Les plages de Mirleft

8 JOURS AU SOLEIL DU SUD MAROCAIN

la corniche en face de l’hôtel Aftas

L’an passé, de notre balcon nous avions vu des piétons sur le bord de la falaise mais avions négligé cette promenade. Nous allons réparer cette omission. Les gendarmes ont installé leur barrage au pied de l’hôtel. Un jeune gendarme nous montre l’entrée de la piste et même nous conseille d’aller en voiture, « mais doucement » jusqu’à un parking. Les nids de poule sont creusés mais la Lodgy est très haute.

Christo on the rocks

Le sentier longeant la falaise est borné par de curieuses balises remplaçant les cairns habituels : des motos sous des housses ou des mobylettes sous des couvertures que je nomme « Christo on the rocks ». Je ne m’interroge pas longtemps sur cette curieuse coutume : les pêcheurs sont en bas, sur les rochers, pêcheurs sportifs ou locaux, vieux et jeunes…Le Maroc est vraiment surprenant, même dans les endroits désertiques ou inaccessibles, il y a toujours du monde. Le sentier prend fin devant une gorge, entaille infranchissable pour moi.

Corniche de Mirleft

Tout le long de la côte, les petits bateaux de pêche sont innombrables.

Plage Sidi Mohamed  ben Abdallah

L’arche de la plage Sidi mohamed ben Abdallah

C’est une très jolie plage à Mirleft avec un parking et un restaurant en terrasse face à la mer. Une mosquée et un petit mausolée blanc avec un bâtiment bleu. Un rocher pointu avec une arche sépare la plage en deux parties. Pour passer sous l’arche il faut sauter de rocher en rocher ou entrer dans de grosses flaques. Des Italiens qui ont garé leur camping-car me montrent le chemin. Juché sur un piton : un cormoran.

Legzira  

l’arche de Legzira

Legzira est la plus belle plage de la côte entre Mirleft et Sidi Ifni avec ses arches de grès rouge, ses falaises et la très longue plage.

Le gardien voyant le macaron « handicapé » propose à Dominique des descendre sur la plage avec la voiture. La rampe a une inclinaison impressionnante on arrive dans l’étal du bijoutier et il faut manœuvre dans les tables . La Lodgy est vraiment grosse et peu maniable ; on remonte au parking à l’aplomb de la plage.

Des restaurants ont installé leurs tables sur le sable. Les prix sont modiques : repas complet entrée salades + poisson, frites et orange à la cannelle pour 80 Dirhams (8€)  Par chance, c’est marée basse et des rochers sont découverts. Des hommes s’y affairent avec des seaux. Ils ne pêchent pas mais préparent les poissons qui seront servis dans les restaurants.

Passée la grande arche la plage semble s’étendre à l’infini. Il n’y a plus personne. Je rebrousse chemin assez vite, si la marée monte je serai acculée à la falaise et ne pourrai plus revenir sous l’arche.

Nous n’avons pas emporté de pique-nique et pensions acheter des bricoles en route. C’est vendredi et l’heure de la prière. Tout est fermé. On se contentera d’une orange et des vache-qui-rit subtilisés au petit déjeuner.

plage Ftaïssa

Le parking est vide. On descend un escalier pour arriver à une très belle plage sauvage. Seules occupants : les pêcheurs qui ont planté de très longues cannes sur des supports de parasols. Je reconnais le 4×4 de l’Hôtel Aftas Trip. le pêcheur est le patron de l’hôtel. 

Emplettes à Mirleft

Oranges, bananes, un avocat pour le midi et un  pack d’eau minérale.

Le fort de Mirleft

Nous faisons une virée dans la campagne pour photographier le fort et la ville vue d’en haut. Cette tour et son arche n’ont rien de médiéval. C’est un fort construit par les Français pour surveiller la frontière avec le Sahara espagnol. Cette frontière se trouvait à l’emplacement de la plage de Sidi Ben Abdallah. Nous partons dans la campagne mais la meilleure photo sera prise de la piste qui mène à l’hôtel des 3 chameaux à mi-pente.

