Domino – Chaucre – La Cotinière

MARS ATLANTIQUE – OLERON

domino

Domino est un hameau de la commune de Saint Georges d’Oléron non loin de Chéray où se trouve notre gîte. Nous traversons le vignoble avant d’arriver au petit village blanc. Pas de vue sur mer. La dune se dresse entre l’estran et le parking. Il faut ruser pour trouver un chemin carrossable en hauteur.

Marée basse. L’estran rocheux est dégagé pour les pêcheurs à pied. Dans les bosquets derrière nous, les chiens des chasseurs aboient ; depuis plusieurs jours, des battues au sanglier sont organisées ; les rares bois sont quadrillés de chasseurs habillés d’orange fluo, fusil à l’épaule avec cors et trompettes.

Domino estran rocheux

Je marche sur le sable mouillé avec le Phare de Chassiron pour cap. Trop loin, je fereai demi-tour avant de l’atteindre. J’ai un peu peur d’être prise par la marée. La mer monte jusqu’à la dune protégée par des blocs que j’aurais bien du mal à escalader. L’érosion mange les plages. Pendant le pique-nique, j’observe l’eau qui recouvre les rochers.

Chaucre

 

Chaucre : Sur la recommandation du Guide du Routard, nous faisons un détour. De la route, le village tranquille n’a rien de passionnant. Il en est tout à fait autrement à pied. Les maisons traditionnelles en calcaire sont bâties de moellons plats ressemblant à des briquettes. Je me promène dans les ruelles, courettes, placettes et découvre des puits, des jardins ou des escaliers. La toponymie m’amuse : Pue du Puits (lequel ?) Rue du Four, Venelle des Neux Crottes . petite promenade (20 minutes) bien sympathique.

La Cotinière

Le port de pêche de La Cotinière est le plus important des Charentes maritimes.

5000 t à la Criée  (Le Guilvinec 13.000)

Le port n’est pas une attraction touristique amis un pôle économique avec circulation de gros engins, camions, transpalettes. Un grillage interdit l’entrée aux voitures et aux piétons. De plus, en ce moment, la ville est en chantier. Nous faisons trois fois le tour dans la campagne pour trouver le port, pourtant immense avec ses trois chenaux, sa grande jetée et ses nombreux hangars.

Pour les visiteurs, on a prévu un cheminement piéton qui mène à un escalier puis à une terrasse avec de nombreux panneaux explicatifs. Sur la terrasse, une grande baie vitrée permet d’observer la Vente à la Criée. Un amphithéâtre est équipé de matériel informatique : on ne crie plus les prix. Ils s’affichent sur un tableau électronique. On ne fait plus de mystérieux signes comme dans les ventes aux enchères. On clique avec une souris tandis que la marchandise défile sur un tapis roulant et que les prix s’affichent sur l’écran. Dans des caisses plastique bicolore de magnifiques poissons sont offerts aux enchères : Saint-Pierre de grande taille, bars, lottes…

Nous rentrons assez tôt pour ranger le gite. Demain le départ est fixé à 9 heur

Revoir Cimabue aux origines de la peinture italienne au Louvre

Exposition temporaire jusqu’au 12 mai 2025

La Maesta

A l’occasion de la restauration de la Maestà et de l’acquisition de La Dérision du Christ, le musée du Louvre a organisé dans la salle Rosa, au bout des salles de peinture italienne, une exposition consacré à Cimabue et à la peinture italienne du XIIIème siècle.

J’apprécie beaucoup le principe de ces expositions autour d’un chef d’œuvre en le situant dans son contexte « Revoir le Pierrot de Watteau » ou « Revoir Van-Eyck » m’avaient enthousiasmée. Prendre son temps à étudier un tableau,  comprendre comment il a été peint, dans quelles circonstances, quelle histoire, quels précurseurs, quelles influences. Une leçon d’Histoire de l’Art. Peu de touristes viennent perturber la visite. Ce matin, calme sérénité et échanges polis. Une dame est même venue proposer son bic 4- couleurs parce que mon stylobille faisait des caprices et que je râlais toute seule. 

Cimabue (1240 à Florence – 1302 à Pise) de son nom Cenni di Pepo

L’exposition s’ouvre sur les lignes de Dante et un manuscrit sur parchemin, puis sur la biographie que Vasari lui a consacré en 1568. La Vierge et l’Enfant de Botticelli entra au Louvre en 1802 sous le nom de Cimabue, pourtant on reconnait le style de Botticelli! 

Vierge à l’enfant – vierge Kahn

Au XIIIème siècle, l’Italie était fascinée par l’art byzantin. Les peintres italiens copiaient les icones. Sur une Maesta ancienne,  le peintre a ajouté du relief pour imiter les icones byzantines. La Vierge Kahn ci-dessus aurait été peinte à Constantinople pour être exporté et offerte par l’empereur Michel VIII Paléologue.

