Une affaire familiale au Palais de Justice m’a fait découvrir le Parc des Batignolles par cette matinée de printemps très ensoleillée. Plaisir de la promenade dans les arbres en fleurs.
palais de Justice
Plaisir aussi de découvrir tout un quartier qui a surgit de terre cette dernière décennie.
façades variées
Et comme l’heure du déjeuner était arrivée, nous nous sommes installés en terrasse au restaurant argentin Palermo à proximité du marché des Batignolles, Rue des moines, très animée et plus traditionnelle.
Palermo
Qui dit « argentin« , dit excellentes grillades d’Angus . A la carte empanadas délicieuses ou ceviche. Une boutique adjacente vend également des produits exotiques et des empanadas à emporter.
EXPOSITION TEMPORAIRE DU 7 février au 12 avril 2026
Ocean’s lament
Le parcours de l’exposition commence dans l’Auditoirepar une vidéo : une femme dans le cercle d’un grand hublot contemple l’océan agité. Au About de quelques minutes, je sens le mal de mer. Mon cerveau ne sait plus interpréter les repères entre la figure immobile et l’eau mouvante. Déstabilisation océanique.La suite est à l’intérieur de l‘Orangerie. Deux tables au centre de la pièce, des photos et des objets aux murs.
La médiatrice me conduit à l’installation Ocean’s Lament. Aucune explication, elle me conseille de respirer, sentir l’odeur qui se dégage, puis de deviner l’origine de ces petits tubes crème montés somme les perles d’un improbable collier. Ce sont les tubes de pipes des marins provenant de la vase de la Tamise. J’ai déjà lu quelque chose sur les trouvailles dans les sédiments de la rivière à Londres. Combien de tubes? combien de pipes? combien de marins? de voyages transatlantiques? Cette matière première fait rêver et se relie au titre « Des océans et des ombres »
Une sorte de tapis tissé de cylindres rouge et blancs évoque clairement les bandes du drapeau étatsunien. Ce n’est pas un hasard. Nadia Myre est canadienne et algonquine; ses œuvres mettent en évidence les mémoires et les héritages coloniaux. les cylindres sont en céramique fabriqués par l’artiste elle-même
After the fire
les douze photos carrés au même motif m’interpellent : de loin je crois voir des radiographies de poumons . Quand je m’approche j’ai la surprise de découvrir des mocassins, des chaussons d’enfant sagement rangés par paire; la médiatrice m’explique qu’ils ont été trouvés dans une institution où sont morts de nombreux enfants enlevés à leurs parents autochtones pour être élevés par des soeurs. Histoire poignante de ces enfants enlevés, acculturés, puis décédés.
chaussons d’enfants
Un objet est la clé de l’installation : le wampum . A l’origine le Wampum est un collier de coquillages porté parfois comme une écharpe ou une ceinture. Le Wampum symbolisait un accord, un traité comme un document signé ou un sceau. Les colons britanniques ou français rapportèrent des wampum témoignant de la conquête de territoires autochtones
nadia myre : wampum
la plasticienne s’est inspirée de cet objet traditionnel pour construire cette installation. Les perles sont ici en céramique, comme dans le tissage à rayures rouge et blanches. Le collier de tubes de pipes procède probablement de la même inspiration.
Des plumes en porcelaine blanches rappellent encore les traditions algonquines.
Cette installation m’a fait beaucoup voyager, elle m’a aussi émue
Chamarande est un village de l’Essonne situé à une cinquantaine de kilomètres de Paris non loin d’Etampes accessible en voiture par la RN20 et en train par le RER C, la gare se situe tout près du domaine. en revanche, se munir de son pique-nique, pas de commerces ni cafés au village, seulement une boîte distributeur de pain, qui a volé mes 2€ et pas délivré la baguette attendue.
Château de Chamarande côté cour
Le château (1654)d’architecture Louis XIII, briques et pierre, toit d’ardoises, parfaitement symétrique. Il abrite les Archives départementales et un centre d’Art Contemporain. Il ne se visite pas actuellement (en travaux, ouverture prévue 2028). Les expositions sont dans l’Orangerie : du 7 février au 12 avril 2026 Nadia Myre : Des océans et des ombres.
