GR 34 de Sibiril à Poulfoën

  ROSCOFF,SENTIER CÔTIER, CHOU-FLEUR, ALGUES & THALASSO

le ruisseau s'élargit après quelques centaines de mètres

Ce tronçon du GR 34 est particulièrement bien entretenu : panneaux de bois gravé, marches et balisage sont parfaits. C’est aussi le plus beau parcours sous un soleil très lumineux.

De saint Jacques à Moguériec

Un petit pont enjambe le ruisseau dont le GR va longer le cours jusqu’à la mer. Très rapidement, le lit s’élargit, la rivière fait des méandres. De gros rochers arrondis jonchent le cours d’eau. Un vieux moulin abandonné en utilisait la force. Un  kilomètre plus loin,  l’estuaire ensablé est large d’une bonne centaine de mètres. Le sentier s’élève raide au dessus d’une vieille maison blottie dans la vallée Kersauson. Je retrouve les artichauts.
Les haies vives me protègent du vent violent : ronces et lierre, prunelliers, parfois troènes. La côte est rocheuse et très découpée. Le trajet est plus long que prévu. Utilisant mon doigt pour mesurer le parcours,  j’avais évalué 2,5 km. Il y en a presque le double jusqu’à Moguériec où D m’attend devant le Bar de la Marine. Dans une petite déchirure de la côte, un petit port est installé. Les bateaux de pêche me paraissent d’un tonnage important pour un si petit havre.

De Moguériec à Kervaliou

arche végétale

Rendez vous à la plage de Kervaliou, à 13h. Je reprends mon périple sur le chemin côtier. Pour changer, des fenouils. Un cultivateur a eu une charmante attention pour les promeneurs : il a taillé une jolie arche dans les troènes et a placé un beau banc de granite. Au bout de son champ, il a pratiqué une fenêtre dans la haie. La vue est saisissante : d’énormes blocs forment un chaos granitique !

chaos

Chaos!
Tout le rivage est hérissé d’énormes blocs. L’un d’eux imite un  visage simiesque. De loin, je crois apercevoir un dromadaire agenouillé. Le Port neuf est installé dans une fente étroite gardée par un monstre de pierre. Le sentier épouse de petits fjords qui allongent considérablement le trajet. Ce paysage pittoresque avec tous ces rochers rappelle un peu la Côte de Granite Rose. Dans la mer, toujours des îlots où la vague vient s’abattre dans une gerbe d’écume. Dans une petite anse, des surfeurs sont à l’eau. Encore un petit cap, puis une plage de sable blanc où personne n’a foulé les rides amassées par le vent.

granite et embruns

Rendez vous manqué

A Kervaliou  D  n’y est pas. Prise de doute, je frappe à la porte d’un gros camper qui a un GPS. C’est la première fois que j’en  vois l’utilité. Le GPS confirme. Nous sommes bien à Kervaliou. Je téléphone à D sur la carte routière, il manque les chemins.
Une dame arrive avec deux chiens. Elle m’annonce qu’elle a vu «La dame qui vous cherche »– « Elle a à peu près votre âge, elle est tout près ». Le téléphone sonne : « Tourne toi à gauche ! » Je suis interloquée, « A gauche de quoi ? » « A bâbord !» »tu  ne me vois pas ? » Non je ne vois rien. « Tu devrais aller chez l’ophtalmo ! ». Je ne vois toujours rien, mais comme la dame m’a assuré que D était tout près je continue le chemin d’où la dame a débouché avec ses chiens. Un énorme rocher cache la suite. Pas de voiture, pas de parking. Je continue à marcher jusqu’à l’appel suivant, D  très énervée : »tu vas croiser 5 personnes ». Je ne vois toujours rien. La mer à ma droite,  à gauche une haie, en face un petit cap avec des tamaris d’où émergent au loin les cinq personnes annoncées qui ont bien vu une 206 immatriculée en 94  et une dame qui crie dans un téléphone . Enfin, la voiture brille au soleil au loin! Il était absolument impossible que D ait pu me voir dans la petite anse de Kervaliou. D’ailleurs l’immense camping car était immanquable ! Elle a dû me confondre avec une autre personne. J’ose espérer que c’était vraiment le cas. Sinon cette comédie  était vraiment perverse, prétendre me voir et se moquer de ma naïveté.

Pique-nique sur la plage

Nous avons beaucoup de mal à approcher avec la voiture de l’anse de Kervaliou, si bien cachée pour pouvoir y pique-niquer contre les rochers, près de l’eau, au soleil. Il fait trop frais pour s’attarder sur la plage. D’ailleurs la marée monte.

la longue plage de Tevenn Kerbrat

Le sentier côtier suit une longue plage de sable bordée de basses dunes plantées d’oyats. Je préfère marcher sur le sable mouillé. Dans l’eau, des surfeurs et trois voiles de kite-surf. Avec le bon vent et beaucoup d’habilité ils quittent la surface de l’eau pour s’envoler et faire des figures. C’est un vrai spectacle. Au bout de la plage, une maison est encastrée entre d’énormes rochers. A la base,  une sorte de canal et une vanne.  Le GR emprunte la route, nous suivons une plage, je me déchausse et marche pieds nus malgré la fraîcheur. Un peu saoule de vent, je suis contente de remonter en voiture.

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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