Voici la première récapitulation des lectures autour de La Petite Fadette et Le Moulin d’Angibault pour George Sand et Le Moulin sur la Floss pour George Eliot. Bien sûr, nous n’avons pas été déçues! Chacune a ajouté de son côté une ou plusieurs autres oeuvres.
Pour la prochaine édition, j’espère que d’autres blogueurs et blogueuses nous rejoindront.
Au programme de mars : Silas Marner de George Eliot et un roman champêtre de George Sand
Bonne pioche de la Masse Critique merci à Babélio et aux éditions du PetitPavé.
En 2019, la BNF avait offert une belle exposition aux trois Nadar, Félixle plus célèbre, Adrien son frère et Paulle fils. CLIC par ailleurs, j’ai souvent rencontré Nadar dans les expositions, soit les photographies de ses contemporains, soit ses caricatures. Ils ont portraituré presque un siècle de célébrités.
Panthéon Nadar
La courte biographie de J-C Ragaru (165 p. ) illustrée de nombreuses photographies, caricatures, lettres et documents s’attache à donner une approche complète de Félix Nadar. L’auteur a pris en compte les différentes étapes de sa carrière : journaliste,caricaturistetout d’abord, photographeà partir de 1854, puis passionné d’aéronautique, de photographies aériennes, entre autres activités.
R1garu raconte tout d’abord une vie de bohème sous le patronage de l’éditeur Hetzel et du directeur de journaux satiriques Philipon. On pense aux Illusions perdues, on est dans Balzac! On croise de nombreux hommes célèbres, Balzac, Gerard de Nerval, Victor Hugon George Sand…Nadar a souvent recours à des expédients pour faire fortune : son idée de génie est le fameux Panthéon Nadar où chacun veut figurer.
Chacun veut son portrait, en caricature ou en photo. Avec son frère Adrien, il ouvre un atelier, puis un autre. La photographie atteint un développement presque industriel, opération rentable.
Une nouvelle passion le tient, ruineuse, l’aérostat, après un envol en ballon captif. Il met au point un très gros ballon Le Géant qui finira sa course en se trainant lamentablement. Le gros ballon devait financer un autre essai de vol préfigurant l’hélicoptère. Nadardevient un personnage de Jules Verne qui s’en inspirera pour Robur le Conquérant. Ce pionnier de l’aéronautique photographe saura combiner ses deux techniques avec la photographie aérienne appliquée au cadastre en temps de paix, puis à la surveillance des opérations militaire pendant le siège de Paris pendant la guerre franco-prussienne de 1870. Enfin, il participera à l’aéropostale, par ballons puis par pigeons quand Paris se trouvera isolé. Ragaru a beaucoup développé cet aspect de la vie de Nadar, et m’a un peu perdue dans la description en détail des différents ballons.
C’est aussi une biographie sensiblequi montre Nadartoujours fantaisiste, bohème même sur les périodes de sa maturité . Toujours républicain, de la monarchie de Juillet qu’il caricature dans sa jeunesse, sous le Second Empire où il renoncera à certaines entreprise pour ne pas se soumettre à Napoléon III; Toujours attaché à ses amis républicains. . Il nommera aussi es ballons « Louis Blanc »; « Armand Barbès » « George Sand. Vers la fin de sa vie il sera dreyfusard et étrillera Gambetta dans un pamphlet rabelaisien.
Cité le Refuge de l’Armée du Salut – rue Cantagrel
La promenade part de la rue du Chevaleret. En bonus, nous admirons le Street Art très présent dans le XIIIème
Escalier Street Art descendant rue du Chevaleret
Une façade du Refugeborde la rue du Chevaleret, peu spectaculaire : c’est l’entrée d’un garage. Occasion d’aborder un des aspects de l’urbanisme selon Le Corbusier : dès les années 20 du siècle précédent, Le Corbusier voue une importance particulière aux voitures (et aux avions) marqueurs de modernité. Il dote donc le Refuge d’un garage au rez de chaussée. Un peu paradoxal, le Refuge appartient à l’Armée du Salut et il est fort improbable que les résidents possèdent un véhicule. Au dessus du garage la façade est vitrée, soit en pavés de verre Nevada soit en grandes baies vitrées qui ne s’ouvraient pas à l’origine. Cet immeuble était prévu « à respiration saine » avec l’air pulsé (qui n’a pas fonctionné).
Le Refuge rue du Chevaleret
La Cité du Refuges’ouvre sur la Rue Cantagrel. Le Corbusier fut introduit grâce à Auguste Perret dans les milieux de l’architecture. La Princesse Singer de Polignac, mécène de l’Armée du Salut, lui procura avec Jeannenet la commande après la Crise de 29. Il fut inauguré en 1933. 500 lits en dortoirs et chambres individuels logent dans le grand bâtiment. Les étages supérieurs étaient occupés par les logements du personnel.