Sainte Catherine d’Alexandrie – Maitre de Calci – Pise

Sainte Catherine d’Alexandrie, de l’Italien Maître de Calci (1225-1260)  est représentée comme les icones.

Une carte montre L’Italie et la Méditerranée avec les échanges de biens et culturels : De Constantinople, provenaient les icones, la soie, les épices, de même d‘Alep et d’Antioche, royaumes croisés latins jusqu’en 1268. 

Des pays arabes, Damas, la Tunisie, des céramiques islamiques (façade de l’église de Grado)et l’Andalousie on importait céramiques et soieries, comme la Dalmatique tissée d’or et de soie. On retrouve les motifs d’écriture arabe sur le cadre de la Maesta.

Atelier Nicola de Pisano (1267) Tombeau de St Dominique – Les 3 acolytes (marbre)

Cette écriture arabe décore la bouteille de forme orientale sur la sculpture des trois acolytes. Un échantillon de Lapis-lazuli, en provenance d’Orient est présenté, il donne les bleus de la Maestà.

les Années 1280 période d’effervescence artistique

Cimabue invente une peinture plus vivante, moins figée que celle des icones byzantines mais il n’est pas seul à la fin du XIIIème, le Siennois Duccio di Buoninsegna et les autres peintres de son atelier font aussi preuve d’inventivité. Je remarque les gestes (gesticulations) de l’Enfant qui appuie sa main sur la joue de sa mère, joue à tirer son voile, tend ses bras vers l’autre main

J’ai du mal à distinguer  la peinture du Duccio de celle de Cimabue dans les panneaux de bois de la Flagellation et de la Dérision du Christ, dernière acquisition du Louvre

Cimabue : Dérision du Christ

Une vidéo zoome sur la Maesta restaurée dont on peut admirer tous les détails, les picots sur les nimbes, les plumes de anges, et les bizarres crochets des diadèmes 

Détail des anges de la Maestà

Pour avoir des dorés plus dorés, il vous faudra aller voir l’exposition.

Et pour finir le merveilleux Giotto qui était le voisin de la Maestà sur le jubé de l’église des Franciscains de Pise

Giotto

Saint Trojan, jolie station balnéaire

MARS ATLANTIQUE (OLERON)

Saint Trojan : corniche et thuya

Saint Trojan est une charmante station balnéaire face à La Tremblade et Marennes. Elle est à l’écart du tumulte et des horribles zones commerciales de la route principale. Dans un écrin de mimosas en fleur en ce moment. Saint Trojan a su garder son caractère un peu désuet avec ses villas Belle Epoque au style éclectique. C’est un plaisir de suivre le sentier du Patrimoine dans les petites rues entre mer et dune plantée d’une forêt de pins dense. Comme le circuit du Château d’Oléron, nous ne découvrons pas de bâtiments sensationnels, juste un ensemble cohérent sans faute de goût : belles villas, un Casino Art Déco, une belle promenade sur la digue avec un mobilier urbain moderne et réussi, deux très beaux thuyas. Le chemin piétonnier passe entre marais et océan. A marée basse l’estran est complètement dégagé.

SAint Trojan : cabanes ostréicoles

Fin du circuit dans la zone ostréicole entre des chalets peints de couleurs vives. Certaines cabanes sont des ateliers pour des artistes ou des artisans. Le plus souvent fermés hors saison sauf celui de la céramiste .Malifrance expose des porcelaines très fines, blanc cassé avec des pores ressemblant à des test d’oursins ou à des coraux à l’extérieur, avec un émail très délicat vert d’eau ou céladon à l’intérieur.

Après le pique-nique sur le quai du port, nous migrons vers le Centre Héliomarin au bout du boulevard Gatseau. Le sentier littoral suit la digue Pacaud longeant le marais des Bris . il s’insinue entre plage et forêt. J’entrevois le Petit Train d’Oléron. La promenade s’enfonce alors dans la forêt pour contourner un vaste chantier. Il est temps de faire demi-tour.

l’Abbaye de Saint Maur-des-Fossés

TOURISTE DANS MA VILLE

Tour Rabelais

La Société d’Histoire et d’Archéologie de Saint Maur des Fossés organise des visites guidées tous les 2èmes samedi du mois. Je me suis inscrite grâce à Explore Paris. Bravo à notre conférencier qui a fait revivre les vestiges dans le square et le parc de Saint Maur!

En dehors de la Tour Rabelais qui se dresse dans le square de Saint Maur, les vestiges dispersés sont assez peu lisibles pour le promeneur ignorant. Des panneaux avec QR code sont prévus pour une visite individuelle libre. Cependant, rien ne vaut le commentaire pour accrocher l’attention.

L‘Histoire de l’Abbaye de Saint Maur est très ancienne. l’Abbaye bénédictine fut prestigieuse en son temps et le pèlerinage très fréquenté. S’il reste peu de vestiges sur place, les archives à Paris sont très importantes et les manuscrits du scriptorium sont conservés  à la BNF. L’histoire est aussi documentée par des miniatures, gravures jusqu’au 18ème siècle qui donnent une image très précise de l’Abbaye et du Château de Saint Maur détruit à la Révolution. La toponymie a gardé le souvenir : La rue Saint Maur à Paris qui reliait l’Abbaye à Saint Denis est l’une des plus longues rues de la capitale. 

