Exposition temporaire du 6 novembre 2024 au 24 mars 2025
Tigre sur les cimes
Cinq trésors, cinq chefs d’œuvres, cinq périodes et cinq civilisations dans ce vaste territoire de steppes et montagnes, parcouru par des nomades venus de l’Est, Scythes, Huns, Turcs, et la Horde d’Or mongole.
le Penseur de Tobyl
Le Penseur de Tobyl (3ème-2ème millénaire av. J.C.)en grès, a son regard tourné vers le ciel. Très expressif.
ornements en or de la coiffe de l’Homme d’Or chevaux ailés à corne de mouflons et oreilles d’âne
Découverts en 1969, les ornements en or, les coupes en argent et en or des chefs des tribus nomades que les Grecs et les Perses nommaient les Scythes. Orfèvrerie d’un raffinement extraordinaire. Cela me rappelle une exposition : l’Or des Scythes au Grand Palais en 2014, les objets provenant pour la plupart de Crimée.
J’ai beaucoup aimé le tigre installée sur les sommets pointus.
Babal féminin
L es Babal ( 9ème – 11ème siècle) en grès gris provienne du Turkestan .Dès le 6ème siècle le khaganat turc fut poursuivi par des Etats Turcs. Symbiose entre le monde nomade et le monde sédentaire urbanisé. Ces sculptures anthropomorphes furent érigés dans la steppe
Babal masculin
les chandeliers du mausolée de Khoja Ahmet Yasawi (1397)
Chandelier 1397
Fabriqué sur l’ordre de l’émir Timour(Tamerlan), il pèse 41 kg et fut fabriqué par un maître artisan iranien.
L’exposition se termine par le magnifique Chapan, lourd manteau de cérémonie avec des fils d’or.
J’aime bien ces expositions réduites à quelques chefs d’œuvres où toute mon attention est requise. une seule pièce mais un dépaysement total.
Notre album photos des vacances 1998 au Nouveau Brunswick
Le meilleur hommage qu’on puisse faire à une autrice c’est de la relire, de la faire lire!
Je vous propose une lecture commune, disons à la fin mars pour laisser le temps de retrouver ses livres éparpillés dans nos bibliothèques.
Avec Pélagie la Charrette, Antonine Maillet a obtenu le Prix Goncourt
Mon préféré reste la Sagouine découverte sur place à Bouctouche, mis en scène dans la reconstitution de son village, avec l’accent (pas facile pour une parisienne, les Acadiens se sont bien moqués de notre français
Encore une écrivaine-voyageuse! Une exploratrice dans le cortège des Gertrud Bell, Alexandra David-Neel, Ella Maillart, Agatha Christie…et tant d’autres. J’ai rencontré Anne-Marie Schwarzbachen compagnie d‘Ella Maillart dans La voie cruelle,les deux voyageuses, à bord d’une automobile sur la Route de la Soie, jusqu’en Afghanistan. Le podcast Vies de Voyages : Annemarie Schwarzenbach : « l’ange inconsolable » (1908-1942) CLICm’a donné envie de télécharger ce récit de voyage.
Annemarie Schwarzenbach est née à Zurich. Amie de Klaus et Erik Mann elle fuit l’Europe à la prise de pouvoir par les nazis et passe l’hiver 33/34 au Proche -Orient. Journaliste, photographe, elle accompagne des archéologues à travers la Turquie, la Syrie, le Liban, la Palestine, l’Irak et la Perse.
C’est ici que l’on rassemble des peuples venus des plaines d’Orient pour les jeter à l’assaut de l’Europe ; des religions naissent, se scindent et se figent en idolâtrie dorée. Ici des flottes accostent, d’humbles croisés deviennent des usurpateurs et des seigneurs orientaux, Hellènes et Barbares se succèdent, et l’ individu, fût-il porphyrogénète1, n’est rien.
La première partie se déroule en Turquie, Istanbul, Ankara, la nouvelle capitale , Kayseri, capitale de la Cappadoce. J’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver les villages d’Urgüp et de Göreme et Konya que nous avons visitées autrefois.
