Le Havre – Quartier Perret – Art contemporain

NORMANDIE IMPRESSIONNISTE 2024

Le Havre vu des jardins suspendus

De la ville du Havre, j’ai des images de cinéma / Le Havre d’Ari Kaurismäki,  la Fée de Dominique Abel avec Fiona Gordon, 38 Témoins, et bien d’autres que j’ai oubliés. Je suis donc impatiente de découvrir la ville  « en vrai ». Autre ville portuaire après ma visite à Marseille il y a six mois .

Nous arrivons par Sainte Adresse, très construite, de la station balnéaire autrefois prisée, il reste quelques belles villas sur notre parcours.

les quartiers Perret

Nous longeons la plage, la marina . Après l’Office de Tourisme nous découvrons les barres et les tours rectilignes, constructions d’Auguste Perret. Béton granuleux, petits balcons et longues coursives rythment les verticales. A l’étage noble, la coursive est presque une terrasse que certains ont agrémenté d’un salon de jardin, de plantes (très peu) et même d’une grosse niche à chien ou d’un cabanon coloré. Le plus souvent la sobriété est de rigueur. Le vent de l’océan balaie toute velléité de désordre. Contrairement à Sarcelles, ville de tours et barres, tout semble propre et presque neuf après plus de sept décennies.

La Catène des containers

Un été au Havre est une manifestation d’art contemporain qui offre aux passants une collection d’œuvres qui s’enrichit chaque année. Sur la digue je découvre Hehe Gold Coast (2021) : des rochers accumulés pour protéger la digue ont été dorés. Pourquoi pas ? je ne suis pas très convaincue. Plus loin en direction du port, la Catène de containers (2017) de Vincent Ganivet est beaucoup plus spectaculaire. Deux demi-anneaux construits en containers colorés rappellent la vocation portuaire du Havre.

Chatonsky – la ville qui n’existait  pas – Street Art

Au hasard, je découvre ls formes violettes de Grégory Chatonsky, Rêve du Havre, imaginées avec une IA, puis-je lire sur le fascicule. Quel intérêt ? Le même Chatonsky : La ville qui n’existait pas, (2023), d’immenses fresques décorent les faces aveugles des barres d’immeubles Perret. Ces grands tableaux de Street Art racontent une ville en ruine, un cataclysme, cartes postales dystopiques qui m’ont bien plu. Il y en a 25, pressée par le temps, je n’en ai découvert que 2. Au hasard de ma promenade Les Apparitions (2019) de Stephan Balkenhol : des personnages grandeur humaine sont collés au façades : debout ils regardent la rue qui est aujourd’hui pavoisée pour une célébration de la Libération de la ville . Plus discrets, des tubes de néon qui clignotent dans un couloir ???? Les œuvres sont nombreuses, avec le livret de l’Office de Tourisme, j’aurais pu parcourir toute la ville où elles sont dispersées et faire des découvertes si j’avais disposé de plus de temps.

Eglise Saint Joseph

Partout, au-dessus des immeubles Perret, dépasse la flèche de l’Eglise Saint Joseph. Construite en béton de 1951 à 1958. Prouesse que cette tour de 107 m de haut . Jeu de géométrie partant de la croix grecque, la tour devient octogonale puis porte un clocheton carré de plus en plus fin. Très claire avec ses vitraux multicolores dus à Marguerite Huré, maître verrier qui a conçu  des harmonies subtiles de sept couleurs de plus sombres à la base à claires au sommet, rose à l’est, orange et jaune au sud, bleu au  nord…

Saint Joseph vitraux

Le vent s’engouffre dans les rues rectilignes. Sur le front de mer, il est glacial. Je cherche à m’en protéger dans les rues, sans succès, il souffle toujours aussi fort.

 

De dives à Yport en passant par le Pont de Normandie, Montivilliers et Etretat

NORMANDIE IMPRESSIONISTE 2024

Etretat

Cap sur Honfleur sous une pluie fine dans le Pays d’Auge verdoyant, vallonné avec ses pommiers, ses vaches et ses fermes à colombage. Le passage sur le Pont de Normandie est impressionnant. Les pluies récentes ont fait gonfler la Seine qui s’étale dans le marais et les zones humides sont noyées.

Sur le Pont de Normandie

Nous quittons l’Autoroute A29 vers Le Havre/Dieppe/Calais à la première sortie indiquée « Etretat ». le panneau touristique « Abbaye de Montivilliers » nous interpelle.

Abbaye de Montivilliers

Montivilliers est une petite ville d’environ 15.000 habitants, banlieue du Havre. Un monastère de femmes fut fondé en 682 mais détruit par les Vikings, il ne se relève qu’en 1035 Robert le Magnifique ; Au XV ème siècle la nef fut doublée d’un vaisseau gothique.

