CARNET SICILIEN

Ciel bleu, déjà à 8h30, des nuages se bousculent sur les montagnes. De chaque côté de l’autoroute, les blés verts ondulent comme les vagues d’une mer verte. Dominique se cramponne au volant se la Punto. Ces autoroutes sur pilotis offrent un paysage magnifique sur les collines mais les rafales y sont dangereuses. A la fourchette nous prenons la direction de Trapani et découvrons Ségeste après un long tunnel.
Ségeste

Le temple perché sur un petit plateau encadré par des falaises et des pentes boisées apparaît de loin dans sa splendeur.
Nous grimpons un chemin pentu bordé d’agaves. Le soleil éclaire la pierre blonde. Le temple est entier, intact ; Construit en 408 il est inachevé, pas de toit ni de dallage. Comment s’est il si bien conservé ? A l’arrière une petite rivière a creusé un canon dans le calcaire blanc. Le site est splendide.
Des cars déversent des écoliers coiffés de casquettes rouges. Nous avons profité du calme des premières minutes du matin.
Pour parvenir au théâtre, il faut monter une vingtaine de minutes. Des cars bleus assurent la navette sur une route en lacets. Ce n’est pas très agréable de marcher sur une route. Heureusement nous trouvons des raccourcis dans les fleurs ? Au premier tournant, le Temple apparaît derrière un massif d’anthémis jaune éclatant taches bleues et oranges des soucis. Je ne peux pas résister à prendre photo sur photo. Plus nous montons, plus les fleurs se diversifient. Jolie image que celle d’un troupeau de moutons sur cette pente fleurie.
A

u sommet du Monte Barbaro des ruines plus récentes : les fondation d’une mosquée rectangulaire et un fort normand. Le théâtre grec curieusement ne s’adosse pas à la colline mais il est complètement construit. Il paraît tout petit et pourtant contient 4000 spectateurs. Comme à Epidaure, il s’intègre dans le paysage de montagnes splendides. Une rénovation récente, (2001) a relevé tous les gradins ? Nous ne profiterons pas du calme longtemps .les scolaires remplissent les gradins, se photographient. Finalement, dans un théâtre, des spectateurs, rien que de très normal !
A mi pente, un peintre a installé son chevalet, il porte u béret et des gants.
Autour de la ville basse, nous observons les fortifications antiques et même un tas de boulet destiné aux catapultes.
Calatafimi

Calatafimi, perchée sur une colline, étagée en cubes multicolores, ocre, jaune, gris, est une très jolie ville . Rien de spécial à visiter « les églises sont fermées » dit la dame du bar qui nous réchauffe deux panini au jambon. Nous montons au château normand par une belle rampe pavée de galets. Nous déjeunons à l’abri du vent de petits pains de sésame encore chauds et canoli à la ricotta cadeau ainsi que de petits croissants feuilletés achetés au poids (8euros/kg) emballés dans un papier vert ressemblant à un papier cadeau .

En route vers Salemi
Quitter Calatafimi est toute une aventure ! Les rues étroites sont à sens unique. On se perd le sens de l’orientation dans les épingles à cheveux, nous ne savons plus quelle direction prendre à la sortie du village. Les panneaux n’indiquent que Palerme ou Trapani, les deux directions à éviter, Salemi n’est pas fléchée. Nous arrivons dans une sorte de ville fantôme – ville dortoir- invisible sur la carte, sans doute un quartier neuf de Calatafimi à l’étroit sur sa butte. Retour en arrière sur une route en zigzag qui traverse une très belle campagne plantée de vignes .pas une voiture, pas un village. Une belle montagne pointue ressemble à la butte d’Erice. Allons nous parvenir à Trapani ? Les maisons sont très rares dans les vignes, tout juste une remise pour les outils. Un groupe de maison mérite bien la photo.