Chronologie

occupation gauloise du site

639, sous les Mérovingiens, fondation du Monastère des Fossés

Il fut victime des invasions vikings

868 sous les Carolingiens le monastère reçu les reliques de Saint Maur. Reliques miraculeuses guérissant de la goutte, auxquelles un pélerinage important est consacré.

1281 : il prend le nom de Saint Maur des Fossés. Au XIIIème : développement du scriptorium où de précieux manuscrits religieux mais aussi profanes sont copiés. 

1350-1360 fortification de l’Abbaye par le dauphin (Charles V) pour préparer la Guerre de Cent Ans.

1530 les chanoines remplacent les moines, les maisons des chanoines remplacent les bâtiments monastiques qui vont se dégrader au fil du temps

1750 : démolition de l’Abbaye.

promenade guidée :

La Tour médiévale ronde (1350-1360) est intacte. Il faut juste imaginer la toiture conique qui la coiffait. Archères et canonnières et mur de fortification. Actuellement elle paraît isolée mais deux maisons des chanoines étaient accolée à la tour, elle-même abritant aussi des chanoines. Rabelais, secrétaire de Jean du Bellay, y séjourna, d’où le nom de Tour Rabelais. 

A l’intérieur de la Tour, on découvre des petits bas-reliefs comme cette procession des pèlerins, une scène de chasse au cerf …

bas relief de la procession des pèlerins

La Tour fut aussi utilisée comme prison.

Square (1920-1930) l’aspect hygiéniste de l’époque aménagea un jardin à la française en respectant l' »allée royale » qui menait autrefois au Château de Saint Maur , bâti par Catherine de Médicis qui appartint aux Condé dont  il reste des représentations à Chantilly.

par de belles grilles on pénètre dans le Parc ouvert au public en 1982, « parc historique » , évocation végétale de la vaste Abbatiale maintenant disparue dont il ne reste qu’un pilier (XIIIème s.). Cette grande église avait une nef de 86 m. Des archéologues  a retrouvé des fondations et des carreaux du pavage. Il faut imaginer les procession des nombreux pèlerins, 2000 personnes, riches marchands du nord (la goutte ne touchait que les riches); les processions tournaient autour des reliques et les guérisons miraculeuses avaient lieu la nuit. 

jardin des simples, cloître roman, N.D. des Miracles

Au fond du jardin des simples bien reconstitué et fleuri dès aujourd’hui en avril on voit la Galerie du cloitre qui relie le Cellier roman à la Chapelle  Notre Dame des Miracles (XIIème s.) . Ce cloître roman date de 1908, il a été élevé par le propriétaire de l’époque Maujan, (1853-1914) sénateur, homme de théâtre qui en fit un décor de théâtre. 

Auparavant, le pharmacien Bourrières fit construire une villa et collectionna les restes de l’abbaye. 

Sans l’aide de notre guide, je serais vraiment perdue entre vestiges antiques, décors de fantaisie (une échauguette) des décors sur Notre Dame des Miracles.

Mur du cellier XIIème)

A côté du cellier se trouve l’entrée des galeries souterraines qui servaient de cave à vin. Dans chacune des alvéoles on peut imaginer un gros tonneau de vin. Le vin était essentiel dans la vie monastique. Les moines cultivaient leurs vignobles à proximité sur le coteau de Saint Maur. Le galeries étaient aussi des carrières de calcaire lutécien jusqu’au XVIIIème siècle. La descente dans les carrières très fraiches et humides donnent un caractère aventureux à notre visite.

Une histoire que je ne soupçonnais nullement!

 

 

 

Brouage et la Réserve Naturelle de Moëze-Oléron

MARS ATLANTIQUE – OLERON

Brouage – guérite sur els remparts

 

Perdue dans le marais, la cité de Brouage est fantomatique par ce jour gris et brumeux. Place forte enclose dans ses remparts intacts (on restaure actuellement la courtine ouest avec des pierres blanches encore trop blanches). Entrée par la Place d’Armes. La Rue de Québec traverse la cité d’une porte à l’autre. Cette visite nous transporte dans l’Histoire, c’est aussi un voyage transatlantique.

La richesse de Brouage était le sel des Marais Salants autour de la ville. Brouage était un port. Le sel était embarqué à Terre-Neuve pour conservée la morue. Brouage est la ville natale de Samuel Champlain (1567-1635), fondateur de la ville de Québec (1608).

Eglise de Brouage : vitrail canadien offert par Montréal

Les liens entre le Canada et Brouage sont illustrés par une exposition très détaillée dans l’église de Brouage « Il était une Foi » commençant par  « Conquérir et convertir », puis « l’ère des missions ».

