Delhi : Temple D’Akshardham

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c'est une carte postale puisqu'on ne peut pas y faire de photo


On traverse la Yamunâ, large fleuve tranquille et on quitte la ville pour retrouver le métro aérien  sur son piédestal de béton courant très haut au dessus du sol. Le site fut utilisé pour les Jeux du Commonwealth. Un énorme parking permet aux visiteurs d’arriver au temple en voiture.

L’entrée est une épreuve. Un panneau en hindi et en anglais énumère tous les objets interdits : armes – bien- sûr –pictogrammes des différents sabres et épées) téléphones portables, lecteurs de cassettes et DVD, radios, alcool et cigarettes, chewing- gums, sodas… mais plus surprenant : aimants, clés USB, carnets et stylos ! Je ne prendrai donc ni photos, ni notes, ni même croquis !

Des files délimitent les queues où de véritables troupeaux s’alignent. Un système de ficelles et cordelettes barre le chemin non seulement des resquilleurs mais aussi à ceux qui changeraient d’avis et voudraient rebrousser chemin. Pas de touristes étrangers mais le milliards d’Indiens est un réservoir de touristes suffisant pour former une foule compacte et bigarrée – et patiente –Les shorts et jupes au dessus du genou sont interdit ? Burkhas et longhis le sont aussi ! Nous piétinons plus de 20 minutes sous un toit de tôle équipé de ventilateurs pour arriver au pas de course (pour certains au galop) sous un autre auvent. Femmes d’un côté, hommes de l’autre pour subir  une fouille plus poussée que celle de l’aéroport : portiques détecteurs de métaux mais aussi détecteur manuel et palpation (des fois qu’on découvrirait une clé USB cachée !

les sculptures d'Akshardham (carte postale)

Nous avons le loisir d’observer ceux qui font la queue avec nous : population variée aussi bien la couleur de peau, les traits, l’habillement. Ces touristes « locaux » viennent de tout le sous-continent de Calcutta à Madras. C’est aussi la promenade du dimanche des familles de Delhi. Un  groupe d’écoliers en survêtements à parements rouge et blanc pourraient être des écoliers européens si leur chevelure noire n’était pas si drue, noire et brillante. Un autre groupe est en uniforme en vichy à carreaux orange. Certains ont les yeux bridés, chinois ou tibétains ? Beaucoup de familles nombreuses. J’admire les couleurs des étoffes rehaussées d’or et d’argent. Assez peu de saris, seules les femmes âgées en portent et le sari laisse entrevoir les bourrelets. Les plus jeunes lui préfèrent l’ensemble tunique-pantalon de la même étoffe dont il existe deux versions, pantalon très collant ou bouffant, genre de shalwar. Touristes ou pèlerins ? Dans cette masse compacte tranquille et je devine le milliard et plus d’Indiens. Rakesh relativise notre impatience :

–          « c’est partout pareil!  Ici, il n’y a pas spécialement de queue ! »

Passés les portiques, la splendeur : une large allée bordée de piliers et d’arcades de couleur caramel, finement sculptés. J’ai passé mon doigt pour vérifier qu’il s’agissait bien de pierre de taille et non de ciment peint.

Ce temple a été terminé en 2005. Il est donc neuf. Trop neuf. Sans la patine du passé, ni histoire glorieuse de sultans, de maharadjahs, il devra déployer tout son charme pour nous séduire. Lonely Planet (p96) lui reproche un style « ostentatoire » on pense un peu à Disneyland, la débauche de technologie, la fontaine musicale, les éclairages promis la nuit… la boutique de CD, DVD et autres produits dérivés, le restaurant self-service … je suis réticente.

L’axe principal menant au temple perché sur une butte est bordé de massif fleuris. Une escouade de jardiniers assis sur la pelouse « tondent » la pelouse équipés de bassines métalliques et de couteaux. La technologie n ‘a pas encore apporté les tondeuses électriques. Il faut se déchausser pour continuer. Je progresse en chaussettes sur des dalles parfaitement astiquées (la cireuse XXL motorisée est en action permanente).

