Réserve ornithologique du Teich, déjeuner à Larros, sentier côtier

MARS ATLANTIQUE -ARCACHON

Le Teich, réserve ornithologique

Le Teich est une commune au sud du Bassin d’Arcachon là où la petite rivière L’Eyre forme un delta.

 Le Parc ornithologique est payant (9.80 €). Un circuit de 6 km est organisé sur des chemins de planches, des sentiers bien entretenus de gravillons blancs et allées sableuses avec de nombreux affûts d’observation. 6 km, mais avec les détours, le podomètre en marque 8. Compter 2h30 à 3h de visite, et même plus pour l’observation des oiseaux.

Nous traversons différents milieux : rivière sous couvert forestier, grandes pièces d’eau rectangulaires, chenaux et bassins vaseux peu profonds. Les affuts d’observation sont très bien aménagés : belles cabanes avec des ouvertures horizontales à différentes hauteurs avec des tablettes bien pratiques pour les photographes, planches illustrées de détermination des espèces d’oiseaux. Pour l’optique, il vaut mieux apporter son matériel, longue-vue et jumelles, on peut aussi emprunter des jumelles. De nombreux panneaux renseignent les visiteurs sur tout ce que vous voudrez savoir sur les oiseaux d’eau. Certains sont passionnants. Il y a beaucoup à lire (à tenir en compte dans le temps de promenade).

marais vase

Sur le circuit, une vingtaine de points d’observation. Ne pas s’entêter si les oiseaux ne sont pas là, il y en aura sûrement une concentration ailleurs ! Ne pas oublier d’éteindre le portable et chutchoter. Les ornithos ne sont pas bavards, sauf pour échanger sur les déterminations des oiseaux.

La Réserve du Teich se trouve sur le parcours des grandes migrations.

Il faut tenir compte des saisons (les calendriers des présences sont affichés). Tenir compte également de l’heure : certains oiseaux quittent les lieux pour se nourrir ailleurs. Les canards s’alimentent volontiers le soir et dorment en plein midi. Les marées jouent aussi leur rôle à marée basse les limicoles préfèrent l’estran dégagé du bassin et ne reviendront qu’à marée haute sur la réserve. Autre paramètre : la hauteur de l’eau. Un système de bondes et d’écluse régule la profondeur optimale. Enfin : la salinité. La rivière apporte de l’eau douce qui se mélange à l’eau du Bassin.

Toutes ces variables expliquent la diversité des observations.

l’abreuvoir

Le premier affût est spécial : on y accède par un sas fait par des rideaux noirs, une glace sans tain permettant de surveiller sans être vu un abreuvoir, bassin carré peu profond, miroir d’eau. Beau dispositif mais il n’y a personne. Pas étonnant, l’eau est partout, pourquoi viendraient ils plutôt ici que sur la rivière toute proche ou dans les flaques.

Les affuts suivants sont décevants. Pendant ma promenade, j’écoute les passereaux dans les arbres très bruyants ; il n’y a pas encore de feuilles. Une surprise : en grimpant un escalier d’un affut dominant un plan d’eau, je tombe nez à bec d’une mésange qui s’envole quand je sors mon téléphone.

La promenade se déroule entre deux haies d’aubépine fleurie, un enchantement qui me fait penser à Marcel Proust à Combray.

le sentier entre les haies d’aubépines fleuries

 

Enfin un rassemblement de canards : colverts, chipeau et sarcelles d’hiver. Au fil de la promenade je rencontre d’autres sarcelles. Tous els canards dorment la t^te sous l’aile, pumage gonflé près des nids en construction. C’est amusant d’assister à la sieste des canards mais cela ne facilite pas la détermination des espèces.

la sieste des canards

Quand le sentier se rapproche de la côte, les limicoles font leur apparition. Les  bécasseaux sont bien  bruns, peut-être des barges qui sont signalées sur les panneaux, mais les becs sont beaucoup plus longs. Des limicoles gris sont tassés les uns contre les autres à la limite de la portée de mes jumelles, bécasseaux, pluviers ou gravelots à collier interrompu ? Impossible de les distinguer sans longue-vue. Je regarde avec envie les ornithos « pros » vêtus de treillis qui portent des téléobjectifs impressionnants, des bazookas !

Gujan Mestras Port de Larros

Nous retournons au Port de Larros. La terrasse de L’Annexe de la Marine est accessible PMR avec un plan incliné. Le plat du jour : tortilla au chorizo et moules frites 16€50. Je commande de la friture d’éperlan qui sont servies dans un cornet comme les frites. Les moules sont excellentes du persil et de l’ail sont haches très fin dans une émulsion de jus de moule et d’huile d’olive. Délicieux.

