14ème jour – Le Magne

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÊTE 1999

 

le Magne, rivage

 

Le Magne est la péninsule formant le doigt du milieu entre le golfe de la Laconie et le golfe de Messenie
Pour en faire la tour à partir de Ghythio, il faut traverser la péninsule au Nord en prenant la route d’Aéropoli. On traverse une région montagneuse faisant penser au Dévoluy. Je me  croirais au col de Saume. Au sud d’Aéropoli, la côte est découpée de falaises claires sur l’eau bleue.

Grotte de Dirou

9h  J’irai seule visiter la Grotte de Dirou, Dominique ne veut pas risquer sa claustrophobie. J’embarque avec deux familles d’Allemands sur une rivière souterraine dans une galerie éclairée artificiellement. Au début, on pense à la « rivière enchantée » du Pré Catelan, accompagnés par le bavardage incessant des Allemands. Rapidement nous traversons des salles plus hautes, hérissées de fins stalactites. Nous naviguons entre des colonnes, du plafond tombent des draperies. Je me laisse séduire par la beauté du spectacle. L’eau est très claire  c’était une promenade très cool.

Baignade

Belle plage à l’eau transparente. Au début je ne distingue aucune vie animale, puis je découvre un poisson plat sur le sable au fond, puis un Bernard-l’ermite.

Les tours du Magne

Tour du Magne

Vers le sud, se dressent  les villages fortifiés avec les hautes tours carrées souvent tronquées comme si on les avait écrêtées à la manière d’un œuf à la coque. De loin l’allure des villages est étrange.
Pour prendre des photos je ne suis pas inspirée, à 11 h du matin le soleil écrase tout, l’air est humide et les teintes grisâtres.

Un chemin qui mène à un port minuscule échancré dans la falaise.
La piste devient franchement mauvaise, la Fiat souffre. Nous aboutissons à une de ces fameuses tours rénovée (portail électronique), bifurquons à pied et découvrons une petite chapelle toute en coupole et en rondeur. La porte est entrebâillée les fresques sont en bon état : c’est une jolie surprise.

Dans l’oliveraie, les cigales stridulent en un vacarme assourdissant, de très grosses sauterelles mesurent près d’un décimètre, nous dérangeons des oiseaux, peut être les fameuses cailles de Bertrandon de La Borderie ?

Tours du Magne

Kita

Vantée par le Guide Gallimard pour ses six quartiers fortifiés, correspondant aux différents clans, nous déçoit un peu. Les « quartiers » sont des hameaux dispersés dans la campagne. Beaucoup de rénovations sont en cours. Au lieu de villages déserts, nous découvrons des tours flambant neuves avec grillages en fer forgé alarmes et grosses voitures. La poésie en a pris un coup !

Un souvenir littéraire me harcèle Avril Brisé de Kadaré, c’est exactement le décor que j’imaginais pour cette histoire lugubre de vendetta avec les tours de protections familiales. C’est peut être une erreur car le roman se déroulent en Albanie.
Les villages sont construits à l’écart des côtes, les attaques des pirates, des turcs, sont sans doute la raison de ce retrait.

Nous n’avons pas emporté de pique-nique. Impossible de se ravitailler ici. Il n’y a même pas de taverne sauf à Kita où je suis mal reçue (peut être ma tenue en short ne plaît pas ?) Dans la seule épicerie, il n’y a pas grand-chose. On achète la moitié d’un gros pain, un fromage, une tomate. Le fromage s’avère dur salé, immangeable. Pour trouver un coin pique-nique, nouvelle galère, il n’y a pas d’ombre. Après une heure nous finissons par trouver un banc en plein village. Il est deux heures, sous un soleil de plomb. L’air est saturé d’humidité, des nuages noirs s’amoncellent sur les sommets de la chaîne du Tagetes. Nous expédions notre maigre pitance et rentrons sous un ciel lourd dans une atmosphère étouffante.

Porto Kagio, le Port aux cailles des Normands

Un orage en juillet

Dès les premières minutes de la sieste, les cigales se taisent, les première gouttes tombent sur la vigne. L’orage gronde et la pluie dure une petite heure. Notre terrasse est trempée mais la terre sous les oliviers est toujours aussi sèche et poudreuse.

Le poissonnier m’a vendu deux grosses dorades grises, Dominique les couche sur un lit d’oignons et de citron et les fait cuire à l’étouffée dans une poêle avec un couvercle. Le résultat est excellent.
Après le dîner, Gina nous annonce qu’une pièce de théâtre se joue dans le théâtre antique.

Gythio : théâtre antique mais pièce moderne

Il y a beaucoup de monde le soir dans les rues de Gythio, en Italie on aurait appelé cela la passagiatta. Les rues latérales ne sont pas éclairées elles montent en pente très raide, nous demandons le chemin du théâtre à plusieurs reprises.
C’est un tout petit théâtre tout plat mais très bien conservé. Il est plein. Sur la scène le décor est très moderne et ingénieux : une sort d’échafaudage avec des anneaux de séparation suggère un immeuble avec ses différents appartements, les acteurs sont costumés XVII° ou XVIII° le public rit de bon, cœur

Avatar de Inconnu

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « 14ème jour – Le Magne »

Laisser un commentaire