17. M’Hamid – pierres de fossiles, promenade en carriole

MARRAKECH ET LA VALLÉE DU DRAA

 

 

 

La lune est brouillée derrière un écran nuageux. Au point du jour, des écharpes roses, mauves drapent le ciel. Précédée par Gen, le japonais, je grimpe à la plus haute pour voir le soleil se lever. Sans illusions, une barre nuageuse nous privera du spectacle. C’est la deuxième fois, déjà à Merzouga…Nous retournons vers M’Hamid. Mohamed arrête le véhicule sur la hamada pierreuse.

          «  Et tes pierres difficiles, tu comptes les mettre dans la valise ? » râle DT

           « Et comment ! si je trouve des fossiles mes élèves seront ravis ! »

Mohamed a l’œil exercé, à peine descendus de voiture, il trouve une pierre portant un long et mince orthoceras côté pile et un beaucoup plus gros côté face. Les Japonais et nous ne trouvons rien du tout. Soit Mohamed, le Nomade, sait quoi et où chercher, soit il m’a gardé en réserve cette  pierre intéressante que je range précieusement dans mon sac.

Nous reprenons les mêmes pistes qu’hier, mais le ciel est laiteux, le soleil voilé, la lumière moins franche. La géologue se pose de plus en plus de questions : qui a roulé ces galets sur la hamada, d’où leur vient cette patine foncée ? Cassés, leur cœur est clair. D’où se sont d&tachées les pierres de fossiles. La répartition des végétaux m’intrigue aussi. La présence d’un sol meuble est –elle déterminante ? Ou est-ce que l’eau est plus proche ? Le puits n’est pas très profond – à peine (5 ou 6m). Mohamed est très gentil mais il n’a pas été à l’école, il a appris le Français avec les touristes, je ne peux pas lui faire part de mes interrogations.

10h – nous sommes de retour à l’auberge retrouvons avec plaisir Hassan. Avec les Japonais nous nous connectons à la Wifi. Je montre mon blog  à Hassan qui connaît le metteur en scène de Tinghir-Jérusalem et a vu le film. Hassan n’est pas seulement vif et intelligent, il est aussi cultivé et me suggère un livre Les Origines Sahariennes de Jacques Meunié (j’ai feuilleté le sommaire sur Amazon, c’est un  livre très savant qui parle des origines jusqu’au 16ème siècle mais il coûte 83€)

Déjeuner en compagnie des Japonais : tagine poulet, citron avec encore des petits pois frais à peine cuits, délicieux, une salade de légumes variés, tomates, chou fleur, poivrons et oignons en compote.

La promenade en carriole

La promenade en carriole commence à 14h30, Mohamed, 17ans est l’ânier. La haute plateforme est recouverte de tapis et de coussins. Au détour de la route nous nous trouvons dans la palmeraie. Le contraste entre les palmiers très verts et fournis et la Hamada est étonnant.

Il se dégage des palmeraies une impression de fraîcheur et de sérénité toujours renouvelées, une impression de tristesse aussi. Si les arbres sont verdoyants, les champs paraissent abandonnés. Certains ont été préparés pour d’hypothétiques semis, attendant l’eau, la pluie ou celle du Draa. Autour de rares stations de pompage on irrigue. D’autres parcelles sont craquelées, abandonnées depuis longtemps, les rigoles envahies par le sable. Des tamaris commencent à se développer dans les anciens jardins. Une casbah s’est écroulée, il y a peu sans doute, les fils électriques pendent encore. Le ksar est encore habité et a une école primaire rose, un stade enfermé derrière une belle grille, des moutons dans une cour. Les enfants désœuvrés trainent, les plus grands,  sur des vélos, tournent autour de notre charrette, les petits jouent à la marelle. Les femmes sont voilées de noir avec des broderies jaune, rouge et vert très vifs et leur voile est bordé de pompons. Elles portent les bébés sur le dos comme les africaines. Passant devant nous, elles font le signe « non » de la main sans que nous ne tentions de les photographier le moins du monde.  Les habitants vaquent dans les couloirs du village de terre.

Le ciel est couvert, l’agriculture à l’abandon, les maisons écroulées donnent à la promenade une impression de nostalgie. Deux stations de pompage tentent d’irriguer les champs de luzerne très verte des rectangles de ferraille jaune fraîchement peints régulent la circulation de l’eau dans les rigoles. Un semblant de survie dans cette palmeraie qui se meurt. Même l’âne se traîne. Mohamed, l’ânier est plein de bonne volonté et cherche à faire durer la promenade en s’engageant dans des chemins de traverse et s’arrête pour les photos. Par politesse, je filme sans conviction, sachant que j’effacerai au retour ces vidéos fades sans soleil ni ombres.

On nous convie très tôt à 7h pour dîner. Ensuite, une animation musicale est prévue ; Brahim jouera de  l’oud.  Rien ne se passe comme prévu. Les Japonais arrivent en retard. Ils sont vraiment charmants et très gais. La harira est un peu fade mais le bœuf du tagine est fondant. L’arrivée des inévitables clémentines déclenchent l’hilarité de Junko .  On traîne à table jusqu’à 21h15. Ne voyant rien venir,  on se sépare. Mohamed vient nous chercher alors que nous sommes déjà déshabillées.

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « 17. M’Hamid – pierres de fossiles, promenade en carriole »

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