Le Parc des 98 ha offre plusieurs parcours de promenade avec des bornes commentées et même un QR code pour encore plus d’explications. Il est équipé nombreuses tables de pique-nique ainsi que de parkings (obligatoires parce qu’on ne peut pas se garer dans le village).
L’église de Chamarande
Avant d’explorer le domaine, le village mérite un détour à pied. Il est ravissant et très calme.
Du parking, j’ai découvert le grand potager aménagé au XVIIIème siècle par Pierre Contant d’Ivry qui a dessiné le jardin à la française. Carré, enclos de quatre murs de pierre palissés de vieux arbres fruitiers en espaliers, il était cultivé selon un plan original où des losanges remplacent les carrés habituels. Plusieurs bassins ronds étaient prévus pour l’arrosage. on y cultivait les légumes consommés au château, pois, fraises….
L’auditoire
L’auditoire n’était pas un pavillon d’agrément mais le lieu où se tenaient les audiences de justice. C’était le symbole de la puissance de la Noblesse sur les bourgeois. Le seigneur, propriétaire du château avait droit de justice. Sous le bâtiment se trouvaient deux cachots.
A côté de la belle grille, on a construit une grande volière semi-circulaire. Un peu plus loin, l’Orangerie. Pierre Contant d’Ivry a aménagé le parc en 1737 avec plusieurs fabriques et pavillons d’agrément.
le Pavillon des grâces, est une curieuse construction, plutôt un abri pour s’isoler. Il est défiguré par une statue rouge figure biface assez grossière due à Elmar Trenkwalder. Les grâces auraient été effrayées par cette horreur.
Je découvre la glacière partiellement enterrée pour conserver la glace nécessaire pour les sorbets et rafraîchissements.
jeu de l’Oie
Le Jeu de l’Oie (1742)se pratiquait à l’extérieur suivant deux allées circulaires bordées de dalles matérialisant les cases. Des buissons, des petits charmes, des boules de graminées bordent le parcours tandis que des petits cyprès graphiques rythment le jardin. Les restaurations datent de 1999 et 2018. Au centre se trouve une oeuvre contemporaine : un marbre de Denis Macrez
Denis Macrez : corps en éclosion
C’est l’œuvre contemporaine que j’ai préférée.
« corps en éclosion, en devenir, un corps qui se fond dans la roche, dans le bloc de marbre en disparaissant et en retournant aux origines »
J’ai été beaucoup moins sensible aux diverses installations présentées dans le parc.
le belvédère
Le Belvédère,1745, perché sur un tertre artificiel, domine le paysage ; il était dédié à la détente, pavillon de chasse et de musique où l’on donnait des concerts et des collations;
L’allée s’engage dans une partie plus sauvage du parc, une forêt de très beaux arbres. On devine de loin la grande perspective avec le château.
canal des houx, plus de houx, ce sont des platanes
En descendant j’aboutis à la Juine et au marais parcouru de canaux ménageant des perspectives et des tableaux d’eau et de végétaux comme l’île artificielle à la jonction de deux canaux bordée des racines des cyprès chauves
île artificielle
je longe un moment la Juine, affluent de l’Essonne assez large qui permettait le transport local avant l’arrivée du chemin de fer en 1850. Retour au château par le Canal des amoureux en cherchant les sculptures contemporaines cachées (un vieux camion, une feuille d’acier Corten pliée : Busto N°7 de Francesco Moreti) et d’autres réalisations du même acabit : grandes plateformes en croix blanches Troisième système de Bert Theis en référence au jardin à la française (?) et pire s’inspirant du Plan pour la ville de Paris de e Corbusier (1922) !
Echelle 1.0 de Phiklippe Ramette
Non! ce ne sont pas des couvreurs géants qui font la réfection des toits et qui ont posé une échelle disproportionnée. C’est une sculpture qui est censée offrir une illusion d’optique en laissant imaginer au spectateur que le château aurait rapetissé. Pour l’art contemporain, je fais des efforts mais je ne pige pas toujours.
