Tyll Ulespiègle – Daniel Kehlmann – Actes sud

LETTRES ALLEMANDES 

 

 

Daniel Kehlmann est l’auteur de les Arpenteurs du Monde que j’avais beaucoup apprécié. A la suite de la recommandation du blog Et si on bouquinait un peu (CLIC) j’ai téléchargé Tyll Ulenespiègle  dont j’ai bien du mal à prononcer le titre parce que je suis habituée au nom de Till Eulenspiegel. Oubliant les chouettes et miroirs, il est vrai que le jeu de mot est savoureux. 

Le roman historique se déroule pendant la Guerre de Trente Ans (1618 -1648) ravageant toute l’Europe, Impériaux Catholiques contre Princes Protestants, débutant en Bohème  et se terminant avec la Paix de Westphalie. La Peste, la faim et les ruines complètent les cortèges  de ruines. Tyll Ulenespiègle est un acrobate, un jongleur, un menteur, forain se déplaçant avec une troupe de comédiens, musiciens. Il est si doué qu’il est le bouffon attitré du Roi Frédéric de Bohème, le Roi d’hiver nommé ainsi puisqu’il n’a régné qu’une seule saison, puis recherché par l’Empereur Ferdinand III , on le retrouve à Osnabrück.

Ma lecture a été laborieuse parce que je ne dispose pas de la culture germanique et historique.  Je me suis souvent perdue à rechercher les différents personnages. Qui est donc ce Wallenstein? Est-ce celui qui a inspiré Schiller? Et Fréderic V Wittelsbach, Electeur Palatin, le fameux Roi d’Hiver. Les lecteurs germanophones sont sûrement plus familiers que moi et ont donc une lecture plus fluide. De même, Elizabeth Stuart, reine de Bohème est une figure centrale dans le roman. Il a fallu me documenter sur la cour d’Angleterre, la Conspiration des Poudres (1605) . 

L’histoire commence dans un moulin : le meunier Claus Ulenespiègle, le père de Tyll, s’intéresse plus aux anciens grimoires qu’à moudre la farine. Il est convaincu de sorcellerie par un tribunal itinérant. Tyll, encore enfant, s’enfuit avec des comédiens ambulants.

« n’importe quelle maladie, un marchand de fruits, un marchand d’épices, un deuxième guérisseur qui, n’ayant malheureusement pas de thériaque, en est pour ses frais, un quatrième rémouleur et un barbier. Tous ces gens font partie de l’artisanat ambulant. Celui qui les dépouille ou les tue n’est pas poursuivi. C’est le prix de la liberté. Au bord de la place, on aperçoit encore quelques personnages douteux. Ce sont les gens malhonnêtes, les musiciens, par exemple, avec leur fifre, leur cornemuse et leur violon. Ils se tiennent à l’écart, mais Nele a comme l’impression qu’ils ricanent et se paient la tête de Gottfried. Un conteur est assis »

On le retrouve, adulte à la cour du Roi d’hiver. Il est aussi question d’un âne parlant (ventriloquie) d’une vieille qui suit les forains itinérant et d’une jeune fille qui a suivi Tyll… Il est aussi question de draconologie ou poursuite des dragons par des érudits qui se guident plus avec leurs grimoires qu’avec des preuves tangibles. Tout cela est amusant dans un style ironique et plein d’humour. Les horreurs de la guerre ne sont pas épargnées au lecteur, très gore mais amusant! 

« Plus un dracontologue connaît son métier, dit le Dr Tesimond, plus il peut compenser l’absence du dragon par la substitution. La compétence suprême consiste à utiliser non pas le corps du dragon, mais son… quel est le mot ?  Savoir, dit le Dr Kircher. — D’utiliser son savoir. Pline rapporte… »

Une lecture instructive, pleine d’allusions littéraires aussi qui restent légères et font sourire quand on a saisi

 

 

L’Affaire Maurizius – Jakob Wassermann

FEUILLES ALLEMANDES

C’est un grand livre qu’a signé Jakob Wassermann (1873-1934). Premier livre d’une trilogie L’Affaire Maurizius (1928) est suivi de Etzel Andergast (1929) et de Joseph Kelkhoven (1934) . C’est un pavé de 624 pages si on compte la postface d’Henry Miller.

