De la ville du Havre, j’ai des images de cinéma / Le Havre d’Ari Kaurismäki, la Fée de Dominique Abel avec Fiona Gordon, 38 Témoins, et bien d’autres que j’ai oubliés. Je suis donc impatiente de découvrir la ville « en vrai ». Autre ville portuaire après ma visite à Marseille il y a six mois .
Nous arrivons par Sainte Adresse, très construite, de la station balnéaire autrefois prisée, il reste quelques belles villas sur notre parcours.
les quartiers Perret
Nous longeons la plage, la marina . Après l’Office de Tourisme nous découvrons les barres et les tours rectilignes, constructions d’Auguste Perret. Béton granuleux, petits balcons et longues coursives rythment les verticales. A l’étage noble, la coursive est presque une terrasse que certains ont agrémenté d’un salon de jardin, de plantes (très peu) et même d’une grosse niche à chien ou d’un cabanon coloré. Le plus souvent la sobriété est de rigueur. Le vent de l’océan balaie toute velléité de désordre. Contrairement à Sarcelles, ville de tours et barres, tout semble propre et presque neuf après plus de sept décennies.
La Catène des containers
Un été au Havre est une manifestation d’art contemporain qui offre aux passants une collection d’œuvres qui s’enrichit chaque année. Sur la digue je découvre Hehe Gold Coast (2021) : des rochers accumulés pour protéger la digue ont été dorés. Pourquoi pas ? je ne suis pas très convaincue. Plus loin en direction du port, la Catène de containers (2017) de Vincent Ganivet est beaucoup plus spectaculaire. Deux demi-anneaux construits en containers colorés rappellent la vocation portuaire du Havre.
Chatonsky – la ville qui n’existait pas – Street Art
Au hasard, je découvre ls formes violettes de Grégory Chatonsky, Rêve du Havre, imaginées avec une IA, puis-je lire sur le fascicule. Quel intérêt ? Le même Chatonsky : La ville qui n’existait pas, (2023), d’immenses fresques décorent les faces aveugles des barres d’immeubles Perret. Ces grands tableaux de Street Art racontent une ville en ruine, un cataclysme, cartes postales dystopiques qui m’ont bien plu. Il y en a 25, pressée par le temps, je n’en ai découvert que 2. Au hasard de ma promenade Les Apparitions (2019) de Stephan Balkenhol : des personnages grandeur humaine sont collés au façades : debout ils regardent la rue qui est aujourd’hui pavoisée pour une célébration de la Libération de la ville . Plus discrets, des tubes de néon qui clignotent dans un couloir ???? Les œuvres sont nombreuses, avec le livret de l’Office de Tourisme, j’aurais pu parcourir toute la ville où elles sont dispersées et faire des découvertes si j’avais disposé de plus de temps.
Eglise Saint Joseph
Partout, au-dessus des immeubles Perret, dépasse la flèche de l’Eglise Saint Joseph. Construite en béton de 1951 à 1958. Prouesse que cette tour de 107 m de haut . Jeu de géométrie partant de la croix grecque, la tour devient octogonale puis porte un clocheton carré de plus en plus fin. Très claire avec ses vitraux multicolores dus à Marguerite Huré, maître verrier qui a conçu des harmonies subtiles de sept couleurs de plus sombres à la base à claires au sommet, rose à l’est, orange et jaune au sud, bleu au nord…
Saint Joseph vitraux
Le vent s’engouffre dans les rues rectilignes. Sur le front de mer, il est glacial. Je cherche à m’en protéger dans les rues, sans succès, il souffle toujours aussi fort.
Cap sur Honfleur sous une pluie fine dans le Pays d’Auge verdoyant, vallonné avec ses pommiers, ses vaches et ses fermes à colombage. Le passage sur le Pont de Normandie est impressionnant. Les pluies récentes ont fait gonfler la Seine qui s’étale dans le marais et les zones humides sont noyées.
Sur le Pont de Normandie
Nous quittons l’Autoroute A29 vers Le Havre/Dieppe/Calais à la première sortie indiquée « Etretat ». le panneau touristique « Abbaye de Montivilliers » nous interpelle.
Abbaye de Montivilliers
Montivilliers est une petite ville d’environ 15.000 habitants, banlieue du Havre. Un monastère de femmes fut fondé en 682 mais détruit par les Vikings, il ne se relève qu’en 1035 Robert le Magnifique ; Au XV ème siècle la nef fut doublée d’un vaisseau gothique.
Quand nous arrivons, l’abbaye est fermée, l’exposition dans le grand Réfectoire sur la Libération de la Ville ne me tente pas. J’entrevois le cloître par l’entrée de la bibliothèque. Je ne visite que l’église, très grande. C’est une église double. Le chœur roman mais largement remanié était réservé aux moniales. La nef était celle de l’église paroissiale. A la Révolution les deux parties de l’édifice connurent un destin différent : temple de la Raison à la place de l’église paroissiale, fabrique de salpêtre dans le chœur après la dissolution des congrégations. . La restauration du XIX a apporté des vitraux colorés(je ne suis pas fan des restaurations XIXèm » siècle). le bâtiment abbatial est en belle pierre blanche. Un peu plus loin un autre rouge en brique logeait l’infirmerie séparée du couvent pour éviter les contagions.
Nous décidons de pique-niquer à la mer. Sur la carte, la D 940 remonte vers le nord parallèlement à la côte. Mais loin. Passant par Octeville, Cauville, Heuqueville. Elle traverse des grands champs de betteraves qu’on récolte en ce moment. De grands champs, de grosses fermes, très peu d’arbres. Le lin a été récolté, des tiges noircies sèchent à plat. Nous empruntons des petites routes vers le rivage, entre-apercevons la mer mais de très loin. Impossible d’en approcher.
