j’ai découvert Mohamed Bourouissa au Musée d’Art Moderne CLIC
puis croisé au Palais de Tokyo
j’aime bien les surprises que des plasticiens contemporains apportent au Louvre comme l’an passé Barbara Chase Riboud je me suis mise en quête de l’installation de Mohamed Bourouissa signalée en bas par une belle affiche.
Mais aucune indication précise sur la localisation, un vague « espace Presse ». Sous la Pyramide, j’interroge un jeune homme vêtu d’un uniforme noir : sécurité ou accueil? Il est très aimable et me répond :
« je vais interroger ChatGpt »
Diable! moi qui le croyais chargé d’accueillir le public! Et le mieux c’est que ChatGpt lui donne l’information que c’est une exposition virtuelle sans localisation dans le musée. Je retourne au comptoir d’accueil et demande à un monsieur d’un âge certain. L’installation se trouve dans la Chapelledans l’aile Sully à l’étage. Belle grimpette, 1 étage au Louvre équivaut à 3 ou 4 dans un immeuble d’habitation.
Une salle vide, sombre, avec 3 poufs poire sur un écran se projette une vidéo les 4 temps au Tuileries
Le soir tombe, les gardiens verrouillent un cadenas, on suit le personnel de sécurité dans les jardins vides à l’arrière d’un coucher de soleil somptueux sur la Défense (jeu de mot, justement à la Défense il y a un Centre Commercial : Les 4 temps). Ronde de nuit pixellisée, à l’arrière des éclairages urbains de la rue de Rivoli. Les statues sont esseulées, elles semblent se mouvoir. …Le matin se lève avec les joggers et les ramasseurs de poubelles. Hiver : les marronniers sont dénudés, le jardin semble appartenir aux corbeaux..
Printemps, ronde des saisons, les touristes sont nombreux….
J’ai aimé voir le temps se dérouler aux jardins, aimé aussi l’attention que le vidéaste prête au personnel de gardiennage ou d’entretien qu’on ne voit pas forcément.
Et merci au monsieur du comptoir!
et zut à ChatGpt qui donne des informations erronées!
Dans la cohue du Louvre j’étais seule dans la Chapelle:
Nous commençons la semaine par la découverte de notre port d’attache : Concarneau. Première visite : l’Office de Tourisme situé Quai de l’Aiguillon à quelques pas de la Ville Closeet de la grand place Jean Jaurès où se tient le marché. En octobre, le parking est gratuit mais le marché est réduit. Deux étals de fruits et légumes très chers, même pas de poissonnier, un camion charcuterie. Dans la Halle, ce n’est guère mieux : un boulanger, un boucher. Je ne trouve pas les crustacés que j’espérais, j’incrimine la tempête du week end dernier, mais à Intermarché il y a tout le poisson qu’on veut. En revanche les portants des marchands de vêtements sont garnis et les prix soldés. A défaut de crevettes, je rentre avec un pantalon, une belle chemise et un T-shirt.
Ville close
Les remparts de Concarneau
Presque une île reliée au port par un pont. On y entre à pied en passant devant le beffroi et sous une porte. Les fortifications furent édifiées au Moyen Âge mais le beffroi – tour portant une horloge – est récent (1906). C’était la Tour du Gouverneur qui protégeait l’entrée de la ville avec un pont-levis, une demi-lune (1480) et un ravelin (?) . Ma visite commence à la Maison du Patrimoine où des panneaux très détaillés entourent une maquette de la ville. Un escalier monte au chemin de ronde sur les remparts que l’on parcourt presque en entier. Sous le soleil, c’est une très belle promenade qui nous mène dans les fortifications, les tours aux noms pittoresques Tour de Fortune, Tour du Maure, Tour du vin…Les toits d’ardoise, les arbres roussis de l’automne égaient cette promenade.
La rue Vauban traverse la ville bordée de boutiques pour touristes, cuir, fringues et même bonbons. Certaines sont jolies. Tentation aussi dans les restaurants : crêpes ou sardines pour les premiers prix, poissons frais. Place Saint Guénolé, une curieuse fontaine qui est aussi un lampadaire. Une belle conserverie propose des boîtes de sardines, bien sûr, mais toutes sortes de tartinades et des bocaux d’algues. Son produit phare est un confit de Saint Jacques qui me fait très envie.
le Musée de la Pêche est fermé le lundi.
la Corniche
C’est le Concarneau balnéaire que nous découvrons. Tout d’abord, nous passons devant le Marinarium et l’Auberge de Jeunesse à la place de l’Abri du Marin, puis une chapelle ouverte avec une très belle maquette de bateau comme ex-voto. une croix repérable par les marins au large et au dessus le petit phare de la Croix.Nous piqueniquons au dessus de la petite plage Rodel.