Puis nous nous rendîmes par des chemins creux dans la mystérieuse vallée de Göreme. Le paysage lunaire s’étendait à nos pieds, noyé dans des ondulations de brouillard et de raies de lumière jaune pâle, totalement irréelles, au milieu d’une forêt pétrifiée composée de cônes, de tours, d’aiguilles et de pyramides
La deuxième partie : la Syrie nous conduira à Alep, Damasbien sûr mais aussi à Baghras que je ne connaissais pas du tout sur les trace des Croisés
On raconte qu’en l’an de grâce 968 l’empereur byzantin Nicéphore Phocas2 et ses soldats victorieux
campèrent au pied de ses murailles. Il emmenait avec lui cent mille enfants païens, filles et garçons, tous
destinés au marché aux esclaves de Byzance.
[…]
est bien peu d’événements historiques qui nous troublent autant que les croisades et qui nous paraissent aussi difficiles à comprendre.
[…]
personne n’arrive à y discerner la part qui revient à l’Europe féodale – par exemple la splendeur tardive
de la cour de Bourgogne –, la part d’effervescence chrétienne et catholique contrainte de s’exprimer
A Beyrouth : soleil sur la côte méditerranéenne et neiges dans les montagnes et même du ski dans les vignobles.
« le voyage de Beyrouth à Jérusalem fut extraordinaire »
note-t-elle, et l’arrivée à Jérusalem comme je l’imaginais.
La Troisième partie : Irak m’a énormément plu. De l’Irak, je ne connaissais presque rien en dehors des Antiquités Orientales du Louvre, la lecture récente de Mesopotamia d’Olivier Guedj a excité ma curiosité. En compagnie d’Annemarie Schwarzenbach et des archéologues le lecture découvre les sites antiques d‘Ur, Uruket Babylone
Lion de Babylone
« J’étais revenue vendredi soir de Babylone avec le professeur Jordan. Quel dommage que ces ruines soient devenues si facilement accessibles ! Des foules de promeneurs, munis de leurs paniers pique-nique et papotant en anglais, arpentent Babel et foulent sans le moindre respect le pavage de la voie processionnelle de Nabuchodonosor. Ils sont tout heureux de reconnaître sur l’ancienne porte d’Ishtar ces magnifiques animaux fabuleux à la démarche si noble, modestes cousins des émaux bleus plus tardifs que l’on a vus auparavant au musée de Bagdad ; et le lion que Miss Bell a placé sur un socle pour qu’on puisse le photographier plus facilement résiste avec patience à l’assaut quotidien des Kodak et des Leica. «
On marche sur les pas d’Abraham et de ses troupeaux, les nomades qui vivent encore ont peut être gardé les mêmes modes de vie. Ziggurat, Tour de Babbel, palais antiques, canal d’Hammourabi cela me fait rêver.
Tello Hommes barbus
A côté des ruines antiques Annemarie Schwarzenbach n’oublie pas de visiter les villes saintes des Chiites Kadhimyia, Kerbela, Nadjaf. kerbela avec ses convois funéraires de pèlerins est bien funèbre. Elle présente une version bien sinistre des moeurs et processions chiites. Occasion de faire connaissance avec les tragédie d’Ali, Hussein. De croiser des pèlerins persans « blèmes, sinistres avec leurs barbes noires » sous l’influence de l’opium. A propos d’opium, justement, une anecdote ancienne :
Haroun al-Rachid envoya un peu de cet opium à Charlemagne : étrange cadeau, mais qui prouve en quelle haute et confiante estime était tenue la drogue, puisque même à la Cour elle avait droit de cité
D’Irak ils passent en Perseau début du printemps dès que les cols se libèrent de la neige. Le voyage continue en Iran
nous suivîmes alors la route des armées perses parties jadis faire campagne contre la Grèce.
Routes de montagne, Portes Caspiennes, nous rencontrons les Mongols nous approchons de la Russie. Dans la Caspienne on pêche l’esturgeon pour le caviar. Encore un autre monde à découvrir!
Un voyage passionnant pour découvrir une région aux traditions si variées et à l’histoire millénaire
PS. un autre podcast RadioFrance : la conversation littéraire : Sur les routes du monde, les reportages d’Annemarie Schwarzenbach CLIC
Exposition temporaire du 27 Avril 2024 au 16 février 2025
A l’occasion du 60ème anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et la France, le Musée Guimet se pare de rouge
Origine : façade du Musée Guimet
Jiang Qiong Er a habillé de rouge la façade du Musée Guimet en pratiquant des petites grottes en référence aux sites rupestres de Mogao Clic
Authenticité
Douze créatures, (Authenticité, Fraternité, Inclusion, Paix, Egalité, Bienveillance, Temps, Exploration, Bravoure, Nature, Sagesse, Liberté) occupent chacune une petite grotte. la façade est livrée à l’épreuve du Temps, temps de l’horloge puisqu’à chaque heure six des douze créatures s’animent et sortent de leur antre. Temps, météo, puisque la pluie, la nuit, le soleil, modifient couleurs et reflets.