L’entrée est inspirée par Mondrian. La façade, à l’origine en verre, a souffert des bombardements, elle a été restaurée avec les couleurs typiques des bâtiments de l’architecte. Des cadres en béton servaient de pare-soleil.
occasion pour notre guide de citer les principes du Corbusier : pilotis, toits-terrasses, fenêtres bandeaux, plan libre avec plateaux modulables, façade libre.
Un petit bâtiment rond près de l’entrée agrémente la longue façade plane.
Après la rue de Dessous des Berges, nous passons à côté du jardin Berthe Morisot et arrivons sur les Maréchaux : Boulevard Massena où un grand phare street-art capte notre regard.
Street art bld Massena
En remontant vers la Porte d’Italie, nous passons devant la monstrueuse caserne de pompier Massena, brutaliste. En face au n° 26 se trouve la Villa Planeix construite en 1924-1926 pour le sculpteur Antonin Planeix. Au rez-de chaussée, un garage est surmonté de deux appartements ateliers. Les ateliers sont éclairés par des sheds comme les ateliers des usines.
Villa Planeix façade bld Massena
Si le côté boulevard n’est pas franchement avenant, en faisant le tour on voit qu’un jardin arboré avec des coursives et des escaliers extérieurs devaient être très agréables.
En faisant le tour, on passe devant l‘atelier Chemetovcube de verre, bambous, et passages par les fenêtres.
pavillon du Brésil
Court trajet en tramway T3 jusqu’au Stade Charlety pour parvenir à la Cité Universitaire Internationale. Le pavillon du Brésil porte la signature et le style du Corbusier:pilotis, toit terrasse, façade plane et couleurs communes à l’architecte et au Brésil : beaucoup de jaune et de vert. Des carrés blancs sont à l’emplacement despsse-plats initialemnt prévus mais obturés. Cependant ce bâtiment n’a pas porté chance au Corbusier qui postulait à la construction de la nouvelle capitale Brasiliaet qui a été recalé au bénéfice de Niemeyer.
le Corbusier : pavillon de la Suisse
Le Corbusierétait suisse. Le pavillon suisse lui revenait naturellement. Point de chalet d’alpage, du moderne, pilotis, façade de verre et même un petit piquant « qui s’y frotte s’y pique » : un cédrat avec des épines acérées, arbre qui ne pousse pas dans les Alpes helvétiques et véritable piège pour les étudiants suisses qui ne se méfient pas.
Salon du pavillon de la Suisse
Moyennant 2€, on peut visiter l’intérieur. Nous nous installons très confortablement dans les fauteuils tubulaires dessinés par Le Corbusier- Jeannenet et charlotte Perriand. Pendant l’occupation allemande, la fresque originelle photographique a été détruite. Le Corbusier l’a repeinte en imitant Picasso . La partie droite s’inspire du poème de Mallarmé : l’Eventail rappelé par quelques mots
l’éventail de Mallarmé
On peut aussi visiter une chambre d’étudiant, sobre fonctionnelle, avec une grande table face à la baie vitrée. 6 x 2.8 m, elles paraissent pourtant très vastes et sont équipées d’une douche.
la cité linéaire
Sur ce banc émaillé , le plan pour une cité linéaire. Cette civilisation machiniste évoquée plus haut n’attire pas toutes les sympathies. Le plan Voisin détruisait tout Paris en faisant passer des autoroutes du nord au sud au risque de détruire la Sainte Chapelle et la Conciergerie, ainsi que d’Est en Ouest ne laissant que le Louvre et l’Hôtel de Ville. Pire encore le Plan obus à Alger qui remplaçait toute la ville par un immeuble en corniche de 17 km de long. Et le pire, c’est que Le Corbusier y croyait. Il a même été à Vichy pour gagner le soutien des autorités pétainistes. Tandis que son associé et cousin Jeannenet rejoignait la Résistance.
A la Cité de l’Architecture, au Trocadéro, on peut voir en ce moment la maquette du Pavillon de l’Esprit Nouveau pour l‘Exposition Art Déco 1925 ainsi qu’une réplique d’un appartement de la Cité Radieuse de Marseille qui se visiter sur place.
Il reste encore de nombreuses œuvres à visiter pour se faire une opinion sur ce constructeur. Je reste perplexe.
En 1880, Gabrielle vient à Paris étudier la peinture dans l’atelier d’Ernest Hébert. Le 6 novembre ils se marient, elle a 28 ans, lui 63. En 1884, Ernest Hébert prend la direction de la Villa Médicis où ils resteront jusqu’en 1893.
