CARNET SICILIEN

A la Télé, la météo a annoncé beau temps le matin, pluie l’après midi. Nous nous levons très tôt pour arriver à 9h au débarcadère de l’île de Mozia. La pluie nous devance, devant Mozia d’énormes gouttes s’écrasent sur le pare-brise.
Marsala
Le Musée archéologique de Marsala estinstallé dans une ancienne cave à vin: le Baglio Anselmi, face à la mer. Les salles, très vastes, ont des plafonds en ogive, un peu comme la coque d’un navire inversé. La première salle est consacrée aux fouilles locales à Marsala et à Mozia. Beaucoup de « pots cassés » comme dirait Dominique. Le plus intéressant réside dans les explications, bonne introduction à la visite de la ville phénicienne. Difficile de tout assimiler. Je retiens quelques bribes : le nom de la roche jaune et friable pleine de fossiles de coquillages : calcarénite. Aussi l’appareil caractéristique des maisons puniques avec leurs longs blocs levés verticalement comblés par des moellons plus petits .La deuxième salle contient une galère carthaginoise presqu’entière, dans un très beau décor d’amphores de toutes provenances. Cylindriques, venant de Tunisie, plus arrondies, les Grecques, venant de Turquie, d’Espagne, de Gaule …Dans une vitrines, des anses cassées, cela paraît anodin. En regardant mieux, on voit imprimé, le sceau, la provenance, une mine d’information pour les archéologues. Cela fait rêver
Route du Sel…

L’averse a cessé. Nous retournons L sur la Route du Sel sous le ciel bleu. A la sortie de Marsala, un joli port de pêche, plein de petites barques multicolores. Les salines sont bien entretenues, entre les bassins les petites levées sont soignées construites avec de jolis blocs de pierre es tas de sel sont recouverts de tuile, les moulins ont gardé leurs ailes.
Mozia
Nous embarquons pour Mozia devant un beau moulin dans une vedette blanche qui s’engage dans un chenal avant une courte traversée de 5minutes.
Au temps des Phéniciens la ville était reliée au continent par une digue pavée. Le niveau de la mer était plus bas de 50 cm, la grande île de Stagone était une presque île. Mozia était une île au milieu d’un golfe fermé. Pour protéger la ville, la situation insulaire n’était pas suffisante. Tout le pourtour était fortifié d’une épaisse muraille renforcée par de nombreuses tours. Les envahisseurs étaient les Grecs de Syracuse (397 av JC).
Nous négligeons le petit musée pour profiter de l’embellie et parcourons l’île sous un soleil radieux. De nombreux plans et panneaux sont à la disposition des visiteurs. Les fouilles ne sont pas mises en scène pour les touristes. Nous traversons l’île par une belle allée de vieux oliviers et découvrons par hasard le site au nom énigmatique de Cappidazu .les fouilles sont protégées par des tôles et des toiles, les explications sont plutôt destinées aux spécialistes. Nous ne devinons pas ce qui pouvait bien se passer au Cappidazu. Les anthémis jaunes, les épais trèfles aux inflorescences énormes presque des grappes, les chardons bleus, les fenouils fleuris avec leurs grosses boules, jaune acide forment un tapis coloré.

Nous aurons plus de chance à la « cité industrielle » quartier des potiers, des teinturiers et des tanneurs situé à l’extérieur de la ville pour ne pas polluer de leurs fumées et de leurs odeurs les quartiers résidentiels (on pense à Fès ou à Marrakech). Dominique trouve une très belle coquille qu’elle me donne : un murex. Peut être a t il servi à teindre les étoffes de pourpre ? Sans le vouloir, nous ramassons un petit fragment de l’histoire de Mozia.
Nous parvenons à la Porte Nord. On reconnaît bien les tours de garde, la poterne et les traces de roues dans la dalle calcaire.
Dominique se prend au jeu du repérage mais s’intéresse moyennement aux explications historiques. Nous commençons à nous sentir moins désorientées. Nous suivons un sentier côtier trouvons une curieuse nécropole avec de petites urnes de pierre rectangulaires avec leurs couvercles, noyées dans les fleurs pas de stèles, elles sont au Musée.
Le Tophet, lieu de culte et des sacrifices d’animaux et d’enfants gardera ses secrets.
Nous trouvons un joli endroit pour manger de délicieux arancine aux épinards et à la ricotta.
Enfin, nous arrivons au Cothon, petit bassin rectangulaire relié à la mer par un chenal du côté de la porte sud. D’après nos sources il servait de débarquement des marchandises, le chenal peu profond ne laissant entrer que de petites barques. Pourtant la galère de Marsala était de bonne taille.
Devant la maison des mosaïques, nous avons ramassé de l’aloès. La tempête de vendredi a fait des dégâts de magnifiques pins sont déracinés et les aloès décapités.

Le Musée ouvre en principe à 15h, mais comme nous sommes les seules visiteuses on nous laisse entrer avant. A l’entrée se trouve l’Ephèbe de marbre que je connais déjà par la lecture de Fernandez. Il imagine qu’il s’agit d’un androgyne à cause de sa robe légère plissée féminine. Les ephébes étaient représentés nus et les femmes habillées. Dans les autres salles beaucoup de « pots cassés ». Plus intéressantes :les stèles qui montrent des personnages originaux très différents des Grecs avec des coiffures plutôt égyptiennes A côté de ce musée moderne, les collections Whitaker . Le personnage de Whitaker fait penser à Schliemann.
Nous quittons Mozia sous une pluie battante, le retour se fait par les itinéraires connus sous un ciel bien gris.