Nature
Dans la bibliothèque en rotonde au deuxième étage les créatures en bronze sont exposés à hauteur d’homme si bien qu’on peut les observer en détail.
Une autre installation se déploie sur la terrasse.
Cette installation est l’œuvre d’une plasticienne également styliste Jiang Qiong Er née en 1976 en Chine mais ayant également étudié en France, parfaitement francophone qui explique dans des pastilles sonore son travail. Métissage entre la culture chinoise et française, utilisant l’intelligence artificielle. Métissage entre art et design.
LaPorte Chinoiseaccueille le promeneur dans un jardin paradoxal.
Jardin René Dumont (1904-2001), agronome, pionnier de l’écologie.
En 1899, un jardin d’essai colonialest créé, abrite en 1907 l’Exposition coloniale. Un hôpital militaire, des monuments aux morts des soldats originaire des colonies . Des serres historiques, des pavillons abritent des laboratoires, une bibliothèque. le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement)occupe des bâtiments divers.
les ruines de l’empire colonial français, le coq perché sur le globe terrestre
Entre colonies et écologie, entre urbex et recherche universitaire, c’est une promenade étrange. Durassienne peut-être?
la Serre du Dahomey et ses fétiches devant le Pavillon de l’Indochine
Promenade mystérieuse, la Chrysalide de Guillerm, sculpture contemporaine orne une mare.
Chrysalide de GuillermPavillon de la Réunion
le pavillon de la Réunion est caché par les bambous.
un mont cambodgien conduit à une stupaMaison cochinchinoise
La maison cochinchinoise disparaît sous le lierre. En face une pagode rouge confirme : nous sommes bien en Indochine!
pagode rouge
Ces pavillons ont été construits pour les Expositions coloniales, certains sur place d’autres au Trocadéro et même à Marseille. La Belle Gabrielle est un restaurant installé dans le pavillon de la Tunisie. Ouvert en semaine seulement, aujourd’hui samedi, fermé. La carte est alléchante et les prix très modestes. Le pavillon du Maroc est en ruine, celui du Congo a disparu
la Belle Gabrielle
Et je ne vous montre pas les monuments aux africains ou indochinois morts pour la France au cours de la Première Guerre mondiale!
J’ai bien envie de revenir pour une visite organisée pour répondre à toute les questions que je me pose!
Trois peintres élèves de l’Ecole des Beaux-Arts d’Hanoï et du peintre Victor Tardieu. Excellent enseignement aussi bien dans les techniques académiques européennes que dans les traditions et techniques asiatiques. Soucieux de la réussite de ses élèves Tardieu leur obtint des postes d’enseignants du dessin ainsi que des commandes à l’Exposition coloniale de 1931.
Lê-Pho – Laque
Si chacun des peintres a excellé dans l’exécution de portraits à l’huile, aquarelles ou dessin, l’originalité de ces peintres est l’exécution de tableaux originaux en laque ou la peinture sur soie qui assurent un succès en France.
Lê-Pho
Dans les années 30, les trois peintres ont rejoint la France
Lê-Pho : la lettre
Mai-Thu a suivi un parcours analogue et peint aussi sur soie.
Mai-Thu : baigneuses
j’ai aussi aimé ses petits tableaux représentant les enfants au jeu d’échec comme les enfants dans la guerre.
Mai-Thu : jeu d’échecs
Vu Cao Dam était également sculpteur. L’exposition montre un buste de HoChiMinh très connu. Installé dans le midi, il donne du relief à ses peintures à l’huile très colorées sous l’influence de Chagall.
Vu Cao Dam jeune fille assise
C’est une très jolie exposition.
