TOURISTE DANS MA VILLE

La promenade part de la rue du Chevaleret. En bonus, nous admirons le Street Art très présent dans le XIIIème

Une façade du Refuge borde la rue du Chevaleret, peu spectaculaire : c’est l’entrée d’un garage. Occasion d’aborder un des aspects de l’urbanisme selon Le Corbusier : dès les années 20 du siècle précédent, Le Corbusier voue une importance particulière aux voitures (et aux avions) marqueurs de modernité. Il dote donc le Refuge d’un garage au rez de chaussée. Un peu paradoxal, le Refuge appartient à l’Armée du Salut et il est fort improbable que les résidents possèdent un véhicule. Au dessus du garage la façade est vitrée, soit en pavés de verre Nevada soit en grandes baies vitrées qui ne s’ouvraient pas à l’origine. Cet immeuble était prévu « à respiration saine » avec l’air pulsé (qui n’a pas fonctionné).

La Cité du Refuge s’ouvre sur la Rue Cantagrel. Le Corbusier fut introduit grâce à Auguste Perret dans les milieux de l’architecture. La Princesse Singer de Polignac, mécène de l’Armée du Salut, lui procura avec Jeannenet la commande après la Crise de 29. Il fut inauguré en 1933. 500 lits en dortoirs et chambres individuels logent dans le grand bâtiment. Les étages supérieurs étaient occupés par les logements du personnel.
L’entrée est inspirée par Mondrian. La façade, à l’origine en verre, a souffert des bombardements, elle a été restaurée avec les couleurs typiques des bâtiments de l’architecte. Des cadres en béton servaient de pare-soleil.
occasion pour notre guide de citer les principes du Corbusier : pilotis, toits-terrasses, fenêtres bandeaux, plan libre avec plateaux modulables, façade libre.
Un petit bâtiment rond près de l’entrée agrémente la longue façade plane.
Après la rue de Dessous des Berges, nous passons à côté du jardin Berthe Morisot et arrivons sur les Maréchaux : Boulevard Massena où un grand phare street-art capte notre regard.

En remontant vers la Porte d’Italie, nous passons devant la monstrueuse caserne de pompier Massena, brutaliste. En face au n° 26 se trouve la Villa Planeix construite en 1924-1926 pour le sculpteur Antonin Planeix. Au rez-de chaussée, un garage est surmonté de deux appartements ateliers. Les ateliers sont éclairés par des sheds comme les ateliers des usines.

Si le côté boulevard n’est pas franchement avenant, en faisant le tour on voit qu’un jardin arboré avec des coursives et des escaliers extérieurs devaient être très agréables.
En faisant le tour, on passe devant l‘atelier Chemetov cube de verre, bambous, et passages par les fenêtres.

Court trajet en tramway T3 jusqu’au Stade Charlety pour parvenir à la Cité Universitaire Internationale. Le pavillon du Brésil porte la signature et le style du Corbusier :pilotis, toit terrasse, façade plane et couleurs communes à l’architecte et au Brésil : beaucoup de jaune et de vert. Des carrés blancs sont à l’emplacement despsse-plats initialemnt prévus mais obturés. Cependant ce bâtiment n’a pas porté chance au Corbusier qui postulait à la construction de la nouvelle capitale Brasilia et qui a été recalé au bénéfice de Niemeyer.

Le Corbusier était suisse. Le pavillon suisse lui revenait naturellement. Point de chalet d’alpage, du moderne, pilotis, façade de verre et même un petit piquant « qui s’y frotte s’y pique » : un cédrat avec des épines acérées, arbre qui ne pousse pas dans les Alpes helvétiques et véritable piège pour les étudiants suisses qui ne se méfient pas.

Moyennant 2€, on peut visiter l’intérieur. Nous nous installons très confortablement dans les fauteuils tubulaires dessinés par Le Corbusier- Jeannenet et charlotte Perriand. Pendant l’occupation allemande, la fresque originelle photographique a été détruite. Le Corbusier l’a repeinte en imitant Picasso . La partie droite s’inspire du poème de Mallarmé : l’Eventail rappelé par quelques mots

On peut aussi visiter une chambre d’étudiant, sobre fonctionnelle, avec une grande table face à la baie vitrée. 6 x 2.8 m, elles paraissent pourtant très vastes et sont équipées d’une douche.

Sur ce banc émaillé , le plan pour une cité linéaire. Cette civilisation machiniste évoquée plus haut n’attire pas toutes les sympathies. Le plan Voisin détruisait tout Paris en faisant passer des autoroutes du nord au sud au risque de détruire la Sainte Chapelle et la Conciergerie, ainsi que d’Est en Ouest ne laissant que le Louvre et l’Hôtel de Ville. Pire encore le Plan obus à Alger qui remplaçait toute la ville par un immeuble en corniche de 17 km de long. Et le pire, c’est que Le Corbusier y croyait. Il a même été à Vichy pour gagner le soutien des autorités pétainistes. Tandis que son associé et cousin Jeannenet rejoignait la Résistance.
A la Cité de l’Architecture, au Trocadéro, on peut voir en ce moment la maquette du Pavillon de l’Esprit Nouveau pour l‘Exposition Art Déco 1925 ainsi qu’une réplique d’un appartement de la Cité Radieuse de Marseille qui se visiter sur place.
Il reste encore de nombreuses œuvres à visiter pour se faire une opinion sur ce constructeur. Je reste perplexe.
Je ne connais pas ce secteur, de belles découvertes à faire !
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