1535 : Jacques Cartier arrive à Hochalaga où il est très bien accueilli par les Indiens Iroquois. Avant 1534, des marins bretons, basques ou normands avaient installé des séchoirs à morue. Les pêcheurs terre-neuvas troquaient des peaux contre du sel. Les guerres de religion monopolisèrent le pouvoir et les projets coloniaux ne s’affirmèrent qu’après l’Edit de Nantes (1598) : Ile des sables (1598 – 1603) Tadoussac (1600). La Nouvelle France s’étendait du Golfe du Mexique à la Baie d’Hudson comprenant la Louisiane, la Région des Grands Lacs ; l’Acadie et le Québec. En 1524, l’Acadie se situait autour de Washington et ne fut française que pendant 71 ans. Jacques Cartier prit possession de l’Acadie en 1534. La Déportation des Acadiens en 1755.

église de Brouage – vitrail canadien offert par le Nouveau Brunswick

Missionnaires et jésuites s’installèrent dans la foulée. Certains se firent traducteurs et ethnographes. L’exposition montre les dessins de Champlain illustrant les rituels de guérison et funéraires des autochtones. Le vocable « Sauvages » serait une déformation d’ »homme sylvestre » – hommes des bois. Rien à voir avec une prétendue sauvagerie.

Avec les églises, se construisent les hôpitaux et les séminaires ; Ces œuvres charitables sont peintes sur les tableaux des peintres locaux mais aussi sur les vitraux de l’église de Brouage.

Une fondation de Montréal, l’Evêché de Québec, le Nouveau Brunswick ont offert les vitraux colorés historiés à Brouage. A l’entrée de l’église, on remarque aussi les photographies du débarquement des Canadiens à Dieppe le 19 Aout 1942.

Après le voyage dans le Nouveau Monde qu’offre l’église, je me dirige vers la Halle aux Vivres qui raconte l’Histoire de la Cité de Brouage dans une exposition interactive. Exposition destinée aux jeunes et aux adolescents avec vidéos, animations que j’ai diversement appréciées. Une Bande Dessinée remplace les cartels historiques. Bien pire, sur un canapé rouge en forme de lèvres, on s’installe pour visionner une animation numérique : les portraits de Louis XIV et de Marie Mancini s’animent, se font des déclarations d’amour tandis que des émoticônes et des cœurs montent à l’assaut des cadres. Mauvais goût assuré ! Pour éloigner la belle, nièce de Mazarin, on l’exile à Brouage.

1047, les moines s’installent à l’Abbaye aux Dames à Broue, près de Saint Sornin, il ne reste qu’une tour.

1555, après l’abandon de Broue, Jacques de Pons crée Jacopolis, port du sel.

Pendant les Guerres de Religion, Jacques de Pons embrasse la Foi Réformée puis quelques années plus tard, les Catholiques reprennent la ville.

1627, Richelieu fait de Brouage sa base pour attaquer la Rochelle, protestante . 1628, capitulation de La Rochelle. Une maquette de la courtine et de la ville (1627-1640) est visible.

A partir de 1666, le port s’ensable et périclite.

Pendant la Révolution, la citadelle devient une prison.

Des remparts, on a une très belle vue sur la petite cité et sur le Marais. Une curieuse glacière a été restaurée. Dans l’enceinte de la place forte les deux poudrières étaient situées le plus loin possible des habitations dans des bastions; La Poudrière Saint Luc est très jolie. Brouage exportait la poudre, comme le sel dans des tonneaux. La Tonnellerie était importante.

Brouage : poudrière

J’ai cherché (et pas trouvé) les ports souterrains. Difficile d’imaginer la proximité de la mer ou le chenal permettant aux navires de charger poudre et sel. Les sédiments de la Charente et de la Seudre ont comblé le Golfe de Saintonge. Un canal reliait Rochefort et la Charente.

Par cette journée pluvieuse nous déjeunons à la crêperie (seul établissement ouvert en mars). Cadre assez quelconque, serveuse peu amène mais galettes délicieuses (chèvre, noix, pommes). Addition raisonnable.

Réserve ornitho Moëze Oléron avant la pluie

La Réserve Naturelle Moëze-Oléron s’étend sur la Baie de Marennes-Oléron, aussi bien sur l’île que dans le Marais de Brouage, et en mer. Elle est gérée par la LPO et le Syndicat des Marais. La Maison d’accueil se trouve dans la Grange à Nouveau, Route de Plaisance, Saint Froult. De la Grange, 4 sentiers pédestres sont aménagés. Je choisis le Sentier des Polders facile d’accès et bien tracé (bien refermer les barrières de bois). Le ciel est lourd de nuages noirs très menaçants. Le paysage est tellement fascinant que je fais photo sur photo des aigrettes, des reflets, sans prêter attention aux premières gouttes. Chemin de planches et petits ponts, au loin le mur d’un affut. Rapidement il tombe un déluge.