Le temple est gigantesque et surmonté de multiples coupoles petites et grandes. Grès rose et marbre blanc : des milliers de divinités ont été sculptées à la main, minutieusement, toutes différentes. Je reconnais Rhada et Krishna, Rama et Sita, Shiva et ses bras.  Les figurines de 20 à 30cm  couvrent l’édifice principal tandis qu’à mi-hauteur une corniche porte de plus grands personnages (environ 60 à 80 cm) danseurs et musiciens dans de gracieuses positions. Dans des niches, taille humaine, sont assis des disciples de Swami Narayan, le fondateur de la secte (1 million de fidèles en Indes mais aussi à l’étranger. De grands tableaux en couleur mettent en scène le gourou (1781-1830). Le guide Bleu précise que « l’un des chevaux de bataille de la secte est la lutte contre la discrimination des castes » ce qui me rend plus sympathique. Je suis toujours méfiante avec les gourous.

la frise des éléphants

La frise des éléphants est composée de 146, tous différents. L’anecdote du concombre me fait sourire : un maharadjah aurait organisé une procession à éléphants,  en l’honneur de son invité, Swami Narayan aurait été plus charmé par un concombre offert par un enfant.  En l’absence d’appareil-photo j’achète la carte postale de la frise à la boutique-souvenirs. La Fontaine musicale est un ensemble de bassins où se déroule tous les soirs un spectacle sons et lumières. Évidemment on ressort par la boutique surdimensionnée comme tout dans ce temple : souvenirs, livres pieux mais aussi médicament ayurvédiques, aliments bio.

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New Delhi : monument Gandhi

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Boycott des textiles étrangers


Pèlerinage que j’attendais depuis longtemps.

Le Mahatma a passé dans cette maison les 144 derniers jours et il y a été assassiné.

Par la fenêtre on découvre la chambre de Gandhi : un lit bas au drap blanc, son rouet, un coussin, un pupitre et du matériel pour écrire, ses sandales de bois, son bâton. Seul élément décoratif : une petite sculpture représentant les trois singes.

Toute l’histoire de l’Indépendance de l’Inde est racontée sur les panneaux qui bordent la pelouse. Racontée et illustrée dans les moindres détails, des premiers héros, la Révolte des Cipayes, les Swadeshi 1905,  différentes actions de Gandhi,  boycott des tissus étrangers,  jeûnes, Marche du Sel…Il faudrait au moins une demi-journée pour étudier attentivement les textes et les images.

Gandhi et Tagore

Je me déchausse pour aller sur le lieu des dernières heures de Gandhi : l’endroit où il aimait méditer, l’endroit précis où il fut assassiné le 30 janvier 1948. Des semelles de ciment matérialisent ses derniers pas.

la chambre de Gandhi

Dans la maison blanche, de nombreuses présentations racontent la vie de Gandhi : des photos. Des petites vitrines mettant en scène les moments les plus marquant de la vie du Mahatma : La mort de son père, son départ pour Londres et la bénédiction de sa mère, les épisodes sud-africains, le retour en Indes, le boycott des tissus, la Marche du Sel, la rencontre avec le roi d’Angleterre, Romain Rolland, les Jeûnes, l’assassinat et l’hommage du monde entier.

Deux salles sont tapissées de bibliothèques proposant ds ouvrages pour petits et grands : des livres illustrés, des brochures, des biographies que l’on peut acheter. Sur deux panneaux sont inventoriées les lectures de Gandhi. Je remarque les Tolstoï, deux Romain Rolland, et des ouvrages de Max Mueller(je ne le connais pas)

ICI une visite en vidéo

Delhi : Fort Rouge

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le Fort Rouge de Delhi et ses remparts


Face à la mosquée Jama Masjid, le Fort Rouge de Delhi est aussi l’œuvre de Shah Jahan. Entre les deux, le vaste espace était alors occupé par les marchands, joaillers, bijoutiers qui vendaient les plus belles marchandises .

Le Fort Rouge est ceint d’imposantes murailles de grès sur 2,2 km de longueur, doublées de fossés ou des crocodiles complétaient le système défensif. L’armée Indienne a sécurisé l’endroit. Le taxi nous décharge à une extrémité. C’est une promenade agréable de longer les murailles

. En face, on voit les trois pains de sucre du temple jaïn et le haut bâtiment blanc de l’Hôpital des oiseaux.

On entrepar la porte de Lahore surmontée de coupoles rigolotes et on arrive à une sorte de bazar datant du temps de Shah Jahan. Des artisans d’art proposent de jolis objets : des marionnettes, des jeux d’échecs des bijoux et étoffes bien tentants.

