Thomas Mann : La Montagne magique

Pourquoi lire Thomas Mann?

maison colorée de pêcheurs de Nida

En ce qui me concerne, de retour des pays baltes où j’ai découvert (quelle ignorante je fais!) une prégnance encore très forte de la culture allemande, j’ai vu la maison de Thomas Mann à Nida (Niden), jolie station balnéaire de la presqu’île de Courlande (Lituanie) et j’ai réalisé que je connaissais bien peu de choses de cet écrivain.

Tonio Kröger est un des rares ouvrages que j’ai lu en version originale, au lycée. Il m’avait tellement marquée que j’avais copié une citation sur ma trousse d’écolière.

Mort à Venise, je n’ai pas lu le livre, mais j’ai vu et revu le film de Visconti dont la bande sonore m’accompagne en vacances dans la petite mallette des cassettes indispensables.

J’ai donc acheté La Montagne Magique disponible à la Fnac pour combler les lacunes. Lu dans les Alpes, et même allongée pour la fin, à la suite d’une chute malencontreuse. Voilà pour le décor de la lectrice!

C’est un gros livre de plus de 800 pages. Pavé qui se déroule uniquement dans un sanatorium de Davos et ses environs immédiats. Pas d’intrigue, ou très peu. C’est tout l’art d’un  grand écrivain que de faire vivre un monde dans une trame si mince. Toute l’Europe ou presque s’y soigne Allemands fuyant le climat humide des plaines, mais aussi Russes Hollandais, anglais…Sensation du temps qui passe, ou qui ne passe pas, ou tout au moins d’un temps différent pour ces malades qui sont en dehors du monde. Echos feutrés d’une Europe se préparant imperceptiblement à la Première Guerre Mondiale qui mettra fin au séjour du héros dans le sanatorium. Bavardages et cancans de la salle de restaurant. Mais aussi débats intellectuels sans fin entre l’écrivain Italien, héritier des Carbonari et des luttes de libération, et du Juif converti devenu jésuite. Tout y passe à la moulinette acérée de leurs arguties, l’art, la politique, l’histoire.

Roman psychologique aussi, T  Mann connait Freud et les débuts de la psychanalyse. On ne s’ennuie pas sur cette montagne magique, même si les amours ébauchées n’aboutissent pas, si les guérisons sont rares et plus fréquents les enterrements.

 

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « Thomas Mann : La Montagne magique »

  1. Tu as l’air d’avoir mené un très beau projet. Je n’en suis qu’au début. On étudie avec un ami chef opérateur quelle caméra correspond le mieux à ce marathon, tourné pour Cosi fan tutte comme un film des Coen au grand angle, pour L’or de leurs corps sans doute de manière plus documentaire à la Kechiche. Vaste programme !

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  2. Un des grands romans européens, même si ce n’est pas ce que je préfère je trouve ce roman très prenant que l’on abondonne pas alors que la lecture s’étire mais on se laisse porté par ce phénomène.
    Tu m’as fait envie avec ton billet car je n’ai pas lu Tonio Kröger ! un manque à rattrapé

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