Croisière, Mali Lošinj, Nézérine

MITTELEUROPA un mois à travers l’AUTRICHE, la HONGRIE et la CROATIE

A bord du ferry : ravitaillement de petites îles

La tempête,

La tempête a secoué le pin toute la nuit, lui arrachant des craquements inquiétants. Nous avons peu dormi. Nous regardons la mer avec inquiétude. Dans le creux de notre baie tranquille, abritée par la presqu’île, la surface de l’eau est toute creusée de vagues. Comment sera la pleine mer ?
Par hasard, j’ai justement retrouvé dans la poche de ma polaire le Mercalm du voyage en Auvergne et je l’ai rangé, bien accessible, dans le filet extérieur de mon sac à dos.

Embarquement

Sur le quai, plusieurs files de voitures attendent l’embarquement. Bien sûr, nous nous trompons de queue. C’est la foire d’empoigne, personne n’est capable de nous renseigner, finalement nous montons avant tout le monde dans le ferry, dépassant par la droite une imposante caravane tirée par une imposante berline immatriculée en Allemagne, sous l’œil furibard du conducteur et les vives protestations de sa femme.
A 8h10 nous avons choisi nos sièges, le départ est prévu pour 9h. J’ai donc le temps de chercher Le Monde et de boire un café. Je fais un tour au pas de course dans la citadelle, pas de Monde.

La traversée

A bord du ferry : croisière d’îles en îles

La traversée est un enchantement. Le vent a molli. Il souffle juste  assez pour nous rafraîchir. Nous naviguons entre les îles allongées, certaines sont plus pelées, la plupart recouvertes d’une végétation très verte. Pins ou chênes verts? On ne distingue pas toujours. Les habitations sont rares. Il nous semble être dans un paradis d’îles désertes. J’avais craint la tempête et le soleil, je suis à l’ombre, tranquille et regarde défiler les voiliers.

Les petites îles

Notre ferry ravitaille trois petites îles : Olib, Silba et Prémuda. Il est attendu à quai par des petites remorques attelées à de minuscules tracteurs qui montent sur le bateau et chargent des caisses d’eau minérales, de bière, de boissons diverses quelques caisses de tomates(on doit plus boire que manger dans ces îles !), Chaque fois les véhicules garés à la poupe doivent libérer le passage aux livraisons. Heureusement que nous sommes garées à l’avant de la cale. Le spectacle est divertissant. On imagine comme le bateau doit être attendu dans ces villages perdus .Des passagers descendent à pied, d’autres montent.

Arrivée à Mali Lošinj

Mali Losinj : port

Les six heures ont passé par enchantement.   Nous parvenons à Mali Lošinj , jolie petite ville dans une rade étroite où stationnent de gros bateaux.
Il nous faut trouver une banque puis une agence de Tourisme. Là tout se complique. L’employé nous fait comprendre qu’il a peu de chambres.  De plus nous souhaitons être en dehors de la ville près de la mer.
Il nous fait un plan, derrière l’aéroport, sur un chemin de terre dans les champs « poljé » rajoute-t-il.

« Tout est complet! »
Nous trouvons l’aéroport, de minuscules avions privés sont posés là, un hangar un bar perdu. Il n’y a même pas une cabine téléphonique. Nous nous engageons dans un chemin et sommes accueillies par une femme, la soixantaine, en maillot de bain qui sort d’une très vieille maison perdue et délabrée ? Elle est désolée : tout est complet.


Une cahute sans eau ni électricité

Pour nous dépanner, elle propose, au dessus de chez elle une cahute sans eau ni électricité et téléphone à son amie Ivana qui loue un appartement moderne près de la mer. Ivana doit venir nous chercher ci.
En attendant, on nous offre un verre d’eau et nous faisons la conversation en italien. La dame nous explique qu’ici c’est le calme « pace » avec la compagnie des chats du chien et des brebis. L’endroit est magnifique, la table est à l’ombre des grenades en fruit, d’un amandier. Autour, de l’herbe sèche, des oliviers, plus loin le maquis et le chemin qui mène à la plage. Je resterais bien ici, même sans confort.

L’appartement d’Ivana
Le mari d’Ivana arrive au volant d’un Alfa rouge, retour à la civilisation. L’appartement est luxueux, la cuisine grande et très bien équipée On arrive à la question des prix 85 DM, c’est raisonnable, mais tout se complique, elle ne prend pas de locataires pour 3 ou4 jours, une semaine c’est le minimum. Nous lui expliquons que nous ne pourrons pas rester aussi longtemps, elle reste ferme.

