste ensemble architectural du cimetière municipal de Ferrare, beau au point d’être réconfortant, c’est risquer chez nous comme ailleurs de susciter les fameux éclats de rire, les inévitables signes de conjuration toujours prêts, en Italie, à répondre à tout discours qui prétend traiter de la mort sans la déplorer…..Pour avoir une idée de ce qu’est la piazza della Certosa, que l’on pense une prairie ouverte, à peu près vide, parsemée de loin en loin de rares monuments funéraires, ceux de non-catholiques illustres du siècle dernier : à une sorte de place d’arme, en somme.… »
Par des chemins agrestes je retourne au Corso porta Mare bordé par le jardin public de la Piazza Ariostea puis par des rues très calmes et des jardins je parviens au cimetière israélite, paisible, ombragé, fleuri d’iris. Je lis les noms. Les mêmes que ceux qui sont gravés à la synagogue.

Bassani évoque à plusieurs reprises le cimetière israélite. Dans le Jardin des Finzi-Contini. Si j’avais eu le temps d’ouvrir Le Romande Ferrare qui est resté dans ma valise, j’aurais cherché la fastueuse tombe monumentale des Finzi-Contini
Le sentier du retour traverse une véritable exploitation agricole écolo, à l’intérieur des murs de la ville !. Puis je passe devant le Jardin Botanique. La promenade commencée entre de hauts murs de briques a finalement été très verte.
Comme il n’est pas trop tard, j’entreprends le troisième circuit balisé intitulé « Palais et Eglises de la Renaissance ». Comme les palais sont fermés et les églises aussi à cette heure, je m’amuse à lire les plaques de marbres très nombreuses. Ici, un poète que je ne connais pas, là, des combattants de l’Unité Italienne… Au hasard, j’apprends que Montaigne est passé dans cette maison…je longe la via Savonarola me demandant pourquoi Ferrare tient tellement à honorer ce personnage. Je rentre par des rues tranquilles de plus en plus étroites à mesure que je me rapproche du quartier médiéval.