Les flèches jaunes de bois de randonnées pédestres signalent le sentier côtier vers Le Teich. La balade commence mal : les marques rouge et blanches de GR ont été recouvertes de peinture blanche. Pas de sentier, une chaussée goudronnée entre des hangars et des entrepôts en ruine. Assez déprimant.

 

Le Port du Canal est un port ostréicole plus petit et moins touristique que le Port de Larros, les cabanes de bois n’ont pas été repeintes. Un écriteau raconte l’histoire de chaque port qui est l’œuvre du travail de l’homme. Les colons de la Compagnie Ouvrière de la Colonisation des Landes de Gascogne, en 1850, ont creusé un canal menant à l’établissement de bains des Mestras. La première vocation de ce port fut donc balnéaire. Large de 10 m, il ressemblait à un canal. Il fut ensuite transformé en port de pêche avec le creusement d’une darse. Un autre canal a été consacré à l’ostréiculture. Information intéressante, mais toujours pas de GR.

Un chemin le long des cabanes me conduit à un autre port : le Port de la Barbotière, le port le plus ancien de Gujan qui date du XVIIIème siècle, relié aussi à un établissement de bains d’où son nom. Sur place, un beau terrain de boules très animé avec son chalet. Des chantiers navals aussi et le grand Lycée de la Mer.

J’avais définitivement perdu l’espoir de trouver le sentier littoral quand deux dames chaussées en randonneuses m’expliquent comment le rejoindre : derrière l’internat du lycée, un chemin longe la baie. Bordé de haies, très agréable et bien fréquenté. Il faut retourner à la route pour trouver le dernier et plus petit port de Gujan-Mestas : le Port de la Môle. Ensuite le sentier continue jusqu’au Teich entre ses aubépines fleuries.

Pour mourir, le monde – Yan Lespoux

BOOKTRIP EN MER

Hors délai pour le BOOKTRIP EN MER je remercie tous les marins du Challenge de m’avoir donné envie de lire ce livre : Claudialucia, keisha, fanja

Les aventures et les naufrages ont accompagné ma semaine à Arcachon et dans les Landes du Médoc . Le décor, dunes, marais et forêts, était planté sous mes yeux. J’ai adoré la petite maison d’Hélène la sorcière:

Les pins, ici, sont plus clairsemés, et après eux apparaît une maison étrange. Elle est faite de planches grossières et de poutres, de pièces de bateaux, et son pignon tourné face à l’ouest a presque disparu sous le sable qui s’amoncelle. On pourrait monter cette dune pour marcher sur le toit où une cheminée dégage une fumée grise rabattue par le vent. Derrière, le haut d’un pin fourchu émerge d’une autre colline de sable, et plus loin on peut voir des troncs morts. Des têtes d’arbres auxquelles s’accrochent encore quelques aiguilles marron sortent du sol. Tout un monde semble avoir été englouti,

Le naufrage de la caraque portugaise en janvier 1627 sur les côtes du Médoc a vraiment eu lieu et a été documenté, c’est un fait historique même si l’ouvrage est une fiction. 

Même si le Royaume du Portugal est tombé sous la tutelle de l’Espagne, même si la domination de la flotte portugaise est contestée sur les mers par les Anglais et les Hollandais il reste assez de fierté à Dom Manuel de Meneses, le Capitaine-mor, pour engager la flotte portugaise dans des aventures sur tous les continents connus alors : Europe, Afrique, Indes, Brésil.

« Il allait donc falloir se préparer à un combat déséquilibré et, éventuellement, pensa Fernando, prier pour trouver un morceau de bois auquel s’accrocher si le bateau venait à couler. Le genre de prière qu’il était plus facile de voir exaucée que celle qui aurait consisté en un apprentissage accéléré de la natation. Car si les prêtres enseignaient la prière et organisaient même des concours en la matière pour tuer l’ennui et détourner les hommes du jeu, si les officiers enseignaient le maniement du mousquet pour les mêmes raisons, si les soldats comme Gonçalo Peres vous enseignaient un peu malgré eux qu’il fallait toujours se tenir sur ses gardes, il ne venait à l’idée de personne, en embarquant pour un voyage de six mois sur des océans déchaînés, de vous apprendre à nager. »

Nous suivons les aventures de deux amis Fernando et Simao, soldats engagés en partance pour Goa, puis celles de Diogo, le fils de Nouveaux Chrétiens de Salvador de Bahia et de son ami Ignacio, indien Tupinamba, réunis après la prise et l’incendie de  Sao Salvador de Bahia par la flotte hollandaise et enfin la cavale de Marie, la landaise, qui a assassiné à Bordeaux un jeune noble qui voulait abuser d’elle.

Fernando et Simao, après leur engagement comme soldats tenteront leur chance dans le trafic des diamants. Histoire de tigre dans la jungle, prisons de l’Inquisition..