Ernest Hébert – Villa Médicis
Ernest Hébert collectionne les photographies. Il en possède des centaines d’images.
Le 21 juillet 1888, Gabrielle « sort acheter les choses nécessaires pour la photographie »[…]prend des leçons auprès de Cesare Vasari et installe en compagnie du pensionnaire Alexis Axilette, une chambre noire pour développer ses négatifs, tirer et retoucher ses épreuves.
Bosco
Gabrielle tient la chronique de la Villa Médicis, de son architecture, de ses jardins avec une grande attention pour les fleurs, surtout les lys qu’elle inclut dans ses mises en scène comme l’Annonciation (plus haut), elle photographie les visiteurs : Sarah Bernhardt
Sarah Bernhardt
Elle photographie les pensionnaires au travail : le sculpteur Denys Puech, l’architecte Hector d’Espouy. Sans oublier le jardinier, leurs petits chiens. Amusante scène de jeu de saute-mouton des pensionnaires
La muse d’André Chénier – Denys Puech
Ces épreuves sont de très petits formats figurant parfois des véritables tableaux vivants comme l’Annonciation qui rappelle la Renaissance mais dans l’esprit des Préraphaélites. Autre mise en scène: sa soeur jumelle pose pour les Vestales sur l’escalier du Bosco
Vestales sur l’escalier du Bosco
Elle fait aussi de nombreux portraits de son mari à qui elle voue une admiration sans borne. Dans ses écrits elle l’appelle « Alles » (tout)
ERnest Hébert et les enfants des rues, ses modèles
Après avoir quitté la villa Médicis, ils font de longs périple en Italie et en Sicile, en Espagne. Avec bien sûr de très belles photographies. Sa production s’interrompt à la mort d’Ernest en 1908 à la Tronche en Isère où elle se consacrera à un musée à sa gloire. Son œuvre photographique ne sera redécouverte qu’au XXI -ème siècle, par hasard.
Le challengeLes deux George de la littératurevous invite à vous joindre à nous, Miriam et Claudialucia, et à partager nos lectures sur George Sand (1804-1876) et George Eliot ( 1819- 1880).
Vous pouvez lire leurs romans, leurs biographies, ou leur autobiographie, leur correspondance avec les personnalités de leur époque. Le choix est riche et variée
Ces deux écrivaines, française et anglaise, ont beaucoup de points communs, et d’abord le choix du même pseudonyme masculin, George, dans une société qui ne permettait pas aux femmes de s’affirmer comme telles lorsqu’elles écrivaient ou lorsqu’elles cherchaient à sortir du cadre étroit qui leur était assigné, foyer et maternité. Il s’agit donc d’une contestation de cette société dont les lois maintenaient les femmes sous la dépendance masculine tant au niveau juridique qu’intellectuel. Le prénom George ? Courant à l’époque, il permet de se libérer du carcan social.
Toutes deux vivront de leur plume. Toutes deux ont choisi d’être indépendantes, en bravant les interdits de leur société, selon une conduite jugée scandaleuse pour l’époque.
Amantine Aurore Dupin, baronne Dudevant, a secoué « l’affreux joug du mariage » en se séparant de son mari et en vivant de sa plume. Elle affiche ses amants dont Jules Sandeau à qui elle emprunte, par la suite, son pseudonyme Sand.
Mary-Ann Evans a d’abord eu une période de ferveur religieuse. Puritaine, elle observe une vie austère mais dans les années 1840 sa rencontre avec des intellectuels libres-penseurs vont faire évoluer sa pensée. Plus tard, elle vivra avec George Henry Lewes, un homme marié et père de famille, dont elle prendra le prénom pour écrire. Elle aussi connaîtra le succès littéraire.
Mais les différences entre les deux écrivaines sont aussi nettes et le challenge Les deux George nous permettront de les découvrir.
George Sand commence à écrire dans les années 1830 et illustre la seconde génération du romantisme. Son oeuvre est marquée les thèmes propres à ce mouvement, lyrisme, idéalisme, exaltation des passions, sens de la nature. Elle met la littérature au service de ses idées féministes puis de ses idées socialistes. Ses romans du monde rural dans les années 1840 sont réalistes dans la mesure où elle connaît bien ce milieu mais elle ne s’interdit pas l’idéalisme dans les descriptions des personnages. Ses romans sont engagés dans les débats sociaux, elle décrit les conditions de vie des paysans, elle prône l’égalité sociale. Elle est républicaine et socialiste et elle prend position lors de la révolution de 1848.
