CARNET SARDE

Nous quittons le beau jardin à 8h30. Arrêt à la pompe : 75€. La Golf n‘est décidément pas une affaire !
Jusqu’à Nuoro, les routes sont connues, traversant Onifai, Irgoli, apercevant Galtelli. Les arroseuses tournent dans les prés. Les brebis sont regroupées à l’ombre des grands chênes. Au sud nous reconnaissons les crêtes au dessus d’Oliena. J’aime bien reconnaitre les lieux y repasser, réviser, les apprendre pour s’en souvenir plus tard.
La SS (Strada Statale) 131 est une 2×2 voies à chaussées séparées, gratuite. Ce n’est pas une autoroute. Les tronçons de montagne ont leur vitesse limitée à 80km/h. Après Nuoro, le plateau granitique a des croupes molles recouvertes tantôt de forêts, tantôt d’herbe sèche couleur paille piquetée de grands chênes. Dans les vallons poussent de genêts. La route descend dans une dépression. Nous retrouvons les oliviers laissés à Irgoli. Dans le creux à Ottana de grandes cheminées d’usine paraissent incongrues. Le maïs est irrigué.
Le long de la route le Lac Omodeo serait une étape agréable. Nous loupons la sortie. La sortie suivante se trouve dans une zone de travaux. On peut sortir mais pas entrer à nouveau. Sur la carte, c’est le brouillard. Le GPS radote « faites demi-tour dès que possible ! ». Au hasard nous prenons la direction d’Aidomaggiore qui est un joli village aux maisons de pierres volcaniques avec les portails soigneusement sculptés. A la sortie du village, sur une arête, un nuraghe puis un second.
A Abbasante nous retrouvons la S131. A la sortie de la ville, encore un nuraghe, puis deux autres aux km 112 et km 110.
Oristano est une grande ville. On y entre par des zones commerciales. Le centre historique est piétonnier tout à fait charmant avec des cafés sur de petites plages qui invitent à la pause. Nous retrouvons la S131 puis le GPS nous fait tourner dans la campagne très plate où l’on cultive du maïs déjà très haut et où l’élevage se fait en stabulation dans de très grosses fermes.
Nous pique-niquons à l’entrée d’un champ de maïs. Le frein à main électronique fait bien de la misère : la voiture refuse obstinément de reculer.
Quittant le maïs d’Arborea nous longeons un lac une lagune ( ?) Arrivons au petit port charmant de Marceddi. De là, le GPS nous invite à passer un pont très étroit. Un panneau signale que la circulation y est interdite. On tente pour se retrouver nez à nez- capot à capot- avec le véhicule d’en face.
Retour à Marceddi où flotte une délicieuse odeur de poisson grillé. Le pêcheur nous dit :
– « prenez le pont ! »
– « mais le panneau ! »
– « ce n’est pas interdit. Le panneau est vieux ! »
On vérifie que personne ne se trouve en face, et on fonce. Après le village de San Antonio c’est très sauvage, dune ou colline couverte d’une végétation rase de cistes et de lentisques.

Torre dei Corsari a une belle tour espagnole érigée sur un promontoire rocheux qui limite une très belle plage de sable doré.
La petite station comporte 3 hôtels, quelques villas dans des jardins et surtout un très grand « condominium » : des dizaines et des dizaines de maisons adossées à la colline formant un amphithéâtre. A la base le rez de chaussée est en schiste avec les portes de garage en bois est surmonté de deux ou trois étages de balcons, terrasses en gradin avec des auvents de tuiles ou de canisses. Les façades sont jaunes, orange ou roses. Décalées elles font penser à un village traditionnel. Il ne manque que le clocher d’une église pour qu’on se croit dans un village.
Notre appartement est une excellente surprise. Il est très vaste : grande salle à manger salon, une chambre avec un lit immense, une très grande armoire, et une chambre d’enfants. Salle de ban claire avec douche.
Nous apprécions le confort dont nous avons été privées et surtout l’espace. La terrasse est très vaste, couverte d’un toit de cannisse et carrelée de beaux carreaux vernissés orange, elle fait un angle. En face il y a une très belle dune et un petit étang aux eaux vertes.
Après l’installation, je suis impatiente d’aller à la plage. 28 + 93 marches pour descendre, moins de 10 minutes. Le drapeau rouge interdit la baignade. D’énormes vagues se fracassent. J’ai oublié que nous sommes en Méditerranée, me crois sur l’Atlantique au Cap Vert ou au Sénégal. Personne ne brave les vagues. Je reprends mon habitude d’arpenter la plage à la frange de la vague là où l’écume vient mourir sur mes pieds. Une demi-heure pour arriver à l’extrémité de la plage. Le sable d’or est de la granulométrie qui rend la marche pénible. Je fatigue à m’enfoncer ainsi.
Première soirée sur la terrasse ; pas de moustiques. La bougie citronnelle offre son parfum et sa lumière. La lune se lève. Elle est énorme.

j’aime beaucoup ces croquis colorés
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@dominique : j’ai effacé par mégarde mes photos, il me reste les croquis
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