L’Affaire Maurizius est une erreur judiciaire. Leonard Maurizius a été condamné à perpétuité pour le meurtre de sa femme. Il  croupit en prison depuis 18 ans. Il a toujours clamé son innocence. Seul son père se démène pour une révision du procès. 

Etzel Andergast, 16 ans, fils du procureur qui a obtenu la condamnation de Maurizius entre en contact avec le père de Leonard. Elève brillant, garçon docile, il est élevé de manière très rigide par son père qui le tient éloigné de sa mère coupable d’adultère et interdite de contact. Arrivé à l’adolescence, Etzel recherche sa mère. L’Affaire Maurizius lui fait prendre conscience de la personnalité de son père et de sa situation familiale singulière:

« C’était la méthode du silence. Cette anormale situation de famille avait pour résultat que les habitants de la
maison semblaient pratiquer de plein gré l’espionnage ; fournisseurs, commissionnaires, facteurs, huissiers, tous étaient assujettis à cette volonté supérieure partout sensible et qui gouvernait sans déclarer ouvertement sa toute-puissance ni prendre la peine d’en instruire chacun en particulier. Ils étaient amenés à l’obéissance et dressés à la délation par le seul fait qu’elle régnait là, écrasante et grandiose comme une montagne. »

Etzel, intelligent, révolté par l’injustice avait déjà manifesté, enfant, en camp de vacances des talents de justicier :

« Il s’y trouvait un garçon de dix-sept ans, Rosenau, camarade de chambre d’Etzel. Il n’était pas particulièrement estimé, comme Juif d’abord, puis à cause de son air grincheux et méfiant et enfin parce qu’il faisait des vers, de la pacotille, fade délayage selon les modèles célèbres et mêlé au surplus d’un brin d’érotisme ; aussi les railleries dont les gamins le poursuivaient n’étaient-elles pas tout à fait sans fondement, mais naturellement, cela ne faisait que l’aigrir davantage. Au reste, c’était un brave garçon sans la moindre méchanceté. Mais on le détestait tout
simplement et il n’y avait rien à y faire, le plus grand nombre voulait se débarrasser de lui ou du moins lui rendre le séjour insupportable. »

Il avait innocenté ce jeune juif, victime des menées antisémites de ses camarades en fournissant des preuves après une enquête judicieuse.

Etzel part à Berlin, sur les indications du père de Leonard Maurizius à la recherche d’un témoin capital de l’assassinat dont le témoignage a été déterminant dans la condamnation de Maurizius. Il envoie une lettre à son père lui expliquant sa démarche mais sans lui donner d’indice permettant de le retrouver.

« Il y a encore quelque chose dont il faut que je te parle, c’est de l’abominable quantité d’injustices qui vous viennent tous les jours aux oreilles. Il faut que tu saches que l’injustice est la chose du monde qui m’inspire le plus d’horreur. Je ne peux pas t’expliquer ce que je ressens quand je suis témoin d’une injustice, à mon égard ou à l’égard des autres, n’importe. »

La fugue de son fils est un véritable choc pour le procureur qui ressort le dossier Maurizius et va même le visiter en prison. 

Cette intrigue compliquée fourmille de personnages complexes. L’auteur analyse tous les aspects psychologiques, les personnalités et leurs contradictions, leurs évolutions. Seul bémol d’ailleurs que cet approfondissement de chaque situation, chaque protagonistes. Je me suis parfois perdue.

Aucun manichéisme si ce n’est la rigidité du juge, et d’ailleurs ce dernier évolue avec l’histoire. Etzel, le jeune garçon qui poursuit la justice craque à la fin du roman. Cherchait-il la justice pour Maurizius ou la vengeance vis-à-vis de son père. Maurizius offre lui-aussi divers aspects pas toujours sympathique de sa personnalité. Et que dire de la duplicité de Waremme-Warschauer, juif renégat qui se lie avec les pires nationalistes puis revient à ses origines, manipulateur, séducteur et menteur, mais sensible au racisme…

« Warschauer contre Waremme, comprenez-vous ? Là-bas, comme ici, deux antagonistes. L’Europe et le passé,
l’Amérique et l’avenir « 

Ce roman est d’une grande richesse. Enigme policière. Roman à tiroirs : chaque protagoniste apporte son histoire. On navigue des salons universitaires au quotidien des forçats à la prison où est incarcéré Maurizius. Là, on découvre un personnage touchant : le gardien Klakusch rempli d’humanité.