Dans la préface de la Mare au diable elle écrit : « Nous croyons que la mission de l’art est une mission de sentiment et d’amour, que le roman d’aujourd’hui devrait remplacer la parabole et l’apologue des temps naïfs (…) . Son but devrait être de faire aimer les objets de sa sollicitude, et, au besoin, je ne lui ferais pas un reproche de les embellir un peu. L’art n’est pas une étude de la réalité positive ; c’est une recherche de la vérité idéale… »
George Eliot décrit avec réalisme la vie provinciale de l’Angleterre victorienne. Ce qui l’intéresse c’est la justesse de la description psychologique des personnages et elle présente une critique de la société et de ses hypocrisies. Elle critique la condition féminine et les interdits moraux de la société victorienne. Mais elle n’a pas l’engagement politique de George Sand. Elle veut réformer la société par une approche morale et philosophique. Dans un lettre de 1968, elle écrit : « Le seul effet que je désire ardemment produire par mes écrits est que ceux qui les lisent soient davantage capables d’imaginer et de ressentir les peines et les joies de ceux qui sont différents d’eux. »
Leurs oeuvres
George Eliot
George Eliot en a écrit 7 romans et des nouvelles :
Adam Bede (1859),
Le Moulin sur la Floss (1860),
Silas Marner (1861),
Romola (1862–1863),
Felix Holt, le radical (1866),
Middlemarch (1871–1872)
Daniel Deronda
Scènes de la vie cléricale : trois nouvelles Amos Barton, Mr. Gilfil’s Love-Story et Janet’ Repentance paru en 1857
George Sand
Théodore Rousseau intérieur de la forêt du grand dormoir
George Sand a écrit plus de 70 romans et 50 volumes d’oeuvres diverses, nouvelles, contes et légendes, correspondance, pièces de théâtre, essais, articles. Impossible de les citer tous ! Voici les oeuvres principales classées par thème :
Féminisme, amour et mariage
Œuvres qui dénoncent le mariage imposé, l’inégalité entre hommes et femmes et défendent l’émancipation féminine.
• Indiana
• Valentine
• Lélia
• Jacques
• Lucrezia Floriani
Romans champêtres : Nature, ruralité et idéalisme
Inspirés du Berry, ils mettent en valeur les qualités du peuple, leur sagesse, leur dignité.
• La Mare au Diable
• François le Champi
• La Petite Fadette
• Les Maîtres sonneurs
Justice sociale, peuple et politique
Sand prône l’égalité sociale et la valeur des travailleurs.
• Le Compagnon du tour de France
• Le Meunier d’Angibault
• Horace
• La Ville noire
Art, musique et création
Réflexion sur le rôle de l’artiste, la création, la grandeur de l’art en particulier de la la musique.
• Consuelo
• La Comtesse de Rudolstadt
• Les Beaux Messieurs de Bois-Doré
• Les maîtres sonneurs
Philosophie, idéalisme
Œuvres marquées par le romantisme.
• Lélia
• Spiridion
• Gabriel
Autobiographie et écrits personnels
Histoire de ma vie/correspondances
Fantastique, Contes et Légendes
le château de Pictordu
légendes rustiques
Contes de grand-mère
la fée aux gros yeux
la fée poussière
Théâtre dont 31 pièces
Le roi attend (1848)
Claudie (1851)
Le Marquis de Villemer (1864)
**************
Biographies
George Sand
George Sand Martine Reid
Lélia ou la vie de G Sand André Maurois
George Sand ou le scandale de la liberté Joseph Barry
George Sand Audrey Pennel
George Sand Danielle Netter
George Eliot
L’autre George de Mona Ozouf
Une passion pour George Eliot de Kathy o’Shaughnessy
George Eliot Rosemary Ashton Édition en Anglais
Comment participer ?
Le challenge durera un an : Du mois de Février 2026 au mois de Février 2027
Vous pouvez participer en lisant librement un livre de George Sand et/ou de George Eliot de votre choix et en publiant un billet le 30 du mois (pour Février le 27).
Ou /et nous rejoindre dans des Lectures communes.
Pour le 27 Février
George Eliot : le moulin sur la Floss et un livre de Sand soit Le Moulin d’Angibault, soit La Petite Fadette au choix
Pour le 30 mars
Silas Marner de George Eliot et un roman champêtre de George Sand au choix
pour le 30 Avril
La ville noire de Sand et Felix Holt le radical d’Eliot
Pour le 30 Juin
Une biographie de George Eliot (en français ou en anglais) et une biographie de George Sand.
Pour le 30 juillet et le 30 août: Liberté de découverte pas de LC.
et l’on verra par la suite pour la reprise des LC.