Platane Hybride
je préfère laisser le dernier mot à la nature et au Platane Hybride qui se marcotte
Silas Marner est tisserand dans un village des Middlands.Seize heures par jours, comme une araignée, il tisse dans sa maisonnette isolée. Etranger au village, de physique peu séduisant avec ses yeux proéminents, c’est un personnage marginal, un peu craint, suspect aux habitants de Raveloe. Avant d’arriver au village, il vivait dans une communauté religieuse d’où il a été banni, accusé à tort de vol. Il s’est refermé sur lui-même. Tisser du lin, rapporte bien; Avec son travail acharné, Sileas Marner a accumulé un trésor. Sa seule satisfaction est de contempler les piles de pièces d’or.
Le début du roman est sombre. Le personnage étrange, peu attirant. Les villageois ne sont pas plus gais. Le squire Cass, le personnage le plus important du village, et ses fils, ne sont pas plus sympathiques. Dunsey, exerce un chantage auprès de son aîné, Godfrey qui cache un sombre secret. Le roman s’enfonce dans le mystère des sentiers creux, des bois touffus où les nobles chassent.
Silas découvre le vol de son trésor. Désespéré, il va à l’auberge chercher son voleur. Paradoxalement, cet évènement lui gagne la sympathie des villageois.
Conte de Noël? Pendant le Réveillon, dans la campagne couverte de neige, une pauvre femme meurt de froid à proximité de la maison du tisserand. La petite fille qu’elle portait trouve refuge devant l’âtre de Sileas Marner. Les boucles blondes de l’enfant se confonde avec l’or perdu. La petite fille devient le trésor du tisserand qui l’adopte. Elle éclaire littéralement le récit.
J’ai été charmée par ce roman, dans la même veine que La Petite Fadette mêlant la description de la vie rurale, juste avant que l’industrialisation ne s’installe. L’usine qui s’installe dans l’ancienne ville de Silas montre que la modernité bouscule l’ancien monde. Cette campagne anglaise est encore imprégnée de mystère comme dans un conte.
La promenade commence à la Gare de Maisons-Alfort/Alfortville . La voie ferrée arrivée en 1849, avec la Seineet la Marne peut commencer une industrialisation dans la plaine qui est encore maraîchère. Notre petit groupe s’engage dans des rues tranquilles entre petits immeubles de brique et pavillons de meulière.
Patricia, notre guide, nous fait remarquer les appareillages de la maçonnerie, les constructions soignées : les joints décoratifs entre les gros moellons de meulière où les maçon ont coincé des petits morceaux, ou les dessins des briques, panneresse(brique dans la longueur) et boutisse(petit côté), décors avec des briques formant des frises. Forsythias éclatants dans les jardins et un magnolia à l’envers des pétales d’un beau violet.
Cité petit Guyon, pavillons de brique et un immeuble
Avec ses nombreuses industries, alimentaires, pharmaceutiques, Spécia devenu Sanofi, Springer, imprimerie Cino Del Duca, des immeubles logent les travailleurs, la petitecité Guyonen briques des années 1930 comprenant des pavillons mitoyens et un grand bâtiment de brique. Parallèlement à la voie ferrée des hautes barres plus récentes des années 60.
A la place de la grande imprimerie Cino Del Duca, un parc s’étend de la RN6 à la voie ferrée, large prairie ouverte bordée de massifs bas avec de petits jardins et des jeux d’eau l’été. Après avoir traversé le parc nous découvrons la cité HBM :Square Dufourmantelle construit de 1930 à 1934 par les architectes André Dubreuil et Roger Hummel. 600 logements
Square Dufourmantelle
Plusieurs cours communiquent par des arches à caissons ou par des portiques carrés.
Les huisseries étaient métalliques, les décors rythmant les façades en fausse pierre blanche moulée sur place, ferronneries soignées. Dans les cours, des arbres et des bosquets faisaient des espaces de jeux pour les enfants et de socialisation pour les plus grands. Eau courante, toilettes, appartements de plusieurs pièces. Hygiénisme et confort inconnus pour les ouvriers à cette époque.