J’ai dévoré ce pavé. Il me reste encore les deux autres livres de la trilogie!

la Maison Allemande – Annette Hess – Actes Sud 2019

LETTRES ALLEMANDES 2022

 

Pour commencer ces Feuilles allemandes, j’ai cherché un livre récent.

Annette Hess, la romancière, est née en 1967 à Hanovre est une scénariste pour des séries historiques. 

La Maison Allemande se déroule à Francfort en 1963 au moment du « second procès d’Auschwitz ». A sa parution en Allemand en 2018, il a connu un grand succès et fut traduit dans de nombreuses langues. Dans une interview Annette Hess reconnait que la thématique d’Auschwitz est très populaire actuellement et qu’elle a fait bien  attention à ne pas tomber dans cette littérature d’Auschwitz faisant appel à un certain voyeurisme qu’elle qualifie de « kitsch« . 

La Maison allemande est le nom du restaurant des parents de l’héroïne. Eva Bruhns est traductrice polonais-allemand, elle est amoureuse d’un riche commerçant qu’elle doit présenter à ses parent. C’est aussi une jeune fille naïve qui ignore tout du passé de sa famille quand elle est appelée comme interprète au procès qui va s’ouvrir. 

Son fiancé et sa famille ne sont pas favorables à l’engagement d’Eva comme interprète pour des raisons diverses : Jürgen, le fiancé, ne veut pas que sa femme travaille, même avant le mariage, il lui ordonne de renoncer à ce projet. Ses parents savent qu’elle risque de découvrir l’histoire sombre de la famille qui  a participé à l’Holocauste et n’en a rien raconté. D’ailleurs, selon l’auteure, en 1963, 70 % des Allemands s’opposaient à la tenue du Procès d’Auschwitz; préférant faire silence sur ce passé gênant.

Traduisant les témoignages, Eva prend conscience de l’horreur, des images lui reviennent, elle se trouvait, petite fille aux portes du camp.

Ce roman, tout en délicatesse, montre comment elle prend connaissance des faits que les accusés nient avec vigueur. Eva s’implique de plus en plus dans le procès et découvre ainsi une nouvelle volonté, une personnalité qui lui permet de s’affranchir de son avenir de femme au foyer soumise à son riche mari. De même, elle s’affirme en quittant la maison familiale pour mener une existence indépendante.

Difficile pour elle d’admettre que ses parents ont participé au « système » nazi, comme beaucoup de leur génération.

 

La Filière – Philippe Sands

HOLOCAUSTE

Rome, 1949, à l’hôpital San Spirito, décède Otto Wächter, un nazi de haut rang, accusé de meurtres  de masse, adjoint de Hans Frank, Gouverneur général de la Pologne, Gouverneur de Galicie, responsable de la déportation des Juifs de Lemberg. Comment un nazi de si haut rang a-t-il échappé au procès de Nuremberg, aux poursuites des Polonais?

Philippe Sands va mener une enquête minutieuse à la suite de celle du Retour à Lemberg. Au cours de ses recherches précédentes, il a rencontré le fils de Otto Wächter, Horst Wächter qui a conservé les archives familiales, le journal intime de sa mère, Charlotte, des photos de familles ainsi que des enregistrements vocaux que sa mère a fait.

« Horst, doux et ouvert, n’ayant en apparence rien à cacher amis réticent à admettre la responsabilité d’Otto Wächter dans les évènements terribles qui s’étaient produits sur le territoire qu’il avait administré »

Philippe Sands, va étudier ce corpus de documents,  vérifier les pistes, imaginer que certaines lettres sont codées, chercher les témoins ou  les enfants des témoins et va nous livrer pas à pas les résultats de ses recherches. une cinquantaine de pages de notes complète le récit. Il va se voyager en Autriche, en Italie et même aux USA.