Vendredi soir c’est couscous !

Les légumes, courgettes, carottes, aubergines décorent le cône de semoule. Sa viande est cachée sous la sauce d’oignons confits, raisins secs et pois chiches. Les carottes sont très sucrées, c’est leur variété qui est sucrée, le chou est fondant. Pour terminer, la coupe de salade de fruit est décoré d’une fraise fraîche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Crépuscule à Casablanca – une enquête de Gabrielle Kaplan – Melvina Mestre

LIRE POUR LE MAROC

Enchantée par Sang d’encre à Marrakech, j’ai enchaîné avec Crépuscule à Casablanca qui est le premier opus de la série. A paraître Bons baisers de Tanger ( Avril 2025).

J’ai vraiment aimé Gabrielle Kaplan, détective privée, qui se livre davantage dans ce roman. A vrai dire, elle se présente. Juive de Salonique, elle est arrivée en 1941, échappant au destin des juifs de Salonique, déportés presque tous. Francophone, fille d’une parfumeuse, on comprend mieux ses allusions aux parfums qui m’avaient étonnée dans le premier livre. 

Bizarre polar, où l’enquêtrice ne cherche pas à dénouer une énigme mais plutôt à fuit ses persécuteurs. Je n’en dirai pas plus….

Casablanca 1951 est parcourue par de troubles courants, des rivalités, des luttes d’influence. La Résidence avec le général Juin, le sinistre Boniface qui règne sur des policiers corrompus, leitmotiv : pas de vagues. Les Américains arrivés en 1942 avec l’opération Torch en 1942, tête de pont du débarquement et de la reconquête du sud de l’Europe, ils souhaitent étendre leur influence chasser les français quitte à s’allier avec le Sultan et l’es indépendantistes. Les ultras, des colons ne font aucune concession .  Sinistres personnages et mercenaires. Cagoulards, malfrat corses ou marseillais, agents du SDECE ou de la CIA. L’Istiqlal et le sultan luttent pour l’Indépendance du Maroc.

Et puis le reste de la population défini selon une hiérarchie précise:

Delmas faisait donc partie des grands propriétaires terriens et des industriels, ceux qui se situaient au sommet de la pyramide de la société coloniale, la « crème de la crème ». Venaient ensuite les ingénieurs et les cadres de l’administration, puis les « petits Français », fonctionnaires ou militaires. Les juifs, les Espagnols et les Italiens, artisans ou commerçants, complétaient l’édifice. À la base se trouvaient les Marocains, les plus nombreux et généralement les plus précaires, que l’on nommait « les indigènes ».

Les souvenirs de la guerre sont encore très prégnants. On se souvient, ou pas de ceux qui furent vichyistes, qui se sont compromis avec les Allemands. On se souvient aussi de l’héroïsme de la campagne d’Italie.

Gabrielle Kaplan et son lieutenant Brahim se trouvent pris dans ces rivalités. Roman d’action et d’aventure, leçon d’histoire aussi. 

Lu en à peine une journée, un polar très réussi!

Vol Transavia Orly/Agadir et Arrivée à Mirleft

8 JOURS AU SOLEIL DU SUD MAROCAIN

Mirleft Aftas trip : Océan chambre avec vue

Vol calamiteux. Deux horribles pies jacassent pendant les  3h 40 de vol. Des jeunes juifs religieux habillés de noir occupent le couloir allant d’un rang à l’autre. Nous apprendrons par Internet qu’ils se rendent à une sorte de pèlerinage à la hiloula du rabbin ben David près de Taroudant.  Impossible de se déplacer pour se dégourdir les jambes. Pour couronner le tout, l’équipage est très désagréable.

A l’arrivée à Agadir, grand soleil. Après des semaines, même des mois pluvieux c’est un émerveillement.

A l’aéroport, c’est la course. Acheter des  cartes SIM marocaines. Les hôtesses de la compagnie INWI sont de véritables prestidigitatrices. A la banque, c’est la catastrophe. J’ai les deux cartes VISA mais seulement mon passeport. Je donne une carte au hasard et mon passeport. Code ! je tape le mien, une fois, refusé. Deux fois, refusé encore ! Et sans vérifier la carte puisque c’est le caissier qui l’a. La carte de Dominique sera bloquée pendant tout le voyage !