La Maison des Tambours

Devant la grande porte les musiciens jouaient sur une estrade,  accueillant le souverain Moghol.

Fort rouge de Delhi : Diwan-i-am : estrade du trône

A l’arrière du bâtiment, une grande cour plantée maintenant d’une pelouse, précédait le Diwan i Am où la Justice était rendue en audiences publiques. Le peuple était présent, des milliers de personnes pouvaient y assister. Le Diwan i Am est un délicat pavillon de grès rouge avec de nombreuses arches et 40 colonnes. On remarque les gros anneaux pour accrocher des stores. Au centre le trône était installé sur une haute estrade, dans une niche incrustée de pierres dures colorées en motifs floraux. Des familles indiennes en saris, voilées et tenues flashy s’alignent pour la photo-souvenir devant la niche de marbre. On les photographie aussi : ils sont aussi photogéniques et même plus que l’estrade royale.

Fort rouge de Delhi : Diwan-i-kast audiences privées

La promenade se poursuit dans une esplanade bordée de nombreux pavillons de marbre blanc ou de grès rouge. Une terrasse surplombait la rivière Yamuna qui, depuis lors, a changé de lit. On domine une plaine herbeuse plutôt poussiéreuse en cette saison. Des bassins et rigoles ont été aménagés pour rafraîchir l’atmosphère. Un pavillon construit sur une plateforme au milieu d’un bassin est tout ajouré comme des moucharabiehs. C’est le pavillon de plaisir de danse et de musique.

pavillon des plaisirs au centre d'un bassin (sans eau)

Deux autres pavillons se font face à l’extrémité du jardin : le Pavillon d’été plus proche de la rivière,rafraîchi à l’eau tandis que le Pavillon d’Hiver est en retrait, parfaitement symétrique.

Le pavillon le plus orné est le Diwan I Kaas, hall des audiences privées, au plafond d’argent et aux murs incrustés de pierres précieuses aux motifs végétaux.

En plus de ces bâtiments il y avait encore un Hammam et une petite mosquée, fermée,  avec une porte magnifique.

Cette promenade dans ce vaste espace me fait penser à Topkapi, en moins fastueux en moins construit, mais encore plus étendu.

Delhi – vers Old Delhi, Jama Masjid

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vue de la voiture : rickshaw


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il a fait très froid pendant la nuit. J’ai dû mettre un  gilet de laine épaisse et on s’est réveillées avec mal à la gorge. Réveil à 6h45, il fait jour.

Par la fenêtre nous voyons que 5 hommes dorment enroulés dans des couvertures qu’ils plieront plus tard et rangeront dans des sacs de plastique tissé (genre sac de riz) faisant un gros baluchon et décampant avant que les boutiques n’ouvrent.

Breakfast occidental (toasts beurrés, confiture et omelette ou menu indien : Parathas (sorte de crêpes épaisses et salées) qu’on devrait tartiner de pickles (ce dont je me garde bien) et de yaourt (curd). Le thé indien मसाला चाय est vraiment délicieux : au lait, sucré et parfumé aux épices. Il me semble reconnaître du gingembre.

8h, le chauffeur vient d’arriver, pas le guide ! le chauffeur téléphone à l’agence et me passe son téléphone : il y aurait une manifestation à l’India Gate les rues seraient bloquées. A l’hôtel personne n’a entendu parler de manifestation ; c’est un gros baratin.

9h30,  toujours à l’hôtel, pestant contre l’organisation d’Holiday India. Étrangement, le chauffeur prend l’initiative de partir. Nous connaissons déjà le trajet,  devant l’énorme statue d’Hanuman au coin de Karol Bagh, le métro aérien qui court très haut sur un chemin de béton porté par de hauts piliers. Connaught Circle, de nombreux magasins sont fermés le dimanche) les colonnes jumelles au fût lisse peintes en blanc éclatant étonnent ! Une large artère est bordée de hauts buildings : Barakhamar Road. On croise l’avenue Tolstoï. Je me souviens alors que Gandhi et Tolstoï furent liés. On passe devant une statue  de bronze : Tolstoï ?

Une large avenue est bordée d’immeubles de Presse. Point de verdure comme à New Delhi. De nombreux touktouks verts et jaunes se dirigent vers le Bazar. A un carrefour: une étrange caravane, des charrettes de bois tirées par un vélo portent des bouteilles de gaz rouillées. Le cycliste a posé pied à terre et pousse son lourd chargement. Je compte ces attelages : 9 se suivent.