Nous nous étonnons de la belle tenue de cet ensemble de brique alors que les bâtiments de béton plus récents sont beaucoup plus dégradés.
Le petit chaperon rouge de Maurice Saulo
A l’arrière de la cité se trouve la gare du RER D Le Vert de Maisons et la future station du Métro Grand Paris Express ligne 15. CLIC
j’apprends à cette occasion l’origine de ce nom « Vert de Maisons » : le village de Maisons, devenu au 19ème siècle Maisons-Alfort, était un relai de Poste important. Les chevaux de Poste se restauraient et se reposaient dans une vaste prairie « le Vert » sur l’emplacement actuel de la gare.
Groupe scolaire Jules Ferry
Un peu plus loin sur la Nationale 6,les mêmes architectes ont construit un imposant groupe scolaire dans le même style. Double école : Garçons/filles. Vu de l’arrière, il ressemble à un grand paquebot. Côté façade, un beffroi donne « l’heure laïque » (qui concurrence l’heure du clocher d’église).
Décor « Les contes de Perrault » de Maurice Saulo
le décor de l’entrée est particulièrement travaillé. Maurice Saulo reprend les contes de Perrault et on retrouve son Chaperon rouge . Une plaque nous apprend que ce groupe scolaire a été inauguré en 193 5 par le maire M. Champion(1901-1935) et … nom effacé, il s’agit de Laval. Son nom biffé et la plaque commémorative aux enfants déportés explique ce blanc.
Plus loin, sur la RB6, nous longeons les bâtiments de brique des usines Sanofi. Plus récents les briques ne sont que des parements mais le style du quartier est préservé.
Détour par l’église Saint Remi ou Saint Rémi, très ancienne, clocher de pierre de style Roman, avec des vitraux modernes réussis.
levure Springer.
De l’autre côté de la route, l’octroi et le complexe des usines de levure Springer qui occupe une vaste surface. Légère déception, je comptais bien la visiter! L’entreprise Springer de Maisons Alfort fut fondée par un baron autrichien après son usine viennoise qui fabriquait de la levure à partir de la fermentation des céréales. En 1926, bouillons, maintenant divers arômes alimentaires sont produits. Tout le monde connaît cette usine et les relents qui s’en dégagent par mauvais temps, l’odeur de Springer annonce la pluie, météo locale! Des bœufs allaient à la Seine chercher le grain pour la fermentation, de cette époque il reste le nom de Pont aux Boeufs juste en face.
Dans le petit Château de Réghat un musée d’histoire locale est tout à fait intéressant. Il raconte l’histoire de Maisons Alfort avec des photos, des gravures, des petites boutiques reconstituée des anciens métiers. Les documents sont très nombreux ainsi que les objets made in Maisons-Alfort
Epicerie ancienne et produits locaux.
Il faudrait ajouter aux biscuits la Suze.
Un grand merci à Patricia Castéjon Gélibert, notre conférencière à qui je fais une publicité désintéressée, mais bien méritée : Bulle de culture, tourisme et loisir CLIC
Avant d’entrer dans l‘Arboretum, le détour s’impose dans le très joli jardin de L‘Île Verte : une petite pièce d’eau, une maison moussue, des tonnelles et un jardin aromatique. Il faut suivre les toutes petites sentes, monter des marches, découvrir des coins romantiques.
magnolia
En ce printemps précoce de début mars, magnolias et camélias sont en fleurs. Dans les pelouses des jonquilles et des primevères jaune pâle, roses.
maison de Chateaubriand : camélias
la façade de la Maison de Chateaubriand est ornée d’une rangée de très hauts camélias, certains blancs, certains roses. En semaine la maison est ouverte l’après-midi (sauf lundi) le week-end aussi le matin de 10h à 12h.
Chateaubriand par Nacéra Kainou
la Maison de Chateaubriandest meublée avec beaucoup de raffinement. Chateaubriand fit l’acquisition de la Vallée au Loup avec sa femme Céleste à la suite du succès d‘Atala.