Ignacio et son arc, Diogo seront engagés par le Capitaine-mor à la suite d’une expédition des flottes portugaises et espagnoles pour déloger les Hollandais de Salvador de Bahia.

Voyages au long cours, naufrages, batailles navales et aventures sanglantes sur terre. C’est un roman d’action, picaresque, historique, très bien écrit et très distrayant!

 

 

la Dune du Pilat et la Plage de la Lagune

MARS ATLANTIQUE – ARCACHON

Dune du Pilat

Une journée magnifique se prépare. Nous passons derrière l’Office de Tourisme, montons dans la Ville d’Hiver et ses villas fabuleuses dans des quartiers huppés. Descendons côté mer par d’autres quartiers très verts aux villas plus récentes mais toujours luxueuses. Nombreuses ont adopté le style basque avec boiseries marron ou vertes et lettres au graphisme basque. Nous longeons la mer dans les quartiers des Abatilles eu Moulleau et du Pyla-sur-mer (je note que l’orthographe diffère de celle de la Dune du Pilat). Les panneaux routiers ne mentionnent plus la Dune, nous voici égarées. Le GPS nous remet sur la bonne route. On accède à la Dune du Pilat par l’arrière dans la forêt sur un immense parking payant (7€) très bien organisé et ombragé.

Un cheminement stabilisé conduit aux « chalets » de bois abritant l’Accueil, les toilettes, des salles de projection. C’est vraiment très (trop) bien organisé. Le souffleur d’aiguilles fait un boucan épouvantable. Les souffleurs de feuilles déclenchent ma fureur : aussi bien en février quand les arbres ont perdu leurs feuilles depuis longtemps qu’en Aout où elles sont solidement attachées aux branches. Les rangers du parc dans le bâtiment d’accueil ne comprennent pas ma colère ; « il faut que ce soit propre » me répondent-ils. En effet la forêt landaise ne tolère pas une aiguille par terre.

Banc d’Arguin

Le chemin de la dune est bien indiqué. A partir d’Avril, un escalier de bois facilite la montée. Je suis ravie qu’il ne soit pas encore installé. J’ai mes chaussures de randonnée, mon bâton de marche et monte à l’assaut des 100 m de sable sec. Bien sûr, je m’arrête pour reprendre mon souffle et prends des photos, genre arrêt photo et pas randonneuse qui flanche. En à haut du raidillon je suis éblouie par le sable fin, doré. Les courbes sont somptueuses, les arêtes durcies. Le sable vole, emporté par le vent. Il fait très froid. Les randonneurs sont habillés comme aux sports d’hiver avec parkas, capuches, bonnets et écharpes. La dune me fait penser aux pistes de ski. Je suis la ligne de crêtes. Sur l’arête, je ne m’enfonce pas. Sur ma droite, l’océan, la vue est somptueuse avec le Cap Ferret et le Banc d’Arguin. Comme la mer descend plusieurs bancs sont visibles formant des chevrons. En observant plus attentivement, je surveille les allers et retours des bateaux à fonds plats des ostréiculteurs. A gauche, c’est le désastre. Les mégafeux de  ont ravagé la forêt le long de la Dune du Pilat. Les campings se reconstruisent. Sans la verdure, les mobil homes de bois ressemblent à des barraques de chantier tassées les unes contre les autres. Cela ne fait vraiment pas envie. A mon retour, peu avant midi, le raidillon de la montée ressemble à une queue à l’enregistrement d’un aéroport. Des cars ont déversé des lycéens américains, espagnols, allemands qui se se pousse même pas pour me laisser passer en sens inverse.

Plage de la Lagune : ganivelles

La route de Biscarosse est bordée d’arbres calcinés. Les pins verts réapparaissent par bouquets. Les parkings des plages sont proches de l’eau. Pas de dune pour cacher la& mer au parking de la Plage de la Lagune. La plage est immense. Au nord une dune et avant quelques pins.

Sur le sable mouillé, je remarque quelques galettes noires. Un dégazage sauvage ? Les galettes ont de plus en qui craque sous mes pas ; plus grosses et noires. Je m’approche et reconnais la structure du bois. Ce n’est pas du mazout mais le bois brûlé transporté depuis les grands incendies de 2022 ou peut être arrivé récemment ? La dune est fixée par des oyats et d’autres plantes maritimes. Pour éviter le piétinement des ganivelles barrent le passage. Je m’amuse à dessiner les pins, le bois flotté qui sert d’appui aux vélos, les ganivelles et les graminées. Dessiner est mon grand plaisir même si le résultat n’est pas à la hauteur.