Il est passé six heures et nous n’avons toujours pas de gîte.
Nous poursuivons vers le nord. Nous sommes très mal accueillies dans un village de vacances.


Tout est complet(refrain)

Mali Losinj  : un gîte idéal?

Nous repérons des chambres à louer. Ici pas d’écriteaux voyants, dans toutes les langues dépassant sur le bord de la route. Ici, on ne racole pas, on n’attend pas le client. Un discret panneau avec 4 lettres SOBE. Il faut rouler doucement pour les découvrir.
Nous frappons à la première porte : oui, il y a une chambre avec une salle de bains et usage de la cuisine. C’est très bien situé dans une maison ancienne, devant la maison, une table et des bancs sous une tonnelle. L’endroit est pittoresque, je vais sortir mes aquarelles. Nous déchargeons les valises, ravies. Je descends pour payer et là tout se complique. La dame m’a montré un panneau en Croate où le prix figurait : 92 kuna, maintenant c’est 120 parce que nous restons moins de 4 jours, j’essaie d’expliquer que nous resterons peut être plus longtemps si l’endroit nous plaît, mais elle ne comprend rien. Je prépare donc 240 kuna pour deux nuits. La dame fait deux tas de 120 kuna et m’explique en allemand rudimentaire que cette somme c’est pour une nuit seulement, 120 par personnes. Là, je me fâche, cette somme qui monte à chaque discussion m’agace. Jusqu’où vont-ils monter ? Nous descendons les valises.

Nezerine : 3 mâts

A l’agence de tourisme « Turist Biro » de Nézérine, on nous propose une chambre pour 260 kuna avec salle de bain à partager assez loin de la mer.
Nous dédaignons cette offre et continuons vers le nord.
A Osor Dominique s’exclame « ici nous allons trouver ! » rien du tout, tout est complet. Il est 8heures passées, la situation devient critique .Les rayons du soleil traversent les murettes de pierre sèche, cela rappelle le Connemara, mais nous ne sommes pas d’humeur à faire de la photo.
Nous retournons à Nézérine avec le papier de l’agence et la trouille que la chambre ne soit plus disponible.
Enfin nous montons les bagages dans une chambre blanche toute entière occupée par un lit immense, une grande armoire en bois clair, genre chambre d’un hôtel un peu vieillot .Le balcon a une jolie vue.  Nous n’avons pas l’usage de la cuisine, la dame sert des petits déjeuners payants.
Je tire les leçons de notre aventure, je me suis emballée trop vite au petit port ? Le prix était seulement de 120kuna avec l’usage de la cuisine et la salle de bain et il y avait surtout la belle tonnelle. La dame n’était pas une « voleuse ». Simplement, elle parlait trop mal l’allemand et moi je ne comprends pas le Croate. Les prix sont officiels, affichés, l’augmentation tout à fait légale.
Nous aurions gagné une soirée agréable, en plus de tout le reste.

En voyage, rester cool !

7
Nous avons dîné sur le bord de la mer à la nuit tombante, puis nous nous promenons dans le village. Juste en face de chez nous une belle maison à la façade rouge sombre arbore le lion de Venise sculpté au dessus du porche. Des ruelles en pente conduisent à une placette occupée par deux terrasses de café et un placier. Toutes les tables sont occupées. On se croirait en Italie. Sur le bord de mer, l’animation est encore plus grande : tout le monde déambule, le port est occupé par de gros bateaux. Les restaurants chics sont pleins.
Cette île est vraiment très différente de celles que nous avons vues dans la région de Zadar. Elle est ravissante. La moindre maison mérite une photographie, soit pour ses bougainvilliers, ses balcons ou ses vieilles tuiles romaines. Le tourisme est très « haut de gamme » : peu de campeurs, des yachts, pas de fast-food ou de supermarchés, de jolis restaurants de poisson, des pizzerias. Les touristes de l’Est, Tchèques, Polonais et Hongrois ont disparu, les Allemands sont plus discrets. Ici, les touristes sont Slovènes et Italiens. Ici tout le monde parle Italien. L’Italie est une garantie de bon goût, mais aussi de vie chère. Plus de saucisses immondes ni de pâtés horribles, au supermarché : du salami et du jambon cru. Plus d’indice non plus de conflit récent, des grosses voitures . Ile privilégiée, tourisme de longue date. Dommage que notre budget soit un peu serré pour y rester longtemps..

 

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « Croisière, Mali Lošinj, Nézérine »

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