CHALLENGE VICTOR HUGO : LECTURE COMMUNE
Avec un petit retard sur le planning, je rejoins Claudialucia et Nathalie dans notre exploration de l’oeuvre de Victor Hugo à la suite d’Hernani lu en février.
Sacrilège ou provocation?
J’ose à peine l’écrire, mon premier contact avec Ruy Blas a été cinématographique (jusque là, tout va bien, Claudialucia cite Vadim). Là où cela se gâte, c’est que Don Salluste aura toujours pour moi la tête de Louis de Funès et Ruy Blas celle d’Yves Montand (j’adore), la duègne celle d’Alice Sapritch (je suis fan absolue) et la reine celle de l’oie blanche du film. J’ai vu et revu La Folie des Grandeurs qui passait autrefois à la télévision.
Après ce préambule, j’avoue que ma lecture a été parasitée par ce souvenir. Qu’est-ce qui est vraiment Ruy Blas , qu’est-ce qui est invention de La Folie des Grandeurs ?
Heureusement Victor Hugo a écrit une préface fort intéressante pour situer la pièce, dans le contexte historique et théâtral (et une postface aussi)
« Dans Hernani, le soleil de la maison d’Autriche se lève ; dans Ruy Blas, il se couche… »
« le royaume chancelle, la dynastie s’éteint, la loi tombe en ruine…. »
Drame romantique, il a mêlé comédie, tragédie
« Don Salluste serait le drame, don César la comédie , Ruy Blas la tragédie… »
Critique de la vie de cour : Don César, grand d’Espagne, mais aventurier s’apparente plutôt à Hernani :
« Avec les gens de cour, vos pareils, don Salluste
Je vous laisse, et je reste avec mes chenapans
Je vis avec les loups, non avec les serpents »
Tandis que son faux double Ruy Blas, le laquais amoureux, oublie sa condition et croit que la corruption qui ruine le régime peut être corrigée en cessant de pressurer le peuple:
« l’Etat s’est ruiné dans ce siècle funeste
Et vous vous disputez à qui prendra le reste »
Reproche-t-il aux Grands d’Espagne corrompus
« Ce grand peuple espagnol aux membres énervés,
qui s’est couché dans l’ombre et sur qui vous vivez,
Expire dans cet antre où son sort se termine
Triste comme un lion mangé par la vermine… »
Ruy Blas n’annonce ni réforme ni révolution car Don Salluste, apparaît et lui fait retrouver son rôle de laquais.
Toutefois, j’ai préféré Hernani, plus riche en rebondissements imprévisibles – surtout le retournement de Charles Quint et en personnage plus complexes.


Merci Miriam pour ta participation au challenge. Moglug est aussi avec nous pour cette LC. J e n’ai jamais vu La folie des grandeurs, à l’époque je ne supportais pas de Funès! Je ne préfère pas l’une ou l’autre pièce. Hernani est peut-être plus tragique et Don Carlos rappelle la tragédie cornélienne? Ruy Blas me plaît parce qu’il rappelle « L’homme qui rit » mon roman préféré de Victor Hugo.. mais en allant plus loin! L’homme du peuple qui devient noble présente la critique de la noblesse et annonce des temps nouveaux : « Milords, je viens vous apprendre une nouvelle : le genre humain existe! »
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J’ai vu « La folie des grandeurs » plusieurs fois au cinema et deux fois au TV….Et j’ai lu Ruy Blas traduit dans ma langue…Mais quand j’ai lu :
« Je vous laisse, et je reste avec mes chenapans »,
j’ai decouvert dans un instant l’origine d’un mot que j’ai souvent entendu dans ma langue : il s’agit du mot: « chenapans » qui a presque la meme prononciation et la meme signification chez nous comme en France, mais ici on ecrit: « snapan »(sg.) et « snapani » (pl.)…
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@George : ravie de vous lire, cela fait longtemps! toujours des correspondances entre la langue roumaine et le français (à propos je ne sais pas d’où vient ce mot).
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Comme d’habitude, j’ai des moments quand il ne me suffit pas de lire votre blog et je sors de mon « cave »… 🙂 … 🙂 … Hier soir j’ai commence a relire « Bel Ami »(Maupassant) mais j’ai decide de chercher et lire tout le texte en francais…
Pendant les anees 70-80, au lieu de importer/apporter de France, le « Parti » a decide de importer de l’ex URSS (!) quelques fameux auteurs francais…(!) Ca veut dire que les livres etait ecrites en francais, le texte etait « original », bien-sur, mais les livres (« edition de luxe ») ont ete produit avec papier sovietique, dans une typographie sovietique, a Moscou…La meme chose c’est passe aussi avec quelques auteurs de Angleterre…
La morale de tout ca? = « Nombreux sont les voies du Dieu »…!!… 🙂 🙂
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J’avais pas vu ce billet. 🙂
Je n’ai jamais vu La folie des grandeurs, mais je comprends que le souvenir du film ait perturbé ta lecture ta lecture !
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