Sur le sentier côtier à l’Ouest de Concarneau
l’après-midi est consacrée à une balade le long de la Corniche, de temps en temps pieds dans l’eau sur le sable. Après la belle plage des Sables d’Or, le GR34 monte en sous-bois dans un tunnel de verdure, en terre sèche, facile et doux aux pieds. La petite plage de Kernous est charmante. A l‘anse Saint Jean, je fais demi-tour à regrets.
Courses à Intermarché, très bien achalandé. C’est moins pittoresque que le marché ou les petits commerçants mais c’est là qu’on trouve tout.
Les Feuilles Allemandes marquent un rendez-vous avec Stefan Zweig dont l’œuvre est inépuisable.
Courte biographie (185 pages) publiée en 1935, Zweig se trouve à Londres et ses allusions au fanatisme, à l’intolérance, aux forces obscures de l’Allemagne résonnent avec la situation politique de l’époque de Zweig.
Erasme, champion de l’Humanisme, de la tolérance, intellectuel européen est cher au cœur de Zweig, j’y ai presque vu un double.
Bosch : La nef des fous
Evidemment je connaissais Erasmede Rotterdam de nom et l’Eloge de la Folie citée à l’Exposition, Le Fou, au Louvre cet hiver.
Zweig me fait découvrir le personnage : enfant illégitime, confié au monastère des Augustins en 1487, ordonné prêtre en 1492. Latiniste hors pair, il trouve l’occasion de quitter le couvent pour servir de secrétaire à l’évêque de Cambrai. Il ne retournera pas à la vie monastique, étudie à Paris au triste collège du Montaigu « collège vinaigre », y conçoit une horreur incurable pour la scolastique et mènera une vie indépendante en donnant des leçons de latin à de riches étudiants allemands ou anglais, en rédigeant lettres et pamphlets, se contentant d’emploi de correcteur d’imprimerie à Bâle ou à Venise. Il voyage à travers l’Europe, se trouve très bien en Angleterre. A côté de l’Eloge de la folie, il rédige un Manuel du Chrétien militant, compile des citations latines et surtout traduit les Ecritures du grec en 1516. Ses écrits lui valent l’estime de toute l’Europe, il reçoit des propositions de nombreux souverains mais ne veut pas aliéner son indépendance. Zweig compare sa gloire à celle de Voltaire ou de Goethe, plus célèbre que Dürer ou Léonard de Vinci « doctor universalis » « Prince des sciences », lumière du monde ».
A vrai dire, toute cette admiration, presque hagiographique m’ennuie un peu. Zweig ennuyeux? Impossible: le texte s’anime quand il évoque la Folie « Stultitia » A la Folie, on peut prêter des propos séditieux, des critiques de l’Eglise, du luxe de Rome, du commerce des indulgences. Ces critiques préfigurent La Réforme mais elles sont bien reçues, écrites en latin raffiné, entre lettrés, avec toujours bienveillance. Erasme concilie la Sagesse antique, les philosophes et l’Evangile en un Humanisme de bon aloi. Il transcende les frontières, s’exprime en latin, imagine une Europe chrétienne pacifiée où fleurissent les arts de la Renaissance, où afflue déjà les richesses du Nouveau Monde.
Le drame va éclater quand Lutherplacarde ses quatre vingt quinze propositions à la porte de la chapelle de Wittenberg. Tout oppose Luther et Erasme aussi bien le physique que le caractère. A la finesse, la diplomatie s’oppose la grossièreté, la brutalité et la colère. Luther est soutenu par les Allemands
« esprit de conciliation contre fanatisme, raison contre passion, culture contre force primitive, internationalisme contre nationalisme, évolution contre révolution » (p.102)
La deuxième partie du livre va analyser cette opposition de plus en plus véhémente. On devine les prémisses des Guerres de Religion. Erasme refuse de s’engager et évite à plusieurs reprises la confrontation. Il rejette l’offre d’alliance avec Luther. Il ne relève pas les occasions de réconciliation que les princes allemands tentent à la Diète de Worms.
le Chef de la Chrétienté et ses évêques, les maîtres du monde : Henri VII? Charles Quint et François1er, Ferdinand d’Autriche, le duc de Bourgogne, les chefs de la Réforme allemande, d’autre part, tous sont devant Erasme, comme autrefois les héros d’Homère devant la tente du bouillant Achille, le pressant, le suppliant de sortir de sa neutralité et d’entrer en lice.