Quand  nous arrivons, l’abbaye est fermée, l’exposition dans le grand Réfectoire sur la Libération de la Ville ne me tente pas. J’entrevois le cloître par l’entrée de la bibliothèque. Je ne visite que l’église, très grande. C’est une église double. Le chœur roman mais largement remanié était réservé aux moniales. La nef était celle de l’église paroissiale. A la Révolution les deux parties de l’édifice connurent un destin différent : temple de la Raison à la place de l’église paroissiale, fabrique de salpêtre dans le chœur après la dissolution des congrégations. . La restauration du XIX  a apporté des vitraux colorés(je ne suis pas fan des restaurations XIXèm » siècle). le bâtiment abbatial est en belle pierre blanche. Un peu plus loin un autre rouge en brique logeait l’infirmerie séparée du couvent pour éviter les contagions.

Nous décidons de pique-niquer à la mer. Sur la carte, la D 940 remonte vers le nord parallèlement à la côte. Mais loin. Passant par Octeville, Cauville, Heuqueville.  Elle traverse des grands champs de betteraves qu’on récolte en ce moment. De grands champs, de grosses fermes, très peu d’arbres. Le lin a été récolté, des tiges noircies sèchent à plat.  Nous empruntons des petites routes vers le rivage, entre-apercevons la mer mais de très loin. Impossible d’en approcher.

Saint Jouin Bruneval

Sur la carte, un point de vue indiqué sur le Cap d’Antifer. Nous rejoignons Saint Jouin-Bruneval pause déjeuner devant la petite église de pavés de silex clairs et noirs délimités par des parements de brique aux coins et autour des huisseries. Clocher carré très pointu à l’avant de la nef. De l’autre côté de la place : un manoir très ruiné. Une très belle ruine. Un rêve pour les fans d’Urbex. Fronton avec volutes, cheminées de pierre, jeu mêlant brique et pierre de taille. Damiers de silex noirs et blancs entre deux rangées de briques. Fenêtres à petits carreaux mais crevées. Des buissons poussent sur les cornières. Une palissade interdit l’entrée. Elle est revêtue d’une exposition de grandes photos. Le clos des Fées fut le lieu de fêtes puis un pensionnat de jeunes filles, puis une colonie de vacances, il ressemble à un châteu hanté. Pour ajouter au malaise, j’avise un panneau qui raconte que la maison en face, une longère de briques, le clos des Jardiniers aurait été bâtie pour abriter des malades – des lépreux< ? – qui se seraient engagés à n’avoir aucun contact avec la population locale. En endroit pittoresque assez malsain !

Etretat

L’office de tourisme est ouvert. Munie d’une abondante documentation, je pars pour une courte promenade dans des rues bien animées malgré le mauvais temps. Bien sûr, je photographie l’arche et l’aiguille creuse. Mais c’est surtout le vacarme des galets qui roulent sous les vagues qui m’impressionne, d’où vidéo à la place de photos pour enregistrer le bruit.

Arrivée à Yport vers 16h

La plage d’Yport

« Arrivée autonome » signifie aucun accueil, une boîte à clé dont on m’a fourni le code, la photo et l’adresse dans une ruelle assez loin de la résidence. Jeu de piste, agaçant. Sur place le lit est fait mais aucun conseil pour les visites ou les courses. Nous filons à Fécamp à Carrefour. Le « balcon sur mer » donne sur une rue étroite, vis-à-vis avec les voisins, on voit la mer de côté si on se penche. Très grand appartement, confortable, impersonnel. Mais avec garage souterrain et ascenseur.

 

Bilan N°4 – Sodome et Gomorrhe et d’autres choses autour de Proust….

 LECTURE COMMUNE DE LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU AVEC CLAUDIALUCIA, KEISHA, ET D’AUTRES

logo de la lecture commune

Notre exploration continue et nous mène sur les terres exotiques de Sodome et Gomorrhe, de Paris à Balbec 

Claudialucia

Marcel Proust : Sodome et Gomorrhe (1) le baron Charlus et l’homosexualité (Sodome)

https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2024/10/marcel-proust-sodome-et-gomorrhe-l.html?lr=1728061689290

Marcel Proust :Sodome et Gomorrhe (2) : Albertine et l’homosexualité Gomorrhe

https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2024/10/marcel-proust-sodome-et-gomorrhe.html

Marcel Proust : Sodome et Gomorrhe (3): L’humour de Proust

https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2024/10/marcel-proust-sodome-et-gomorrhe-l.html

 

 

Miriam

Sodome et Gomorrhe – (1ere partie) Le Baron de Charlus et Jupien

Sodome et Gomorrhe : Partie 2 – Ch.1: La soirée chez la Princesse et du Prince de Guermantes

Sodome et Gomorrhe – Autour de Balbec, les noms des villages normands

je suis partie à Balbec découvrir les lieux qui ont inspiré Marcel Proust

le Grand Hôtel, la promenade sur la digue et la plage

Cabourg : à la plage

Marcel Proust (l’écrivain) et Marcel, le narrateur, n’ont jamais vécu dans la belle villa du Temps Retrouvé transformé en musée Belle Epoque qui contient des autographes et des tableaux des personnes ayant inspiré Proust.

promenade sur la Côte de Nacres – Cabourg : La villa du Temps Retrouvé

 

keisha a déniché une correspondance rare de Proust

https://enlisantenvoyageant.blogspot.com/2024/09/lettres-sa-voisine.html

Si vous avez fait d’autres lectures vous pouvez coller les liens en commentaires ici.