L’exposition s’intitule ATALA 1801 Voyage illustré au coeur d’un roman elle est prolongée jusqu’au 29 mars 2026
Edition originale illustrée de gravures
Ecrit à la suite du voyage deChateaubriand en Amérique Atala a inspiré de nombreux artistes. Dessins, gravures, peintures, sont présentées à l’étage. Des cartels racontent les différents épisodes du roman.
Horloge et tableau
Papier peint, toile de Jouy, horloge, rien n’échappe à la mode Atala.
maintenant, il ne me reste plus qu’à lire Atala!
La maison mérite une visite même s’il n’y a pas d’exposition, je me souviens bien de la salle à manger, la table dressée avec une très belle vaisselle. Les instruments de musique, le tableau de Madame Récamier…mais j’avais oublié le très bel escalier provenant d’un bateau rappelant les origines bretonnes de Chateaubriand
Escalier de marine
J’espérais trouver l’Arboretum plus fleuri. Il est encore hivernal. En revanche les arbres remarquables en sont encore plus spectaculaires : un châtaignier porte des rejets d’une bonne dizaine de diamètre, un séquoia est énorme (comme tous les séquoias) un cèdre pleureur abrite toute une placette.
Pour la floraison des arbres fruitiers il faudra revenir dans quelques semaines. Quant à la collection de bonsaïs que j’avais très envie de voir, elle n’est visible que l’après-midi.
Le 3 janvier 1975 : Inauguration de la Maison des Arts et de la Culture. La silhouette originale est l’œuvre de l’architecte Jean Faugeron
Polychromie d’Yvaral
Depuis plus de 40 ans, j’ai fréquenté régulièrement la MAC avec mes élèves et pour le plaisir. Théâtre, danse, musique et rencontres. Plaisir de retrouver anciens collègues, anciens élèves. Surprises de troupes en tournées. Rendez-vous annuels avec Mourad Merzouki, Angelin Prejlocaj, Montalvo, Blanca Li…
En mars, Festival de Films de Femmes, cette année, la 48ème édition a disparu en catimini. Privé de subventions de la Région, il a été « différé »(?) supprimé(?) sans aucune explication. C’était pourtant un rendez-vous important où j’étais sûre de retrouver des copines de longue date…
Bonne surprise que ce Jubilée .
La séance de 20 heures a commencé avec une heure de retard, occasion d’évoquer les spectacles qu’on a aimés, se souvenir des plus marquants, des plus anciens.
Théâtre de carton : lac des cygnes
Olivier Martin-Salvan et son complice Clément Deboeur ont joué les maitres de cérémonie avec des intermèdes hilarants et leur théâtre de carton. Pirouettes, musique, chansons à grand renforts de panneaux de carton ondulé.
Un grand écran en guise de rideau pour projeter BOLERO.S de Mehdi Kerkouchetourné sur l’esplanade entre la MAC et la Mairie.
Eric Reinhardt a fait une lecture de« L’Imparfait » paru dans la collection de La Nuit au Musée, nuit dans la Galerie Borghèse.
Puis un extrait du spectacle Requiem(s) du Ballet Prejlocaj
Un extrait aussi du spectacle de José Montalvo en avant-première. Versailles et Créteil, savamment mixé avec une grenouille géante…. pour le plaisir un extrait de son spectacle Gloria qui est passé à la Mac il y a quelques temps
Et après encore des pitreries et plein de cartons le long de la Ligne8 du métro tous les artistes, le personnel de la Mac est appelé sur la scène pour un final endiablé
Un bal a suivi le spectacle, mais pour nous il était temps de rentrer. Ravies
Dès l’entrée Picassonous éblouit avec sa Tête Rouge , tellement parfaite. En face un Minotaureesquissé sur un grand tableau coloré. Ils sont tous là, ceux qu’on attendait : Matisseet un collage bleu de la danse, Modiglianidessin et tête sculptée. Et puis Chagallque j’aime tant, moins attendu dans ses évocations de sa Russie natale, 6 dessins (1911) comme un roman graphique de son enfance.