Progressivement, les trottoirs se remplissent : d’abord des bouquinistes ont posé des piles de livres à même le trottoir. Un petit marché de fruits et légumes s’est installé. A la suite, une friperie s’étend sur la chaussée. Les voitures avancent difficilement : nous arrivons au Bazar. Notre chauffeur s’y engage témérairement parmi les rickshaws et les touktouks plus adaptés aux rues étroites d’Old Delhi.

Rakesh, notre guide pour la journée, nous accueille en français. Il est très fier d’être guide francophone et son français s’améliorera tout au long de la visite.

Jama Masjid

Jama masjid

Nous gravissons les marches qui conduisent à la Jama Masjid, la très grande mosquée construite de 1650 à 1658 par Shah Jahan. 6000 ouvriers travaillèrent à son chantier. Grès rouge et marbre blanc furent apportés du Rajasthan à dos d’éléphant.

Il faut bien sûr se déchausser mais foulard et manches longues ne suffisent pas : on nous déguise avec des peignoirs amples et colorés comme chez la coiffeuse. Les touristes parcourent le quadrilatère bordé de galeries, en bandes multicolores. Un coin de la mosquée est occupé par les pigeons qu’on nourrit de grain. Au centre, un bassin remplace la fontaine aux ablutions que nous avons vue dans les mosquées turques ou égyptiennes. On pourrait grimper au minaret (moyennant finances) on n’y a pas pensé. La salle de prière se trouve dans un bâtiment de grès rouge très haut creusé en coquilles de marbre finement travaillé. Trois coupoles et deux minarets dominent l’ensemble.

New Delhi ; Musée national

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La Galerie de l’Harappa présente une civilisation très ancienne contemporaine de Sumer ou de Égypte antique. Nous la traversons rapidement pour profiter davantage des civilisations postérieures. Les céramiques antiques se ressemblent toutes.

Shiva et Parvati

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une galerie conduit à un patio où je retrouve des fines sculptures de grès ressemblant un  peu à celles d’Angkor datées 9ème au 10ème siècle. Shiva et Parvati sont amoureusement enlacés. Parvati est assise sur la cuisse de Shiva qui tient le sein rond de sa compagne. En dessous, le taureau Nandin. Un  linteau représente la triade Brahma (multiples têtes), Shiva dansant, avec ses têtes de mort, et Vishnou. Des dragons crachent une vague ondulante sur laquelle avancent de minuscules éléphants. Je resterais des heures à inventorier les personnages et les animaux, à admirer la finesse du modelé. Je découvre d’autres divinités : Ganga et Yamouna (8ème siècle), les déesses-fleuves. Fleuves nourriciers sans doute, divinités voluptueuses et dodues qui dansent gracieusement. Sur un autre linteau une procession de musiciens, porteuses d’eau vont arroser le linga. Notre visite à Angkor nous a bien servi !

procession :danseuses et musiciennes

Les miniatures seules m’auraient comblée ! Nombreuses datent du 18èmesiècle, certaines mogholes sont plus anciennes. Les épisodes du

miniature indienne delhi

Râmâyana  me ravissent ainsi que celles qui racontent Krishna  et Rhada.

Toutes n’ont pas des thèmes mythologiques. Certaines dépeignent la vie des cours des Maharadjahs. Le Raja reçoit des invités, une dame chasse un chat intrus, les Princesses partent à la chasse au tigre, les Princesses jouent même au polo (1750). Les animaux sont omniprésents. Partout des oiseaux décorent les fonds, les praires et le ciel. Certains animaux sont les sujets comme ce magnifique tigre dans une jungle défeuillée, les silhouettes des arbres formant des rayures se confondant avec celles de la robe du félin. Étonnants éléphants écrasant un tigre…

guerriers et musiciens

Encore plus inattendues : deux Nativités. Dans l’une d’elles (1720) la Vierge est tout à fait Européenne et on voit des curés catholiques.

Plus attendues : les miniatures mogholes qui illustrent des poèmes persans ou des textes du Coran. Certaines ressemblent à ces enluminures.