La scène est grandiose ; rarement dans l’Histoire les puissants de ce monde se sont donné autant de peine pour obtenir un mot d’un intellectuel, rarement la puissance de l’esprit a affirmé une suprématie aussi éclatante.
La fin de la vie d’Erasme sera une vie d’errance : il quitte Louvain, trop catholique, pour Bâle neutre mais qui deviendra protestante, puis Fribourg.
Et la lectrice ne s’ennuie plus du tout!
En conclusion : la publication du Prince de Machiavel signera la décadence de l’Humanisme et la défaite de l’Humanisme devant la force.
A la sortie d’Audierne, à Plouhinec, 3 sites mégalithiques importants avec un Centre d’interprétation (fermé en octobre). Le Cairn est un monument de moellons de pierres communément appelé dolmen. Il recouvre la chambre funéraire fréquemment constitué de grosses dalles. Ici on trouve la juxtaposition de plusieurs monuments funéraires d’architectures différentes construites entre 4500 et 2500 ans av JC et on distingue 6 phases de construction.
Au Néolithique moyen : une sépulture individuelle qui a livré une hache polie, un briquet de silex et pyrite, des flèches, un vase à fond rond et une bouteille en terre cuite.
Plusieurs sépultures collectives, probablement familiales où la hiérarchie sociale se perpétue dans l’ombre des dolmens à couloir possédant un couloir entre les chambres et l’extérieur
Le cairn atteignait 40 m de long et 10 de largeur.
Enfin, lorsque le cairn fut en ruine, on construisit en plein milieu une sépulture à entrée latérale.
Un sentier conduit à la mer et passe sous le Corps de garde de la Pointe du Souc’h on ne voit pas de canon mais une maisonnette.
Grotte effondrée : protégée par un grillage dans la falaise. On y a retrouvé des éclats et des outils à proximité des foyers, des instruments organiques : leviers de bois et pics en bois de cerf, masse percutante.
Ces artefacts donnent des indications sur le mode de vie des hommes préhistoriques. Au Paléolithique, des nomades, chasseurs de grands herbivores. Au Mésolithique, les derniers chasseurs-cueilleurs ont laissé des flèches perçantes en silex . la mer leur apportait aussi beaucoup de ressources : coquillages, poisson pêches avec des nasses et foënes (fourches). Au Néolithiques les hommes partent sur des embarcations pratiquer la pêche à la ligne avec des hameçons en os. Les hommes du Néolithiques ne dépendent plus uniquement de la nature : ils font pousser des céréales et élèvent des animaux.
Des panneaux explicatifs jalonnent le sentier côtier. Un four à goémon fait une tranchée en travers du chemin. Je remarque d’autres stèles dressées (dans un terrain privé)
Pors Poulhan
Pors Poulhan est un petit port dans une jolie anse arrondie où se balancent des barques colorées. Sur une petite éminence, une bigoudène de pierre domine la route. Elle marque la limite nord du pays bigouden CLIC
Pors Poulhan bigoudène
Arrêt pique-nique au Port de Conté.
Languidou ruines romantiques
A Plovan, nous quittons la route pour chercher la Chapelle de Languidou qui est une merveilleuse ruine dans un vallon. datée 13ème et 15ème, elle rappelle l’école de Pont Croix avec sa rosace encore très bien conservée et les piliers fasciés. Des panneaux préviennent les promeneur de respecter ce lieu de prière.
Languidou rosace et piliers fasciés
Notre Dame de Tronoën à Saint Jean de Trolignon est surtout remarquable pour son Calvaire (1450-1460)
Calvaire de Troenen
où une centaine de personnages retracent la vie du Christ et la Passion. Les sujets en granite sont un peu érodés et plus difficiles à identifier mais sur la face protégée du vent et sculptée en kersanton la Vierge couchée, la Visitation et les rois mages sont très finement exécutés. C’est très amusant de retrouver les différentes scènes.
Quand nous retournons dans la Baie d’Audierne, nous nous retournons et la chapelle se détache des dunes avec son clocher en trident.