Chagall: ma mère au four à pain
Moins attendus, cette série de Balthus, illustrations des Hauts de Hurlevent
Balthus : hauts de Hurlevent
Voyage en métro très coloré pour Dubuffet (11 planches)
Dubuffet : voyage en métro
Derain, Fernand Léger, Kupka, Giacometti, Camoin, Cocteau, et j’en oublie. Comment choisir? J’aimerais les garder tous. Dessins mais aussi caricatures pour certains : Ubu par Rouault
Derain : Femmes
Je suis restée scotchée dans la petite cellule où est projetée l’animation Other Faces de Kentridge
En face de Kentridge le thème de la cimaise est « Hurlements » qui pourrait également caractériser la vidéo où on voit littéralement le personnage cracher ses hurlements à la figure d’un autre.
George Grosz, déjà en 1920, dans Volkes Stimme ist Gottes Stimme dénonce la violence nazie, déjà la croix gammée figure sur la tasse.
Grosz Volkes Stimme ist Gottes Stimme
Julio Gonzalez(1941) a dessiné des femmes criant, cris aussi de Basquiat
Balbutiements est le thème suivant illustré par 4 œuvres de Paul Klee et Alechinsky avec une série de dessins danois et néerlandais que je ne connaissais pas. Inconnue de moi Miriam Cahn et bien dans le thème des gribouillages d’Henri Michaux.
On monte à l’étage pour découvrir des œuvres plus déroutantes, moins connues (de moi) pas seulement du dessin mais aussi des performances de dessins à l’aveugle, de danse avec Trisha Brown.
Brion Gysin
Influences orientales et calligraphies, près de Zao WouKi
4 mains
j’aurais dû citer Penone, Tapiès,
Et voici dans al section Superposer reviennent Picasso, ,Juan Gris, Braque, Fernand Léger et Picabia pour ne citer que les plus connus. Dommage que l’exposition ferme bientôt ses portes. Je serais volontiers revenue pour faire connaissance avec ceux que je découvre.
A la suite du dernier dérapage de Mélanchon au sujet de la prononciation du nom « Epstein » dont l’humour m’a rappelé les calembours de Jean-Marie Le Pen. A quelques jours des élections municipales où se pose le vote pour LFI (aux Législatives cela ne m’avait posé aucun souci de voter Guetté (LFI) dans le cadre de la NUPES), j’ai lu en urgence Passion antisémite de RichardMalka.
Passion antisémite est la publication de la plaidoirie dans le procès opposant Raphaël Enthoven à Manuel Bompardqui a porté plainte pour insulte, à la suite d’un tweet publié suite à l’exfiltration de Raphaël Glucksman, le 1er mai 2024 à Saint Etienne
« Pour justifier la qualification de LFI de « mouvement détestable, violent, complotiste, passionnément
antisémite, de club de déficients, tellement cons »… il me faut établir que ces propos relèvent d’un débat d’
intérêt général et que nous avons quelques éléments factuels pour considérer que LFI répond à ces
qualificatifs. Commençons notre analyse… »
Richard Malka va analyser d’abord en quoi la diffamation concerne particulièrement Raphaël Enthoven et non pas tous les autres qui ont dénoncé l’antisémitisme de LFI .Pourquoi lui et non pas les intellectuels et universitaires qui sont signé une tribune dans le journal Le Monde? Pourquoi pas Robert Hirsch, encore dans une tribune du Monde, pourquoi pas Aurore Bergé? ou Philippe Val, ou même Clémentine Autain….tous ont dénoncé l’antisémitisme.
C’est un procès monstrueux dont vous êtes saisi. Un procès visant à interdire aux victimes de l’antisémitisme de désigner leur bourreau. Un procès visant à décerner un brevet de non-antisémitisme à un parti politique et à neutraliser toute réponse immunitaire à un cancer qui se répand. Tout cela en évitant tout débat par le recours artificiel à la qualification d’injure plutôt qu’à celle de diffamation et en ne se déplaçant même pas.
Pas à pas, l’avocat va étudier mot à mot les termes de la plainte. Il ne va pas s’étendre sur le qualificatif de « détestable« , que les militants utilisent abondamment « tout le monde déteste le Parti socialiste », ont-ils chanté…
« Violent » est plus intéressant.