Pour dîner ; Chicken Byriani & vegetables (délicieux riz mélangé à des légumes émincés très fin et assez épicé. D a pris une soupe de légumes claire et des veg Pakoras beignets de chou-fleur et pommes de terre, délicieux.

New Delhi : Lotus temple et milans

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lotus temple


Lotus Temple est un sanctuaire Bahaï , entouré d’un parc très fleuri. L’herbe y est un peu desséchée, mais les fleurs, arrosées. On passe entre deux rangées d’orangers aux fruits minuscules, peut être des kumquats ? Des hommes en faction ordonnent la circulation des piétons en file sur la gauche (pays du Commonwealth) »keep left » .

Très peu de touristes, surtout des familles  se dirigent vers le gros bouton de lotus de marbre blanc  perché sur une estrade de brique et de grès rose. Les femmes portent des saris fuchsia, violets jaune citron. Les fillettes sont endimanchées.  On se déchausse, et marche pieds nus ou en chaussettes jusqu’à l’estrade.

Sur le parvis,  deux jeunes femmes très élégantes vêtues plutôt à l’occidentale, longues jupes et écharpes nous font ranger en files qui convergent vers la porte en une sorte d’éventail. En Hindi puis en Anglais elles expliquent la foi bahaï et  la conduite à adopter dans la salle de prière : silence, pas de photos, on peut prier dans n’importe quelle religion ou méditer:

– »Rien n’est au dessus de la prière ! ».

Sous les pétales du bouton de lotus en béton, la salle est circulaire, nue,  seuls éléments décoratifs : les jeux de volumes de la charpente en béton. L’éclairage provient d’une résille en étoile et des baies latérales sous les arches. 22 rangs de bancs de marbre aux dossiers en bois clair font face à un pupitre en  plexiglas sur de magnifiques tapis . A l’extérieur le béton est doublé de marbre blanc.

Des dizaines de gros oiseaux planent.

–           « ce sont des aigles » affirme le guide, « dans le quartier vivent de nombreux musulmans qui abattent des moutons et des chèvres » .

Des aigles charognards ?

Perché sur le coin de l’immeuble d’en face de l’hôtel, des boyaux lui pendant du bec, l’oiseau ressemble à une buse. Renseignement pris, on appelle ces oiseaux kites (comme les cerfs-volants) ou plutôt Black Kites, des Milans.

La balade dans New Delhi continue par les belles avenues bordées d’arbres : ville administrative ? ville coloniale ? Beaucoup de petites voitures, Tata blanches Chevrolet Matiz, ou Suzukis, peu de motos. Cet «échantillon » mécanique est occidentalisé. Pas de nuées de motos comme au Vietnam, ni de taxis comme au Cambodge  ou en Afrique.

Le guide nous conduit à la boutique Kashmir après nous avoir expliqué la situation dans cette province où le tourisme a disparu à la suite de l’état de guerre. Ce serait une bonne action d’y acheter nos souvenirs. Dans le salon, on déroule force tapis. Je déballe mon baratin habituel en cas de tapis. J’aime les TRES BEAUX tapis,je n’ai pas de budget pour eux. Les tapis mécaniques bon marché ne m’intéressent pas. Le vendeur n’insiste pas.

Fin de l’intervention du guide ! Nous continuons seules au Musée National.

new Delhi : India Gate

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India Gate et marchand ambulant

Arc de triomphe élevé en hommage aux 90.000 soldats indiens tombés pendant la première Guerre Mondiale et lors de la guerre Anglo-Afghane en 1919. C’est un monument haut de 42m construit d’une pierre de grès lumineuse dont la décoration est très simple. Il est très fleuri et sa flamme  a l’honneur d’une garde militaire. Situé dans un parc, lieu de pique-nique familial, c’est le rendez-vous de nombreux écoliers en uniforme venus en sortie scolaire. De nombreux marchands ambulants proposent des glaces, des gâteaux et des graines diverses artistiquement disposées.

india gate : barbes à papa

Les étals sont pittoresques, on photographie le vendeur de flûtes, celui qui propose des barbes-à-papa. On achète un paquet de chips à un vendeur qui en réclame 50Roupies, comme je découvre le prix imprimé de 5 Roupies, je proteste. « Tu es devenu fou ? » lui reproche son voisin « five, zero ! » Le filou nous rend de bonne grâce les 35Rs que nous lui réclamons.

india Gate : écolières

New Delhi : Qutub Minar

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J’essaie de me repérer sur le plan de Delhi. Une belle construction blanche  aux colonnes classiques est hérissée d’affiches et d’antennes. Cet ensemble blanc circulaire est occupé par des galeries et des restaurants: Connaught Circle, la fameuse place de Delhi ! Je l’imaginais autrement : une vaste esplanade avec de la perspective.. Au lieu de la solennité victorienne, des échoppes de photographes fermées ou de téléphones mobiles.