Le challenge n’est pas terminé. Nous allons attaquer La Prisonnière. Le Bilan N° 5 pour le 15 Novembre. Comme les quatre récapitulations précédentes il inclura les billets sur La Recherche mais aussi toutes les lectures connexes, Laure Murat pour ma part, les visites dans les sites proustiens, les podcasts…et tout ce que vous trouverez d’intéressant. 

 

 

 

Tout le Bruit du Guéliz – Ruben Barrouk

LIRE POUR LE MAROC/ RENTREE LITTERAIRE 2024

 

Ruben Barrouk raconte le voyage qu’il a fait avec sa mère à Marrakech en visite chez sa grand-mère Paulette qui vit seule au Guéliz. La vieille dame  s’est plaint auprès de ses enfants d’entendre un bruit qui perturbe sa vie quotidienne.  Des voisins sont-ils bruyants? Paulette souffre-t-elle d’acouphènes? Ils vont résoudre cette énigme. 

Et, bien sûr, ils n’entendent rien!

Ils vont partir pour un pèlerinage sur les traces des Juifs de Marrakech, au Mellah, au cimetière, et sur les tombeaux de Saints Juifs.

Ce  récit est très simple, très beau, nostalgique et tendre. Traditions et souvenirs qui se mêlent. Les Juifs sont partis mais ils ne sont pas oubliés. La Grand-mère, la mère et l’auteur vont rencontrer des musulmans qui gardent précieusement les traces, les tombes.

Et si ce bruit était le silence assourdissant des absents ?

 

 

 

 

 

 

 

Trouville : Exposition Rouart à la villa Montebello

NORMANDIE IMPRESSIONNISTE 2024

Augustin Rouart : Le Nageur

La villa Montebello est une belle construction à flanc d’une pente très raide à la sortie de Trouville, au- dessus des Roches Noires, autrefois résidence de Marguerite Duras(actuellement en travaux). C’est une grosse villa de trois nivaux , brique et pierre, très ornée, un petit château.

Augustin Rouart (1907-1997) est exposé dans le cadre de Normandie-Impressionniste. Il a grandi dans le milieu impressionniste. Sa famille était amie avec les plus grands : Degas, Renoir et Berthe Morizot. Julie Manet a peint augustin enfant. Une photographie montre la famille Lerolle-Rouart entourant Debussy au piano.

Henri Rouart : Bateaux sur la Seine aux environ de Rouen

 

Il me faut faire attention aux prénoms et aux dates. Le grand-père Henri (1833-1912)était un peintre connu . Deux de ses tableaux sont ici prêtés par le Petit Palais. Ils me plaisent plus que ceux d’Augustin, surtout Bateaux sur la Seine aux environs de Rouen et une scène d’intérieur.

Trois salles sont dédiées à l’exposition Augustin Rouart : trois autoportraits (1933-1944-1980), des marines, couchers de soleil, plages.

Augustin Rouart le petit pêcheur

Noté l’Arbre dans la neige, Le nageur et Le petit pêcheur. Les dessins et portrait de ses enfants se ressemblent tous, c’est répétitif, je m’ennuie. Une autre salle présente des natures mortes, des bouquets c’est bien fait mais pas très intéressant.

Collections permanentes à l’étage :

André Hambourg :petits chevaux sur la plage de Trouville

Les bains de mer à Trouville : costume de bain, affiches anciennes,

Ancien village  de Trouville avec des tableaux petit format : l’ancien village en 1850, Le port de Trouville 1840…

André Hambourg : la Plage de Trouville

André Hambourg à Trouville occupe une salle : lithographie de yachts, courses, chevaux sur la plage. C’est gai, coloré. Je les préfère de loin aux vues de Venise des Franciscaines. Un livre à la disposition des visiteurs présente d’autres aspects de l’artiste Hambourg est loin d’être un artiste gai et superficiel. Il a documenté la fin de la Seconde Guerre mondiale, fait même un reportage dessiné à Berchtesgaden, illustré un livre de Kessel.

