CARNET SICILIEN 2004

Bagheria
Baghéria, à une dizaine de km à l’est de Palerme, autrefois villégiature élégante est maintenant une ville pleine d’immeubles sans grand intérêt. Nous devons bien chercher les villas du XVIIIème cachées dans l’urbanisation moderne. Premier aperçu : une demi-coupole : j’imagine un hammam en ruine ou une église byzantine. Côté face : des fresques de Velazco. Encadrées par des colonnes, ruine de la Villa Valguanera invisible.
Villa Palagonia
En attendant l’ouverture de la
Villa Palagonia nous nous promenons dans les rues désertes à l’heure de la sieste, volets fermés. Les toits de tuile entourant la Villa Palagonia sont hérissés de statues grotesques : des monstres, des musiciens. Le petit château a une très belle façade incurvée autour d’un escalier monumental. Une grande salle ovale décorée en trompe-l’œil en grisaille sur le thème des travaux d’Hercule sert d’entrée. On pénètre ensuite dans la salle des miroirs. Avant d’entrer une inscription prévient « Regarde-toi dans ces glaces et contemple la fragilité humaine »Le plafond est entouré d’une balustrade peinte en trompe-l’œil sur laquelle sont posés des oiseaux et des fleurs. Les murs sont revêtus de marbres polychromes en incrustations. Des murs surgissent des personnages étranges sculptés dans différents marbres, portraits peu flatteurs à la limite de la caricature grinçante. Les murs de la salle de billard sont ornés de profils de Sophocle, Zénon, Euripide. Dans le jardin Démocrite et Héraclite encadrent l’escalier. Les jardins de la villa embaument la fleur d’oranger. Les arbres fruitiers sont taillés avec soin, dans des pots, une collection de cyclamens et de très jolis palmiers.

Nous cherchons la mer et la trouvons à Aspra, petit port de pêche : les barques multicolores sont tirées sur la plage. La foule a envahi la promenade de front de mer : des hommes jouent aux cartes, les jeunes sur leurs vespas sont accoudés à la rambarde. Dans des kiosques on vend des pralines. Des familles se promènent avec des ballons fantaisie métallisés.
Nous rentrons en moins d’une heure, Palerme est moins encombrée qu’hier. Dès que nous retrouvons la route côtière de Trapani, le soleil se montre et nous terminons la soirée sur notre terrasse, bien couvertes parce qu’il fait frais.