Les beaux quartiers de New Delhi sont très verts. D’immenses villas sont cachées dans des jardins luxuriants. Certaines sont occupées par des ambassades. Je lis résidence de l’ambassadeur d’Irak , actuel ou du temps de Saddam ? J’imaginais Delhi comme une ville polluée, bruyante et je découvre d’innombrables jardins, des arbres magnifiques sur le bord de grandes avenues. Je n’arrive pas à me repérer sur le plan les noms des avenues, en revanche me rappellent l’histoire de l’Inde : Kasturbai Gandhi (la femme de Gandhi) , Aurobindo.

qutub minar

Le  guide nous attend en face de Qutub Minar. Il porte bonnet et un pull, sa tenue d’hiver, malgré la température affichée de 21°, cheveux coupés très court et moustache très fournie.

Le site de Qutub Minar est dominé par une très haute tour de 73m de haut : le minaret le plus haute de l’Inde, construit sur 5 niveaux avec des balcons en saillie et décoré d’inscriptions coraniques. Trois souverains. Trois souverains se sont succédé dans la construction du minaret entrepris en 1133 par Qutub -ud -Din. Les Afghans construisirent donc  cette première mosquée : complexe quadrilatère bordé d’arcades sur un ancien temple hindou. Les colonnes finement ouvragées sont du réemploi : on retrouve facilement des personnages dansants ou  dénudés incongrus dans un site musulman. Le minaret assurait aussi un rôle de tour de garde, surveillant un rayon de 50 km. Une madrasa, des tombeaux complètent l’ensemble. Un souverain  entreprit même de construire une tour encore plus énorme : seules les fondations impressionnantes subsistent. Malheureusement le guide ne nous abandonne que pour 20 minutes. Pas le temps de s’asseoir, de lire le Guide Bleu et de prendre des photos comme nous aimons le faire.  Des panneaux signalent l’influence seldjoukide dans les décors de la calligraphie du minaret. Un pavillon carré sous une coupole est gravé de fines décorations.

qutub minar : calligraphie

Arrivée à Delhi

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Karol Bagh : le métro et la statue géante d'Hanuman


5 heures : un cône de lumière descend les lampadaires sur la piste de l’avion. Brouillard ou pollution ?

Les formalités sont interminables. La moitié des guichets de l’aérogare sont mobilisés par des militaires aux casquettes bleue – couleurs ONU. D’où viennent-ils ? Ils sont des centaines, peut être des milliers.

Kamlesh, l’employé de l’agence nous attend à la sortie. Il est jeune, un peu maigrelet. Il insiste lourdement sur le fait qu’il s’est levé très tôt et qu’il ira travailler au bureau à l’ouverture à 8h30.

Le chauffeur est muet. Comprend-il l’anglais ? Dans l’abrutissement du voyage et dans la nuit, nous ne voyons pas grand-chose de Delhi : le métro aérien, des chantiers.

A l’entrée du quartier se trouve la station du métro aérien Karol Bagh et la statue gigantesque d’Hanuman, grand singe en ciment ou en plâtre laqué de couleurs vives. Dans la gueule du singe nous découvrons un escalier. C’est un temple.

Le quartier de l’hôtel est occupé par des garages et des accessoiristes d’autos et de motos. Les environs paraissent un peu miteux. L’hôtel Aster Inn a tout le confort souhaitable. Notre chambre est grande avec belle télé et une petite salle d’eau. Le mobilier est sobre, les fauteuils, jolis : avec des courbes  Art Nouveau. Seuls éléments décoratifs : une grande pendule avec le cadre en laiton et le portrait d’un roi barbu et chevelu aux boucles rondes en cuivre repoussé comme un bas-relief assyrien.

Épuisées, nous nous jetons sur le lit pour grappiller trois heures de sommeil avant la promenade en ville.

11 heures, le chauffeur nous fait traverser la ville sans un mot. Parle-t-il anglais ?