Flagellation
la Pointe de la Torche
la Torche
Promenade de 30 minutes pour en faire le tour. Comme c’est dimanche et qu’il fait très beau, il y a foule. Sur les deux plages les vagues déferlent . Côté Baie d’Audierne, quelques kites s’envolent. Les surfeurs sont plutôt sur la plage est, très nombreux mais souvent couchés sur leurs planches. Un se lève de temps en temps pour glisser sur une vague. A la pointe, je m’attache à faire des photos des vagues spectaculaires qui se brisent sur les rochers. Je n’ai pas vu le dolmen, au sommet de la colline, trop de monde.
Sainte Marine, Bénodet
le GPS s’acharne à nous diriger vers Quimper et la voie rapide. Il faut ruser . Sainte Marine est notre dernière étape. Très urbanisée, avec de belles propriétés et clubs nautiques sur le bord de l’Odet. Nous avons du mal à trouver à l’eau en voiture. je trouve le sentier côtier et poursuis jusqu’à la Pointe de Combrit. Dans l’estuaire comme sur la mer ouverte il y a de très nombreux voiliers (c’est dimanche) aussi à cause de la proximité des Glenan. Spectacle qui ressemble à celui de la Trinité-sur-Mer, dimanche dernier.
Nous passons Bénodet, la Forêt Fouesnant sans nous arrêter et arrivons directement à Concarneau pour trouver enfin notre gîte.
Notre gîte : Pontage,à l’écart de la ville en pleine campagne. Deux bâtisses de pierre grise avec des volets bleus. Des chaises longues sur une verte pelouse. Ambiance campagne. Nos hôtes sont allemands, tendance écolo. meubles de récup en bois brut, jeux de société, instruments de musique: une guitare, un xylophone et des bâtons de pluie. Tri sélectif très strict : pour le compost mes écorces d’orange ne sont pas acceptées parce que pas bio, comme le pain et tout ce qui est cuit. Même les poules (qui selon moi mangent de tout) seront privées d’épluchures si ce n’est pas bio.
Installations un peu spartiates mais adaptées PMR , parfait!(raison de notre choix).
Finistèrem’a accompagnée pendant ce dernier voyage en Bretagne, comme Cézembre d‘Hélène Gesternaux vacances précédents autour de Saint Malo. J’aime que mes lectures fassent surgir des personnages dans les lieux que je découvre. J’ai aussi beaucoup aimé la Carte Postale.
Toutefois, Finistère évoque les origines bretonnes de l’autrice du côté paternel mais ne se déroule que partiellement en Bretagne. Seul le livre I (1909 -1939) se passe à Saint-Pol-de-Léon et met en scène les deux Eugène, son arrière – grand-père et son grand-père.
Le premier, en 1909 organisa le syndicat rural du Léon àla suite d’une nouvelle exigence des négociants concernant le transport des pommes de terre et des légumes
Cet autodidacte s’était très tôt pris de passion pour un mouvement politique et idéologique appelé Le Sillon, qui appartenait à une gauche chrétienne soucieuse de marier les idées de la République, la foi catholique, et les ouvriers agricoles.
A la suite du boycott des syndiqués par les négociants, Eugène fonda une coopérative agricole : La Bretonne. Et La Bretonne devint toute sa vie.
Son fils Eugène, né en 1922, portait tous les espoirs de son père. Il le destinait à reprendre la direction de la coopérative et faire du Léon une grande région de paysans organisés, un modèle politique et social pour toute la France. Il lui donna une éducation exemplaire, marchant avec lui pour d’instructives promenades, l’emmenant au bureau de la coopérative et lui apprenant tout ce qu’il devait savoir pour y travailler.
Eugène, le fils, n’avait qu’une idée en tête : aller au collège, à l’institution Notre-Dame -du Kreisker. Excellent élève, il brille dans les humanités, latin et surtout grec. Toutefois, les études dans cette institution catholique n’offre pas une ouverture d’esprit, même Homère est censuré. L’Odyssée, offert comme cadeau de Noël est une véritable découverte.
Si j’avais cherché un guide touristique de la Bretagne, j’aurais été déçue. Une balade dans Quimper avec l’immeuble Kodak et le garage de l’Odet seront les seules curiosités. En revanche, j’ai été dépaysée par le Noël breton 1937 :
Pour tenir les enfants éveillés, on leur racontait des légendes anciennes. On leur disait que pendant la messe de Noël, quand tout le monde est à l’église, les animaux des fermes conversent entre eux dans la langue des humains. – Quand sonnent les cloches, la mer se retire et la ville de Kir-Is réapparaît, révélant la vie qui l’animait autrefois. – Alors, les menhirs sortent de terre pour aller boire dans les ruisseaux. Les enfants poussaient des cris de peur qui étaient aussi des cris de joie.
