TOURISTE DANS MA VILLE

PARIS RIVE GAUCHE est un projet d’aménagement s’étendant sur 130 ha d’Austerlitz jusqu’à Ivry. La ZAC a été crée en 1991. Depuis bientôt 35 ans, le quartier change.
J’ai grand plaisir à aller à la Grande Bibliothèque pour de belles expositions et aux cinémas MK2 . De Créteil, j’emprunte le métro Ligne 8 jusqu’à Porte de Charenton puis le Tramway T3a . Parcourant l’avenue de France je remarque le nom des rues : Thomas Mann, Marguerite Duras, Françoise Dolto, Goscinny, Primo Lévi…des noms qui me parlent et qui décrivent un paysage intellectuel, proximité de la Grande Bibliothèque peut être?

Le rendez-vous avec le conférencier de la balade d’Explore Paris intitulée « Paris-Ivry, aller et retour » est fixé esplanade Vidal-Naquet entre les Grands Moulins et la Halles aux Farines sur le campus universitaire Paris VII-Diderot devenue université Paris Cité depuis le désamiantage du campus de Jussieu (feuilleton à rallonge s’étalant de 1996 à 2016). Les Grands Moulins, une ancienne minoterie industrielle, fut construite lors de la Première Guerre Mondiale. La Halle aux Farines, en 1950, par l’architecte Honegger. Comme pour toute construction publique, une œuvre d’art plusieurs mosaïques au thèmes du Noeud Borroméen, entrelac cher à Lacan et à la psychanalyse

Une autre œuvre d’art orne l’Esplanade : Le Monochrome for Paris de Nancy Rubins, sorte d’arbre dont la canopée est formée de 10 barques et 50 canoës en clin d’oeil au blason et à la devise de la Ville de Paris, originellement prévue pour une station du tram T3 mais trop encombrante.

Nous arrivons sur le quai de Seine. Bruno Granozio notre conférencier, nous fait un rappel de l’histoire de Paris. Ce quai, avant l’agrandissement de Paris par Haussmann, appartenait au village d’Ivry. La Zac PARIS RIVE GAUCHE s’est fixé, entre autres objectifs, de faciliter le passage vers Ivry, voire de gommer la limite entre Paris intra muros et sa proche banlieue rendant possible par une voie piétonnière et une piste cyclable : l’Allée Paris-Ivry » avec une végétalisation (discrète).

Nous marchons sur le quai en observant les constructions du Campus universitaire, le bâtiment de physique est protégé par un panneau de verre orné de chiffres, tissant une sorte de résille. Entre deux buildings modernes émerge la cheminée d’une usine ancienne : la SUDAC (Société Urbaine de Distribution d’Air Comprimé) construite en 1890. L’air comprimé servait pour la distribution des courriers pneumatiques et au fonctionnement des horloges à air comprimé de la Ville de Paris. le bâtiment industriel remarquable est maintenant occupé par l’Ecole Nationale d’Architecture.

Détour par la rue Watt et le Biopark – jardin arboré planté de 32 savonniers de Chine entouré d’immeubles où clématites et glycine tentent de verdir le « parc » bien minéral. En fait de parc, c’est plutôt un espace privé où des entreprises Cap Gemini, Orange et d’autres profitent de la proximité de l’université et de ses ressources humaines et intellectuelles. Bien peu de jardin! Comme notre visiter se fait en février, le verdissement des façades est inexistant. Peut-être qu’à la belle saison les lianes grimpantes donnent de la fraîcheur? On fonde de grands espoirs sur le verdissement des cités modernes au temps du réchauffement climatiques mais j’ai souvent trouvé le résultat décevant.

On a aussi construit de grands balcons pour y installer des arbres, les occupants les planteront-ils? les arroseront-ils? ou préfèreront-ils faire un salon d’été avec parasol?