L’affut est une vaste cabane avec des fentes étroites ouvertes sur le plan d’eau. Deux longues vues sont à disposition. Des planches, des photos permettent de déterminer les oiseaux. Les gouttes tambourinent. Je suis ravie d’avoir trouvé un abri. Un vol d’avocettes se pose – facile à reconnaître avec leur bec courbé. Des bécasseaux – maubèche ? roux ou variable ? Difficile de décider avec la buée ? L’averse finit par se calmer mais je suis complètement trempée quand je rentre à la voiture. Nous rentrons directement au gîte sans même un arrêt au supermarché.

Marguerite Matisse – Le regard d’un père – au MAM

CHALLENGE PRINTEMPS DES ARTISTES 2025

Initié par La boucheaoreille 

Exposition temporaire jusqu’au 24 aout 2025

marguerite au chat noir (1910)

Je ne me lasse jamais de Matisse qu’il me semble chaque fois redécouvrir. Ses couleurs, son dessin très pur. Je ne sais pas si je préfère dessin ou tableau

L’exposition du MAM a pris pour thème le regard de Matisse sur sa fille. La présentation est chronologique. Nous allons voir grandir la fillette

1905-1906 Fillette lisant

Née en 1894, en 1905 elle a 11 ans. En 1901, à la suite de la diphtérie, elle subit une trachéotomie qui lui cause une vilaine cicatrice. Elle portera jusqu’en 1920 un ruban noir au cou.

Nous allons aussi suivre la famille dans ses déplacements, à Collioure, Issy-les-Moulineaux, Etretat et Nice. Les tableaux peints à Nice sont particulièrement colorés et séduisants

Le paravent mauresque 1921

Après son mariage, Marguerite prend son indépendance, elle n’est plus le modèle privilégié. Elle gère les affaires de son père, le représente à l’étranger. Elle peint elle-même, réalise des modèles de couture.

Claude 1945

Pendant la guerre, elle éloigne son fils Claude et entre en Résistance. Arrêté, elle est emprisonnée et échappe miraculeusement à la déportation. De retour Matisse réalise encore son portrait.

J’ai beaucoup aimé cette exposition : les tableaux de Matisse mais aussi la découverte d’une personnalité intéressante.

Je n’ai mis que quelques clichés, il y a 110 tableaux et dessins…A vous de choisir vos préférés.

 

Le Château d’Oléron

MARS ATLANTIQUE (OLERON)

Cabanes ostréicoles du château d’Oléron

Le Château d’Oléron n’a pas de château. Ou plutôt, n’en a plus. Le château féodal des Ducs d’Aquitaine a été rasé au XVIIème siècle. Après la chute de La Rochelle, Richelieu a ordonné la construction de la citadelle. Cette petite ville (4000 ha) est la capitale de l’ile d’Oléron. C’est une jolie ville blanche, au plan régulier, enclose dans ses remparts. L’Office de Tourisme propose une « visite patrimoniale »en 15 étapes, 5km, 1h30 en suivant un dépliant explicatif.

Le Château d’Oléron – Place de la République – halle et fontaine

Le circuit commence place de la République, l’ancienne Place d’Armes. Au fond le marché couvert (1891) est précédé d’une curieuse fontaine en pierre blonde avec des colonne torses et des bas-reliefs marins. Elle fut réalisée en 1851par un compagnon du devoirf, tailleur de pierre. Cette fontaine est alimentée par une citerne récupérant les eaux de pluie, seule source d’eau douce sur l’île avant le raccordement au continent.

Suivant le plan du dépliant, je parcours les rues à la recherche des maisons de citoyens illustres : un peintre Omer Charlet, un médecin et archéologue le Docteur Pineau, un capitaine dont le navire, chargé d’huitres portugaise a fait naufrage et a essaimé le bassin d’une espèce résistante à l’épizootie qui avait décimé les huitres locales. Rien de bien remarquable du point de vue architectural, c’est l’occasion de découvrir l’histoire locale. Pierre Loti est aussi célébré, une rue lui est attribuée et la petite ruelle Aziyadé. Cette promenade est très tranquille sous un chaud soleil par des rues désertes.

Elle me conduit aux remparts verdoyants d’où on a de belles vues sur le Pertuis d’Antioche.

Château d’Oléron remparts

La Citadelle fut bombardée le 17 avril 1945 par les Alliés. Conçue par l’ingénieur Pierre d’Argencourt en 1630, la citadelle fut jugée insuffisante par Colbert. En 1685, Vauban l’agrandit puis réalise le glacis en 1695, et enfin dessine le plan de la ville en damier. Parmi les ruines, je découvre un pont à plusieurs piliers qui va à la Porte Royale et j’arrive finalement sur une belle esplanade herbue où se trouvent l’Arsenal et la Poudrière.