A la suite de la visite, nous continuons la rue au-dessus des Roches Noires jusqu’à un club nautique au bout de la digue. Au-delà, une plage sauvage face au port du Havre dont on distingue très nettement les installations avec beaucoup d’acuité sous un ciel lourd de nuages très sombres. La falaise s’éboule, de gros blocs se sont détachés.

le port du Havre vu de la plage de Trouville

De jolie villas sont construites sur la digue, l’une d’elle a installé des chats de faïence sur les tuiles de l’auvent.

 

le circuit des églises et chapelles en Pays d’Auge

NORMANDIE IMPRESSIONNISTE 2024

Eglise romane de Putot-en-Auge

L’Office de Tourisme édite un circuit « Eglises de charme » occasion de se promener dans le Pays d’Auge entre pommiers et prairies vertes où paissent les vaches normandes, haras et fermes à pans de bois. Chercher une chapelle perdue est l’occasion d’emprunter des petites routes, de découvrir des paysages

Putôt-en-Auge est la première église sur notre chemin. Le village est minuscule. La Mairie à colombages, toute petite, l’annonce. Située près de la route, un peu plus bas, à l’écart après le tournant qui la cache, l’église Saint Pierre.  Construite au XIIème siècle, en pierre blanche. On voit les délicates arcades romanes avec leurs modillons ; Son clocher trapu est original, posé à cheval sur la toiture sur une base carrée avec de discrètes ouvertures ; Quand on fait le tour de l’église on découvre les sobres tombes britanniques à l’abri d’une haie.

Saint Ouen hameau de Brocottes

La route tournicote, presque un chemin creux très sombre sous les hautes frondaisons. Elle est vraiment verte la Normandie. Nous découvrons l’église Saint Ouen(XIIIème s.)  du hameau de Brocottes. Très simple, une tour carrée, presque un phare, surmontée d’un toit de tuile octogonal percé de quelques ouvertures. La nef à l’arrière est plus large. L’église est ouverte. A l’intérieur, très claire avec de larges baies. Le chœur est précédé de 4 fines colonnes soutenant une arcade comme un baldaquin très simple d’où est suspendu un lustre à breloque insolite dans la simplicité campagnarde.

Beuvron-en-Auge : maison fleurie

Beuvron-en-Auge est un très beau village labellisé et touristique qui a fait l’objet d’une belle restauration très réussie dans les années 70. Colombages et encorbellements, enseignes décorées, jolies boutiques restaurants chics et hors de prix (formule à 77€) . Trottoirs fleuris, roses épanouies, dahlias, sauge bleue. Une perfection. Manque peut-être l’authenticité. On entend plus d’Espagnol et de Japonais que de parler normand. La boulangère rechigne à emballer les deux éclairs au café que nous mangerons plus tard. Magasins chics. Dans la halle, un étrange « musée » présente des photos en Noir et Blanc, artistiques, de libellules et autres insectes déguisés en trolls et en lutins.

Beuvron-sur-Auge

L’église est un peu difficile à trouver, à l’écart du bourg. Son clocher pointu ressort mais l’accès est caché. Saint Marin est un édifice du XVIIème s. très remaniée au XIX ème et XXème. Briques rouge coiffée d’un élégant clocher très effilé presque une flèche.

La rue du Presbytère ne conduit pas à l’église comme je le supposais, elle s’élève au-dessus du village vers le hameau de Gerrots. La petite église Saint Martin semble perdue dans la campagne vallonnée. Toit de tuile, clocher d’ardoises planté « en tabouret » à l’arrière du fronton.

Nous passons par N.D. à Beaufour-Druval, puis de l’autre côté de l’autoroute A13 nous cherchons N.D. d’Heuland. A la Croix d’Heuland, il y a une belle auberge mais point d’église. La serveuse du restaurant nous renseigne : « c’est la première à droite, un chemin très étroit, n’ayez pas peur, il y a un parking derrière l’église ». Effectivement, la route est goudronnée mais très très étroite. Si un véhicule venait d’en face il faudrait reculer longtemps avant de trouver ce que les Ecossais appellent une «  passing place »Le chemin tortille longtemps. Enfin ! L’église est en pierre blanche et en silex avec un clocher-peigne et à l’arrière un petit appentis à pans de bois accolé au chevet.

N.D. de Heuland

Le circuit n’est pas terminé. Dominique en a assez des routes sinueuses et étroites. Nous filons vers Cabourg pour une belle promenade sur la plage dégagée à marée descendante. Je marche les pieds dans l’eau. Les autres promeneurs ont ouvert leurs parapluies. Il y a un bel arc en ciel.

