
Prima collazione
Pas de petit déjeuner à la pension des artistes. La patronne m’indique une pâtisserie qui fait aussi bar non loin de la Piazza Travaglio. Les établissements plus touristiques ou plus chics sont encore fermés à huit heures. Je commande au bar un cappuccino (pas de cacao) et une brioche , un croissant fourré à la crème anglaise et à la confiture. Les gens déjeunent ici avant le travail, lisent le journal du matin, mangent leur pâtisserie debout serrée dans un papier. J’aime bien cette ambiance.
Au lieu d’aller directement au palais Schifanoia j’emprunte des ruelles et m’égare dans les quartiers bas de l’ancien Pô avant de retrouver la via Saraceno et la via scandiana où se trouve le Palais.
Le palais Schifanoia, bâtiment fin 14ème relevé en 1605, est le plus célèbre des Delizie d’Este voué aux plaisirs son nom signifie « chasse l’ennui » fur érigé par Alberto V (1347 -1393). Une exposition archéologique montre des objets trouvés dans une citerne Via Vittoria (cela m’amuse parce que notre hôtel s’y trouve) mais je passe vite sur l’archéologie pour intéresser davantage aux splendides plafonds et aux fresques, malheureusement en mauvais état, on devine une scène de bataille.
On présente aussi une collection numismatique (réservée aux initiés) et des ivoires.
Mais le clou de la visite est le Salon des Mois : une immense salle couverte des plus belles fresques données à voir. Bien sûr divisé en mois, chaque mois est partagé en trois registres en haut : le mois, dessous les signes du zodiac en dessous une grande scène figurative montrant Borso et son cortège ou Ercole dans une richesse extraordinaire de couleurs, une foule de personnages et une richesse indescriptible de sujets.
Au mois de Mars je trouve la construction étonnante : une arche est fendue, d’un côté elle est recouverte par une prairie avec un chien et un arbre tandis qu’au dessous de l’arche passe un cortège à cheval. A gauche la campagne, à droite un palais. Agrippés au fronton du palais : quatre angelots et en dessous une foule à pied, femmes et enfants tandis qu’à gauche sont représentés des cavaliers sous le paysage agreste.
En observant mieux les autres mois, je remarque une certaine cohérence : je retrouve avec des variations, la campagne, l’arche, le palais et toujours la foule…
Sur le registre supérieur le mois est représenté par un chariot portant une divinité féminine entre deux groupes de passants. Je m’amuse à noter qu’en mars la charrette est tirée par des chevaux blancs, en avril par deux cygnes, en mai (gémeaux) par un cheval bai et un cheval blanc, sous le signe du cancer, deux corbeaux sous celui du lion, deux lions, deux bœufs, deux hommes tirent aussi la charrette…

Palazzina Marfisa Este
Non loin de Schifanoia, la Palazzina est un très joli palais de petites dimensions .Encore les plafonds retiennent l’attention. Dans la première salle, à dominante rouge, Artémis Éphèse avec ses multiples mamelles se trouve aux quatre coins avec des motifs spiralés, des médaillons contenant des portraits. Dans la seconde la couleur passe au jaune/vert. Je relève les armes de Francesco d’Este « fons Manduriae » s’agit-il de Manduria dans les Pouilles ? « si non sors tolerantia » « pari animo ».
Dans la salle d’apparat le plafond est décoré de très étonnantes figures avec une permanence des seins (Artémis encore ???) aux figures féminines humaines mais aussi animales.
Je traverse un jardin pour arriver à une loggia (une orangeraie ?)