Nous aboutissons à la voie ferrée, un groupe de maisons crépies de rouge foncé ressemble à une coopérative vinicole.
Nous demandons à un homme « où sommes nous ? » « Stazione de Alcamo «. Je lui tends la carte, je ne suis pas sûre qu’il sache lire, il cherche beaucoup trop au sud, vers Castelvetrano. « Pour arriver à Salémi, prendre à droite la route en haut là-bas, puis encore à droite jusqu’à Gallitello » ». Il me prend par le bras pour me montrer la route qui court au dessus de l’autoroute. A mes pieds un adorable chiot marron glacé me mordille le pied, tout dodu . Je le soulève pour le caresser. Il avait raison, la S119 reliant Alcamo à Castelvetrano passe dans les blés à perte de vue.
Les ruines de Gibellina

Les ruines de Gibellina sont fléchées en marron comme tous les sites touristiques. La route tortille, franchit un petit col, on se croirait en montagne (Gibellina viendrait il de djebel ?)Nous arrivons dans un véritable désert. Gibellina a été anéantie par le séisme de 1968, il ne reste plus une maison debout. Les décombres ont été « vitrifiées », cimentées dans des dalles de béton. La colline porte ces écailles blanches comme une carapace de tortue.
Drôle d’endroit pour du tourisme, voyeurisme du malheur. Cette chape de béton, énorme monument aux morts du sinistre a été conçue par un artiste plasticien. Toute curiosité paraît déplacée.
Partanna
Nous renonçons à visiter Salémi , trouvons un raccourci passant par Partanna que nous traversons à l’heure de la sieste, donc vide. La Chiesa Madre est ouverte, baroque . L’orgue de bois sculpté est beau ainsi que le plafond. Deux chapelles sont kitsch : angelots et religieux grimpent au plafond. Par chance, nous, trouvons facilement la via Selinunte qui nous ramène directement sans passer par Castelvetrano, la honnie.
La Réserve de Belice

La réserve du Fiume Belice se trouve à quelques centaines de mètres du port. Une guérite de planche fermée en garde l’entrée, la route est barrée aux autos. Nous sommes un peu déçues, nous nous attendions à l’équivalent de Zingaro avec des promenades balisées et des panneaux explicatifs. Une belle plage de sable brun orangé est bordée d’une petite dune et d’une pinède. A l’extrémité de la plage, un restaurant, pavillon de bois carré, des tables recouvertes de nappes bleues en terrasse. Il ressemble à une taverne grecque.
La plage est vide, il y a seulement une famille de Hollandais. Le vent a construit de jolies petites rides sur le sable sec. Le ciel est nettoyé de ses nuages. Je fais ma promenade rituelle le long de la plage au bord de l’eau, pieds nus dans le sable sec, le sable mouillé est trop froid. Le vent d’Ouest dans mon dos me pousse, je redoute le retour face au vent.
Comme tous les soirs, vers 7 heures nous envoyons nos SMS. C’est un nouveau jeu qui m’amuse : résumer la journée en moins de 160 caractères. C’est aussi un jeu de hasard. Pile, Maman répond, face non. Le message d’hier sur les Phéniciens a eu une réponse immédiate. Avant le départ, Papa m’avait demandé si nous allions chez les Grecs ou chez les Phéniciens.
soirée télé
Le soir, je m’installe devant la télé pour guetter la météo sur RAI3. J’écoute distraitement les infos en écrivant. L’affaire des otages italiens occupe la majeure partie du journal, ainsi que le retrait des troupes espagnoles d’Irak ? C’est amusant de comparer le traitement de l’information avec le journal télévisé français. La télé française insiste sur les pertes américaines et les actions de rébellion irakienne. La RAI montre beaucoup d’images de revues militaires, les soldats italiens, américains ? On voit peu les irakiens. De la politique française, pas un mot. Seule info de France, la rénovation de Pigalle.
Dominique fait griller des courgettes à l’huile avec de fines tranches de veau.

Des photos dignes d’honorer les Dieux de l’antiquité ! As tu lu le petit livre de André Suarès sur les temples : Temples grecs maisons des dieux ? c’est un de mes préférés sur le sujet
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@Dominique : J’aime bien les écrits de Suarès mais je n’ai pas lu celui-là, je vais le chercher!
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quels panoramas… du rêve…
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