 

 

 

Dives, ville de Guillaume le Conquérant et de l’usine électrométallurgie

NORMANDIE IMPRESSIONNISTE 2024 

le marché installé dans les halles médiévales

Samedi est jour de marché à Dives, excellente occasion pour découvrir cette petite ville animée. L’un des joyaux est la Halle médiévale à la belle charpente de bois reposant sur 60 piliers. Charcutiers, bouchers, fromagers et primeurs sont installés sous cette belle toiture pentue. Les autres commerçants ont investi toutes les rues adjacentes étroites.

la Lieutenance

Les maraichers et vendeurs de fruits et légumes aux étals colorés sont sur la place devant la Lieutenance, (1695) belle maison en pierre de Caen appelé aussi Manoir de Bois Hibou. Les poissonniers sont installés dans une halle de bois,  ouverte,  installée sur une estrade. Plus lion, des vêtements bradés. C’est le dernier marché de l’été ; dit une marchande qui propose des bracelets en acier à 10 €. Toujours pour 10€ j’achète un Laguiole(peut être pas tout à fait authentique) mais j’i une fâcheuse tendance à égarer mes canifs.

l’église ND de Dives

Je parviens enfin à a belle église blanche, Notre Dame, fondée au XI ème siècle. La façade a un fronton pointu accompagné de deux clochers aux ouvertures gothiques. A l’intérieur, de beaux vitraux colorés et les ex-voto des marins. Il y a même une barque de pêcheur toute entière. Au-dessus du porche, un historien, Arcisse de Caumont(1801-1873) a fait graver le nom des 475 compagnons de Guillaume le Conquérant.

Village Guillaume le conquérant : relais de Poste

Guillaume le Conquérant est la grande figure historique de Dives. C’ est dans l’estuaire de la Dives qu’il a rassemblé mille bateaux en 1066 pour partir conquérir l’Angleterre. Avant de traverser la Manche, il fera une escale dans la Baie de Somme. Toute la ville célèbre Guillaume. Les piliers des Halles portent les blasons de ses barons. Le village touristique de Guillaume et bien sûr Port Guillaume.

Village Guillaume le Conquérant . Louis XIV

Le Village de Guillaume le Conquérant se compose de plusieurs cours entourées de maisons à colombages. C’est un ancien Relais de Poste sur la route de Caen à Rouen, transformé en hostellerie. Henri IV, Marie de Médicis, Louis XIV , Madame de Sévigné, y sont passés. A la fin du XIX ème siècle, le propriétaire de l’auberge, collectionneur d’antiquités fit orner la cour de nombreuses statues et d’éléments de décoration. Ce « village » est tout à fait charmant et pittoresque. C’est aussi le siège de l’Office de Tourisme. A propos de l’auberge Guillaume le Conquérant voici ce que je viens de trouver dans La Recherche du Temps perdu La Prisonnière

« C’est de la même façon que tout le monde a connu à Dives un restaurateur normand, propriétaire de «Guillaume le Conquérant», qui s’était bien gardé — chose très rare — de donner à son hôtellerie le luxe moderne d’un hôtel et qui, lui-même millionnaire, gardait le parler, la blouse d’un paysan normand et vous laissait venir le voir faire lui-même, dans la cuisine, comme à la campagne, un dîner qui n’en était pas moins infiniment meilleur et encore plus cher que dans les plus grands palaces. »

En passant par l’avenue Secretan et le boulevard Maurice Thorez, nous retrouvons la toponymie communiste (il y a aussi une rue Aragon, un collège Paul Eluard, une rue Benoit Frachon). Nous retrouvons la mémoire ouvrière d’une ville industrielle.

L’usine électrométallurgique

le beffroi de l’usine garde l’entrée du quartier résidentiel de Port guillaume

En 1891 Pierre-Eugène Secretan fonda une usine métallurgique par le procédé Elmore-Secretan (élaboration de tubes de cuivre par électrolyse sans soudure. Il y a eu jusqu’à 144 cuves à électrolyse et le diamètre des tubes allait jusqu’à 600 mm. Le métal était acheminé du havre par  cabotage.

En 1897, création d’une fonderie et d »’ateliers de laminage

1910 création d’une douillerie.

En 1929, la société métallurgique de Dives devient Compagnie Générale d’électro-métallurgie.

En 1945, reconstruction des bâtiments endommagés par les combats de 1944

1956 adjonction d’un département plastique

1967 fusion Cegedur et Trefimétaux. L’usine de Dives est la plus importante usine français de métallurgie , 1100 personnes y sont employées.

1988 cessation d’activité. L’usine est rasée, ne subsiste que le beffroi et les bâtiments des bureaux.

Autour de l’usine des cités furent construites pour accueillir les travailleurs français, marocains, bretons, polonais, russes et italiens.

Quand nous revenons du Centre-ville à Port Guillaume, nous traversons ces quartiers ouvriers.

1991 Inauguration de Port Guillaume

Port Guillaume le soir

La marina et les immeubles touristiques sont construits dans le périmètre de l’usine rasée. On entre dans le quartier en passant entre le beffroi et les immeubles de bureaux contenant maintenant la médiathèque de Dives et un musée de marionnettes. Le buste de Secretan a été déboulonné par les ouvriers grévistes dans les années 80. On l’a remplacé aujourd’hui par une cuve de fonderie.