Eugène-fils, n’ira pas au Séminaire comme ses professeurs l’espéraient. Inscrit en hypokhâgne à Henri IV, non sans mal, et mesure la différence entre l’enseignement classique parisien et celui des curés de Saint-Pol-de-Léon. Il découvre l’action politique en participant à une manifestation honorant le 11 novembre alors que les autorités de Pétain (ou les Allemands) avaient supprimé cette commémoration. Puis il participe à des actions de résistance. Après l’échec au concours de Normale supérieure, et pour fuir le STO, Eugène entre en clandestinité. Après son mariage , professeur de français, s’installe à Brest.
Le livre III commence en 1968 « Portrait de mon père en jeune homme », comme son père, Pierre découvre l’action politique au Lycée avec les comités d’action lycéens à la suite d’une émission à la télévision où Marguerite Duras et Romain Goupil évoquaient l’organisation de comités d’action.
Il faut que, dans chaque lycée, s’oppose au pouvoir administratif la volonté organisée des élèves. Dans chaque lycée, il faut construire le comité d’action représentatif.
Par les comités d’action, Pierre va entrer en contact avec les communistes prêts à l’action avec du matériel militant : une ronéo pour les tracts et la lectrice découvre « Brest la Rouge ». C’est le temps des comités Vietnam
Comme son père, Pierre va tenter sa chance à Paris en classe préparatoire, à Louis le Grand et justement c’est mai 68. Il vient de se faire recruter par la JCRet cela restera le grand secret de Pierre….
L’évocation de mai 68 et des années suivantes est très vivante et m’a beaucoup intéressée.
Cette exploration de la branche paternelle de sa famille s’entrelace avec une très belle relation père/fille alors qu’elle découvre la maladie de son père. La lutte contre le cancer rend plus urgente ces recherches. Les chapitres relatant des évènements anciens alternent avec ceux qui se déroulent de nos jours. C’est très émouvant.
Le vent a chassé la pluie mais la tempête annoncée avec des rafales à 79 km/heure me fait hésiter. Est-ce bien raisonnable de faire le tour de la Pointe du Raz sur le GR ? je m’en vais demander conseil à la Maison de la Pointe du Raz. Les hôtesses sont dubitatives. Le vent vient du Nord. Le côté sud ne devrait pas poser de problème, en revanche le côté nord est exposé au vent , partir seule ne leur semble pas conseillé.
Au passage, dans l’espace d’exposition de belles photographies en Noir & Blanc : des portraits de gens de la mer, marins-pêcheurs et goémoniers. Une exposition d’Henri Rivière : »un regard japonisant, la Bretagne dans les yeux d’un admirateur d’Hokusaï » .
Henri Rivière
Le sentier vers la Pointe, le long de la côte sud n’est pas un sentier, c’est une piste très confortable – enrobé et cailloutis clair, bien large et éloigné du bord de la falaise. Même une tempête n’arriverait pas à déstabiliser le promeneur. La Pointe du Raz – labellisée Grand Site – et très bine équipée avec parking payant, bien à l’écart 8€ la journée qui sert à financer les investissements. Les touristes sont canalisés sur cette route confortable ou dans une navette. Des fils métalliques interdisent le piétinement et la végétation mise à mal par la fréquentation a pu se reconstituer. Pour l’aventure, vous repasserez! Pas l’ombre d’une déception, la nature, le vent les vagues sont tellement grandioses qu’on oublie les installations. j’avais eu la même impression aux Chutes du Niagara. je mitraille photo après photo pour immortaliser cette vague, puis la suivante.
Nous sommes allées en voiture Baie des Trépassés et avons déjeuné enfermées dans l’habitacle de la 2008. le sable balaie la plage et le parking. De véritables aiguilles volent horizontalement. Le sable s’insinue partout, même bouclées, vitres fermées, il se dépose sur le tableau de bord. Personne ne se hasarde sur la plage. Pourtant, des intrépides descendent sur le GR auquel j’ai renoncé.