Radis rongeur
Les collections permanentes du musées sont merveilleuses et je n’ai pas manqué pas d’y faire un tour d’autant plus qu’une salle est en ce moment dédiée à la nouvelle laque vietnamienne :
C’est un témoignage, un récit très personnel, qu‘Orwelllivre de son engagement (décembre1936-été 1937) publié au printemps 1938.
Je crains de n’avoir pas su exprimer l’importance qu’a revêtu pour moi ce temps passé en Espagne. J’ai évoqué des événements mais comment transmettre l’impression qu’ils m’ont laissés ? Tout est étroitement mêlé à des visions, des odeurs, des sons que les mots sont impuissants à retranscrire : la puanteur des tranchées, les levers de soleil dans les montagnes s’étendant à perte de vue, le claquement glacé des balles, le rugissement et la lueur des bombes ; la lumière claire et froide des matins de Barcelone, le bruit des bottes dans la cour des casernes, en décembre, quand les gens croyaient encore à la révolution ; les files d’attente pour les repas, les drapeaux rouge et noir et les visages des miliciens espagnols ; surtout les visages des miliciens – des hommes que j’ai connus sur le front et qui sont maintenant dispersés je ne sais où, certains sont morts ou ont été blessés au combat, d’autres sont en prison, j’espère que la plupart sont sains et saufs. Bonne chance à eux tous ! Je souhaite qu’ils gagnent la guerre et chassent les envahisseurs étrangers, les Allemands, les Russes et les Italiens. Cette guerre, dans laquelle j’ai joué un rôle bien inutile, m’a laissé un certain nombre de mauvais souvenirs mais je n’aurais souhaité la rater pour rien au monde. Page 229
A son arrivée à Barcelone, en décembre 1936, Eric Blair rejoint les Miliceset le POUM (Parti Ouvrier d’unification Marxiste) , un peu par hasard, il aurait pu aussi bien rejoindre les Brigades Internationales (communistes) . Sans avoir analysé les forces en présences, sans idéologie préconçue. Pour soutenir les forces antifascistes.
Ayant été policier en Birmanie, dès son arrivée, il se trouve opérationnel sur le front en Aragon. Ses camarades des milices sont inexpérimentés, souvent très jeunes, sans uniformes et surtout sans armes, quelques fusils hors d’usages, des grenades plus dangereuses pour le lanceur que pour l’ennemi.
L’égalité sociale entre officiers et hommes était le principe sur lequel reposait l’essentiel. Tout le monde, du général au simple soldat, touchait le même salaire, mangeait la même nourriture, portait les mêmes vêtements …
milices étaient l’ébauche provisoire d’une société sans classes
Il découvre la Révolution, la fraternité de la société sans classe, l’égalité dans le dénuement. Guerre de positions. Le souci est de trouver du bois pour se chauffer plus que de déloger les positions franquistes. Guerre étrange où l’absence d’armement les obligent à des stratégies dignes des Monty Pythons :
Faute de pouvoir tuer l’ennemi, on lui criait dessus. Cette méthode militaire est si singulière qu’elle mérite d’être expliquée.
Parfois, au lieu de crier des slogans révolutionnaires, il disait simplement aux fascistes que nous étions mieux nourris qu’eux.
Pas d’héroïsme, de la camaraderie. Empathie envers ces espagnols si sympathiques. Récit souvent humoristique. Orwellexcelle à nous faire entendre les bruits de la guerre, onomatopée, fracas des grenades. je n’aime pas trop les romans de guerre, ce récit dénué de fureur me convient bien.
Au fil des mois, des semaines, une armée républicaine s’entraine et s’arme. Les combats se précisent. Devant Huesca, Blair est blessé à la gorge, à quelques millimètres près la carotide aurait été touchée.
A Barcelone, au printemps la situation a changé. L’ambiance de fraternité révolutionnaire a laissé la place entre les suspicions, les luttes de factions entre anarchistes et communistes
« Le danger était simple et lisible : c’était l’antagonisme entre les anarchistes et les communistes, entre ceux
qui souhaitaient que la révolution suive son cours et ceux qui voulaient la freiner ou l’arrêter.
Pour que la Généralité, contrôlée par le PSUC, puisse sécuriser sa position, il fallait d’abord désarmer les ouvriers de la CNT. »
Les sièges des différentes organisations deviennent des bastions à défendre, une guerre civile fait rage autour du Central téléphonique, des barricades barrent les rues. Le POUM est interdit. Ses membres accusés de trotskisme et même de connivence avec les fascistes. Autant les combats contre les franquistes paraissent éloignés presque irréels, autant les luttes fratricides sont présentes.
