Peter MANSEAU – Chansons pour la fille du boucher

MANSEAULITTÉRATURE AMÉRICAINE

Peut-on traduire du Yiddish en étant irlandais ? Peut-on raconter l’épopée du « dernier poète yiddish »  sans être juif ?

Ces  Chansons pour la fille du boucher raconte l’épopée d’Itzik Malpesh,

« la route est longue de Kichinev à Baltimore » surtout quand elle commence par un pogrom, passe par Odessa quand éclate la guerre de 14 puis la Révolution, puis par New York. L’histoire du « poète juif » alterne avec les notes du traducteur ancien-futur séminariste, qui, cherchant du travail met à profit ses connaissances de l’alphabet hébreu, pour classer des ouvrages en yiddish, tombe amoureux d’une fille dont le trésor le plus cher est un paquet de lettres écrites en yiddish.

Les 550 pages de ce roman se lisent vite. Lecture facile, comme un roman d’aventures. On veut savoir comment l’enfant échappera aux voleurs d’enfants pour la conscription du Tsar, s’il retrouvera à Odessa la fille du boucher dont il est amoureux, comment il émigrera en Amérique, contre son gré….

Le roman soulève aussi des questions intéressantes. Celles de la traduction, dans les notes du traducteur  est-ce un bon traducteur ? ou les poèmes du « dernier poète yiddish » sont-ils si mauvais ? Surtout celle de la valeur des mots, du pouvoir de la littérature quand à la yeshive, Chaïm fait découvrir la littérature russe en vendant Dostoievski à la page. L’enfant se rend compte qu’il lit beaucoup plus de russe qu’il le pensait. La valeur de la poésie. Le métier d’imprimeur qu’il apprend à Odessa. Est-ce un  hasard si Itzik quitte Odessa chargé d’emporter des caisses de caractères d’imprimerie à New York ? Et si ces caractères n’ont plus cours devant le linotype…Si New York compte tant de poètes yiddish qu’ils se retrouvent tous devant une machine à coudre ?

L’autre question récurrente est celle de l’identité. Pourquoi le traducteur catholique a appris le Yiddish. Pour devenir un autre ?

Melting pot que cette Amérique qui s’est approprié le Yiddish et l’histoire de ces émigrants devenus de bons américains. Est-il vrai que Colin Powell  aurait conversé en Yiddish avec Itzhak Shamir ?

Même si la lecture est agréable il manque quelque chose de l’ordre de la simplicité, de l’authenticité de la saveur de la littérature yiddish des Singer  que j’aime tant.

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « Peter MANSEAU – Chansons pour la fille du boucher »

  1. Toute traduction est une trahison, rien n’est mieux que de lire dans l’original mais ceci admis, aucune langue n’est intraduisible, mais tout dépend du traducteur,non? Le livre a le mérite de poser des questions intéressantes tout en contant une histoire captivante, semble-t-il?
    Et maintenant quand je vais cliquer est-ce que mon message va être enregistré? That is the question?

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    1. @claudialucia : effectivement je privilégie la Version originale, mais se pose alors la question de la compréhension de la part de la lectrice. En anglais, je maîtrise à peu près mais en Italien, je ne sais que choisir.

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