CYCLADES

Musée National
Omonia est encore plus déserte qu’hier soir – la moitié des commerces ont et notre ancien hôtel La Miraje sont fermés, même les kiosques périptères où je trouvais tout, de l’eau aux yaourts et aux cigarettes en passant par les chips et les biscuits, paraissent démunis.
Le Musée National se trouve près de l’Ecole Polytechnique dont les grilles sont recouvertes de calicots et de banderoles soutenant le prolétariat ukrainien contre les fascistes. Affirmation ambigüe. Quels fascistes ? Quel prolétariat ?
Le bâtiment du musée 19ème siècle néo-classique est peint aux couleurs antiques. Les statues doivent se sentir « chez-elles ». Nombreux panneaux explicatifs bilingues, très bien faits. Je me sens plus à l’aise que dans le Nouveau Musée de l’Acropole, trop solennel, trop sombre où il est interdit de prendre des photos.

Nous avons visité le musée du Kerameikos ce matin, admiré les stèles, les très beaux vases. Je me fixe un objectif : les salles des Cyclades classées dans le département de la Préhistoire (comme à Fira). Une très longue salle étroite, très sombre est meublée de vitrines bien éclairée. Les objets sont de petite taille à l’exception d’une idole de taille humaine (1.51m, ma taille). Les objets sont rangés selon le site d’origine. Certaines proviennent de Paros ou de l’île voisine de Despotiko, beaucoup viennent de Naxos ou de Milos. Rien d’Akrotiri (tout doit être à Fira, je présume). Je suis fascinée par l’élégance, la sobriété des idoles de marbre. Les plus figuratives portent même des traces de peinture, l’une d’elle a les yeux maquillés. Une autre est enceinte.

Les musiciens sont merveilleux. Les céramiques sont fort belles mais le choc de la surprise, nous l’avons eu à Fira et auparavant à Héraklion. Je ne connaissais pas les poêles à frire aux motifs marins, aux vagues en triangles entrelacés. En regardant mieux, je découvre un bateau.

Pour le plaisir, je flâne dans la salle de Mycènes où est exposé le Trésor d’Agamemnon. Je me souviens bien du masque d’Agamemnon (ornant le livre d’histoire de 6ème) mais j’avais oublié cette magnifique tête de taureau noir au mufle d’or (je croyais l’avoir vue à Héraklion). Evidente parenté des fresques mycéniennes avec les fresques Minoennes de Crète ou d’Akrotiri. Grandes amphores au motif du poulpe (encore un motif crétois). Mention spéciale à un bol de stéatite avec un poulpe gravé). Originalité de ces mycéniens partant en guerre, martiaux un peu branquignols !

Je m’aventure distraitement dans les salles de sculpture archaïque et classique. Je n’ai plus d’appétit. Et pourtant je flashe pour un Dyonisos ressemblant au Bacchus de Michel Ange du Bargello et pour els kouroi qui me ramènent à Samos.

Retour sur la terrasse de l’Hôtel Economy.
Un orage se prépare. Il éclate vers 19h. Dès que la pluie cesse, je descends chercher à dîner. Déception : tout est bouclé. Autrefois, il me semblait qu’autour d’Omonia la vie ne s’arrêtait jamais, qu’on trouvait des tyropitas même en pleine nuit. Traditionnellement les Grecs mangent tard. Je commande le dernier souvlaki au marché mais il n’y a plus de pita, on me donne un vieux quignon de pain rassis.
un jour j’irai en Grèce, un jour!
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@eimelle : dépêche toi avant que les plages ne soient toutes bétonnées, c’est une véritable catastrophe qui se prépare!
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Alors fête de la musique, etc., que choisir ? Black coal. Je n’aime pas beaucoup Bird People que je trouve classique du cinéma sociologique à la française. Xenia est trop cool pour moi. Le dernier film de Guédiguian ne ressemble pas au Marseille qui m’étonne et m’émeut, grec, juif, arabe, comorien… Black coal est un grand film, un plaisir pour cinéphile, un suspense et un grand film politique.
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Ah! ce musée que je l’ai aimé! Des plages bétonnées, l’horreur! Ils sont en train de vendre des îles dont le site était protégé aux promoteurs; c’est la destruction massive assurée!
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