Les textiles, cotonnades, indiennes voyagèrent de l’Inde à la France en nombreux allers-retours, influences s’entrepénétrant, comme chaîne et trame d’un tissage métissé. J’avais déjà vu ces influences à Orange à la présentation de la fabrique Wetter où étaient manufacturées des « indiennes » et au Musée de la Toile de Jouy.
L’Exposition « Ce qui se trame « se déroule sous le patronage des Manufactures nationales, de l’Institut Français, de l’Ambassade de France en Indemais aussi de Louboutin, directeur créatif de l’exposition, de la Maison Lesage Intérieurs et 19M, et enfin, du programme de résidences artistiques à la Villa Swatagam.
L’Antichambre
La visite commence dans l‘Antichambre, exemple parfait de métissage : le mobilier, la cheminée et ses bûches, le lampadaires sont tapissée de cotonnade aux motifs et couleurs indiennes . Tendues, au-dessus de nos têtes, des lanières de tissu figurant la toile d’une tente moghole. Sur le mur d’entrée aux arcades indiennes on a tendu de la toile de Jouy aux motifs bucoliques, images de France…métissage inversé.
Nid contenant une tente moghole
Rouge indien, rouge voisin du corail et bleu de l’indigo, les couleurs indiennes de base. Le nid inversé sur un miroir où est posée une tente moghole est l’œuvre de Lesage, contemporaine et surprenante.
madame de Pompadour et un caraco d’Indienne
Quand Madame de Pompadourfaisait la mode à la Cour, l’indienne était de tous les accessoires, ici en caraco sur une jupe de coton. Le coton venait d’Inde.
Broderies de Sumakshi Singh
La salle suivante est blanche, blanche comme la dentelle d’Alençon, ou la mousseline brodée. Dentelle de France, broderie indienne, s’épousent s’échangent. Le blanc est la couleur de deuil en Inde. Une merveilleuse installation Blueprint of Before and After de Sumakhsi Sing CLIC est composée de très fines broderies sur des modèles végétaux, feuilles de lotus ou d’herbes aquatiques suspendues par des fils presque invisibles. Légèreté, transparence. Les broderies étaient sur un support que la brodeuse a dissous chimiquement pour qu’il ne reste que ces nervures. la disparition de la matière pour ne garder que le squelette correspond à ce thème du deuil. A la fragilité de la vie. Je suis revenue contempler cette oeuvre qui me plaisait beaucoup à la fin de la visite. De la fenêtre venait une lumière rose du coucher du soleil éclairant les motifs et leur donnant un aspect nouveau.
au coucher du soleil la lumière rose colore les broderies de Sumakshi Singh
Rouges panneaux qui se répondent : tentures napoléoniennes de la salle du trône du Palais de Versailles avec les pans des tentes mogholes. Sari brodé, caftan contemporain.
Pan de tente moghole
et au plafond des fils d’or tendus d’un tissage d’une finesse évanescente tandis qu’au milieu de la salle Lakshmi Modhavan CLICa installé une 96 navettes de bois chargées de fil d’or sauf certaines contenant des cheveux noirs de son fils, symbolisant la transmission de la tradition et de son savoir de tisseuse. Le tissage à la main de ces fils d’or est si fin que des mots se lisent par transparence EVERYBODY /ANYBODY/NOBODY:
Fil d’ors fins comme un cheveu et leur ombre portée
suspendus le Kalamkari au cyprès (voir ci-dessus) imprimé au bloc, découpé, appliqué sur un fin voile de coton puis rebrodé au point de chaînette pour dessiner les deux paons, deux tigres et des antilopes.
motifs floraux garance et indigo
Des tissus indiens de légende comme le Chintz peint et teint à la main de délicate fleurs garance et indigo. Shantushsi fin qu’il passe à travers un anneau, pashmina
Un escalier monumental conduit à l’étage : sur un écran un film montre les différentes façons de porter le sari. A Varanasi des pèlerins de toute condition vont vers le Gange, des jeunes élégantes le plissent, le replient, en font un voile ou une étole…
Défilé Haute couture
Nous sommes arrivées dans la salle du défilé Haute Couture où des couturiers européens ou indien ont interprété le thème du sari. La robe satin rose est de Christian Dior, The golden Ascendant de l’Indien Gaurav Gupta, la robe du soir d’Yves Saint Laurent. Tandis que Chanel est en organza orange (tunique et bermuda). Spectaculaires anneaux de saturne de Schiaparelli
Anneaux de Saturne de Schiaparelli
Le décor est une immense tapisserie à fond vert et motifs végétaux The flower we grew de Rithika Merchant, Chanakya, CLIC
motif de la tapisserie
réalisée pour le défilé de Christian Dior au Musée Rodin. Elle est composée de 37 panneaux et a nécessité 144000 heures de travail par 306 artisans.
la salle suivante est sur le thème « Sculpter le corps des femmes »
Made in India – Leila Alaoui
la photographe a réalisé les photographies des ouvrières du textile en faisant leur portrait en pied dans une cabine à fond noir. Elle a gagné leur confiance puis monté 18 photographies de leurs mains ravagées par le travail manuel. (la Haute couture et le Luxe sont loin!)