L’après-midi, je retourne marcher pieds nus dans l’eau. La marée monte. Je laisse l’eau me baigner les jambes avant le reflux. Parfois je marche sur la croûte sèche qui craque sous mes pas. Je n’arrive pas à imaginer la limite de cette longue plage du Pilat à Biscarosse, 17 km au sud. Les promeneurs sont plus nombreux, souvent avec leurs chiens. Quelques pêcheurs ont installé leurs cannes sur de hauts supports ; ils ont apporté fauteuils pliants, appâts et tout un matériel lourd.

Coucher du soleil Plage Pereire

Pour terminer cette journée ensoleillée pas question de s’enfermer à l’appartement même si Filip a réparé la télévision – nous avions vécu le bug comme une catastrophe. Nous allons attendre le coucher du soleil. Il nous faut une plage orientée à l’ouest. La plage Pereire est bien à l’ouest mais le Cap Ferret borde l’horizon. Elle est longée par une très jolie promenade que je me promets de revenir la parcourir.

Ballade pour Georg Henig – Viktor Paskov

LE PRINTEMPS DES ARTISTES 2025

Initié par La Boucheaoreille

 

LIRE POUR LA BULGARIE

C’est un très joli roman, très tendre, très délicat sur le thème de la musique, du travail du luthier, de l’amour du travail bien fait et de l’amitié.

Le narrateur, au début du roman, est un garçonnet qui a besoin d’un petit violon – un huitième. Son père, musicien à l’Opérette de Sofia,   le conduit dans l’atelier du vieux luthier tchèque. Le vieil homme et l’enfant sympathisent. Gueorgui, Georg – en Bulgare, fait figure de grand père pour l’enfant. Il insuffle toute sa confiance dans le « roi Viktor » qui deviendra sûrement un virtuose.

L’action se déroule dans Sofia des années 50. La maison des parents de Viktor a connu des jours meilleurs. Elégante villa Sécession, elle est devenue une maison close, elle héberge des familles déclassées où jalousie et alcoolisme entrainent des violences récurrentes. La mère de Viktor, d’origine bourgeoise est particulièrement amère . Elle rêve de meubler son intérieur d’un buffet.

Menuiserie et lutherie nécessitent le travail du bois et les outils du luthier pourront être utilisés. Le bois que le vieil artisan garde pour des violons à venir peut aussi servir. En cachette, Marin, le père vient dans la cave qui sert d’atelier  pour fabriquer le buffet. Marin met tous son cœur pour  son chef d’œuvre. buffet luxueux qui s’avère aussi musical :

 

Des voix cristallines s’écoulaient de la petite pharmacie, douces comme un baume. Les basses grondaient de la penderie, assombries et feutrées. Des thèmes et des motifs pour flûte se déroulaient du placard de gauche, comme des saucisses liées les unes aux autres. Du placard de droite parvenait le tintement triomphant des casseroles et des poêles, semblable à celui des cymbales dans les Danses polovtsiennes de Borodine : boum-ta ta, boum-ta ta ; le petit bar déversait les accords cristallins d’une harpe avec une douceur liquoreuse ; dans le tiroir, cuillères et fourchettes s’entrechoquaient énergiquement, comme des castagnettes dans un capriccio espagnol. Le buffet déversait une orgie musicale, il grondait, rugissait, tonnait, débordait ! Le quartier écoutait, frappé de stupeur, tandis que mes parents valsaient. »

Viktor ne fera pas carrière comme violoniste – plus tard il sera écrivain – mais l’amitié avec le « grand-père » perdure. Depuis longtemps, Gueorgui n’a plus de client.  Ses élèves, Frantisek et Vanda, ont pris sa place. Ils convoitent ses outils précieux. Bojenka, sa femme est décédée. Georg végète dans la cave, terrorisé par ses terribles voisins et leur chien. Seules les ombres viennent lui rendre visite. Quand Marin et Viktor viennent le visiter, Georg est presque mort d’inanition.

Comme s’il était le véritable grand-père, ils le rendent à la vie.

Alors que tous complotent, voisins, élèves et services sociaux, pour l’expulser, Georg se consacrera à son dernier chef-d’œuvre : un violon pour Dieu….

Ce court roman, si poétique, a été primé en Bulgarie et même à Bordeaux. Prix mérité! Une pépite.

Arcachon : front de mer, marché et petits ports ostréicoles des environs

MARS ATLANTIQUE – ARCACHON

la plage d’Arcachon

Nous rejoignons la corniche sur la mer piétonne et cycliste avec ses trois jetées. Les croisières-excursions pour l’Ile aux Oiseaux et la navette pour Le Cap Ferret partent de la jetée Thiers. Les passants sont chargés de cabas et paniers : le marché n’est pas loin : halle couverte, étals plutôt luxe. Sur la grande place les marchands ont installé des portants pour des fringues, attention, c’est de la qualité ! Une dame voilée propose du couscous, un pâtissiers des cannelés et des pasteis de nata, le foodtruck est une rôtisserie. Les cafés ont installé leurs terrasses. A 10 heures, il y a beaucoup de monde pour le café ! En face, discret : Carrefour Market. Les enseignes savent faire preuve de bon goût quand la clientèle et l’environnement l’exigent. La place et le quartier autour des Halles sont piétonniers, de grands parkings souterrains engloutissent les voitures.