Un nuage noir couvre le ciel quand nous arrivons à Goulien. Pour la Réserve ornithologique du Cap Sizun,il est recommandé de prendre les billets et de se procurer un petit guide au bar-épicerie de Goulien. Samedi 15h, c’est fermé! Pourtant c’est un lieu convivial où on est même invité à venir tricoter et où des animations sont organisées en soirée. ouverture à 16h on n’attendra pas sous la menace de la pluie. L’averse tombe dru quand on atteint le parking. Ce n’est qu’un grain qui s’arrête dix minutes après lorsque je sors en ciré. Le parcours est fléché sur un sentier bien entretenu qui conduit à la falaise où se tiennent (théoriquement) les craves à bec rouge, mouettes, goélands et guillemots de Troïl. Le vent a dû les chasser, personne en vue ans les jumelles apportées exprès pour cette excursion.
Nous nous arrêtons au soleil dans la petite crique de Théolen
Goulien Pors Téolen
Sur la route nous découvrons la chapelle Saint Laurent, surprise qui me ravit toujours.
Nathalie de Chez Mark et Marcel a regretté le beau temps :lire ICI
J’aime les surprises que nous offre Babélio. Auteur inconnu, éditeur inconnu aussi, c’est le sous-titre Souvenirs d’Antioche qui m’a fait cocher la case dans la liste. Antioche me fait rêver : Antioche, hellénistique, romaine, chrétienne, croisée, syrienne ou turque?
j’ai donc ouvert ce livre sans aucune idée préconçue. Il commence par une fouille archéologique menée par deux adolescents belges Haydar et Albin. Référence à Indiana Jones. Roman d’aventure? Haydar dont la famille est originaire de la région fait visiter la Turquie. Road trip? J’ai d’abord cru à une lecture jeunesse.
« Ton bled est complètement fou. Des villes grecques peuplées d’arabes chrétiens et alaouites. Une montagne porte un nom juif avec des villages arméniens ou turkmènes. on en perd son latin.
-Attend demain. Il y a tout près un village arménien où les gens de toutes les religions rendent visite à un arbre.
-qu’y a-t-il de si extraordinaire?
-on dit que c’est le platane de Moïse… »
Le « mont juif » c’est Musa Dagh dont Franz Werfel a raconté la tragédie pendant le génocide arménien ; je le relirais volontiers.
Son ami rentré en Belgique, Haydar retourne dans sa famille et nous présente ses cousins et toute sa famille qui habite autour de Samandag. Ils sont alaouites. On découvre leurs traditions et croyances pourtant gardées secrètes empruntant des fêtes aux chrétiens, proche du chiisme, éloigné du sunnisme turc. Une tradition de persécutions de la par des sunnites a renforcé le secret et la résistance des alaouites qui se réfugiaient dans la montagne. Population arabophone, mais qu’on a alphabétisé en turc avec des lettres latines. Quand la famille d’Haydar est allée en Syrie voisine il était incapable de lire l’arabe. Son père l’enverra à la mosquée pour apprendre à lire l’arabe.
Roman d’apprentissage, les jeunes étudient à l’université et se politisent. A gauche. En 1980 le putsch de Kenan Evren a mis les militaires au pouvoir. Le jeune Haydar les compare dans le livre à des scarabées. Puis opposition à la Premier Ministre Tansu Ciller dans les années 90. Je ne savais pas que la Turquie avait eu une femme à la tête du gouvernement. J’apprends beaucoup de choses dans ce livre!
Le roman d’Haydar, ses allers retours entre la Belgique se termine en 1999. Son engagement militant contre la torture le conduit au tribunal et même en prison. Il lui ferme les portes de la Turquie. Antioche et Samandag deviennent « l’inaccessible Ithaque » . Le séisme de 2023 va anéantir 90% de la ville d’Antioche : l’Apocalypse, titre de l’avant dernier chapitre du livre.
Ce témoignage est très riche, la lecture agréable. J’ai essayé de me documenter sur l’auteur. Wikipédia présente Bahar Kimyongür comme un journaliste belge militant qui vit sous la menace des poursuites d’Erdogan. Il a même subit un attentat en 2018. Cependant, certains lui ont reproché de relayer les positions de Bachar El-Assad, favorable en Syrie à la minorité alaouite. merci encore à Babélio et à l’éditeur qui m’ont offert
A l’écart du centre, de l’autre côté de l’Odet, le quartier de Locmaria autour de l’église Notre-Dame-de Locmaria et du Prieuré (joli jardin médiéval le long de l‘Odet) est le centre de la Faïencerie de Quimper. La faïencerie Henriot se visite également.
Le Musée de la Faïence – rue Bousquet retrace plus de trois siècles de faïence à Quimper. Les techniques de fabrication de la faïence y sont présentées. Enfin, de belles expositions temporaires s’y tiennent. Un menu copieux pour occuper une demie journée.