Le loueur de voiture recommandé par l’hôtel Aftas Trip nous attend avec un panneau. Il a garé la voiture au dépose-minute. Pour établir le contrat, il nous conduit sur le parking de la station-service. Deux gendarmes l’arrêtent alors qu’il a en main le permis de Dominique et son passeport. Nous attendons de longues minutes angoissantes. Pour quel motif l’arrêtent-ils ? Est-ce un véritable loueur ?  Après un long moment, il revient et gare la voiture sur le très grand parking. Confirmation : la carte bleue est bien bloquée. Photo au smartphone du permis et du passeport. Notre voiture est une Dacia Lodgy, grosse voiture très haute. Sur piste, ce sera un avantage. Nous découvrirons que tous les « grands taxis » sont du même modèle.

L’aéroport se trouve au sud-ouest d’Agadir. Nous ne le visiterons donc pas. La très fréquentée N1  longe la côte Atlantique jusqu’à Dakhla et Layoun. Empruntée par les camions. Traversée du Souss :  serres poussiéreuses, usines à tomates. Hangars à camions. D’énormes panneaux vantent les pesticides, fongicides et les produits spécifiques contre les maladies des tomates. Loin du bio !

Réserve Naturelle Souss-Massa

Après avoir acheté oranges et bananes, nous fixons l’objectif à Googlemaps : la Réserve naturelle du Souss-Massa. J’ai prévu les jumelles exprès pour cette étape. L’an passé, le guide m’avait montré l’aigle pêcheur, des ibis et des spatules. Seule, je reconnais un héron, une aigrette, un courlis et des goélands.

Nous étions passées par une petite route parallèle à la côte évitant Tiznit et aboutissant à Aglou. Dans un village, nous nous égarons et nous retrouvons sur la route nationale avant Tiznit. Nous avons rallongé la route d’au moins 40 km. Dominique a peur d’arriver à la nuit. Le soleil se couche à 18h45 dans le sud marocain, pas de problème. Nous aurions mieux fait de penser au carburant. Selon le loueur, nous disposions de 230 km d’autonomie. Il aurait fallu faire le plein sur la grande route. Dans la montagne, après Tiznit, pas une station-service. Un bip prévient. A un col, le voyant s’allume. Il reste 26 km et nous sommes au bord de la panne sèche. Enfin arrivons à Aftas Trip. Nous avons la chambre Océan que nous convoitions avec le balcon vue sur mer pour le coucher du soleil.

Il y a une station-service dans le centre de Mirleft.

Plage Imin Turga

La plage, au soleil : eau tiède !

Menu du dîner:

Salades marocaines variées (tomates, poivrons, betterave, pommes de terre) en entrée. On nous sert les filets sans arêtes (service grand classe) d’un magnifique mérou-badèche cuit avec des tomates, des oignons et des citrons en rondelles, farci avec des vermicelles, calmars et crevettes. La chair du poisson est fondante, un peu fade mais relevée par les accompagnements. La Badèche Epinephelus costae est un poisson carnivore présent dans l’Atlantique jusqu’au Cap Vert.

Mérou Badèche

Pour finir : mousse au chocolat maison délicieuse.

 

 

Chiharu Shiota – The Soul Trembles au Grand Palais

Exposition temporaire jusqu’au 19 mars 2025

Barques et fil rouge –  Voyage incertain

Chiharu Shiota est une plasticienne japonaise née en 1972 à Osaka. Elle  travaille également à Berlin. Son matériau de prédilection est le fil qu’elle tisse de ses mains fil de laine ou de coton, rouge le plus souvent mais également noir ou blanc. 

Where are we going? barques et fil blanc

Le visiteur est accueilli en haut de l’escalier d’honneur par cette gigantesque suspension blanche  qui prennent des allures d’ailes blanches. 