Arcachon : jetée

La promenade a été refaite récemment, végétalisée. Deux pistes séparées : piétons et vélos. Des planches ont été installées le long de la plage. De nombreux joggers courent, des promeneurs déambulent. J’arrive au Port de Plaisance : des panneaux racontent qu’autrefois c’était un port sardinier. Plus loin des hangars pour les bateaux de plaisance.

Retour par le même chemin, 13 000 pas au podomètre, une dizaine de km A/R. Sur le front de mer parmi les petits immeubles se trouvent de très jolies villas aux boiseries peintes en bleu avec mosaïque ou céramique témoins d’un autre temps. Même les immeubles modernes ont respecté le bon goût qui caractérise Arcachon. Sous els beaux pins fleurissent déjà primevères et renoncules ;

Pique-nique à l’arrière du Port de Plaisance sur la Pointe de l’Aiguillon, fine presqu’île qui ferme le port ; la Capitainerie, à l’extrémité est un bâtiment original en béton brut ondulé. Ces derniers temps je m’intéresse beaucoup au béton !

port de meyran

Les petits ports ostréicoles de la rive sud du Bassin d’Arcachon, sont pittoresques. Nous essayons de coller au rivage en suivant le trajet du train. La route principale D650 est très urbanisée avec des boutiques de franchises moches tandis que le littoral est charmant : marais, cabanes multicolores, petits ports. Négligeant le Port de la Hume, nous aboutissons au petit Port de Meyran pas touristique du tout avec une guinguette bien sympathique. Des tuiles blanches sont empilées pour former des murets à clairevoie. Certaines portent des huitres incrustées comme des lichens. Je tente une promenade entre poches à huitres en plastique noir empilées, ferrailles rouillées, tables pour poser les poches. Ce désordre authentique m’inspirait, il n’en est rien sorti.

port de meyran : tuiles

Le Port de Larros est beaucoup plus pittoresque et touristique. Les cabanes ne sont pas soignées comme celles d’Oléron. Le bois accuse la patine, décoloré par le soleil et le sel des embruns. De nombreux ostréiculteurs organisent des dégustations dans des établissement du plus rudimentaires au gastronomique. A la carte, des huitres dont les prix varient selon la catégorie. Certains ajoutent pain et beurre et même pâté de fabrication locale. Si on est allergique aux huitres, le choix se réduit : crevettes et bulots mais pas partout. Pour les moules ce n’est pas la saison. Une longue digue pavée se termine par un Christ en croix. Les promeneurs sont nombreux, locaux ou bordelais, venus en famille avec poussettes et tricycles. Foule bien sympathique et gaie. Sortie du dimanche avec dégustation. Comme il fait soleil, nous restons longtemps à regarder la mer monter dans le chenal en se promettant de revenir y déjeuner.

Gujan – port de Larros

 

 

l’Expérience de la Nature – les Arts à Prague à la cour de Rodolphe II au Louvre

Exposition temporaire jusqu’au 30 juin 2025

Arcimboldo : Portrait de Rodolphe II en Vertumne

Rodolphe II (1552 -1612) fils de Maximilien II, fut Roi de Hongrie, roi de Bohème et Empereur du Saint Empire Romain Germanique en 1576, le « plus grand mécène du monde » 

Hoffman : Lièvre entouré de plantes (1585) d’après Dürer

1ère partie de l’exposition « Décrire le monde » présente une collection d’aquarelles et dessins ainsi que des livres savants

Hoefnagel : Scarabée éléphant

Ces planches sont de toute beauté et sont digne d’une encyclopédie naturaliste. Le chardonneret s’inspirant aussi de Dürer, taille réelle aquarellé vaut le déplacement.  Il y a aussi le livre savant Gemmarium et Lapidarium

Compendium astronomique

 

En face, c’est la mesure de la Terre et de l’Univers qui réunit les astronomes aussi fameux que Tycho Brahe qui tente de concilier l’héliocentrisme de Copernic avec les théories de l’Eglise, et Johannes Kepler qui met en évidence le mouvement elliptique des planètes.  on peut voir les calculs de ces savants sur de gros livres. Mais surtout les instruments : sextants, compas, sphères armillaires… décorent les rayons, le compendium réunit en une boîte plusieurs instruments de mesure. 

Une salle est appelée Allégorie à l’époque on pensait que la Nature s’exprimait par un langage secret et par la Magie Naturelle qui s’intéressait à l’optique au magnétisme et à l’alchimie.