Potiers bretons
Les premières salles nous initient au travail de la faïence et surtout au décor sous-émail. Pour décorer, les artisans s’aident de poncifs qui sont des calques perforés de petits trous. La poncetteest la poudre de charbon. Les pinceaux sont faits de petit gris de Kazan (un écureuil). Pour les contours, on utilise des poils d’oreille de bœuf.
Jean-Marie Bousquet, originaire du Var, s’installa à Locmaria en 1699 apportant avec lui la tradition de Moustiers et le « vieux Marseille » à fond jaune.
Pierre Bellevaux (1704-1748) venu de Nevers, épouse la fille de Bousquet, important un décor en camaïeux bleu et blanc>.
En 1734, Caussyoriginaire de Rouen épouse Marie-Jeanne Bellevaux et amène les traditions de Rouen.
Faïence de quimper : motif paysan traditionnel
Chaque faïencier a apporté son savoir-faire, ses couleurs, ses moules, ses modèles. La faïence de Quimper est donc la résultante de toutes ces influences. A la fin du XIXème siècle le décor « au petit breton » voit le jour. Au XXème siècle avec les Expositions et l’essor du tourisme en Bretagne on produit des souvenirs. Décors folkloriques mais aussi « assiette parlantes« comme ces assiettes-Zola fustigeant l’écrivain ou beaucoup plus tard les assiettes-Libération.
Assiettes Zola
Les salles suivantes offrent des parcours variés : je retrouve les 7 frères, ou plutôt 6 autour de Jeanne Malivel(1895 -1926) avec des objets et des motifs proche de l’Art Déco comme je les avais découverts ce matin au Musée Breton. Ce mouvement artistique a pris ce nom en référence à un conte breton illustré par Jeanne Malivel, les artistes n’étaient pas 7 mais plus nombreux (d’après Wikipédia).
Une promenade à travers l’exposition coloniale de 1931fait découvrir d’autres horizons.
Autre rencontre : Mathurin Meheut céramiste et peintre que j’aimerais mieux connaître.
poissons japonisants
L’exposition Géo Fourrier CLICun aventurier explore la faïence a été prolongée et offre un voyage exotique . S’inspirant du Japon il a aussi réalisé des céramiques sur des motifs africains, n’oubliant pas les thèmes bretons. j’ai beaucoup aimé.
Geo fourrier maroc
Le monde de la faïence de Quimper est beaucoup plus divers que je ne l’avais imaginé dépassant largement l’idée folklorique que j’en avais : bols à prénoms ou motifs colorés paysans.
Nathalie de chez Mark et Marcel m’a précédée dans cette visite; lire ICI son avis.
Pour commencer ce mois de Novembre 2025 j’ai choisi ce thriller qui m’a tenu en haleine un bon moment, maintenant que l’été indien est terminé et que les après-midis de lecture confortablement dans mon fauteuil remplacent les balades en forêt.
Justement, La Cabane dans les arbres embarque la lectrice dans la forêt profonde près d’un lac suédois pour des vacances de rêve loin de la civilisation urbaine : une maison isolée, un ponton, une barque en pleine forêt pour des vacances en famille. Dépaysement total. Un jeune couple allemand Nora, plongeuse pour des éoliennes offshore, Henryk écrivain et leur fils Fynn emménagent pour un été écolo dans la maison du grand-père d’Henryk. Henryk retrouve la cabane de son enfance.
Si, il y a quelque chose. Au-dessus de ma tête, bien haut, quelque chose de sombre est perché au milieu des branches du frêne dont le large tronc est planté comme une patte de dinosaure dans la clairière. Je plisse les yeux et m’approche un peu. C’est une cabane. Mais pas une petite maisonnette pour enfants joliment sciée comme on en trouve dans les magasins de bricolage. C’est un abri fait de lattes en bois, de bâches en plastique et de branchages. Les oiseaux construisent leur nid de la même manière, à partir de ce qu’ils trouvent, de déchets.
Père et fils vont-ils jouer dans cette cabane qui semble construite exprès?
Roman choral ou trois femmes et Henryk prennent la parole dans de courts chapitres. Alternent les trois récits qui désarçonnent la lectrice. J’ai eu du mal à entrer dans l’histoire qui m’a d’abord semblé décousue. Un malaise s’insinue, je comprends vite que les vacances ne seront pas idylliques. Les personnages ont chacun leur faille. Nora a trompé Henryk et son amant la harcèle ; c’est pour le fuir qu’ils sont partis en Suède. Henryk est un menteur pathologique. Rosa a une étrange fascination pour les cadavres et Marla, la petite fille de la cabane, entretient un rapport très malsain avec « l’homme » qui la retient prisonnière.
