Samarcande Registan et Mosquée de Bibi Khanim

CARNET OUZBEK

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Le Registan est un ensemble monumental 15ème siècle mais il a été remanié au 17ème et est est bordé de madrasas alors qu’à l’origine il y avait aussi un caravansérail et un khanaka. La madrasa d’Oulough Beg était un centre culturel réputé Ouloug Beg dispensait lui-même des cours d’astronomie. En plus des sciences religieuses, on y enseignait l’Arabe, le Persan, l’Histoire et la philosophie. Les savants les plus connus et les poètes comme Navoï Alisher passèrent par cette université. Au fronton, on reconnait les décors géométriques de briques vernissées reproduisant le nom d’Allah ou de Mohamed en écriture coufique, les mêmes torsades qu’à Boukhara bordent l’arche. Le fronton de l’Iwan porte le décor étoilé rappelant qu’Oulough Beg était astronome.

le ciel étoilé en l'honneur du Prince -Astronome
le ciel étoilé en l’honneur du Prince -Astronome

L’intérieur de la madrasa est entièrement carrelé de mosaïques merveilleuses mais les cellules des étudiants sont occupées par les marchands qui vendent de jolies marchandises à prix d’or. Ils sont aussi très insistants ce qui gâche la visite.

Au 17ème le Caravansérail et le khanaka furent remplacés par la madrasa Cher d’Or et une mosquée : la mosquée d’hiver est décorée d’une coupole décorée d’or. En 1920, la place fut bombardée : on a exposé les photos des ruines dans la mosquée. La rénovation fut entreprise dans les années 1970. A l’origine la coupole était à la même hauteur que le minaret, on l’a reconstruite plus petite. En 1994 pour l’anniversaire d’Ouloug Beg les façades furent restaurées, les minarets qui penchaient, redressés.

Tigre, gazelle et soleil de la connaissance
Tigre, gazelle et soleil de la connaissance

La façades de la madrasa Cher d’or est ornée de tigres  du soleil et de gazelles. Une interprétation veut que les tigres figureraient les étudiants poursuivant la connaissance (les gazelles) sous le soleil qui dispenserait la science. Une autre légende raconte qu’aux temps anciens de la fondation de Samarcande, les tigres seraient descendus du Pamir et les valeureux habitants les auraient apprivoisés.

coupole d'or
coupole d’or

Dans la madrasa qui a une mosquée décorée d’or, la cour a été moins rénovée ; les dalles sont disjointes, les arbres confèrent un charme supplémentaire. Cette mosquée est vraiment magnifique avec sa coupoles aux stalactites dorées. Sous les arcades de chaque côté du dôme les marchands vendent de très beaux tapis (on est déchaussé) et des suzanis. Au bout de la galerie, un petit musée est consacré à Oulough Beg avec les mêmes reproductions qu’à l‘observatoire. En plus on montre les cratères de la lune nommé d’après le prince astronome.

suzani grenades
suzani grenades

Dans la madrasa décorée de tigres, les marchands vendent des souvenirs destinés aux touristes locaux, très clinquants, velours brodés d’or,  des vêtements folkloriques sont mis à disposition pour se faire photographier. Un marchand a sorti de très beaux tapis. C’est là que je vais acheter l’écharpe en soie dont je rêve depuis Tachkent. Premier prix 12€ (en face c’était 25€, la même) comme je refuse, on me la fait à 10€ ca qui me convient.

Du Registan à la Mosquée de Bibi Khanim on marche sur une promenade aménagée, dallée, engazonnée contemporaine bordée de boutiques aux grandes vitrines vitrées. Architecture mondialisée, propre, aseptisée sans aucun charme. Maisons russes et tonnelles ont laissé place à cette promenade où de jeunes marronniers commencent à fleurir, trop neufs, trop jeunes. Je préfère la crasse de notre quartier à cette modernité impersonnelle.

Mosquée de Bibi Khanim
Mosquée de Bibi Khanim

La mosquée Bibi Khanim est une mosquée gigantesque, la plus grande d’Asie Centrale, pouvant contenir 15000 personnes. 180mx160m et une hauteur de 36m. La mosquée d’hiver était décorée de papier mâché, ses murs sont en triste état les oiseaux y font leurs nids. La mosquée d’été dans la cour était riche de 400 colonnes. Le  minaret est octogonal, style correspondant à la campagne d’Inde de Tamerlan.

Bibi Khanim était l’épouse préférée de Tamerlan, la plus cultivée à qui il avait confié l’éducation de ses enfants. Tamerlan lui offrit cette mosquée et construisit le mausolée à proximité.