Castrucci : (1615)Château aux environs de Prague

Trois tableautins en pierres dures décrivent les environs de Prague.

On assiste au Renouveau du Paysage

Deux paysagiste Pieter Stevens et Roelandt Savery s’inscrivent dans la tradition flamande de Breughel faisant attention au moindre détail. Ils dessinent et gravent des paysages forestiers . Dans al scène avec trois chasseurs, ces derniers sont minuscules, il faut les chercher comme les bucherons dans un autre tableau

Pieter Stevens Paysage avec bucherons

Rodolphe II collectionnait aussi les très belles coupes de jaspe, de cristal de roche, d’ambre ou de corne de rhinocéros. Il tournait aussi ces coupes lui-même en corne.

 

 

 

 

voyage Royan – Lacanau – Arcachon

MARS ATLANTIQUE 

Eglise de Royan

Le bac quitte Royan à 12h15, il faut arriver une demi-heure à l’avance, nous empruntons la route la plus courte. Après Marennes, elle traverse une campagne semée de blé, bien plate. Pas une haie, pas un arbre pour distraire le regard. Et quand il y a des arbres, ce sont des peupliers bien alignés. Campagne ennuyeuse.

Nous retrouvons le Marais et la Seudre à Nielle-sur-Seudre. L’Eguille est bien nommée avec son clocher pointu qui se voit de loin.

Arrivée à Royan, à peine 10 heures . A notre précédent passage en 2021, j’avais parcouru la plage jusqu’à Saint Georges de Didonne, négligeant la ville. Après le film The Brutalist, vu récemment et l’église du Havre, je choisis la visite de l’église de béton des années 50 (1955-1956) de Guillaume Gillet et les vitraux de Henri-Martin Granel et de jean Idoux.

Eglise de Royan choeur

L’église se dresse haut sur une colline, elle se voit de loin avec ses 56 m de béton noirci, un peu comme un voilier ; Cependant, elle ne soutient pas la comparaison avec l’église du Havre, sa contemporaine qui m’avait impressionnée. La comparaison entre les deux villes me vient à l’esprit. Toutes deux ont été détruites en 1945 par les bombardements alliés et reconstruites très rapidement. En commun : les courants d’air. Royan, station balnéaire ne concourt pas dans la même catégorie que le grand port normand.

Traversée Royan-Le Verdon, très agréable sous un ciel voilé. La Gironde est grise et on devine à peine le Phare de Cordouan dans la brume. A la Pointe de Grave nous faisons une pause sous le phare à section carrée. Le petit musée consacré à cordouan n’ouvre qu’à 14 h. Pour déjeuner on se détourne en face de l’estuaire du côté de Neyran. A marée basse, on ne voit que de la vase grise.

La Route des Lacs (D101) traverse la forêt droite et vide. Nous retrouvons avec plaisir cet itinéraire.

Lacanau

A l’Office de Tourisme, très bon accueil, je ressors avec des dépliants et plans pour les balades en forêt. Notre location est située en front de mer : balcon au 2ème étage, ascenseur, parking assuré (hors saison) juste en face. Panique : une grue, des cônes et des barrières interdisent l’entrée du front de mer. Le parking en bas de la maison est aussi condamné. Il y en a un autre accessible mais avec 5 marches, rédhibitoire ! Le propriétaire, venu de Bordeaux, comprends nos difficultés d’accès. Pour ma part, loger dans un chantier avec bruit et poussière, ne me tente guère. Le balcon sur mer aurait été infernal. Le propriétaire, très conciliant téléphone lui-même à AirBnb pour une annulation sans frais et propose de nous aider à trouver un logement de remplacement. Il nous conseille Arcachon. En quelques clics, nous avons réservé une petite maison en Centre-ville, de plain-pied et parking facile.

J’adore les surprises et l’inconnu. La tournure que prennent les vacances m’excite.

88 km entre Lacanau et Arcachon par la Route des Lacs. Nous arrivons sur le Bassin d’Arcachon à la tombée de la nuit. J’ai beaucoup aimé l’arrivée sur la Teste-de-Buch : de chaque côté de la route, de majestueux pins forment une allée couverte ; comme la route est en courbe le tunnel est encore plus impressionnant.

Arcachon : place de Verdun

Nous arrivons directement à la grande Place Verdun. En son centre, un monument aux morts surdimensionné. Les maisons autour de la place sont typiques du style balnéaire d’Arcachon certaines abritent des administrations, commissariat, pompier.