Le drame se noue avec la disparition du petit garçon Fynn. Des personnages louches gravitent autour du chalet. L’attente est insoutenable. Chacun a son hypothèse, son suspect. Du côté de l’enquête, des crimes sanglants sont inexplicables.
La lectrice est ferrée, il devient impossible de lâcher le bouquin. la vraisemblance est malmenée, peut-être, mais ma curiosité est trop forte.
Evidemment, je ne vous en dirai pas plus. Prévoyez un bon week-end il y a quand même 445 pages qui se tourneront toutes seules;
Nous garons la voiture sur les bords de l’Odet que des passerelles fleuries franchissent. Non loin, les murs de la ville ancienne, tout près la grande cathédrale. Le Musée Breton, logé dans le Palais Episcopal, séparé par un cloître de la Cathédrale Saint Corentin.
On entre par les salles de Protohistoire : Âge de Bronze représenté par des haches, des poteries et des bijoux en or. En face de très gros objets de pierre : une stèle gauloise de l’Âge du fer présentant 4 dieux remplacés ultérieurement par 4 dieux romains Mars, Mercure, Hercule et Apollon. L’étain, présent en Bretagne a permis l’essor de la métallurgie, les objets en bronze étaient exportés dans toute l’Europe.
La salle suivant s’organise autour du Tépidarium de la Villa de Kervennec (Pont Croix), dans des vitrines une collection numismatique comprenant de statères gaulois en or, et toutes les monnaies ayant cours dans l’empire romain. Parmi les urnes cinéraires en poterie, pierre je remarque des urnes en verre bleu comme des carafes.
Nous arrivons au Moyen Age avec des chapiteaux romans, deux vitraux.
Gisant cuirassé
Les gisants cuirassés en kersanton sont plus récents Yves le Bervet (1640) .
On peut aussi voir l’épée de Guy Eder de Fontenelle (1572-1602) dont j’avais entendu les exploits à Pont Croix. Sous prétexte de défendre la Ligue il avait engagé des brigands et dévasté la Bretagne entière.
Parmi les statues polychromes je remarque un saint portant sa tête comme Saint Denis, c’est Saint Trémeur.
Ernest Guérin
Sur les pas d’Ernest Guérin est une exposition de peinture atypique : les œuvres sont dispersées dans plusieurs salles parmi d’autres signalées par une pastille jaune dialoguant avec les objets des collections permanentes pour une Bretagne rêvée. J’ai eu un gros coup de cœur pour ses aquarelles de processions colorées avec une grande attention aux ciels nuageux et aux personnages en mouvement, le vent gonflant les jupes et faisant voler les coiffes.
Quillivic le vœu des Naufragés
Les grandes statues blanches de René Quillivic (1879-1969) m’ont bien plu.
Modes et clichés présente toute une collection de costumes bretons d’une grande diversité : soixante six modèles et coiffes. Les mannequins sont aussi accompagnés de belles photographies anciennes et d’un film : le Marché de Morlaix un autre montre les goémoniers au travail.
Musée Breton : costumes villageois
Dans la Salle des Fresques de nombreux meubles et objets en bois sont exposés ainsi que les poteaux décoratifs d’une maison quimpéroise. A côté du mobilier traditionnel breton une collection de design Art Déco. Les 7 frères, un groupe formé en 1923, ont exposé au pavillon breton de l’Exposition Internationale de 1925. Je les retrouverai l’après midi au Musée de la Faïence.
jacques de Thézac plongeurs
Je retrouve Jacques de Thézac le fondateur des Abris du marin dans une nouvelle facette de son œuvre : le photographe de la mer et des marins dans une grande exposition temporaire : Objectif mer où ses photographies sont associées à un photographe contemporain, Valentin Figuier. Avec un siècle d’écart, les deux photographes illustre « Vivre la mer : Apprendre, Pratiquer, Se dépasser ».Les clichés les plus spectaculaires sont ceux de concours de plongeons . Jacques de Thézac avait remarqué que nombreux étaient les marins qui ne savaient pas nager, il avait organisé près des Abris des marins des activités et des concours de natation et de plongeons. Valentin Figuier présente des images spectaculaires de sports de glisse.
Ernest Guérin
Une matinée n’a pas été suffisante pour épuiser ce musée breton.