 

comptes, contes, mécomptes d’une touriste imprudente…et étourdie!

Il suffit d’une connexion Internet et d’une carte de crédit pour s’improviser globe-trotteur, pratiquer un anglais basique. Quelques minutes permettent d’obtenir des places d’avions aux tarifs les plus intéressants. En quelques clics j’ai acheté Paris/Delhi via Londres.

Facile d’improviser une expédition au bout du monde. Peu de garde-fous. Rien pour éviter les pièges : la vigilance s’impose déjà dans l’identification du voyageur. L’ordre Nom Prénom (ou l’inverse) peut provoquer une inversion détestable qui a failli compromettre un voyage en Égypte il y a deux ans. Autre piège : la notation de heures am et pm qu’adoptent parfois les britanniques. 3 heures ne sont pas toujours écrites 15h. Logiquement, il est impossible de confondre un vol de nuit et un vol de l’après midi, sauf qu’avec le décalage horaire tout se complique, surtout quand il y a des escales sur de nouveaux fuseaux horaires!

Et voilà donc l’étourdie tombée dans le piège grossier : à 12h nous arrivons toutes prêtes à l’aéroport de Delhi. On ne rentre pas comme cela dans l’aérogare : il faut montre tickets et passeports. Et voici que le militaire nous refuse l’entrée! On essaie à une autre porte. Sur le tableau électronique le vol British Airways n’apparait pas. Je ne m’inquiète pas outre mesure; souvent plusieurs compagnies exploitent un même vol. A bureau de l’information la jeune femme est formelle. Le vol British Airways est le vol de nuit : il est parti sans nous il y a 9 heures et nous n’avons rien à faire ici. Question subsidiaire : par quelle porte êtes-vous entrées? Cette question  me surprend.  Un monsieur parlant très bien anglais surgit derrière moi. Il subtilise mon passeport et commence à recopier les numéros et ceux des visas. Il ne semble s’intéresser que peu au billet périmé. Pourtant j’espère qu’il va m’aider à joindre BA.

Pou moi, impossible de téléphoner : les téléphones cellulaires étrangers sont restreints en Inde et je n’ai pas fait l’achat d’un téléphone indien. Les cabines téléphoniques obsolètes n’existe plus. Pas d’accès Internet. Que faire? Le monsieur très aimable est en train de nous expulser sans que j’en prenne conscience. Brusquement nous voilà entourées de quatre militaires, dont un, en turban khaki. Ils sont charmants mais nous escortent de près. Impossible de faire un pas sans eux! Ils n’ont pas compris la situation : notre avion est parti, il faut que l’on en trouve un autre et c’est seulement dans l’aérogare que nous le trouverons, dans l’aérogare où nous n’avons pas le droit de nous trouver! Heureusement ils comprennent bien l’anglais. J’explique patiemment. Et ils vont devenir nos anges gardiens, se décarcassant auprès des agents des comptoirs pour nous chercher des sièges dans les avions qui partent à Londres. Quand le militaire enturbanné se rend compte que nous allons acheter un nouveau billet il s’affole, cela va vous coûter très cher! « a huge amount of money! » mais ils foncent. Cinq minutes encore pour l’avion de Londres! trop tard, plus de sièges! Pourquoi pas Francfort ou Rome?

Ce sera Rome! Un monsieur, justement, vend des places sur Air China. Au comptoir d’Air China, le steward se décarcasse pour trouver des places sur le vol Rome/Paris Air France ou Alitalia– sans succès.

Nous ne serons pas expulsées de l’aérogare, nous partirons pour l’Europe! Cela va nous coûter cher! mais pas tant que cela. L’avion décoré par des fleurs roses est tout mauve à l’intérieur. Les repas sont excellents. Nous avons un hublot! A 19h30 nous serons à Rome, avec les montagnes afghanes en prime!

Mais il faudra choisir entre le Hilton et les banquettes bien dures de l’aérogare romain pour partir le lendemain vers Orly!

Morale de l’histoire : bien noter les horaires!

Mais aussi noter que l’Inde est bien différente de l’Europe : les règlements de sécurités y sont draconiens de la présence dans les aérogares à l’utilisation des téléphones mobiles : puce indienne obligatoire! Et pour obtenir cette puce il faudra un domicile en Inde (l’hôtel suffit) une photo d’identité et des photocopie du passeport..