Notre petite maison d’Arcachon

Notre maison au n°7 est particulièrement jolie avec son crépi blanc surhaussé de briques décoratives avec son panneau de céramique Salve maria qui ajoute du cachet. Mais où est donc le 7bis ? je tourne pour trouver une ruelle étroite. Sur la ruelle s’ouvre une baie vitrée qui donne sur un patio couvert meublé comme un salon de jardin : plantes en plastique, barbecue, fauteuils modernes. Le plafond est habillé d’un filet vert façon camouflage. Un petit vasistas sert de puits de lumière. Les fenêtres de la maison sont équipées de jolis volets verts, mais elles s’ouvrent sur le patio fermé. Claustrophobes, s’abstenir. La lumière du jour ne pénètre pas dans la maison. La petite maison est bien agencée pour sur si petit espace : coin salon avec un beau canapé devant un grand écran plat. Sur la table carrée noire, un bouquet de fausses fleurs. La chambre est très confortable. En résumé : une bonbonnière dans un trou à rats. Un faitout comme unique casserole, le micro-onde perché est inaccessible.

Nous partirons tôt et rentrerons tard !

Domino – Chaucre – La Cotinière

MARS ATLANTIQUE – OLERON

domino

Domino est un hameau de la commune de Saint Georges d’Oléron non loin de Chéray où se trouve notre gîte. Nous traversons le vignoble avant d’arriver au petit village blanc. Pas de vue sur mer. La dune se dresse entre l’estran et le parking. Il faut ruser pour trouver un chemin carrossable en hauteur.

Marée basse. L’estran rocheux est dégagé pour les pêcheurs à pied. Dans les bosquets derrière nous, les chiens des chasseurs aboient ; depuis plusieurs jours, des battues au sanglier sont organisées ; les rares bois sont quadrillés de chasseurs habillés d’orange fluo, fusil à l’épaule avec cors et trompettes.

Domino estran rocheux

Je marche sur le sable mouillé avec le Phare de Chassiron pour cap. Trop loin, je fereai demi-tour avant de l’atteindre. J’ai un peu peur d’être prise par la marée. La mer monte jusqu’à la dune protégée par des blocs que j’aurais bien du mal à escalader. L’érosion mange les plages. Pendant le pique-nique, j’observe l’eau qui recouvre les rochers.

Chaucre

 

Chaucre : Sur la recommandation du Guide du Routard, nous faisons un détour. De la route, le village tranquille n’a rien de passionnant. Il en est tout à fait autrement à pied. Les maisons traditionnelles en calcaire sont bâties de moellons plats ressemblant à des briquettes. Je me promène dans les ruelles, courettes, placettes et découvre des puits, des jardins ou des escaliers. La toponymie m’amuse : Pue du Puits (lequel ?) Rue du Four, Venelle des Neux Crottes . petite promenade (20 minutes) bien sympathique.

La Cotinière

Le port de pêche de La Cotinière est le plus important des Charentes maritimes.

5000 t à la Criée  (Le Guilvinec 13.000)

Le port n’est pas une attraction touristique amis un pôle économique avec circulation de gros engins, camions, transpalettes. Un grillage interdit l’entrée aux voitures et aux piétons. De plus, en ce moment, la ville est en chantier. Nous faisons trois fois le tour dans la campagne pour trouver le port, pourtant immense avec ses trois chenaux, sa grande jetée et ses nombreux hangars.

Pour les visiteurs, on a prévu un cheminement piéton qui mène à un escalier puis à une terrasse avec de nombreux panneaux explicatifs. Sur la terrasse, une grande baie vitrée permet d’observer la Vente à la Criée. Un amphithéâtre est équipé de matériel informatique : on ne crie plus les prix. Ils s’affichent sur un tableau électronique. On ne fait plus de mystérieux signes comme dans les ventes aux enchères. On clique avec une souris tandis que la marchandise défile sur un tapis roulant et que les prix s’affichent sur l’écran. Dans des caisses plastique bicolore de magnifiques poissons sont offerts aux enchères : Saint-Pierre de grande taille, bars, lottes…

Nous rentrons assez tôt pour ranger le gite. Demain le départ est fixé à 9 heur

Revoir Cimabue aux origines de la peinture italienne au Louvre

Exposition temporaire jusqu’au 12 mai 2025

La Maesta

A l’occasion de la restauration de la Maestà et de l’acquisition de La Dérision du Christ, le musée du Louvre a organisé dans la salle Rosa, au bout des salles de peinture italienne, une exposition consacré à Cimabue et à la peinture italienne du XIIIème siècle.

J’apprécie beaucoup le principe de ces expositions autour d’un chef d’œuvre en le situant dans son contexte « Revoir le Pierrot de Watteau » ou « Revoir Van-Eyck » m’avaient enthousiasmée. Prendre son temps à étudier un tableau,  comprendre comment il a été peint, dans quelles circonstances, quelle histoire, quels précurseurs, quelles influences. Une leçon d’Histoire de l’Art. Peu de touristes viennent perturber la visite. Ce matin, calme sérénité et échanges polis. Une dame est même venue proposer son bic 4- couleurs parce que mon stylobille faisait des caprices et que je râlais toute seule. 

