Saint François et la Pointe des Châteaux

GUADELOUPE

Les Pointe et ses rochers

Départ matinal pour la Ponte des Châteaux à l’extrémité Est de la Grande Terre sur une péninsule très étroite. A la sortie de Saint François, la route est bordée par la « forêt domaniale du littoral » qui se réduit parfois à un mince rideau de raisiniers. Divers restaurants et galeries sont installés sur la voie qui s’arrête au niveau de la Grande Saline où un sentier conduit à une grande croix au sommet du rocher, passant à travers une broussaille épineuse puis se termine par de belles marches. Une table d’orientation indique les côtes de Basse-Terre, les îles des Saintes, Marie Galante. Un voilier passe.

Un voilier passe

Le sentier descend à une autre pointe offrant une nouvelle perspective sur les hautes falaises. La Pointe des Châteaux est un « incontournable » pour les touristes qui s’y pressent ? Certains portent des bébés sur le dos ou le ventre par ce soleil et cette chaleur. Les guides prévoyaient 20 minutes, j’en ai mis le double. Soit je vieillis, soit les temps prédits ne sont pas fiables.

la grande saline et plus loin Tarrare

Le projet initial était une randonnée le long du sentier du littoral. Dominique m’aurait attendue à L’Anse à la Gourde. Aucune indication du sentier sur le bord de la route mal balisé au début. Je ne le trouve qu’à proximité de la Pointe de Tarrare sur le parking du restaurant Man Michel d’après le conseil d’une dame tenant une galerie d’artisanat d’art (beaux objets). Itinéraire facile, mais nécessitant de bonnes chaussures, certaines roches sont hérissées d’arêtes coupantes. La majeure partie de l’itinéraire s’effectue sous couvert végétal arbustif. J’entends la mer sans la voir. A Tarrare, dans une crique, concentration d’hommes bronzés nus, c’est la J’entre dans un petitplage naturiste bien cachée. Le sentier s’enfonce à nouveau dans les buissons, monte, descend sur une petite plage et j’arrive sans encombre à l’Anse à la Gourde où Dominique m’attend à l’ombre près d’un carbet où nous nous asseyons un moment. La plage de sable blanc est très jolie pour se promener, le platier rocheux s’interrompt pour faire des petites piscines où s’ébattent des baigneurs. L’eau cristalline, turquoise est bien tentante après une promenade sous le soleil. Nous aurions pu déjeuner sous le carbet si je n’avais pas oublié le pique-nique, pourtant préparé avec soin.

 

Nous filons donc à Saint François acheter des provisions. Occasion de visiter la ville. En arrivant de la Pointe, nous longeons l’aérodrome (belle piste goudronnée au milieu d’une pelouse ; une dizaine d’avions privés attendent. Puis nous traversons un magnifique golf avant d’arriver à la marina. Boutiques chics ! On parvient au centre-ville, hôtel de ville en ciment, grande église rose mais surtout un marché en rotonde (signé Ali Tur) d’où partent des petites rues comme les rayons d’une roue. Nous trouvons le port de pêche avec ses étals de poisson, petite halle, de nombreuses gargotes où je me serais bien attablée si c’était l’heure du déjeuner. J’entre dans un petit restaurant tout rose, murs roses, tables roses, roses artificielles sur chaque table. Je commande des accras à emporter. La cuisinière les frit devant moi. Le rêve, des accras tout frais ! je déchanterai : ils se révèleront élastiques, de la pâte mais sans morue.

Au hasard des rues, Dominique trouve une belle échappée sur la mer. Sous un gros raisinier, une place de parking dans une rue tranquille où les maisons paraissent à moitié abandonnées. Vue sur le port. De curieuses vagues se déplacent latéralement et non pas face au rivage pour venir s’écraser sur la jetée.

Epines du Christ

En faisant demi-tour, Dominique avise de très belles fleurs rouges, si rouges et si fournies qu’on les a crues artificielles. Elles sont bien naturelles. La dame, intriguée de nous voir devant chez elle, est venue à notre rencontre.

« Ce sont des épines du Christ et elles se bouturent très bien »

Elle nous coupe un rameau, l’emballe dans du papier alu. Dominique nous prend en photo. Elle est ravie de cette rencontre inopinée. C’est ce qu’elle préfère dans les voyages.

La Plage des Raisiniers Clairs se trouve à l’entrée de la ville (en venant de Sainte Anne) à proximité du Cimetière hindou (curiosité signalée par les guides mais qui ne nous a pas paru spécialement hindou avec ses croix. Les guides parlent également d’un cimetière d’esclaves du XIXème siècle. La plage est réputée très animée le week-end, aujourd’hui, mercredi, au moins trois food-trucks proposent des repas élaborés (prix restaurant), des dames battent des sorbets-coco, proposent des chichis et autres sucreries. Le bord de la plage est à l’ombre sous les raisiniers. On apporte son fauteuil pliant mais le parasol n’est pas nécessaire. D’ailleurs, il n’y en a pas. Par chance, il n’y a pas de sargasses. Le sable est blanc, fin agréable sous les pieds. Comme à Bois-Jolan, la vague se brise sur la barrière de corail. L’eau est parfaitement tranquille. Les vagues qui passent la barrière sont amorties, très douces. Certaines zones sont bleu lagon, d’autres vertes avec les posidonies. La profondeur de l’eau est suffisante pour nager presque partout. Les porteurs de masque et tuba vont explorere les prairies de posidonie, les autres restent dans les piscines claires. On y socialise, les gens bavardent beaucoup. Après ma baignade j’achète un sorbet-coco à une jeune femme qui tourne la manivelle de la sorbetière. Délicieux !

Exploration des plages et curiosités sur le littoral entre la Pointe des Châteaux et Le Moule à l’aide de la Carte Michelin. Nous cherchons la Baie de l’Olive et sa chapelle. D’après la carte, cela paraît tout simple. En vrai, on tournicote sur de très petites routes pleines de trous qui deviennent des chemins et se perdent au milieu de nulle part. Nouvel essai de trouver l’Anse à l’Eau pourtant fléchée sur la route principale. Un jeune homme sur un vélo nous conseille de retourner à la route.

Porte d’!enfer

Dernière tentative : la Porte d’Enfer qu’on trouve, enfin. Un escalier descend à une petite anse bien tranquille à l’abri, tandis que les vagues se déchaînent sur les roches plus loin. Un sentier contourne le pic mène à un point de vue d’où on découvre la violence de la houle. Les déferlantes se brisent sur une sorte de plateau, cascadent, d’autres contournent le roc par deux côtés opposés et se rencontrent en une écume blanche.

Nous nous arrêtons devant l’Habitation Zevallos, très belle maison coloniale qui ne se visite que le mardi et le vendredi à14h30 sur Rendez-vous.

 

 

Avatar de Inconnu

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

Laisser un commentaire