-Voilà un parti dont le grand timonier hurle qu’il est « le bruit et la fureur » et il fait un procès quand on fait état de la violence de son mouvement? C’est une farce?
Là, je ris aussi; je ne savais pas qu’une plaidoirie pouvait être aussi drôle. Je n’ai pas l’habitude des prétoires. Malka va donner du « factuel » : énumération de déclarations injurieuses vis à vis de la Presse écrite, entre autres ou des journalistes de télévision. Egarements ou trouble comportemental.
Il démonte rapidement les « complotisme » et « déficient »qui ne relèvent pas de l’outrage.
Plus intéressant, plus fouillé, moins drôle, le volet « passionnément antisémitisme » occupe une bonne partie du livre.
Pourquoi m’être autant impliqué ? Pourquoi publier ? Parce que ce qui se joue dans ce dossier dépasse de loin
le seul cas de mon client. À travers lui, c’est la question de l’antisémitisme de gauche qui est posée et plus
largement le retour de la question juive qui décide en partie de notre avenir politique, éthique, civilisationnel.
Il faut témoigner d’un moment de notre histoire, d’une inquiétude, d’une blessure menaçante,
potentiellement fatale pour notre société. Il faut témoigner parce que je crois à la bonne foi et à l’esprit
critique. Il faut témoigner pour que l’ignorance ne soit pas une force.
L’antisémitisme ne se résume pas à la Droite ou à l’Extrême-Droite. Un antisémitisme de gauche a existé et va chercher les « bases factuelles » justifiant ces termes. Il démonte l’argument du déni de l’antisémitisme par Mélanchon
Contrairement à ce que dit la propagande de l’officialité, l’antisémitisme reste résiduel en France. Il est en tout cas totalement absent des rassemblements populaires. » Cette déclaration, devenue fameuse, est un véritable négationnismeles
Il invoque, à ce propos, les crimes de Mohamed Merah, la fillette de 12 ans violée parce que juive, et diverses falsifications de l’histoire. Dès le 19ème siècle l’antisémitisme de gauche s’est exprimé, avec Proudhon et même Marx, Bakounine, Duclos invectivant Mendès France, pour aboutir à Garaudy, le négationniste.
ce n’est pas grave non plus de publier des affiches de propagande authentiquement nazies s’inspirant du Juif
éternel de Goebbels pour représenter l’animateur Cyril Hanouna
Richard Malka produit des statistiques portant sur l’antisémitisme des jeunes, à l’extrême droite, comme à l’extrême-gauche. Statistiques également de l’explosion de la judéophobie, des agressions contre les juifs. Aussi du concept de double-allégeance opposant les juifs d’un côté et les Français de l’autre.
l’occasion du refoulement de Rima Hassan d’Israël, la « diaspora » se voyait en effet enjoindre par le leader
insoumis de « protester, en solidarité des Français pour les représentants de leur pays quand ils sont
maltraités ». Il oppose ainsi les juifs, réduits à une diaspora, d’un côté, aux Français de l’autre. C’est de l’
antisémitisme à l’état chimiquement pur.
En quelques mois seulement, la passion obsessionnelle des Insoumis a transformé des Français en juifs. L’
extrême droite n’y était pas parvenue en plusieurs décennies.
Et comme cela ne suffisait pas. Hier soir, sur Canal+ passait le film « L’Amour c’est surcoté », film de potes de banlieue, comédie de stand-up. Et qu’est ce qui réunit les copains? Ben justement les blagues sur les juifs, ben voyons! Avec les réflexions misogynes et homophobes. Mais les Juifs c’est encore plus rigolo! Bien sûr rien à voir avec LFI, mais quand même l’antisémitisme dans les banlieues, c’est porteur….
Voici la première récapitulation des lectures autour de La Petite Fadette et Le Moulin d’Angibault pour George Sand et Le Moulin sur la Floss pour George Eliot. Bien sûr, nous n’avons pas été déçues! Chacune a ajouté de son côté une ou plusieurs autres oeuvres.
Pour la prochaine édition, j’espère que d’autres blogueurs et blogueuses nous rejoindront.
Au programme de mars : Silas Marner de George Eliot et un roman champêtre de George Sand