La première partie du livre raconte « une histoire d’amour nazie » relatée en détail dans le journal de Charlotte, femme exemplaire, mère de six enfants, skieuse, randonneuse, femme de goût (elle a fait des études d’art), femme du monde qui sait recevoir et sortir à l’Opéra…Otto est beau, élégant, bon skieur, nageur, marcheur. C’est un nazi très bien noté qui a mené sa carrière avec brio même dans les circonstances les plus dures comme l’exécution d’otages polonais ou la liquidation des Juifs de Galicie. Seul bémol, c’est un séducteur mais Charlotte s’en est accommodée. Cette relation par le menu de la vie de couple et de famille de ces deux nazis exemplaires m’ont mise mal à l’aise. Quel besoin ai-je de lire cela? Elle est cependant utile pour l’enquête. Il faut établir les faits, les responsabilités dans les meurtres de masse.

Un autre aspect du livre est la question : comment vivre avec le lourd passé d’un père nazi?  Niklas Frank  a condamné son père ; Horst  Wächter n’a pas la même attitude : il minimise le rôle de son père dans le génocide en  niant la responsabilité directe. Son père n’a tué personne, selon lui, il a aidé des gens. Il espère que la relation de Sands permettra d’exonérer son père des horreurs qui lui sont imputées. Sands confronte les deux fils dans des entretiens publics à Londres. Un film What our Father Dud? A Nazi Legacy est passé au festival de Tribeca.

1945, « notre magnifique Reich est détruit » écrivit Charlotte qui se trouve en Autriche et doit se cacher. Quand elle doit loger des Américains dans les montagnes près du lac de Zell,  elle affirme « Bien sûr j’ai été une nazie heureuse » à leur plus grand étonnement. Pour Otto, accusé de meurtre de masse,  c’est la fuite. Otto se cache dans les montagnes proche du lac de Zell, puis passe en Italie. Ses vacances à la montagne, randonnées et ski vont lui permettre de survivre dans des conditions extrêmes.

1948, Otto passe en Italie, à Bolzano. Il a vécu à Trieste dans son enfance (alors autrichienne). En 1944, il a représenté les nazis auprès de la République de Salo. Il a déjà une bonne expérience de la clandestinité après le putsch de 1934 contre Dolfuss, il a échappé aux poursuites en se cachant sous une autre identité en Allemagne. Et surtout,  une Filière ayant pour but de soustraire les anciens nazis aux poursuites judiciaires passe par Rome et le Vatican. Suivant cette Filière ils sont exfiltrés en Amérique du Sud, accueillis par Péron, entre autres, ou en Syrie. C’est l’enquête sur cette Filière qui donne le titre au livre.

La lecture est haletante avec de nombreux rebondissements : un véritable thriller d’espionnage comme les écrivait John Le Carré. D’ailleurs, Le Carré n’est pas très loin, non seulement c’est un ami et un voisin de Sands, mais il était lui-même espion à cette période. Il apparait brièvement dans le livre. Il est question de la responsabilité du Vatican, de Pie XII, et d’ecclésiastiques de haut rang qui ont gardé une influence pronazie après la chute de Hitler. Il est aussi question du rôle trouble des services secrets américains qui ont recruté d’anciens nazis pendant la Guerre Froide. Agents doubles aussi travaillant pour les Soviétiques.

Sands essaie de démêler la question très trouble du décès de Wächter : a-t-il été empoisonné? Et si oui, par qui? les Américains, les Russes ou les chasseurs de nazis juifs? L’enquête devient rocambolesque et pourtant toujours aussi étayée par des preuves irréfutables. La fin du livre devient addictive, je ne le lâche plus avant de lire le mot de la fin  (bien sûr je ne vous révèlerai rien).

J’ai cependant préféré Retour à Lemberg à cause des notions de Droit International introduites au Procès de Nuremberg où j’ai appris beaucoup de choses.

 

Allemagne/Années 20/Nouvelle Objectivité/August Sander – Centre Pompidou

Exposition temporaire du 11 mai ay 5 septembre 2022

Otto Dix : Bildnis der Journalistin..

Titre à rallonge et exposition à rallonge aussi!