On raconte aussi que Bibi Khanim fit construire la mosquée pendant l’absence de Tamerlan pour lui en faire la surprise à son retour. L’architecte serait tombé amoureux d’elle et lui auraitdemandé un baiser. Bibi essaya d’abord de le raisonner « tu es marié, nous sommes toutes les mêmes » faisant apporter un œuf coloré et un autre non, faisant comparer le goût. L’architecte fit apporter un verre d’eau et un verre de vodka, ils se ressemblaient mais leur goût était différent ; Bibi Khanim finit par céder car l’architecte menaçait d’arrêter les travaux, à condition qu’il y eût un coussin les séparant. Le coussin, sous le baiser brûlant s’enflamma, laissant une trace sur la joue de Bibi Khanim. Cette dernière ayant avoué sa faute à Tamerlan, le roi fit précipiter l’architecte du haut du minaret. Mais il lui poussa des ailes….puisque c’est un conte des Mille et unes nuits ! J’ai hésité à retranscrire ce conte destiné aux touristes crédules que nous sommes. C’est la lecture d’Ella Maillart qui m’a convaincu : on lui avait raconté presque le même.

Le lutrin du Coran d'Osman
Le lutrin du Coran d’Osman

Au milieu de la cour se trouve le lutrin monumental destiné à recevoir le Coran d’Osman, que nous avons vu à Tachkent le premier jour du voyage. Tamerlan avait rapporté ce Coran précieux de Bagdad. Il fut conservé jusqu’à la prise de Samarcande par le Général russe Kaufmann qui l’emporta à Saint Petersbourg, où l’on le copia 50 fois. En 1923, le Coran original fut rendu à Tachkent. Le lutrin est considéré comme saint et les femmes en mal d’enfant se glissaient en dessous. Cette pratique ressemblant à de l’idolâtrie est maintenant interdite.

le restaurant et la promenade trop moderne
le restaurant et la promenade trop moderne

Des cafés et des restaurants ont installé d’agréables terrasses avec banquettes de bois, tentures imitant les suzanis, des auvents sur des colonnes de bois. Destiné aux touristes le restaurant présente de menus plastifiés avec des prix fixes. Nous jetons notre dévolu sur des raviolis (manty) accompagnés de thé noir. Surprise au moment de l’addition le thé est facturé 3000 soums (1€) et une cuillère de sucre 2000 !

la coupole de Bib Khanim vue de la cour de l'hôtel Bibi Khanim
la coupole de Bib Khanim vue de la cour de l’hôtel Bibi Khanim

Les propriétaires de l’hôtel Hovli Poyon de Boukhara nous ont  conviées à boire le thé sur la terrasse de leur hôtel Bibi Khanim – la plus belle de Samarcande ! Ils ne se sont pas vantés : de leur terrasse nous dominons la cour de la mosquée Bibi Khanim, avec une vue très dégagée sur la nécropole Chah i Zinda, les toits et les jardins de la ville. Les minarets et coupoles sont innombrables…L’accueil est très chaleureux et la conversation passionnante. Neluphar et son mari organisent des treks et viennent souvent en France. Ils ont des amis parmi les guides savoyards et leur base française est Albertville. Ils ont donc une très grande ouverture d’esprit. Mais aujourd’hui la tristesse est palpable : le séisme meurtrier du Népal les touche personnellement. Ils pensent aux guides. Peut être ont-ils perdu des amis ?

l'hôttel Bibi Khanim, vraiment à recommander
l’hôttel Bibi Khanim, vraiment à recommander

Nous visitons l’hôtel, tout neuf, confortable avec des chambres modernes,  et très bien décorées réparties sur la galerie qui fait le tour du patio. Un très bel établissement à recommander !

Vers 17h, Nassim vient avec ses enfants nous conduire à la gare. Le train Afrosiab – talgo espagnol –   doit nous conduire à Tachkent. Il nous laisse à l’extérieur : seuls les voyageurs peuvent entrer et les contrôles tatillons sont encore plus poussés qu’à l’aéroport. En moins de 2h nous rentrons à la tombée de la nuit à Tachkent. Le train passe par Djizzak nous reconnaissons les montagnes de Nurata, puis la nuit tombe.

Il était prévu que Mouhiaddin nous conduise  à la même tchaikanna qu’à l’arrivée pour dîner. Mais le lever est prévu à 2h du matin. Nous renonçons au dîner. Le room service nous apporte du velouté de champignons et nous nous couchons dès 22h.

 

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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