Hochi MinhVille : Cholon et les pagodes

CARNET VIETNAMIEN

petit déjeuner Vietnamien

7ème étage: 2 buffets sont dressés. Le  premier, asiatique, propose  de la soupe au crabe gluante et des herbes, du riz sauté aux œufs-petits pois et lard, du poulet aux légumes sautés.. Le second buffet correspond aux goûts européens : toasts de pain blanc, croissants et viennoiseries, céréales jus de fruits, fruits frais coupés en tranches.

Toujours avide d’exotisme, je me compose un repas vietnamien, imitée par D qui me laissera ses raviolis aux crevettes, pimentés.

Nos commensaux sont  hollandais (un groupe arrivé en car) et des touristes asiatiques. Quatre dames, la cinquantaine, habillées comme des poupées ou des adolescentes : jeans très court sous deux épaisseurs de robes vaporeuses aussi transparentes que fleuries avec dentelles et volants. Elles sortent de leurs minuscules sacs à main des carrés de tissus, petits foulards ou grands mouchoirs, et réservent ainsi leurs place. Arrive une famille, grand-mère frisottée, enfants terribles aux bonnes joues et jouets en plastique(gros pistolet à eau). Tout ce monde ignore superbement les foulards nordiques (Japon ? Corée ?) et s’installe autour de la table carrée. Les dames en fleur reviennent avec leurs assiettes et s’arrêtent interloquées : « sorry ! « . Surprise : la famille décampe. Autre surprise : ils se parlent en anglais.

Cholon

Sur les toits d’un temple à Cholon

Le portier appelle un taxi et fixe le prix avec le chauffeur. Pour Cholon ce sera 45000 dongs (3US$). Le taxi a un compteur et la clim. Il se faufile dans un océan de motos. Je guette les idéogrammes chinois de  Cholon, le quartier chinois.

A 9h, sous un beau soleil : notre première pagode, Thien Hau. A la grille deux femmes brandissent des bâtonnets d’encens. Devant notre refus, elles n’insistent pas. Le  portail décoré est surmonté de personnages en céramique bleue encadrés par des dragons sur un toit de tuiles vernissées.

A l’intérieur, le rouge  domine, piliers rouges, rubans de papier rouge ornant les murs. Un Chinois, très aimable, rondouillard, nous accueille:

le temple vu de la rue

– « D’où venez vous ? – de France ! – mais nous sommes voisins, je viens de Londres UK ! ».

Comme nous, il est touriste,  l’avais pris pour un guide ! Il nous explique que le temple est consacré à la déesse de la Mer. A l’envers du portique d’entrée,  la déesse survole une mer déchaînée où sont ballottés des navires sur des vagues au graphisme compliqué. Une cours, sorte d’atrium, est couronnée d’une frise de personnages de céramique bleue – légendes confucéennes –  lit-on dans le guide Evasion. Nous n’en saurons pas plus, dommage ! Toute cette foule aimable et variée m’intrigue. Au fond, trois autels avec d’autres divinités : le dieu du Bonheur Ong Bon. Nous cherchons le général Quan Công avec son cheval Rouge. Grandes statues grandeur nature. Nous ne savons plus où donner de la tête. Il faut aussi admirer les piliers décorés, les portes ouvragées, les gros chaudrons…Des fidèles se promènent d’une statue à l’autre, agitent des bâtonnets d’encens, saluent les mains jointes. Nous avons déjà vu les offrandes d’encens en Thaïlande. Là bas, le culte paraissait plus calme, plus serein. Ici, la ferveur se traduit par des  mouvements énergiques et répétés. Du plafond pendent d’étranges serpentins d’encens qui ressemblent à des nasses. Avec les rubans rouges cela fera une photo superbe !

Je regrette notre ignorance. Des fresques peintes en relief racontent  des histoires que nous ne savons pas lire…

Encens!