Stèle aux communards

Dans les renfoncements les galeries d’artistes sont actuellement fermées. Des sculptures dispersées ornent l’esplanade. La stèle à la mémoire des Déportés de la Commune de Paris me touche particulièrement. De 1871 à 1872 9000 Communards furent internés dans les forts charentais, les îles d’Aix, Madame , Oléron et Ré.

le Joueur de la Planète – Philippe Ardy

Un peu plus loin, une grande main de pierre tient dans sa paume le globe terrrestre, insinuant que le sort de la planète est entre nos mains. C’est l’œuvre de Philippe Ardy , le titre : Le joueur de la Planète. L’atelier du sculpteur est ouvert. J’ai le plaisir de le rencontrer. J’aime beaucoup ses sculptures en bois, sa curieuse Lucy en noyer, des boules étonnantes. Leur bois m’est inconnu : c’est l’Olivier de Bohème( Eleagnus angustifolia) qui n’est pas un olivier, ni bohémien non plus. Cet arbuste pousse à Oléron. Son bois développe des sortes de chancres, des grosseurs qui donnent une loupe intéressante. Philippe Ardy utilise aussi le bois flotté. Il a réalisé une grande sphère endommagée pendant la dernière tempête.

l’Atelier de Philippe Ardy

Avant de quitter la Citadelle, une guérite dominant le Pertuis d’Antioche est accompagnée d’un arbre dont un panneau raconte l’histoire. C’est celle de l’Orme de Richelieu, un très vieil orme qui servait d’amer aux marins. Les nouveaux mariés venaient y ficher une épingle pour assurer la fertilité. Scié par les Allemands, il fut remplacé par un jeune arbre en 1989 à l’occasion du Bicentenaire.

De l’autre côté du chenal, les cabanes ostréicoles multicolores sont tassées en un joyeux désordre. Elles ont été démontées, repeintes et sont occupées par des artistes, des artisans, des cafés et de petits restaurants. Hors saison, la plupart sont fermées sauf une maroquinerie et une boutique de savons. C’est une promenade très gaie sous le soleil ; Je fais photo sur photo. Devant une cabane un peu foutraque avec balais, cônes oranges et empilement de ces sortes d’assiettes trouées des bouchots, tout un bric à brac ; l’occupante me montre la photo de la « mémé-pisse-debout » une vieille paysanne en tenue grise. Rencontre sympathique.

Pique-nique devant deux bassins rectangulaires d’affinage des huitres. Une voiture s’arrête. Deux ornithos vont photographier les bernaches qui se nourrissent dans la vase près du bord. De l’autre côté de la route, le port ostréicole est aménagé dans d’anciens marais salants. Cabanes colorées et bateaux à fonds plats.

Le sentier du littoral rejoint le viaduc, 205 km plus loin entre littoral et claires ostréicoles. Sous le soleil, les épines blanches font un feu d’artifice éblouissant sur le ciel bleu. Dominique m’attend à côté de la Cabane du bout du monde.

Au ras du sol -Journal d’un écrivain en temps de guerre – Dror Mishani

APRES LE 7 OCTOBRE

Soulage noir et blanc

« Et si une guerre totale n’était pas inéluctable ? Et si on se demandait à quoi bon utiliser la violence pour tenter d’éviter une catastrophe qui s’est déjà produite ? Peut-être qu’au lieu d’attaquer et de tuer, de meurtrir ceux qui nous ont meurtris, il faudrait d’abord accepter de souffrir et ensuite seulement réfléchir à la manière de nous épargner la prochaine catastrophe »

Que fait un écrivain en temps de guerre?

Peut-on écrire en temps de guerre?

« A quoi bon lire une fiction sur un fils assassiné par sib père , ou une femme par son mari, quand en une matinée, ont été massacrés des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants, chez eux ou dans la rue où ils habitaient »

Dror Mishani est à Toulouse le 7 Octobre, il prend le premier avion pour  rentrer à Tel Aviv et dans l’avion il commence à rédiger un article :

« Peut-être ne fait-il pas se précipiter pour effacer Gaza, ni par offensive terrestre, ni même par des bombardements aérions? Ne pas raser, ne pas écraser. ne pas se venger[…]Transférer le malheur ailleurs, sur Gaza et ses habitants, ne fera que l’entretenir encore et encore – car il est évident que le mal causé dans cette enclave détruite ou affamée nous reviendra en pleine face, décuplé, dans un, deux ou cinq ans »

Un tel article suggérant de casser le cycle infernal de la violence est paru dans Haaretz. L’écrivain pense à écrire un témoignage, pas un roman comme l’avait écrit Joseph Roth

« Il ne s’agit plus d’inventer des histoires. Le plus important c’est d’observer »

Avant de se remettre à l’écriture, il interroge ses proches,  s’interroge sur ce qu’est « Etre parent en temps de guerre« , protéger, écouter ses enfants…Il se rend sur la Place des Otages, se porte volontaire pour ramasser les salades que ne cueilleront pas les travailleurs thaïlandais, ou palestiniens.

A la demande de son éditeur, Dror Mishani va rédiger son Journal. Il rapporte ses réflexions, les réactions de sa famille, ses cours de littérature. Il note également ses lectures : Ezechiel, les Juges, Natalia Guinzburg, L’Iliade, Zweig…Il note aussi ses idées pour un roman, des nouvelles.