La sortie de Barcelone est pénible. Pour ne pas être arrêté, Eric Blair avec ses compagnons doivent fuir leurs hôtels et lieux de réunion pour dormir dehors. Ils tentent d’adoucir le sort d’un camarade emprisonné. Puis dès que leurs papiers sont en règle Eric Blair et sa femme Eileen passent la frontière.
A la suite de ce récit, deux épilogues analysent la situation politique. Intéressant, son témoignage ne concorde pas forcément avec les commentaires de la Presse en Angleterre et en Europe.
Franco n’était pas strictement comparable à Hitler ou à Mussolini. Son soulèvement était une mutinerie militaire soutenue par l’aristocratie et l’Église pour l’essentiel, surtout au début, il s’agissait non pas tant d’une tentative d’imposer le fascisme que de restaurer la féodalité.
Il n’y eut pas seulement une guerre civile en Espagne mais aussi le début d’une révolution. Et c’est précisément ce que la presse antifasciste étrangère passa sous silence ; le problème fut réduit en une équation simpliste, « fascisme contre démocratie »,
Il revient sur l’interdiction du POUM et sur le rôle de l’URSS
l’expulsion du POUM de la Généralité catalane, a été faite sous les ordres de l’URSS.
Donc, grosso modo, l’alignement des forces était le suivant : d’un côté, la CNT-FAI, le POUM et une partie des socialistes, partisans du contrôle ouvrier ; de l’autre, les socialistes de droite, les libéraux et les communistes, partisans d’un gouvernement centralisé comme d’une armée structurée, hiérarchisée.
Toutefois, s’il est très hostile envers les journalistes qui ont relayé les consignes de l’URSS, il est beaucoup plus nuancé vis à vis des combattants des Brigades Internationales.
les communistes des Brigades internationales que je rencontrais de temps en temps, ne m’ont jamais traité de trotskiste ou de traître ; ils ont laissé ce privilège aux journalistes à l’arrière. Ceux qui ont écrit des pamphlets contre nous et nous ont diffamés
Dans la lecture de L’invisible madame Orwell de Anna Funder, l’épisode espagnol de Orwell et de sa femme Eileen m’avait interpelée. Evidemment dans la recension d’Orwell, Eileen n’est citée qu’en passant, et en passant sous silence son action à Barcelone. La militante n’étant décrite que comme une épouse soucieuse de fournir des cigares et des vêtements propres. C’est agaçant mais cela ne retire rien à la puissance du témoignage.
Emprunté à la suite de l’écoute de podcasts consacrés à George Orwell : Adapter Orwell au cinéma et en BD tiré de la série« Avoir raison avec George Orwell ».
Winston Smith est le nom du héros de 1984 de George Orwell.Réservé par Internet à la médiathèque, j’ai eu la surprise trouver 4 volumes d’une soixantaine de pages retraçant la vie de Winston Smith, un écrivain britannique qui aurait étudié à Eton en même temps que Eric Blair (George Orwell) et Aldous Huxley. Dover Winston Smith a-t-il vraiment existé? j’y ai cru !
Dover Winston Smith, boursier à Eton, ne fait pas partie de l’élite fortunée. Dans les deux premiers tomes, la vie de cette école réputée se déroule. Préjugés de classe, humanités classique, sports…et initiation sexuelle. Intrigue amoureuse tragique. L’ombre de la Première Guerre mondiale plane sur les étudiants trop jeunes pour être mobilisés .
Le troisième volume (mars 1925-avril 1926) A chinese year raconte le voyage en chine du héros qui a dû renoncer aux études à Cambridge ou Oxford, faute de fortune personnelle. Il s’engage dans une firme britannique de Tabac commerçant en Chine. Il revient avec un reportage contant son expédition rocambolesque en pleine guerre civile et obtient un succès littéraire . Il croise encore Huxley et Blair. Ce dernier, policier en Birmanie, l’invite…
C’est aussi avec Blair (Orwell) que Dover W. Smith par pour l’Espagne rejoignant les rangs du POUM . En mai 1937, ils assistent aux affrontements entre les différentes composantes du mouvement antifasciste. Après la blessure de Blair à Huesca, Smith laisse Blair à l’hôpital de Lerida aux bons soins d’Eileen.