Il traverse les arches rouges qui jaillissent des barques, déstabilisé.

j’ai déjà rencontré son fil rouge au Musée Guimet juste après le confinement, les objets enfermés dans la toile d’araignée correspondaient bien à l’humeur du moment, quand nous étions enfermés, liés. *Elle avait empaqueté de très petits objets, des meubles et et jouets de maisons de poupée. Au Grand Palais, changement d’échelle. Elle joue avec des chaises, lie un piano après sa combustion de fil noir

Piano carbonisé et fil noir

Avec ces fils, ces nœuds, j’avais rapidement classé Chiharu Shiota comme « artiste textile » c’est réducteur! En plus de ces installations, elle a aussi expérimenté avec son corps, l’enfouissant dans la terre, ou se baignant dans la boue. Les vidéos où on la voit couverte de boue me mettent mal à l’aise.

Untitled Islande

Elle met en scène son corps. Dans une vidéo on la voit nue sous un enchevêtrement de fins tuyaux où circule le sang. Elle est parcourue de spasmes . je pense un peu à Sophie Calle. Elle trempe aussi de boue des très longues robes suspendues qui gouttent

Memory of skin

ou elle joue avec la peinture, devenant elle-même peinture

Becoming painting

Toujours ce rouge sang!

l’exposition du Grand Palais montre des dessins préparatoire, des esquisses, des photos, des vidéos. L’une d’elle de 23′ est particulièrement éclairante. Si on prend le temps d’écouter on comprend ce qui échappe à la seule vision. 

peintre, artiste textile, vidéaste, photographe. 

Crépuscule des Dieux

Elle est aussi scénographe de nombreux opéras : Siegfried, le Crépuscule des Dieux, Oedipe de Sophocle par Stravinsky et bien d’autres oeuvres sont jouées dans les décors de Chiharu Shiota. le problème est que l’exposition a voulu trop en montrer. On voit les captation des différents opéras, les danseurs, les chanteurs mais la musique d’un seul domine. C’est perturbant

Fenêtres de Berlin

Chiharu Shiota a aussi été témoin de la Chute du Mur de Berlin qu’on voit en vidéo; la ruée vers l’Ouest a entrainé l’abandon de quartiers de Berlin Est. La plasticienne a récupéré les châssis des fenêtres et portes des maisons désertées et les a assemblées. L’huisserie garde quelque chose de ces maisons abandonnées, leur âme? 

Et que dire des valises en lévitation? 

Rien n’est gratuit dans ces installations; A Venise, elle a suspendu des clés aux fils rouges. On peut aussi imaginer que les souvenirs sont prisonniers de la toile d’araignée, ou que les barques et les valises sont celles des migrants. 

 

 

 

Sang d’encre à Marrakech – Melvina Mestre – Points

LIRE POUR LE MAROC (POLAR)

Gabrielle Kaplan, native de Salonique, exerce son métier de détective privé à Casablanca. L’enquête se déroule en 1952 dans le Maroc sous Protectorat.

promenade architecturale :

Casablanca est une ville dynamique, européenne. L’autrice Melvina Mestre a grandi à Casablanca : elle connaît bien la ville qu’elle nous fait visiter telle qu’elle était alors, avec les noms des rues et places du Protectorat. Elle décrit avec soin les bâtiments, s’intéresse à l’architecture pour mon plus grand plaisir. 

Marrakech est encore un gros bourg tranquille, mais promis au développement touristique avec la construction du quartier de l’Hivernage, d’un casino. La Mamounia est déjà un hôtel luxueux et on assiste à une soirée organisée par le Glaoui.

L’autrice resitue l’intrigue dans le contexte historique et politique :

Je veille à ce que mes romans d’atmosphère s’inspirent de la grande Histoire, et qu’en me lisant mes lecteurs soient immergés dans le contexte historique, urbanistique et socio-culturel des années 1950.