Ce témoignage me fait penser au Journal de Kourkov, l’écrivain ukrainien pendant les premiers mois de la Guerre d’Ukraine que j’ai beaucoup aimé.

La parole des intellectuels israéliens est assourdie par le fracas de la guerre quand elle n’est pas menacée comme celle D’Eva Illouz qu’on prive de son prix mérité.

Mais que fait un écrivain en temps de guerre?

« ce moment, alors que la guerre n’est toujours pas terminée, il est sans doute dans son bureau, peut-être
essaie-t-il de reprendre son roman, peut-être s’allume-t-il encore une cigarette, qu’il éteindra. Il
contemple les ruines du bâtiment désert qui se dessinent à sa fenêtre, lutte contre le désespoir, se
demande si cela sert à quelque chose de se préoccuper de littérature en un tel moment et ne trouve qu’
une seule réponse : oui »

Saint Georges d’Oléron

MARS ATLANTIQUE – OLERON

St Georges d’oléron marais de Douhet

Beau temps : exploration du marais qui, sur la carte, recouvre une bonne partie de la commune de Saint Georges d’Oléron.

La grande route D734 qui traverse Oléron du Viaduc à la Pointe et passe au Chéray, traverse des zones commerciales hideuses : un monstrueux Centre Leclerc à Saint Pierre d’Oléron, un peu plus loin, presque aussi gros SuperU, sans compter GamVert et les magasins de toutes les zones commerciales de la France Moche. La surface occupée par les hangars, les parkings est énorme. Comment, sur une île, peut-on imperméabiliser une telle surface ? Toujours à la recherche du marais, nous passons le long des pistes d’un petit aérodrome. Toujours pas de marais malgré la vaste étendue bleue de la carte routière.

Port du Douhet

Visorando propose un circuit de 5 km, 1h30, à partir de la Plage de Plaisance et le Marais de Douhet. Le petit port de Douhet est entouré de restaurants aux façades colorées. Un vieux moulin fait grise mine à l’arrière de maisons neuves. Juste avant le pont, un chemin piétonnier herbu borde le chenal, la piste cyclable est de l’autre côté. L’eau est couverte d’une mousse blanche de fort mauvais aloi. D’où provient-elle ? Une sorte de cascade s’échappe d’une bonde. Ce qui n’a pas l’air d’effrayer l’aigrette plantée à quelques mètres. Les étiers, anciens marais salants, sont bien entretenus. Des bandes enherbées alternent avec des rectangles de puroir d’eau. Aigrettes et goélands. Les passereaux sont très bruyants mais invisibles, ils se cchent dans les buissons et les ronces. Les ajoncs sont jaune vif. Les épines prêtes à exploser d’heure en heure avec leur floraison blanche éblouissante.

Au bout du marais, les maisons basses du hameau de Foulerot. Maisons basses et cabanes, aussi mobile homes au fond d’un pré.

 

Entre la route et la plage, la forêt des Saumonards. Un sentier balisé serpente entre pins et chênes verts.

Je termine le circuit sur la Plage de Plaisance et découvre un curieux bâtiment style paquebot, précédé par des colonnes surmontées de jarres vernissées. C’est la villa La Durandière qui a servi de décor au film Liberté Oléron.

Pour le pique-nique de midi, nous cherchons dans le marais un parking agréable. Arrêt après le pont de la Perrotine : deux cabanes de dégustation de crustacés, huitres et moules seraient un bon plan. Mais ce n’est pas la saison des moules. La forêt des Saumonards est très bien organisée avec des parkings, des pistes cyclables avec parkings à vélo. Mais loin de la mer cachée par la dune.

Boyardville Fort Boyard

Je marche sur la plage vers Boyardville. La lumière est très vive : je vois très nettement La Rochelle et l’ile de Ré. Quand j’atteins la courbure de la côte, le Fort Boyard semble très proche.

A l’approche de Boyardville, le club nautique et un brise-lame me découragent de continuer sur la plage ; je coupe par la forêt et la piste cyclable. Dominique m’attend au parking de l’embarquement pour la rochelle et les îles (Aix et Fort Boyard. Pas de départ prévu hors saison, le parking est désert et gratuit.

Réserve ornithologique de la Perrotine

Réserve ornithologique de la Perrotine

De l’autre côté du canal de la Perrotine, sur une digue qui va loin jusqu’à la balise, deux ornithologistes ont planté les supports pour leurs longues-vues. Ils observent les oiseaux très nombreux sur un banc de sable. Je les rejoins. Les limicoles ont nombreux, tassés les uns contre les autres, petites boules grises que je n’arrive pas à distinguer les uns des autres. La dame me tend son guide Delachaux des oiseaux. Elle me montre bécasseaux et pluviers. Les huitriers-pies sont plus facilement reconnaissables, les goélands plus gros. Ces oiseaux sont tranquilles dans cette réserve intégrale. Le spectacle commence quand ils s’envolent. J’observe la murmuration. Le vol est tantôt noir, tantôt blanc selon qu’ils montrent leur dos ou leur ventre. Posés, ils sont gris. C’est un spectacle fascinant.

