CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005
les transports: notre R1 (éré uno) et le Vi uno.
L’église est une merveille baroque. Justement, hier, j’avais écrit toutes mes réticences vis-à-vis du baroque napolitain. A Palerme, grâce au livre de D Fernandez j’avais apprécié les putti de Serpotta et le charme des églises baroques. L’église de la Chartreuse est un écrin de marbres précieux découpés savamment en motifs d’acanthes et de volutes.
Dans chacune de ses chapelles, trois tableaux des peintres napolitains du 17ème (Stanzione, Caracciolo…) tous très sombres, dans les teintes marron, brunes, grises ou noires. Seul le manteau bleu de la Vierge et un manteau rouge ressortent. Les fresques, décorant le plafond ont des couleurs fraîches. D. enrichit sa collection de lutrins.

Dans le chœur, la salle Capitulaire, les stalles de bois sont de toute beauté. C’est dans la sacristie que le travail du bois est le plus extraordinaire : des marqueteries décorent les armoires : très beaux panneaux représentant des villes, des paysages ou des scènes bibliques.

Musée : très jolie collection de santons et de crèches. La crèche n‘est qu’un prétexte. Il faut chercher l’enfant Jésus, l’âne le bœuf dans une foule de personnages variés : rois mages, bergers mais aussi villageois sur le pas de leur porte, boutique du charcutier ou de la marchande de légumes, une truie et ses porcelets se promènent…Les personnages sont souvent hauts d’une trentaine de cm vêtus avec un luxe de détails :bijoux, pipe, ceintures, armes…On peut imaginer dans les moindres détails la table et le quotidien napolitain au 18ème siècle

Une collection de tableaux raconte l’histoire de la ville de Naples. Le plus connu est sans doute la Tavola Strozzi (1465) montrant l’arrivée de la flotte aragonaise dans le port avec le Château de l’œuf, les églises de la ville, les tours, le phare à l’entrée du port.

Dans une autre salle : la révolte de Masaniello, dans une autre la Peste de 1656, l’éruption du Vésuve.
Le cloître de la Chartreuse a de vastes dimensions, il est très clair entouré d’une colonnade blanche. Le très beau jardin en terrasses a une vue sur Mergellina et MarechiaroSur la terrasse inférieure est plantée une tonnelle de vigne. Peut être les chartreux faisaient du vin comme les clarisses de Santa Chiara.
Château Sant Elmo
Le Château Sant Elmo couronne la colline. Comme le Castel dell Ovo, il est construit en tufo jaune clair et sa base est creusée dans la roche. Les Anjou le fortifièrent puis les aragonais.

Un ascenseur nous conduit à la Place d’Armes sur le toit du fort. Elle est très vaste, encombrée de petits bâtiments militaires – un air de parenté avec celle de la Havane, peut être un air espagnol. Un podium et des chaises ont été installés pour un spectacle. Nous étudions le panorama. J’aime beaucoup ce regard synthétique sur une ville que nous venons de visiter. Nous cherchons les monuments refaisons les promenades et les itinéraires trouvons l’articulation des rues. Si nous voyagions avec un guide on pourrait commencer la découverte d’une ville par un tel panorama. Comme nous voyageons seules, c’est plutôt une conclusion.
Une rampe pour les chevaux nous redescend au rez de chaussée.
Je visite l’exposition Escher dans les vastes salles aveugles du premier niveau .Je ne connaissais que les œuvres les plus fantastiques d’Escher : les métamorphoses ; le mouvement perpétuel de l’eau. Je ne savais pas que le Hollandais avait vécu longtemps en Italie. Une bonne partie de l’exposition est composée de gravures représentant des villes ou des paysages d’Italie ou de Corse.
Nous rentrons en métro avec la ligne 1 jaune beaucoup plus luxueuse que la 2 bleue : les escaliers roulants montent et descendent, sur le quai un circuit intérieur vidéo diffuse des petites annonces, l’horoscope, des nouvelles pour nous faire patienter entre les rames annoncées par des panneaux électriques.