 

 

De la Porte de la Villette à la Porte Champerret avec le Voyage Métropolitain

LE TOUR DU BOULEVARD PERIPHERIQUE AVEC LE VOYAGE METROPOLITAIN

Porte de la Villette : le canal saint Denis

C’est le troisième épisode d’une exploration à pied de cette ceinture dédiée à l’automobile qui délimite la Ville de Paris sur l’emplacement des anciennes Fortifications militaires, ou de la Zone . Bande à destination incertaine où  les activités qu’on ne voulait pas voir à Paris sont rejetées en lisière : rebuts de toutes sortes, entrepôts, abattoirs….Coïncidence, dans quelques jours la vitesse limite autorisée pour les automobiles passera à 50km/h comme en ville sur l’anneau infernal qui fera peut être moins de bruit et de pollution. 

D’ailleurs, avec les nouvelles stations de métro la limite  Intra/extramuros s’estompe et nous allons franchir à nombreuses reprises le périf parfois sans s’en rendre compte. 

Le rendez-vous est à la sortie du Métro Porte de la Villette, en limite du parc. Jens et Marion nous ont préparé un petit livret illustré qui rappelle La Cité du sang, les abattoirs qui ont fonctionné de 1867 à 1874, remplacés en 1980 par le Parc de la Villette après des tentatives de reconstructions calamiteuses. On imagine mal les bovins alignés croupe contre croupe dans un immense marché aux bestiaux, puis le passage, en souterrain de ceux qui vont rejoindre l’abattoir. De ce temps révolu, il reste encore quelques souvenirs sur le bord de l’avenue Corentin Cariou, quelques boucheries Hallal, des restaurants…

Aubervilliers : Centre commercial Le Millenial

Nous suivons le Canal Saint Denis, promenade très tranquille sous le soleil. Sans nous en rendre compte nous passons sous le périphérique et nous trouvons face à un centre commercial fantôme : Le Millenial. Etrange silence. Malgré une belle passerelle rouge, il est inaccessible à pied. Il faudrait emprunter des navettes électriques à quai le matin.

Aubervilliers sous le périf, du Street Art.

les graffeurs ont bien décoré les piliers mais il n’y a personne sauf les pigeons qui peuvent nicher sous les travées. Occasion pour Jens d’évoquer un personnage attachant : Giuseppe Belvedere qui prenait soin des pigeons de Beaubourg. Les pigeons en ville,  utiles ou nuisibles? 

les navettes électriques Acades

pour accéder au Millénial le jolies navettes Icade attendent les passagers. Elles ont des noms poétiques Estrée, Montjoie, Lendit et Flandres (nous retrouverons ces noms  au cours de l’excursion). Correspondance avec le métro Corentin Cariou  Horaires étranges, seulement l’après-midi et un « badge » demandé. C’est assez mystérieux, le badge doit être celui des gens qui travaillent ici. Le quartier est vide, seulement des bureaux. Entre un centre commercial fantôme et des bureaux désertés le samedi, la balade n’est pas très animée.

On retrouve l’animation sur le boulevard des Maréchaux  Une visite était prévue dans le jardin tout nouvellement inauguré sur la Petite Ceinture mais celui qui devait nous ouvrir ne s’est pas présenté. Un peu plus loin un Tiers Lieu 19m.com occupe une friche, jardinières, étrange mécano blanc? Ce lieu semble en relation avec le 104 dont on m’a parlé et que je souhaiterais mieux connaître. 

le 19mcom

En face, se trouve une autre adresse intéressante La Gare aux mines. Encore un lieu culturel alternatif! 

Nous sommes Porte-des-Poissonniers une porte de Paris inconnue des automobilistes puisqu’il n’y a pas de sortie du périf, et pas de station de métro. Si je remarque cette Porte-des-Poissonniers c’est qu’elle correspond au trajet ancien du poisson, de Dieppe aux Halles en continuité avec une rue du même nom à Saint Ouen et à Saint Denis. Le conférencier à Saint Denis nous avait parlé du Chasse-marée 

ainsi que du quartier du Landy (ancien marché de la Plaine Saint Denis) nom d’une des navettes fluviales.

Immeuble bizarre

Longeant un chantier bordé de palissades d’un côté, le périf de l’autre on passe devant une tour bizarre qui paraît inoccupé à par des pots de végétaux (beaucoup d’aloès) dans certains appartements.