Retour sur l’allée Paris-Ivry qui passe sous le pont. Nous passons un haut-lieu du Street Art . Sous l’échangeur il y avait un tiers-lieu orné de nombreux graphs. En été c’était très sympa, avec chaises longues, bar, mais c’est fermé actuellement. L’échangeur a été réduit ce qui a libéré du terrain constructible pour l’opération immobilière des célèbres Tours Duo de Jean Nouvel qui culminent à 180 m et 120 m. Comme la Tour Triangle bientôt achevée, ces tours de verre et de béton me paraissent d’un autre âge. Elles ont été décidée en 2012; comme le changement climatique s’est accéléré. Il y a moins de 15 ans, on ne s’en préoccupait pas. Aujourd’hui, elles paraissent d’un autre âge. Il faut croire que le temps des urbanistes court moins vite que l’Anthropocène.

Plus innovant, le Berliet, haut de 50 m est un bâtiment d’habitations privilégiant le bois. Cependant l’ossature et le noyau central sont en béton. A l’extérieur la structure est formée de poteaux de bois. Pour construire un tel gratte-ciel en bois, il a fallu obtenir des autorisations spéciale des pompiers. On remarque des cavités permettant d’aménager des espaces communs pour « favoriser le lien social ». Dans les constructions actuelles on invente des coursives, des escaliers, des terrasses ou voisins se côtoient et sont censés se rencontrer. C’est le principe du nudge sorte d’encouragement comme les inscriptions sur les escaliers du métro « vous avez fait des exercices-cardio en montant ces marches », ou « merci d’avoir déposé vos ordures » dans la poubelle, encouragements à peu de frais. De la com, encore de la com!

Derrière le périf, on arrive à Ivry : sous le panache de l’incinérateur.
L’ancien incinérateur, très polluant, rejetant des dioxines qui interdisent aux riverains de consommer les œufs quand ils ont un poulailler et, dit-on, les légumes de leurs jardin, doit être remplacé par le Syctom flambant neuf annoncé à renfort de panneaux. Cheminée éblouissante (pas aujourd’hui parce qu’il fait vraiment trop gris) bâtiment très design. Mais pas mis en service! Et voici qu’on a mis en route le troisième four de l’incinérateur de Créteil-Pompadou, et qu’on projette la construction d’une troisième unité à Vitry aux Ardoines! Je viens de signer la pétition contre l’incinérateur de Vitry!

Comme le prix du foncier est beaucoup plus bas à Ivry qu’à Paris XIII, les magasins Truffaut, Leroy-Merlin et de nombreux siège sociaux s’y sont installés.Après un petit tour sous la cheminée, nous retournons vers Paris et découvrons à l’ombre des tours duo la cimenterie Calcia, selon les spécialistes un chef d’oeuvre du genre avec ses silos et la structure horizontale sur pilotis pour les bureaux. Elle fait l’objet d’un éclairage la nuit , une oeuvre d’art contemporain.

Au pied des tours Duo, de l’autre côte de l’Avenue de France, il y a un point de vue our découvrir les silhouettes variées des immeubles, blancs noirs, verts métallisé. On a voulu éviter la monotonie. Au dessus des voies ferrées une dalle est coulée en ce moment sur laquelle on installera un jardin, bien nécessaire parce que tout le quartier est vraiment minéral.

Bâtiment de cours
Dernier arrêt : le bâtiment très élégant de l‘Université de Chicago de l’architecte jeanne Gang dont la façade est entourée de bâtons « stone sticks » contenant de la fibre de verre qui forme des claustras serant de brise soleiL. Accolé le bâtiment d’habitation pour les résidents (étudiants, professeurs) qui a toujours des colonnettes pour la cohérence. Notre guide nous fait remarquer le soin apporté à la façade et aux balcons intégrant les gaines, et surtout la présence de volets roulants, enroulés à l’extérieur. Enfin, on pense climat et canicule. Si des volets pouvaient dispenser de la climatisation couteuse et surtout très mauvaise pour le climat!