Dans la même rue Nguyen Trai, le Temple Nghia an Hoi célèbre, lui aussi la déesse de la Mer. Un magnifique bateau votif très ouvragé est suspendu au portique d’entrée. A l’intérieur, les piliers de bois rouge foncé laqué et sculptés diffèrent de ceux de la première pagode.

Dans  la même rue se trouve la troisième pagode. Sur le plan, les trois édifices semblent voisins, en réalité, nous avons du mal à les trouver. Moins de 1000m les séparent. Difficile d’évaluer les distances quand la marche est une véritable course d’obstacles. Le trottoir, très haut, est complètement occupé par des motos en stationnement, des étals des marchands ambulants, des cantines de soupe ou de sandwiches de baguette, ou des paniers de fruits. Quand ce n’est pas la boutique de tissus qui a installé ses rouleaux multicolores devant son magasin. Des familles prennent le petit déjeuner assis sur de minuscules tabourets. La, un mécanicien répare une moto tandis que deux ouvriers plongent une chambre à air dans une bassine. Il faut slalomer entre les différents obstacles, éviter la marchande qui transporte des victuailles dans sa palanche. S’il faut descendre du trottoir, attention aux flaques noirâtres ! La rue Nguyen Trai est en sens unique. Chaque feu rouge libère sa cohorte de motos. A l’approche du marché, ce sont les fruits et les légumes qui occupent le bitume.

Cyclopousses

Nous avons l’impression de marcher depuis si longtemps que nous avons sûrement dépassé le temple. Difficile de trouver de l’aide ! Les personnes âgées font signe que c’est écrit trop petit sur  notre plan. Les prenant au mot, nous entrons chez l’opticien. Les employées sont jeunes et au moins elles ont des loupes ! Mais elles ne connaissent pas le temple. Finalement  la solution est simple:  l’adresse exacte figure dans le guide, il suffit de regarder les numéros et de trouver le 802.

Encore de l’encens. Beaucoup même ! Le temple est tout enfumé. La promenade proposée par Evasion comprend aussi la visite du marché, nous zappons et continuons la rue sur au moins deux kilomètres qui comptent triple avec les contournements et les descentes de trottoir.

Cette déambulation devient de plus en plus pénible. Des ampoules poussent sous nos pieds. Pour le plaisir des yeux, c’est l’éblouissement. Foisonnement des couleurs surtout quand on passe devant les boutiques d’articles de fête en satin rouge brodés et couverts de paillettes, malheureusement protégés par des housses plastiques tout à fait inesthétiques. Au coin de la rue, des motos taxi cherchent  à nous prendre en charge. D refuse énergiquement de monter sur une moto. Elle a peur. De quoi ? Nous risquons bien plus un accident comme piéton quand nous traversons la rue. Les motos taxis connaissent leur métier ! (Enfin c’est relatif, nous avons été témoin de plusieurs accidents de zemidjans à Cotonou). Elle n’est pas complètement hostile au cyclopousse.

En cyclopousse

Un air de campagne

Nous sommes trop grosses pour un seul cyclopousse, les vietnamiens se tassent à plusieurs, mais il nous en faut deux. Pas de problème, le cycliste trouve un collègue. Ce sera seulement deux fois plus cher ! Comment monter sur le siège ? Le cyclo le fait basculer. Ensuite c’est très doux et tranquille. On oublie même les motos qui nous doublent à gauche et à droite. Nos deux cyclos conduisent de front pour qu’on puisse se prendre en photo. Nous nous engageons dans une ruelle très calme loin de la circulation. Seuls roulent des vélos et des charrettes à bras. Les arbres s’avancent dans la rue. Des enfants jouent. Des chiens divaguent. On se croirait à la campagne. Sur une place, sous de grands arbres, des stupas délabrés sortent d’une sorte de jungle. La pagode est plus sobre que les précédentes. Notre cyclo nous accompagne. Il nous montre une table avec théière et petites tasses. Nous déclinons cette offre. Peut être aurait-il aimé qu’on lui offre le thé ? Il nous conduit vite de bouddha en bouddha, joint les mains en prière. Un bonze parle français :

– « Quel  âge avez-vous ?- il n’écoute pas la réponse – j’en ai soixante quinze ! ».