Dans les sculptures du corps, une très dérangeante Vénus ouverte de Jeanne Vicérial CLIC
Un très grand panneau indigo clôture cette séquence. Indigo de l’Inde. Cascades de fils.
indigo
On entre dans la salle DENIM, denim, la toile des jeans, qui intégre la ville de Nîmes qui lui a donné son nom et l’indigo de l’Inde. Dans cette salle des poufs, canapés invitent à se poser pour regarder le film qui détaille les techniques de teinture au bloc, les broderies avec des paillettes, des perles, les incrustations….
Et pour terminer un retour à la Manufacture de Gobelins avec la grande tapisserie du Corbusier. Le Corbusier a dessiné la ville futuriste de Chandigarth en Inde.
en conclusion : une exposition merveilleuse qui ne restera que jusqu’au 4 janvier. Courrez aux Gobelins!
Cette très belle journée commence dans la brume lors de la traversée du Cap Sizun.Les bancs de brouillard noient les vallées et les creux tandis que le soleil de face nous éblouit. Heureusement, les arbres magnifique, châtaigniers ou chênes offrent un certain répit à nos yeux éblouis.
L’entrée dans Douarnenez avec ses maisons mitoyennes ouvrières alignées le long de la rue en pente me rappelle l’entrée de Fécamp. Des immeubles très moches percent de temps en temps les quartiers ouvriers. Douarnenez n’est pas une ville chic, c’est une cité ouvrière de pêcheurs et d’ouvriers des conserveries qui s’est construite autour de la richesse locale : la sardine.
Port Rosmeur
le Topoguide propose une promenade N°5 « Le Chemin de la Sardine » . Il est balisé dans le goudron par des clous ovales en forme de sardines qui guideront mes pas. Impossible de rejoindre en voiture le départ du circuit sur le Quai du Petit Port du Rosmeur : le trafic est réservé aux riverains et le quartier piétonnier. En plus des sardines métalliques, la visite est commentée par des panneaux très bien faits illustrés de photographies anciennes, racontant l’histoire de la ville.
Dès l’époque gallo-romaine, la sardine était travaillée dans les cuves à garum de Plomarc’h (que je n’ai pas trouvées). Ensuite on a pressé les sardines,pressées et essorées, entassées dans des tonneaux pour être expédiées au loin. Nourriture bon marché qui accompagnait pain ou pommes de terre. Au XIXème siècle avec l’appertisation (découverte en 1795 par Nicolas Appert), les conserveries remplacent le pressage. La ville grandit. Les hommes vont à la pêche, les femmes travaillent aux conserveries. Au début du XXème siècle, avec la grande grève des Penn Sardin(1924), les sardinières entrent dans l’Histoire. Un siècle plus tard, on se souvient encore de leurs luttes et de leurs chants. Grève très politique avec le soutient du Parti Communiste et de Charles Tillon. Grève féministe puisque dès 1925 le PC inscrit une femme sur les listesau conseil municipal alors qu’elle n’avaient pas le droit de voter. Un podcast de RadioFranceraconte la grève CLIC
Et un roman policier Du sang sur Douarnenez enquêtes d’Anatole Lebras CLIC
par les venelles du circuit des sardines
Douarnenez, ville communiste, a perdu nombreuses de ses conserveries mais garde le souvenir dans la toponymie : je grimpe la Rue Barbusse, la rue Charles Tillon, la rue Louise Michel. L’esprit de la gauche flotte encore avec des affiches soutenant Gaza, des graffitis subversifs, « BLOQUONS TOUT3 (10 septembre 2025), « LE RN EST COMME TON EX IL DIT QU’IL A CHANGE MAIS IL MENT » (sûrement des féministes), plus mystérieux sur le mur en face de l’église « QUE LE PAPE BENISSE LES SUBVENTIONS » (quel pape? quelles subventions?).