En 1952, le souvenir de la guerre est encore très vif. Casablanca était un centre très important qui a vu le Général de Gaulle et les Forces Françaises libres, les Américains. On se souvient encore très bien de Joséphine Baker, de Saint-Exupéry. Les Marocains ont pris part à la Libération, lutté en Italie etc. La présence de nombreux militaires a pour conséquence le développement de la prostitution : à Casablanca se trouve le plus grand Quartier Réservé : le Bousbir.

C’est d’ailleurs ainsi que commence l’intrigue policière : une prostituée est retrouvée assassinée, dénudée et tatouée, puis une seconde….(mais je n’en dévoilerai pas plus). Les autorités locales ne veulent pas ébruiter la macabre découverte qui risque d’être exploitée politiquement. Le commissaire préfère faire appel à la détective privée, pour sa discrétion et parce qu’une femme pourra peut-être glaner des informations auprès des prostituées.

L’intrigue semble partir en tout sens, rebondissements, puis tout s’éclaire. Encore une fois, je ne spoile pas! J’ai été happée et je n’ai pas lâché cette lecture.

Un autre aspect intéressant est l’émergence des mouvements indépendantistes. La décolonisation s’amorce malgré l’aveuglement des autorités qui préfèrent diviser pour régner et s’appuyer sur le Glaoui de Marrakech. J’ai visité le palais du Pacha, et sa kasbah mais sans vraiment comprendre qui était ce personnage. Le roman répare cette lacune. 

Et comme j’en redemande, j’ai déjà commencé une nouvelle enquête de Gabrielle Kaplan : Crépuscule à Casablanca

Bilan Marcel Proust : Le Temps Retrouvé

LECTURE COMMUNE A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU AVEC CLAUDIALUCIA

logo de la lecture commune

Dix mois après le lancement de la lecture commune, nous avons réussi le défi de lire la Recherche (plus de 3000 pages quand même) il a fallu nous encourager mutuellement pour gravir ce sommet et nous sommes fières d’avoir enfin atteint le but. Plaisir du style, parfois agacement devant une société aristocratique pas spécialement sympathique. 

BILAN 7 / ALBERTINE DISPARUE ET LE TEMPS RETROUVE

Miriam

Le temps retrouvé Tansonville

https://netsdevoyages.car.blog/2024/12/12/le-temps-retrouve-tansonville/

Le temps retrouvé : Monsieur de Charlus pendant la guerre

https://netsdevoyages.car.blog/2024/12/19/le-temps-retrouve-monsieur-de-charlus-pendant-la-guerre/

Le temps retrouvé : Dans la bibliothèque du prince de Guermantes, méditation sur la mémoire et littérature

https://netsdevoyages.car.blog/2024/12/26/le-temps-retrouve-dans-la-bibliotheque-du-prince-de-guermantes-meditation-sur-la-memoire-la-litterature/

Claudialucia

Le temps retrouvé (1) Proust, Cendrars et Céline

https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2025/01/marcel-proust-blaise-cendrars-celine-et.html

Marcel Proust : Le temps retrouvé (2)

https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2025/01/marcel-proust-le-temps-retrouve-2.html

BILAN 6

Miriam

Marcel Proust : Albertine disparue

https://netsdevoyages.car.blog/2024/12/04/albertine-disparue-marcel-proust/

Claudialucia

Marcel Proust :  Albertine disparue

https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2024/12/marcel-proust-albertine-disparue.html

 une lecture annexe : Le Lièvre aux yeux d’ambre d’Emund de Waal où j’ai trouvé un personnage ayant peut être inspiré Swann
les décors et les costumes des soirées des Guermantes ressemblaient-ils à ceux du film La Divine ?

Guillon Lethière, né en Guadeloupe au Louvre

Exposition temporaire jusqu’au 17 février 2025 

J’ai découvert fortuitement Guillon Lethière au musée de Saint François, en Guadeloupe et j’ai attendu avec impatience cette exposition.

Guillaume Guillon Lethière est né en 1760 à Sainte Anne, Guadeloupe fils d’un colon blanc exploitant une plantation et d’une mère esclave métisse. En 1774, son père l’emmène en métropole et lui fera bénéficier de ses relations pour réussir sa carrière de peintre. Artiste reconnu, il sera directeur de l’Académie de Rome, puis professeur à l’Ecole des Beaux Arts.