Il est très fier de son âge vénérable qui lui donne le droit de nous pétrir le bras quand il nous tend les bâtonnets d’encens que nous plantons distraitement devant la statue. Il aurait peut être été plus poli de les secouer et de les lever au dessus de nos têtes. Offrande (10 000VND), le bonze nous donne sa carte « bonne année ».

Le cyclo nous attire à l’extérieur. Je le photographie devant une divinité qui me fait penser à la Vierge, puis avec son copain et leurs engins.

Le chemin est encore long jusqu’à la pagode Giac Lam. Le cyclopousse me berce. Je ne fais même plus attention à toutes les motos qui nous frôlent. Nous franchissons un portique coloré. La pagode Giac Lam est entourée de verdure. De grosses gouttes constellent le ciment. Avant que l’averse ne forcisse nous filons nous abriter dans la pagode, très haute tour de sept étages soulignés par des balcons couverts de toits recourbés en tuiles vernissées.

A chaque étage de la tour

Une grande statue, genre Sainte Vierge, est plantée à l’entrée. C’est Quan Am dont nous lisons la légende dans le guide Evasion. C’est l‘ histoire compliquée  d’une pauvre jeune fille, chassée à tort du domicile conjugal, qui trouve refuge dans un monastère en se faisant passer pour un homme. La fille de l’homme le plus riche de la région tombe amoureuse de Quan Am qui la repousse. Dépitée, cette jeune fille riche se livra à la prostitution et accusa Quan Am d’être le père de son enfant. Quan Am fut chassée du monastère et partit sur les routes avec l’enfant de l’autre qu’elle éleva.

Je me déchausse et grimpe les sept étages de la tour. A chaque niveau, une statue peinte de couleurs criardes. Un garçon et une fille révisent leurs leçons dans le calme. Des balcons on a une vue très étendue sur HCMV. Deux grandes roues de foire dépassent les toits, quelques gratte-ciels au loin, peu nombreux encore. Un gracieux dragon jaune orne chaque coin de la toiture recourbée. Une aire contient des monuments serrés en forme de pyramides, on a l’impression qu’il s’agit d’un cimetière. Un guide serait bien nécessaire ! Plus loin, un joli jardin avec des arbres taillés entoure la pagode. Là encore des étudiants apprennent leurs cours abrités sous l’auvent qui court autour du temple. De l’intérieur, un tout petit homme nous  fait signe de faire le tour.

Le sanctuaire est précédé d’une salle de réception. Autour de grandes tables, sont disposées des chaises comme dans un restaurant chic. Ce mobilier de bois très sombre, verni est incrusté de nacre. Devant une porte, on se déchausse. C’est là que se trouvent les statues vénérables: un grand bouddha et plein d’autres alignés dans la pénombre.. Le petit homme montre le tronc aux offrandes. La couleur du billet que j’y glisse ne convient pas il me montre un rouge de 10 000VND. Au centre,  dans un bassin, une île avec une montagne moussue avec des végétaux dégoulinant d’humidité. Deux lions de céramique verte montent la garde. A l’arrière, des tables des bancs, une salle de classe et une cuisine collective. Aux murs des peintures naïves édifiantes figurant l’enfer avec des diables aux têtes rouges brandissant des tridents et toutes sortes de tortures. Représentation fort banale pour des occidentaux.

En lion de faience!

Nous passons sans un regard pour l’immense statue blanche de Bouddha. Nos cyclos nous attendent depuis une heure, l’orage menace. Je sors ma pèlerine à l’avance. Erreur ! Le cyclopousse a une capote, un peu percée sur des montants rouillés, mais un abri efficace. Les cyclos ont monté le prix 30 000dongs (15€). Ils ne l’ont pas volé, le chemin du retour était très  long.

Après la sieste nous traversons le parc au pied de l’hôtel Liberty3 pour visiter le Parc de la Réunification dont les arbres dépassent les immeubles.

 

 

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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