En suivant les sardines, je déambule sur les quais du Petit Port pittoresques mais vides en début de matinée ; les restaurants n’ont pas encore sorti les tables en terrasse. Jolies façades, bacs de fleurs. A l’arrière, des galeries d’art. Des vieilles photos sur une fenêtre. propositions de stages d’aquarelle. Artistes et bobos prennent la place des ouvriers ou pécheurs dans les venelles et rues piétonnes abondamment garnies de potées de plantes fleuries ou vertes.
La Chapelle Sainte Hélène est ouverte au public. Façade sculptée aux statues et gravures pas très lisibles. Je cherche els filets de pêche sans les trouver. le visiteur est accueilli en musique. Une souscription est ouverte pour restaurer le plafond étoilé.
Suivant les sardines je continue la promenade très agréable dans les venelles puis je grimpe la Rue Barbusse et la Rue des Baigneurs pour arriver à la grand église du Sacré Coeur, église XIXème siècle (ces églises XIXème ne m’émeuvent guère). Descente sur l’autre versant pour arriver au Port Rhu, étroit chenal où est installé le Port Musée.
Port Rhu
Non loin, face à l’Ile Tristan, les petites plages se sont peuplées. Malgré la fraîcheur se baignent une quinzaine de nageurs en maillot.
J’ai acheté le topoguide L’ouest Cornouaille à pied. j’avais hésité entre le guide et la carte au 1/25.000ème.
balade n°13 Tour de la Pointe du Van, commencée au point 2 aux Moulins de Trouguer.
Moulin de Trouguer
Les moulins ont fière allure avec leurs ailes de bois où flotte encore un peu de toile. En saison, la maison d’interprétation fermée en septembre n’ouvrira qu’à la fin juin. Une piste mène à un four à pain de Kériolet au toit arrondi couvert de mousse. Des haies limitent de vertes prairies, la piste devient sentier. Je découvre la côte déchiquetée de la Pointe du Van.
Chapelle Saint They
la chapelle Saint They paraît bien austère dans son enclos. De près je découvre son calvaire avec une statue perchée sur une colonne, ce n’est pas un personnage mais deux: une femme regarde la terre tandis qu’un homme se dirige vers l’océan
deux personnages !
Une petite fontaine est encastrée dans un petit enclos. Des roses séchées ont été déposées. Le topoguide signale deux fontaines, je n’en ai trouvé qu’une. Le GR34 est délimité par des fils métalliques pour empêcher le piétinement. Le couvert végétal s’est bien reformé après les travaux de restauration. Après la fontaine, le GR34 devient plus escarpé, plus difficile autour du « Port Vorlen« Les bâtons de marche s’imposent. Je croise un couple qui marche avec deux bâtons « à nos âges » commente le monsieur.
J’arrive pour l’heure du déjeuner à la Baie des Trépassés où Dominique m’attendait. Elle a gardé un souvenir ébloui d’un séjour à l’hôtel. Du sentier j’ai découvert la belle plage de sable fin qu’un cordon de galets ceinture. Les vagues déferlent, les surfeurs se déchaînent.
La Baie des Trépassés vue du GR34
Le nom sinistre de Trépassés est vite oublié sous le soleil. Le topoguide m’apprend que dans cette vallée centrale du Cap Sizun, se trouve un petit bassin houiller exploité depuis 1759 mais vite abandonné. J’avais prévu de monter par le sentier à la Pointe du Raz et qu’on se retrouve sur le parking. mais nous avons un rendez-vous médical en téléconsultation et nous avons peur qu’Internet ne soit pas assez fiable.
En passant par Plogoff, le fumoir à poisson semble ouvert mais personne ne paraît quand je sonne la cloche. la marchandise exposée dans des vitrines réfrigérées est pourtant très appétissante : truites de mer fumée, thon en tranche et en bloc et surtout sardines entières que je regretterai tout le séjour. Pause à la Plage du Loc’h. Ici, le GR34 s’est éboulé, il faut contourner les maisons sur la route, ce qui me dissuade de continuer. Je préfère marcher aller et retour les pieds dans l’eau. Certains se baignent. Ils sont bien aguerris! Je remarque les mouettes qui piétinent, pédalent dans le sable mouillé d’une pellicule d’eau pour faire remonter des minuscules proies.
Pique-nique à ‘entrée de la presqu’ile de Quiberon à marée basse. Deux heures de route sur la 4 voies bretonne gratuite qui contourne Lorient. Nous arrivons sous le soleil à Audierne. Après avoir longé les quais nous posons la voiture sur un grand parking à l’entrée du port? Promenade sur une longue digue empierrée jusqu’à un petit phare blanc et rouge : la Jetée de Raoulic. La marée monte; Des surfeurs s’élancent sur la vague qui déferle sur le port longuement comme un mascaret.
Le port d’Audierne
Des panneaux émaillés racontent l’histoire d’Audierne.