Cimabue (1240 à Florence – 1302 à Pise) de son nom Cenni di Pepo

L’exposition s’ouvre sur les lignes de Dante et un manuscrit sur parchemin, puis sur la biographie que Vasari lui a consacré en 1568. La Vierge et l’Enfant de Botticelli entra au Louvre en 1802 sous le nom de Cimabue, pourtant on reconnait le style de Botticelli! 

Vierge à l’enfant – vierge Kahn

Au XIIIème siècle, l’Italie était fascinée par l’art byzantin. Les peintres italiens copiaient les icones. Sur une Maesta ancienne,  le peintre a ajouté du relief pour imiter les icones byzantines. La Vierge Kahn ci-dessus aurait été peinte à Constantinople pour être exporté et offerte par l’empereur Michel VIII Paléologue.

Sainte Catherine d’Alexandrie – Maitre de Calci – Pise

Sainte Catherine d’Alexandrie, de l’Italien Maître de Calci (1225-1260)  est représentée comme les icones.

Une carte montre L’Italie et la Méditerranée avec les échanges de biens et culturels : De Constantinople, provenaient les icones, la soie, les épices, de même d‘Alep et d’Antioche, royaumes croisés latins jusqu’en 1268. 

Des pays arabes, Damas, la Tunisie, des céramiques islamiques (façade de l’église de Grado)et l’Andalousie on importait céramiques et soieries, comme la Dalmatique tissée d’or et de soie. On retrouve les motifs d’écriture arabe sur le cadre de la Maesta.

Atelier Nicola de Pisano (1267) Tombeau de St Dominique – Les 3 acolytes (marbre)

Cette écriture arabe décore la bouteille de forme orientale sur la sculpture des trois acolytes. Un échantillon de Lapis-lazuli, en provenance d’Orient est présenté, il donne les bleus de la Maestà.

les Années 1280 période d’effervescence artistique

Cimabue invente une peinture plus vivante, moins figée que celle des icones byzantines mais il n’est pas seul à la fin du XIIIème, le Siennois Duccio di Buoninsegna et les autres peintres de son atelier font aussi preuve d’inventivité. Je remarque les gestes (gesticulations) de l’Enfant qui appuie sa main sur la joue de sa mère, joue à tirer son voile, tend ses bras vers l’autre main

J’ai du mal à distinguer  la peinture du Duccio de celle de Cimabue dans les panneaux de bois de la Flagellation et de la Dérision du Christ, dernière acquisition du Louvre

Cimabue : Dérision du Christ

Une vidéo zoome sur la Maesta restaurée dont on peut admirer tous les détails, les picots sur les nimbes, les plumes de anges, et les bizarres crochets des diadèmes 

Détail des anges de la Maestà

Pour avoir des dorés plus dorés, il vous faudra aller voir l’exposition.

Et pour finir le merveilleux Giotto qui était le voisin de la Maestà sur le jubé de l’église des Franciscains de Pise

Giotto

Saint Trojan, jolie station balnéaire

MARS ATLANTIQUE (OLERON)

Saint Trojan : corniche et thuya

Saint Trojan est une charmante station balnéaire face à La Tremblade et Marennes. Elle est à l’écart du tumulte et des horribles zones commerciales de la route principale. Dans un écrin de mimosas en fleur en ce moment. Saint Trojan a su garder son caractère un peu désuet avec ses villas Belle Epoque au style éclectique. C’est un plaisir de suivre le sentier du Patrimoine dans les petites rues entre mer et dune plantée d’une forêt de pins dense. Comme le circuit du Château d’Oléron, nous ne découvrons pas de bâtiments sensationnels, juste un ensemble cohérent sans faute de goût : belles villas, un Casino Art Déco, une belle promenade sur la digue avec un mobilier urbain moderne et réussi, deux très beaux thuyas. Le chemin piétonnier passe entre marais et océan. A marée basse l’estran est complètement dégagé.

SAint Trojan : cabanes ostréicoles

Fin du circuit dans la zone ostréicole entre des chalets peints de couleurs vives. Certaines cabanes sont des ateliers pour des artistes ou des artisans. Le plus souvent fermés hors saison sauf celui de la céramiste .Malifrance expose des porcelaines très fines, blanc cassé avec des pores ressemblant à des test d’oursins ou à des coraux à l’extérieur, avec un émail très délicat vert d’eau ou céladon à l’intérieur.

Après le pique-nique sur le quai du port, nous migrons vers le Centre Héliomarin au bout du boulevard Gatseau. Le sentier littoral suit la digue Pacaud longeant le marais des Bris . il s’insinue entre plage et forêt. J’entrevois le Petit Train d’Oléron. La promenade s’enfonce alors dans la forêt pour contourner un vaste chantier. Il est temps de faire demi-tour.