Village de Saint-Georges d’Oléron

Eglise d’Oléron st Georges

L’Office de Tourisme est ouvert. Il se trouve face à la grande église Saint Georges , l’église primitive, romane, a été remaniée à la suite des Guerres de Religion. Saccagée en 1568 elle a été agrandie de style Renaissance avec des voûtes en ogive très hautes. Des vitraux modernes transparents et verts donne une grande clarté.

porche roman de Saint Georges d’Oléron

J’ai beaucoup aimé le porche roman avec ses colonnettes séparées par un délicat décor, surmonté de chapiteaux ouvragés.

Sur  la place il y a une belle halle de bois et au fond le Château Fournier(Ephad). Si on fait le tour de la grande place Aliénor d’Aquitaine, on découvre les vieux quartiers avec des bâtisses de calcaire blanc percées de grands porches, et des ruelles médiévales. Il faudrait revenir pour suivre le parcours patrimonial du dépliant de l’office de Tourisme ;

Judéobsession – Guillaume Erner

APRES LE 7 OCTOBRE

Chagall : le rabbin, la prise (exposition art dégénéré)

« Ce qui s’est passé, c’est qu’à un moment donné, tout le monde, ou presque, a été frappé de « judéobsession », mais pas la même que la mienne. Tout le monde ou presque s’est mis à parler des Juifs, sur les réseaux sociaux, dans les débats télévisés, sans compter les couvertures de magazines ou les unes des journaux qui leur ont été obligeamment consacrées. Alors, j’ai pris peur et j’ai décidé d’écrire. »

Depuis le 7 Octobre, je collectionne les ouvrages s’y rapportant de près ou de loin, et la liste s’allonge. Suis-je moi aussi atteinte de « judéobsession« ?

A la lecture du livre de Guillaume Erner, je me rends compte du sens double de cette expression « judéobsession ». La première concerne les Juifs, qui sont obsédés par les Juifs. Guillaume Erner se l’applique à lui-même, et se raconte. Ce qui donne une autobiographie savoureuse. Il se présente ainsi

 » 100 % ashkénazes, 100 % de gauche, 100 % dans la fripe, on dit schmates en yiddish »

Et quand il se définit « de gauche » c’est vraiment à gauche, et je rigole parce que j’en connais tant:

la réunion du Parti, c’était Yom au ProtocoleKippour sans le jeûne.

Plein d’humour, de sympathie….

La « judéobsession » ne frappe pas seulement les juifs, elle atteint aussi les goys, et là, elle rencontre les antisémites et c’est beaucoup moins drôle. Ceux qui voient des juifs partout, des complots. Guillaume Erner passe en revue les diverses versions de l’antisémitisme, du Moyen Age à nos jours, des expulsions des Juifs de France et d’Angleterre, au Protocole de Sion en passant par l’Affaire Dreyfus. 

Les versions les plus modernes de la Rumeur d’Orléans aux négationnistes ont pris un coup de jeune avec Dieudonné et les « humoristes » :

« Les pamphlétaires antisémites de jadis sont devenus rares ; ils ont été remplacés par des « humoristes »,
le premier d’entre eux s’appelle Dieudonné. »

« Édouard Drumont, l’antisémite notoire et auteur de La France juive, devait se réincarner, il ferait
probablement du stand-up. »

Dernier avatar de l’antisémitisme, l’antisionisme.

 » C’est parce que le mot « Juif » était trop
péjoratif qu’on a inventé l’Israélite ; maintenant, c’est parce que le mot « Juif » est trop présentable qu’on
parle des sionistes. »

Guillaume Erner analyse les nouvelles versions de l’antisémitisme, antisémitisme venant des musulmans, propalestiniens mais aussi de la gauche et même des verts comme Malm. Version sophistiquée : »normcore »

 Issu du milieu de la mode, il combine « normal » et « hardcore », décrivant un style
vestimentaire si banal qu’il en devient odieux.

Mais pourquoi diable les Juifs sont-ils donc devenus « normcore ?»

A la pointe de l’anticolonialisme, de l’antiracisme, pour certains « racisés », les sionistes seraient plus blancs que blancs, représentants ultimes du colonialisme. Moi qui croyais que les Juifs, minoritaires, seraient du côté des minorités…

Judéobsession est une sérieuse remise à jour de mes anciennes certitudes ébranlées depuis le 8 Octobre. Analyse poussée parfois un peu désordonnée, qui passe de la théorie à l’anecdote. Et tant mieux, parce qu’on ne s’ennuie pas ;  j’ai ri aux éclats dans le récit inénarrable de l’arrivée du camion des Loubavitch au milieu d’une manif des Gilets Jaunes.

Vif, bien écrit et intéressant.