La série Winston Smith est composée de 5 volumes, le dernier n’était pas dans les bacs de la médiathèque. Il me faudra revenir.
Je ne m’attendais pas à cette traversée du début du XXème siècle. Je pensais trouver la dystopie. J’ai été prise par surprise et je n’ai pas boudé mon plaisir – graphisme très plaisant – surtout dans le tome chinois. De l’aventure et des références littéraires!
L’année 1984 ne m’a pas laissé de souvenirs mémorables.
2024 l’élection de Trump, la promotion à large échelle de l’IA, les partis d’extrême droite qui gagnent du terrain, les guerres périphériques, les gesticulations d’Elon Musk et son soutien à l’AFD, induisent un climat dystopique. L’addiction aux écrans, les caméras partout et la reconnaissance faciale, nous rapprochent de l’ambiance de 1984.
Temps de relire 1984!
LA GUERRE C’EST LA PAIX
LA LIBERTÉ C’EST L’ESCLAVAGE
L’IGNORANCE C’EST LA FORCE
Tels sont les slogans en vigueur dans l’Oceania de 1984 où la pensée est niée par l’emploi de la Novlangue et de la Doublepensée. Manipulations de la vérité, fake-news, manipulations de l’histoire :
« Si tous les autres acceptaient le mensonge imposé par le Parti – si tous les rapports racontaient la même
chose –, le mensonge passait dans l’histoire et devenait vérité. « Celui qui a le contrôle du passé, disait le
slogan du Parti, a le contrôle du futur. Celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé. »
Société de surveillance grâce aux écrans omniprésents qui diffusent les slogans et captent même les pensées.
BIG BROTHER IS WATCHING YOU
Le héros Winston Smith a pour tâche d’effacer les preuves du passé, il corrige les anciens journaux, fait disparaître les photographies. Velléités de révolte. Sa révolte se vit doublement par des relations sexuelles interdites et par l’adhésion à une Fraternité autour de Goldstein -Trotski?- Avec son amante Julia, ils tentent de se soustraire à la surveillance.
Evidemment, ils seront arrêtés pour subir un lavage de cerveau au Ministère de l’Amour. Quelle ironie!
Différentes lectures sont possibles : la manipulation de la langue, la société de surveillance, les équilibres géostratégiques entre 3 blocs qui se font une guerre sans fin, une analyse de la société en 3 classes, les prolétaires, les militants du parti extérieur comme Winston Smith et les privilégiés du Parti intérieur…Et le but final : le Pouvoir pour le Pouvoir
Le pouvoir n’est pas un moyen, il est une fin. On n’établit pas une dictature pour sauvegarder une
révolution. On fait une révolution pour établir une dictature. La persécution a pour objet la persécution.
La torture a pour objet la torture. Le pouvoir a pour objet le pouvoir. Commencez-vous maintenant à me
comprendre
Un livre d’actualité qui n’a pas vieilli après 7 décennies! Et une lecture passionnante.
Orwell est un auteur controversé. J’ai copié mon post sur Babélioet des commentaires agressifs sont arrivés. Jamais je n’en avais lus de tels. Généralement, ils sont bienveillants et anodins. Orwell, revendiqué par l’Extrême Droite, d’abord, puis par un babéliote choqué, enfin, un troisième me dit que je n’ai rien compris.
A l’écoute des podcasts de RadioFrance« Avoir raison avec Orwell » j’avais entendu parler de cette captation par la Droite violemment anticommuniste sans y prêter plus d’attention.
Toute la série Avoir raison avec Orwell est passionnante. Il existe aussi une lecture de 1984 par Guillaume Galienne(France Inter, Ca peut pas faire de mal)A vos écouteurs!
Chaque année, fin janvier, le Collectif du Lac de Créteil organise une promenade autour du Lac de Créteiltoujours très instructive grâce aux nombreux intervenants dans des domaines très variés et parfois très pointus. Nous avions rencontré des spécialistes des araignées, des lichens, un garde-pêche, un responsable des parcs et jardins….Cette année, un responsable de l’assainissement, une dame spécialisée dans les cyanobactéries, une jeune responsable de l’étiquetage des arbres et de leur cartographie en vue de leur recensement et de leur suivi…
Deux excellentes nouvelles pour commencer : le Projet de vague de surf est tombé à l’eau. Le Lac de Créteil et ses environs immédiats sont classés en ZNIEFF 1 (zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique). Le Lac de Créteil va donc être surveillé, protégé pour la biodiversité et notre plus grand plaisir.