Port marchanddès le XVème siècle exportant au loin sel et marchandises. Puis vint le temps de la pêche. Du XVIIIème au début du XXème siècle, la sardinefit la richesse d‘Audierne. Dès le début du XXème siècle les bancs de sardines se sont raréfiés. Les pêcheurs ont alors pêché la langouste dont les effectifs ont aussi décliné, remplacés par le thon. Ces reconversions m’ont rappelé les analyses d’Anita Conti sur la prédation de la ressource.
Plus loin j’ai découvert la ville, ses commerces, la Mairie et les halles.
Notre gîte est à Esquibien, sur la route de la Pointe du Raz. En 1960 j’avais fait un camp de Petites ailes dans l’école d’Esquibien qui avait laissé le souvenir d’un petit village. Avec Leclerc, Biocoop et Liddl , je découvre plutôt une banlieue d’Audierne. Nous logeons dans une maison moderne dans un lotissement, le Cabestan, allée Surcouf. maison modeste, moderne mais bien typique crépie de blanc avec des volets bleus. A l’intérieur, pas de chichis, c’est clair, fonctionnel. A l’arrière un carré de jardin, tables et des fauteuils en plastique et de très confortables chaises longues. C’est parfait.
Depuis le 12 juillet 2025, les Alignements de Carnacsont inscrits au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, . La précédente visite, en 2010, sous la pluie, CLIC n’avait pas laissé un souvenir impérissable, les menhirs se voyaient de la route dans une végétation assez dense, mal mis en valeur.
10h, à l’ouverture du Musée de la Préhistoire au centre du bourg, j’espère trouver une visite accompagnée. Elle est à 15 h hors saison, et il faut s’inscrire en ligne. Musée de la Préhistoire et Maison des Mégalithes sont deux entités séparées.
Comme tous les grands sites, les alignements sont encadrés de grands parkings arborés, d’un petit train touristique, bus à impériale. En saison, il doit y avoir la foule mais fin septembre, même le dimanche, l’affluence est raisonnable.
La Maison des Mégalithesse trouve sur place hors de Carnac. Une vidéo prépare la visite individuelle balayant les mythes et les idées fausses comme celle des pierres tombées du ciel, les théories astronomiques sont aussi mises de côté. Une nouvelle hypothèse : les stèles formeraient une barrière stratégique ceinturant un territoire. Il faut aussi tenir compte des variations du zéro marin au Néolithique (4800 – 2500 av. JC), de nombreuses stèles se trouveraient immergées. La vidéo montre aussi les fouilles du tumulus Saint Michel : une seule tombe contenant du mobilier de prestige. Le sel était déjà une contrepartie d’échange mais on ne peut pas parler de commerce, plutôt des cadeaux diplomatiques. Une belle exposition de photographies des années 50 et 60 montrant une grande familiarité des habitants de Carnac qui se sont tiré le portrait en famille assis sur les stèles, les enfants grimpés sur les menhirs. Certains sont en costume local.
Alignements de Ménec
Un sentier piétonnier longe le grillage. le circuit est d’une dizaine de km (8 + un détour pour voir le Géantet le Quadrilatère de Manio en forêt). Il part de la Maison des Mégalithes, passe par le village de Menec où les blocs se dressent presque dans les maisons. Les plus grands sont mis en valeur par l’herbe rase. Plus loin, ajoncs et genets gagnent.
Des cartels racontent l’histoire des aménagements du site. Les habitants n’ont pas toujours vu d’un bon œil ces installations : les expropriations et les grillages. Une association Menhirs libres a contesté ces grillages ainsi que la construction de belvédères d’observation. Il s’en est suivi une gabegie financière : enlèvement des grillages, destruction des belvédères, un véritable feuilleton local. Sans parler de l’histoire ancienne quand on réemployait les blocs pour la construction. D’autres avertissements décrivent la fragilité du site : le déchaussement des stèles justifie leur protection. En revanche, rien sur l’archéologie. Il aurait fallu aller au Musée de la Préhistoire. Carnacmérite plus qu’une matinée ! Sans parler des sites voisins à Locmariaquer (Table des Marchandsetc…)
Le géant
Promenade très agréable sur un chemin sablé, parfois des planches avec une partie en sous-bois pour le Géant et le Quadrilatère de Manio. Les champignons colonisent les souches.
Le soleil a dispersé les nuages, le retour sous une lumière vive offre de nouvelles perspectives. Je pense aux autres sites mégalithiques en Corse, en Sardaigne, à Malte ou au Musée de Rodez…Plus j’en visite et plus le mystère s’épaissit et plus je suis ravie d’en découvrir de nouveaux