Copieuse, parce qu’elle aborde divers points de vue : une histoire de la création artistique dans les Années 20 en Allemagne, avec le courant Nouvelle Objectivité aussi bien peinture que cinéma, théâtre, Architecture et design. En parallèle, elle expose l’Œuvre du photographe August Sander Menschen des 20. Jahrhunderts (Hommes du XXème siècle). Je m’y suis un peu perdue parce que les cheminements sont compliqués.

Räderscheidt : Junger Mann mit gelbe Handschuhe

J’ai été très impressionnée par l’œuvre du photographe August Sander qui, dès 1910, photographe ambulant dans la région de Cologne, s’attacha à faire une galerie de portraits de paysans, de leur famille. Il continua ces portofolios en photographiant des artistes, des révolutionnaires, des ouvriers, des artisans mais aussi des professions libérales…Tous ces tirages sont soignés, il peut refaire plusieurs tirages d’un même négatif comme pour le manutentionnaire qui porte des briques sur un plateau, ou le pâtissier. Avec la prise de pouvoir des nazis en 1933 et l’arrestation de son fils en 1934, cet inventaire de la société allemande est interrompu quoique les images les plus récente montrent des victimes des nazis en 1945.

Une très belle exposition qui se suffirait à elle-même! (Comme il est absurde de faire des photographies avec le téléphone de tels images, je n’en ai pas fait.)

August Sander : Le  Peintre Heinriche Hoerle

L’exposition August Sander est accompagnée d’images de plasticiens avec qui Sander a collaboré en photographiant leurs œuvres.  Dans une vitrine, la correspondance entre les peintres et le photographe montre leur étroite collaboration si bien que le nom de Sander est associé à ceux de Räderscheidt, Hoerle, Seiwert, Arntz, entre autres sont associés au photographe.

Gerd Arntz : Douze maisons du temps

A la suite de la défaite de l’Allemagne dans la Première Guerre mondiale, l’Expressionnisme se basant sur l’exaltation de l’individu est remplacé par le Mouvement de la Nouvelle Objectivité qui se caractérise par une standardisation de la représentation . L’attention des artistes se porte davantage sur l’appartenance sociale qu’aux caractères individuels. Cette nouvelle objectivité s’est exposée en 1925 à Mannheim.

Affiche Nouvelle Objectivit

Ce mouvement se divise en deux ailes, la gauche, réaliste politiquement engagée plus classique. Les progressistes de Cologne développent des utopies socialistes.

Frantz Wilhem Seiwert Die Arbeitsmänner (les Travailleurs)

Cette standardisation s’exprime aussi dans l’urbanisme

Georg Grosz : Ohne Titel Konstruktion

le tableau de Grosz fait penser aux places vides de Di Chirico.

Cette Nouvelle Objectivité devient un slogan dans divers domaines et même dans celui du spectacle. Appliquée à l’Architecture, elle rejoint les recherches du Bauhaus : le projet Das Neue Frankfurt concerne l’édification de 10.000 logements en une cité-logement homogènes de maisons mitoyennes toutes construites sur le même standard.

Un autre procédé ayant cours alors est celui du montage, aussi bien dans les arts plastiques que dans le cinéma. On peut visionner dans l’exposition une partie du film Berlin, die Sinfonie der GrossStadt.

Otto Dix est le plus connu des peintres de cette époque, il se représente dans le montage au titre ironique An die Schönheit (Selbstbildnis) A la beauté autoportrait, mélangeant divers éléments entre autres une tête de coiffeur ou d’institut de beauté.

Otto Dix An die Schönheit

En parallèle aux portraits objectifs et systématiques de Sander, certains peintres livrent une image acide, presque caricaturale de leurs contemporains

Gert Heinrich Wpllheime Abschied von Düsseldorf
Heinrich maria Davringhausen : Le Profiteur

je me suis surtout intéressée aux portraits mais l’exposition montre aussi des natures mortes, des études de végétaux, et même une cuisine aménagée…

Bertolt Brecht et Kurt Weill ont bien sûr leur place.

Je terminerais ce compte-rendu bien incomplet par cettevision du travail et de l’exploitation

Oskar Nerlinger : An der Arbeit