Dans les contraintes de la ZNIEFF, l’aménagement devra favoriser la plantation de végétaux endémiques de préférence à des variétés horticoles peut être plus jolies à l’œil mais moins adaptées aux insectes et oiseaux : la trompe des papillons ne peut pas atteindre le nectar dans le cas de fleurs à pétales doubles, plus colorées et esthétiques. Un spécialiste des insectes nous fait un court exposé sur la taille de la langue des bourdons correspondant à une fleur donnée. Il conviendra aussi d’adapter le calendrier des tailles et des élagages au calendrier de nidification des oiseaux. On a évoqué le rôle des ronces, végétal peu aimé des jardiniers mais idéal pour abriter la faune et pour fournir des mures …
Gallinule
Autre végétal dont le rôle est capital : les roseaux. La roselière est un milieu très riche en biodiversité : oiseaux Bruants des roseaux (je n’en ai pas vu cette fois-ci)mais aussi Gallinules(petites poules d’eau) qui les hantent, sans parler des Cygnes qui trouvent abri pour leur nid et matériau de construction. Un Grèbe huppé passe et repasse et se laisse photographier. Les poissons du lac peuvent y trouver abri et s’y reproduire.
Un autre avantage des roselières est la protection des berges, même là où des quais ont été construit. En l’absence de roseaux la berge se creuse dangereusement et on constate des trous inquiétants au bord du quai, entourés de barrières et de rubalise pour éviter que les joggers et les étourdis ne tombent dans ces pièges.
Un autre sujet : la qualité de l’eau .
Un responsable de l’Assainissement explique qu’une partie des eaux pluviales, en cas de gros orages, est susceptible de se déverser dans le lac par le déversoir. Il convient donc d’être vigilant pour les pollutions (mégots de cigarette et autres) . Le sel de déneigement est aussi un problème. En projet, un nouveau système de filtrage et de phytoremédiation est à l’étude, quoique la filtration par les plantes qui oxygènent également l’eau nécessite une très grande surface.
Les insectes benthiques sont des témoins de la qualité de l’eau. Justement un des invités du Collectif du Lac, est justement présent avec son épuisette, son troubleau et un bac. Michel est un des spécialistes des éphémèresdont les larves sont exigeantes en oxygène. Autre larve présente : les larves de chironomes (vers de vase). elles sont moins exigeantes, creusant des galeries elles font des courants d’eau qui renouvellent l’oxygène dissous au fond du lac.
Les cyanobactéries ont été observées en période de chaleur et de sécheresse ces dernières années. On repère les blooms (proliférations massives) de la coloration verte des eaux du lac. Très toxiques, elles entrainent l’interdiction des activités nautiques. Il convient de tenir les chiens en laisse et de ne pas les laisser s’approcher de l’eau.
Dernière observation : les panneaux interdisant le nourrissage des animaux surtout avec du pain. D’expérience, je sais qu’il est très difficile d’intervenir. les gens pensent bien faire et ne comprennent pas qu’on viennent leur faire la leçon. Le pain pourrit dans l’eau et favorise les contaminations bactériennes. Il est aussi très mauvais pour les canards qui s’en gavent et ne se nourrissent plus des aliments qui leur conviennent.
A côté des interventions prévues, la promenade nous réserve des surprise comme ces nids faits de baguettes plastiques portant des piques anti-pigeon. Le premier nous a interpelé ; nous avons vite incriminé les humains assez pervers pour installer des dispositifs anti-oiseaux dans les branches. Nous sommes bien malveillants! Un nid de pie, perché très haut inaccessible aux humains comporte ces plastiques piquants : les pies ont volé les baguettes portant les piques et ont apprécié ce matériau de construction original.
Le repas de la perruche
Autre surprise : une perruche nous a offert le spectacle de son repas. S’agrippant d’une patte à son perchoir, elle utilise ses griffes pour tenir un gros fruit et donne de gros coups de bec. En ombres chinoises, on aurait cru un écureuil tenant une noix dans ses mains.