Nous arrivons à Saint Ouen . Pause en bas d’une cité où une plaque célèbre la Paix et l’Amitié entre les Peuples en même temps que le Jumelage avec Podolsk (URSS) et Rousse (Bulgarie) Trani (Italie) souvenir du temps de la Ceinture rouge de Paris. Jens nous parle de l’Estrée et des montjoies. L’Estrée est l’ancienne route du nord, la route de l’étain au temps de la Préhistoire, la route de Saint Denis, que le saint martyr parcourut portant sa tête dans ses mains.  Route des foires de Saint Denis et du Lendit….bordée d’une foule de croix, les Montjoies et passant au col de La Chapelle. S’il ne reste plus trace de ce Chapelle qui a donné son nom à la Porte de la Chapelle, la toponymie la rappelle. 

Affiches collées aux piliers de béton sous l’autoroute

Sous les piles de l’autoroute, c’est propre, tout propre, trop propre…pour être honnête. Avant les JO, des gens  campaient dans des tentes Decathlon. Où sont-ils passés? Les affiches d’associations rappellent que, pour accueillir « le monde » on a chassé ceux qui dérangeaient là.

A Saint Ouen, il était prévu que nous allions voir le Stade Bauer, stade du Red Star de Saint Ouen, « club historique », (fondé en 1897 et qui évolue à saint Ouen depuis 1909) . C’est jour de match, même de derby contre Paris FC. Les vigiles nous barrent la route, on ne passe pas. il faudra faire le tour du quartier et même de l’autre côté les gendarmes carénés de protections, caparaçonnés comme s’ils allaient affronter une armée de blackblocks, protègent un autobus aux vitres noires avec les joueurs du Paris FC à son bord. Et l’on dira que le sport favorise l’amitié entre les peuples! 

Puces de Saint Ouen nous traversons le village des Antiquaires, village chic, les vendeurs déjeunent sur des petites tables devant les boutiques. C’est très propre, probablement très chic. on peut même acheter des cheminées  Renaissance de 3 m de haut, ou des cerfs, des biches en bronze, des luminaires….Pique-nique dans le Jardin Ephémère

jardin Ephémère des Puces de Saint Ouen

 jens nous rappelle l’origine des « Puces » . Avant que les poubelles ne soient inventées, la profession de chiffonnier ou de biffin était reconnue. Ils recyclaient les « déchets » au coin des bornes des rues de Paris.  Souvenir de cinéma avec Les Glaneurs et La Glaneuse d’ Agnès Varda. Sous le périf, à la Porte Montmartre il existe un autre marché, marché de la misère, très encadré, engrillagé, et surveillé. On y vend des nippes dépareillées, habits d’enfants à moitié déchirés. Les policiers nous découragent « allez vous promener dans les Alpes, les Pyrénées, là-bas c’est beau. Ici ce n’est pas joli ». D’autant moins jolis que certains vendeurs apeurés remballent la marchandise dans le drap, la couverture qui fait balluchon que parfois ils abandonnent. La benne n’est pas loin et avale le pauvre balluchon.

Cité pasteur – Chemetov

Quartier Pasteur, Saint Ouen leçon d’architecture devant un îlot dessiné par Chemetov qui est un grand nom de l’architecture des années 70 et 80 dont nous avons vu le travail entre autres à Nanterre. Découvert les amusantes coursives avec les silhouette de voitures (2 ronds pour les roues, un garde corps qui imite la carrosserie. Offrir aux quartiers populaires des banlieues rouge des œuvres originales! 

Porte Pouchet

Porte Pouchet , aire de jeux, espace vert.Et au milieu roule le périf!

Un peu plus loin, la rénovation intelligente de La tour Bois Le Prêtre  par Lacaton et Vassal : transformation en ajoutant des loggias et jardins d’hiver  en augmentant ainsi la surface des logements et la luminosité grâce à l’utilisation d’un matériau bon marché et translucide : la tôle ondulée translucide. 

Encore une leçon d’architecture Rue Rebière différents architectes ont associés leurs projets tous différents, mais tous contemporains et élaborés ensemble. On constate un gros effort pour la végétalisation des murs et les jardins sur les balcons. Mais la végétalisation n’est pas vraiment une réussite, les plantes n’ont pas colonisé les grilles ou les niches proposées, le résultat est maigre. 

Cimetière des Batignolles

Au cimetière des Batignolles nous avons vu la tombe de Verlaine. Calme et verdure des grands arbres à peine troublé là où le périphérique enjambe une partie du cimetière. Comment l’ont-ils construit? Un mausolée arrivé à ras du plancher de béton. 

Le Tribunal des Batignolles

le Tribunal des Batignolles, 38 étage Renzo Piano domine un grand espace vert du Parc Martin Luther King entouré d’un « écoquartier » de grands immeubles modernes éclipsant le village des Batignolles situé à l’arrière. 

Merci à l’équipe du Voyage Métropolitain pour ces belles découvertes dans des quartiers où personne n’aurait l’idée d’aller faire du tourisme.