Boilly : Guillon Lethière et Carle Vernet

La première section de l’exposition le montre à différentes étapes de sa vie. Boilly le représente parmi ses pairs, peintre respecté entouré d’autres artistes fameux comme Ingres, Redouté…Pour se maintenir et maintenir son rang, il faut participer à des salons. Il faut aussi s’adapter aux changements politiques

Don patriotique des femmes à l’Assemblée Nationale septembre 1789

La peinture de Guillon Lethière est un témoignage de l’évolution politique . Un autre dessin Thermidorien est un véritable manifeste comme le tableau de La Patrie en danger (1799)

La Patrie en danger (1799)

Guillon Lethière trouve un mécène en Lucien Bonaparte qui lui commande des portraits de la famille Bonaparte et des tableaux historiques. 

Lucien Bonaparte contemplant sa maîtresse Alexandrine Jouberton

Un très grand tableau représentant les Préliminaires de la Paix de Leoben restera à l’état d’esquisse. Il sera terminé trop tard après la Restauration. mais la tapisserie qui en a été tissée a traversé l’Histoire.

tapisserie prise des Préliminaires de la Paix signée à Leoben

Guillon Lethière traverse les différents régimes de la Restauration et peint même La Fayette présente Louis Philippe au Peuple de Paris après les 3 Glorieuses

La Fayette présente Louis Philippe au Peuple de Paris

Guillon Lethière meurt en 1832 du choléra, la chronique historique s’arrête là!

Homère chantant l’Iliade aux portes d’ Athènes

Classicisme :

La grande peinture reconnue au Salon, c’est la peinture historique avec des références à l’Antiquité. Guillon Lethière suit les sujets romains de David.

Brutus condamnant ses fils à mmort

 

Répondant à l’Enlèvement des Sabines, les Horace est les Curiace … Guillon Lethière illustre des tragédies patriotiques, héroïques   et édifiantes :La Mort de César, La mort de Camille, ce(sœur d’un Horace, fiancée à un Curiace exécutée par son frère)Brutus condamnant ses fils à mort, (ce n’est pas le Brutus connu, celui qui a tué César mais un bien plus ancien du temps des rois Tarquin)  

la mort de Camille

La mort de Virginie, héroïne antique d’un récit de Tite-Live qui préfère la mort à devenir esclave sexuelle de Marcus Claudius Ces deux dernières tableaux sont de « Grandes machines » exposées dans le salon Denon (salle 701) au premier étage de l’aile Denon. Ils n’ont pas été descendus dans l’exposition. Tableaux énormes 4mx8m. Guillon Lethière a repris pendant de longues années ses études, esquisses au crayon ou huiles petit format sur ces thèmes avant d’aboutir au tableaux exposés au Louvre; l’exposition montre les différentes étapes et métamorphoses. Un dessin garde encore les tracés à la règle de la perspective, les personnages sont nus, le peintre les habillera ensuite…la mort de Virginie avait tout d’abord pour sujet principal Virginius, le père.

le Serment des Ancêtres (1822)

Le Serment des Ancêtres est une sorte de fantôme qui plane sur l’exposition. Il est en majesté et sert d’affiche (voir ci-dessus). Il se trouve en Haïti mais n’a pas pu faire le voyage. On peut uniquement voir une photographie noir et blanc mais expliqué par des cartels et un audioguide très complet. Alors que Napoléon a rétabli l’esclavage aux Antilles, aboli par la Révolution, que ce dernier a envoyé la troupe combattre Toussaint Louverture et que Guillon Lethière avait pour mécène Lucien Bonaparte.  Le peintre peint en secret ce grand tableau à la gloire des héros de l’indépendance d’Haïti : Dessaline et Pethion. Au centre du tableau, comme les tables de la loi, une stèle gravée des articles de la Constitution haïtienne, en arrière plan, le peuple de Haïti….

Une signature originale est apposée au Serment des Ancêtres : Le Thiere né en Guadeloupe. 

