CARNET MACÉDONIEN

21h, la nuit tombe sur la vieille ville. Nous attendons assises sur le port depuis 19h que la citadelle s’allume. La colline est surmontée du Kastro avec son donjon rond et ses murailles à créneaux et à l’extrémité un fort au toit à double-pente, Citadelle de Soliman. L’autre monument remarquable est l’Imaret hospice pour indigents fondé par Mohamed Ali. Le long mur est surmonté de nombreuses coupoles de plomb, de minces cheminées, de tourelles rondes ou effilées, pointues comme des crayons. On devine autour de la cour, des arcades, un gros cyprès masque le bâtiment principal surmonté d’une grande coupole. Accrochées au flanc de la colline dans le plus grand désordre, des maisons carrées à toit de tuiles à 4 pentes, ou maisons classiques à fronton et moulures, construire une mosaïque colorée. Les façades sont peintes de teintes vives, rouge, orange, jaune d’or et même vert. Quelques cyprès dépassent. Les masses vertes des autres arbres se mêlent à l’ensemble bigarré. La coupole grise posée sur le cube rouge de la mosquée se devine à peine. Vers la pointe qui s’avance dans la mer, une église grecque est bien visible dans la verdure. Au pied de la colline, des restaurants de poisson sont installés dans le vieux port. Quatre bateaux d’assez gros tonnage attendent dans le port de pêche. Le ferry pour Thassos est parti à 19h. Derrière nous, le quai du port de plaisance est interdit à la circulation automobile. De beaux cafés ont installé tables et fauteuils au bord de l’eau sous d’immenses parasols carrés, mobilier cossu de vannerie grise ou brune, décoration fluo contemporaine. Nous n’avons pas envie de nous attabler. Trop clinquant. D’autant plus que nous n’aurions pas la vue sur la vieille ville. Les bateaux de plaisance sont de taille modeste, un seul yacht amarré. Ce n’est pas Ithaque ! Les plaisanciers ont peut être préféré Thassos ont on voit les côtes. Une foule arpente l’espace séparant les maisons des terrasses des cafés. Familles avec poussettes, bandes de jeunes filles ou de garçons, séparément. Des Roms sont accroupis sur une plate-bande. De temps en temps on entend leur accordéon qui entonne Kalinka et termine par les Amants de Saint Jean. Sous une tente, une foire aux livres propose des ouvrages pour la jeunesse. Plus loin, des auto-tamponneuses et des manèges d’une petite fête foraine.
Sur le front de mer, les immeubles blancs à balcons forment une croisette classique en pays méditerranéen, ils grimpent sur le flanc de la pente qui fait face à l’ancienne Kavala, formant une cité blanche compacte. La route de Thessalonique court très haut sur d’audacieuses piles de béton.
21h30 – les remparts s’illuminent, plus discrètement, l’Imaret. Les maisons tardent d’allumer les lumières des terrasses. La température est encore de 30° après la chaude journée on prfèrer la pénombre rafraîchissante.
Nous remontons par la route de Drama essayant de rejoindre le mirador de l’autre côté de la chaussée pour prendre une photo de nuit. La ville scintille. L’aqueduc Soliman Kamares est plus visible que de jour. La route de Drama file vers la Bulgarie. Le ciel est chargé de nuées déchirées par les éclairs de chaleur.
22h – village d’Amigdalona les magasins sont encore ouverts. J’achète des yaourts grecs pour un dîner léger : feta, olives, yaourt pêche, sur la terrasse. On tarde à rentrer. Le vent rafraîchit l’air. Il fait si bon dehors
