« J’étouffe, je vais prendre un bol d’air. À bientôt, je t’embrasse. Maryvonne. »
Maryvonne, ouvrière à Saint Brieuc, mariée, mère d’un petit garçon, à la faveur d’un arrêt maladie, décide de s’offrir des vacances. Elle prend le car pour Paimpol. Ce n’est pas bien loin : 45 kilomètres.
« On arrive à Paimpol. C’est drôle. C’est là que j’ai voulu aller. Paimpol, cela ne fait pas sérieux, c’est un
nom d’opérette, Paim-pol, Paim-Paul, Pain-Pôle, Pin-Paule, Paimpol, un nom tout rond, impossible à
chuchoter. La Paimpolaise… Paimpol et sa falaise… des relents de folklore bouffon me font sourire toute
seule. »
Nous partons en vacances à Port-Blanc, nous irons à Paimpol chercher la falaise. J’ai téléchargé le roman pour nous accompagner en Bretagne. Titre trompeur : pas du tout de la littérature de voyage. Du Paimpol de Maryvonne, nous ne connaîtrons qu’une chambre d’hôtel avec une belle salle de bain, un salon de coiffure et l’aventure se terminera à Monoprix. Sans voir la falaise.
Ce roman féministe est paru en 1980 . Gallimard l’a ressorti en mai 2025 Il est augmenté de deux préfaces de Maylis de Kerangal et de Rebecca Zlotowski. Très bien écrites ces préfaces, mais redondantes, disproportionnées, pour un court livre qui se suffit à lui-même et que j’aurais préféré découvrir par moi-même.
Roman féministe, roman social. Maryvonne et son mari travaillent à l’usine Chaffauteaux qui comptait 2200 ouvriersdans les années 80.La grosse usine de métallurgie a fermé en 2009 ICI Ce livre est un témoignage du travail en usine, des grèves menées. Maryvonne, déléguée syndicale a été une des porte-paroles des grévistes. Erosion de son couple, ennui de la vie de mère de famille étouffante. Elle décide de partir quelques jours, de vivre un rêve, de bouleverser le quotidien.
Sans valise ni alliance, je me grise de cette bolée de liberté. À l’heure qu’il est, je devrais être au boulot
Mais que faire de cette aventure? La vie d’usine, le ménage occupent son esprit. Ce n’est pas facile de s’inventer une vie. Alors Maryvonne achète un flacon de bain moussant .
Elle se fantasme en Marilyn dans la baignoire de l’hôtel :
Marilyn vaporeuse. Marilyn voluptueuse. Marilyn pulpeuse, langoureuse. Marilyn amollie, abolie. Marilyn jouit […] Marilyn a du poil aux pattes. Marilyn a de gros genoux. Marilyn travaille à la chaîne. Marilyn s’appelle
Maryvonne. Et Maryvonne a les seins qui tombent.
Pas facile d’affronter le regard des autres, de la gérante de l’hôtel, des clientes habillée avec quatre fois le salaire mensuel de Maryvonne.
Toujours d’actualité presque un demi-siècle plus tard? Sûrement pour le quotidien de la mère de famille. Mais l’usine a été délocalisée!

Ah oui, je l’ai noté suite à une émission récente sur France Culture, ça a l’air très intéressant (cela aurait fait une excellente lecture pour l’activité sur le monde du travail..). Je retiens de ne pas lire les préfaces, ce que généralement je ne fais pas de toute façon !
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@Ingannmic : j’ai podcaste l’émission
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Je lis toujours les préfaces à la fin de mes lectures. L’éclairage est plus intéressant ainsi et ça me permet de mieux apprécier le livre par moi-même. Sinon, je te confirme que les phares sont bien une thématique du book trip en mer, et Cézembre est tout à fait éligible également.
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@fanja : j’enverrai les liens des que les articles sortiront. Ils sont actuellement en attente
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@Fanja : je t’enverrai les liens des que les postes sortiront
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Je l’ai noté aussi. Et je crois bien qu’il va faire partie d’une de mes prochaines lectures, en réservant les deux préface pour l’analyse, après. Merci pour le conseil.
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Bonne lecture !
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Les fameuses préfaces où les gens blablatent… à lire après!
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une auteur inconnu pour moi.
je vais aller écouter sur podcast
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@Dominique : si tu as l’appli RadioFrance tu trouveras le podcast sur le Bookclub France Culture
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J’ai vu récemment un autre livre avec deux préfaces (par des auteurs contemporains français). Est-ce une nouvelle mode?
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