Harriet Backer (1845-1932) La musique des couleurs à Orsay

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 12 janvier 2025

Intérieur bleu (1883)

Merci à Lisa Pascaretti de Plumes, pointes et palettes d’avoir conseillé cette visite! Le Musée d’Orsay présente cette artiste norvégienne, célèbre dans son pays mais tout à fait inconnue de moi. J’adore les surprises et ce fut une belle découverte. 

Kitty Kielland a peint Harriet Backer dans son atelier, coupé le grand tableau est le portrait de Kitty par Harriet.

La formation de Harriet Backer fut européenne : Munich, Paris(10 ans ) Florence. Elle copie les grands maîtres avec un intérêt particulier pour la peinture hollandaise. Elle se lie en 1975 à Kitty Kielland et partage avec elle son atelier. Elle fréquente les cercles d’artistes-femmes scandinaves. On peut voir dans l’exposition d’Orsay des portraits « croisés », les unes prenant pour modèles les autres. Joanna Bauck et Bertha Wegman, Hildegard Thorell, Asta Norregaad. 

A la lumière de la lampe

En 1881, elles partent en Bretagne où Harriet Backer s’intéresse aux intérieurs ruraux . Le plus souvent, une femme est représentée :  une dentellière, une autre lit, une coud, les lumières sont particulièrement étudiées et soignées.

Femme cousant à la lumière de la lampe . On reconnait une machine à coudre

 

Harriet Backer : chez moi

Le titre de l’exposition : La musique des couleurs rappelle qu’on fait beaucoup de musique chez Harriet Backer. Sa soeur est une compositrice reconnue. La salle où sont accrochés ces tableaux musiciens est sonorisée par une musique au piano : celle d’Agathe Backer Grondahl. Je me suis assise sur la banquette et j’ai pris mon temps pour écouter cette musique. 

Au piano de mon arrière- grand-mère 1921

« Le tableau est une musique pour l’oeil »

Rythme et harmonie.

De retour en Norvège, en 1888, dans un contexte de revendication de l’identité norvégienne. Harriet Backer s’intéresse aux églises, à la vieille église en bois peinte – la Stavkirke d’Uvdal

A l’intérieur de la Stavkirk

Dans des églises luthériennes plus sobre, elle a peint les divers rites :  baptême, relevailles…

Après 1903, elle peint des natures mortes : Vie silencieuse qu’elle laisse souvent inachevées

Nature morte image éternelle

Comme Kitty Kielland, elle peint aussi des paysages

Paysage de Baerum

Ce paysage de Baerum est mon préféré. Comme dans ses intérieurs, elle peuple sa toile de femmes.

Le linge qui sèche

Le Général de l’Armée morte – Kadaré

HOMMAGE A ISMAIL KADARE –  LECTURE COMMUNE AVEC CLEANTHE

Tel un oiseau superbe et solitaire, vous volerez sur ces montagnes silencieuses et tragiques, pour arracher
à leurs gorges et à leurs griffes nos malheureux garçons.

Il y avait dans la tâche qu’il allait accomplir quelque chose de la majesté des Grecs et des Troyens, de la
solennité des funérailles homériques.

C’est une relecture.

Lu autrefois, il y a si longtemps. Je venais de découvrir Kadaré. Ne connaissant rien à l‘Albanie j’avais lu ce texte comme Le Désert des Tartares. Lecture hallucinée avec ce général qui parle de ses guerriers dans leurs uniformes de nylon, leur linceul. Général pataugeant dans la boue et souvent pris de boisson avec d’étranges compagnons comme ce prêtre mutique, et l’autre militaire manchot qui déterre également des corps…Fantastique, intemporel. 

Ils me rappellent mon armée à moi et je me demande comment mes soldats défileraient vêtus de leurs sacs
bleus aux lisérés noirs.

Relu au retour d’Albanie, j’ai reconnu des paysages. Compris que c’est un récit historique qui raconte la campagne calamiteuse mussolinienne en 1939 en Albanie. Un récit qui rend compte de la résistance des partisans. Etrangéité de cette Albanie isolée avec ses coutumes anciennes, ses chants guerriers, son hospitalité…

Leurs chants ont pour thèmes dominants la destruction et la mort. C’est une particularité de leur art. On la
retrouve dans leurs chants, dans leurs costumes, dans toute leur existence. C’est, en général, une
caractéristique commune à tous les peuples balkaniques, mais elle est, chez les Albanais, plus prononcée que partout ailleurs. Même leur drapeau national ne symbolise que le sang et le deuil.

Relu à l’occasion de cette lecture commune rendant hommage à l’auteur disparu récemment. J’ai repris ce livre et j’ai été encore fascinée par le récit. Redécouvert des épisodes comme ce mariage où les étrangers n’avaient rien à faire mais où les traditions d’hospitalité transcendent les souvenirs douloureux. Musique et danses. Et la tragédie que la vieille femme fait surgir…