Ce tableau montre une certaine ambiguïté de l’artiste : obligé de plaire aux gouvernants pour maintenir ses commandes et sa gloire, il n’oublie pas son origine. Il fréquente les abolitionnistes mais continue à percevoir les revenus de la plantation de son père esclavagiste. Je n’arrive pas à avoir d’opinion tranchée.

Autre étonnement : comment un peintre arrivé au faite de la gloire, académicien, professeur aux Beaux Arts, est-il tombé dans l’oubli?

Je continue à m’interroger.

Cette peinture classique n’est pas vraiment de mon goût, en revanche l’exposition est passionnante du point de vue historique: une vraie leçon d’histoire!

 

Le jardin des pleurs – Mohamed Nedali

LIRE POUR LE MAROC (MARRAKECH)

De cet auteur, Mohamed Nedalij’ai également lu  le Poète de Safi qui m’a laissé un agréable souvenir de lecture. 

Le jardin des pleurs se déroule à Marrakech. Le narrateur, Driss, est un jeune assez ordinaire. Après des études médiocres, un bac mention passable, il aspire à une situation tranquille de fonctionnaire et choisit l’école d’Infirmiers. Pour réussir le concours, il va dénicher un piston : une bouteille de pastis à son oncle, un chevreau offert à une personnalité influente, et le tour est joué. Pour une affectation à Marrakech même tarif. C’est bien sûr de la corruption. Mais cela ne va pas chercher loin, et tout le monde achète ces passe-droits. 

En revanche, lorsque sa femme Souad est agressée par un commissaire de police, Driss découvre l’autre versant de la corruption. Certains personnages sont intouchables, d’autres sont vénaux. Pour le citoyen ordinaire l’Etat de Droit ne fonctionne pas. Acculé à des procès sans fin, Driss en arrive à « écrire au Roi » et même « écrire à Dieu » . Il en vient à débloquer.

Ce roman commence d’un ton léger, ironique, d’une comédie pour se transformer en tragédie dans la deuxième partie. Les anecdotes sont amusantes, le style enlevé, la lecture agréable. La dénonciation de la corruption  est graduelle, du cadeau d’une bouteille, à la ruine en fin de roman. L’auteur dénonce le système policier, judiciaire mais aussi l’incurie du système de santé qui ne cherche pas à guérir les pauvres patients mais plutôt à s’enrichir à leurs dépens. 

Sous les cyprès d’Eyoub – Philippe Khatchadourian

ARMENIE/NORMANDIE

Dans les vieilles rues de Gümri . Alexandropol?

J’ai eu envie de suivre Passage à l’Est dans le Caucase, les algorithmes de ma Kindle m’ont proposé Sous les cyprès d’Eyoub et j’ai sauté sur l’occasion. J’ai fait autrefois la promenade sur la Corne d’Or à Istanbul jusqu’au cimetière d’Eyoub, j’y retournerais volontiers. Le patronyme de l’auteur en –ian, me laissait entendre qu’on parlerait des Arméniens et de l’Arménie…. Il ne m’en fait pas plus pour télécharger un livre!

De Gümri alors appelée Alexandropol, à Granville dans le Cotentin. De chapitre en chapitre nous sautons de 2014, au décès du père du narrateur, en 1914 à la veille de la Révolution quand l’Empire Russe s’étendait jusqu’au Caucase. Grandes traversées dans l’histoire et la géographie. Avec des escales à Constantinople, Bolis, la Ville, et à Venise – la promenade dans Venise est particulièrement agréable. 

C’est la quête des racines et de l’histoire familiale du narrateur, Alexis, natif de Granville, de parents normands qui enquête sur son grand-père arménien qu’on lui a interdit de fréquenter. Que cache cet ostracisme familial?  C’est l’histoire de trois générations de combattants dans la première Guerre mondiale et les armées blanches, dans la seconde et la guerre d’Algérie. Patriotisme et héroïsme guerrier : pas forcément ma tasse de thé. En filigrane, des femmes au caractère bien trempé.

Une histoire très romanesque, agréable lecture mais le côté historique reste un peu superficiel.