Saint Jouin Bruneval
Sur la carte, un point de vue indiqué sur le Cap d’Antifer. Nous rejoignons Saint Jouin-Bruneval pause déjeuner devant la petite église de pavés de silex clairs et noirs délimités par des parements de brique aux coins et autour des huisseries. Clocher carré très pointu à l’avant de la nef. De l’autre côté de la place : un manoir très ruiné. Une très belle ruine. Un rêve pour les fans d’Urbex. Fronton avec volutes, cheminées de pierre, jeu mêlant brique et pierre de taille. Damiers de silex noirs et blancs entre deux rangées de briques. Fenêtres à petits carreaux mais crevées. Des buissons poussent sur les cornières. Une palissade interdit l’entrée. Elle est revêtue d’une exposition de grandes photos. Le clos des Fées fut le lieu de fêtes puis un pensionnat de jeunes filles, puis une colonie de vacances, il ressemble à un châteu hanté. Pour ajouter au malaise, j’avise un panneau qui raconte que la maison en face, une longère de briques, le clos des Jardiniers aurait été bâtie pour abriter des malades – des lépreux< ? – qui se seraient engagés à n’avoir aucun contact avec la population locale. En endroit pittoresque assez malsain !
Etretat
L’office de tourisme est ouvert. Munie d’une abondante documentation, je pars pour une courte promenade dans des rues bien animées malgré le mauvais temps. Bien sûr, je photographie l’arche et l’aiguille creuse. Mais c’est surtout le vacarme des galets qui roulent sous les vagues qui m’impressionne, d’où vidéo à la place de photos pour enregistrer le bruit.
Arrivée àYportvers 16h
La plage d’Yport
« Arrivée autonome » signifie aucun accueil, une boîte à clé dont on m’a fourni le code, la photo et l’adresse dans une ruelle assez loin de la résidence. Jeu de piste, agaçant. Sur place le lit est fait mais aucun conseil pour les visites ou les courses. Nous filons à Fécamp à Carrefour. Le « balcon sur mer » donne sur une rue étroite, vis-à-vis avec les voisins, on voit la mer de côté si on se penche. Très grand appartement, confortable, impersonnel. Mais avec garage souterrain et ascenseur.
Marcel Proust (l’écrivain) et Marcel, le narrateur, n’ont jamais vécu dans la belle villa du Temps Retrouvétransformé en musée Belle Epoque qui contient des autographes et des tableaux des personnes ayant inspiré Proust.
Si vous avez fait d’autres lectures vous pouvez coller les liens en commentaires ici.
Le challenge n’est pas terminé. Nous allons attaquer La Prisonnière.Le Bilan N° 5 pour le 15 Novembre. Comme les quatre récapitulations précédentes il inclura les billets sur La Recherchemais aussi toutes les lectures connexes, Laure Murat pour ma part, les visites dans les sites proustiens, les podcasts…et tout ce que vous trouverez d’intéressant.
Ruben Barrouk raconte le voyage qu’il a fait avec sa mère à Marrakechenvisite chez sa grand-mère Paulette qui vit seule au Guéliz. La vieille dame s’est plaint auprès de ses enfants d’entendre un bruit qui perturbe sa vie quotidienne. Des voisins sont-ils bruyants? Paulette souffre-t-elle d’acouphènes? Ils vont résoudre cette énigme.
Et, bien sûr, ils n’entendent rien!
Ils vont partir pour un pèlerinage sur les traces des Juifs de Marrakech, au Mellah, au cimetière, et sur les tombeaux de Saints Juifs.
Ce récit est très simple, très beau, nostalgique et tendre. Traditions et souvenirs qui se mêlent. Les Juifs sont partis mais ils ne sont pas oubliés. La Grand-mère, la mère et l’auteur vont rencontrer des musulmans qui gardent précieusement les traces, les tombes.
Et si ce bruit était le silence assourdissant des absents ?
La villa Montebello est une belle construction à flanc d’une pente très raide à la sortie de Trouville, au- dessus des Roches Noires, autrefois résidence de Marguerite Duras(actuellement en travaux). C’est une grosse villa de trois nivaux , brique et pierre, très ornée, un petit château.
Augustin Rouart (1907-1997) est exposé dans le cadre de Normandie-Impressionniste. Il a grandi dans le milieu impressionniste. Sa famille était amie avec les plus grands : Degas, Renoir et Berthe Morizot. Julie Manet a peint augustin enfant. Une photographie montre la famille Lerolle-Rouart entourant Debussy au piano.
Henri Rouart : Bateaux sur la Seine aux environ de Rouen
Il me faut faire attention aux prénoms et aux dates. Le grand-père Henri (1833-1912)était un peintre connu . Deux de ses tableaux sont ici prêtés par le Petit Palais. Ils me plaisent plus que ceux d’Augustin, surtout Bateaux sur la Seine aux environs de Rouen et une scène d’intérieur.
Trois salles sont dédiées à l’exposition Augustin Rouart : trois autoportraits (1933-1944-1980), des marines, couchers de soleil, plages.
Augustin Rouart le petit pêcheur
Noté l’Arbre dans la neige, Le nageur et Le petit pêcheur.Les dessins et portrait de ses enfants se ressemblent tous, c’est répétitif, je m’ennuie. Une autre salle présente des natures mortes, des bouquets c’est bien fait mais pas très intéressant.
Collections permanentes à l’étage :
André Hambourg :petits chevaux sur la plage de Trouville
Les bains de mer à Trouville : costume de bain, affiches anciennes,
Ancien village de Trouville avec des tableaux petit format : l’ancien village en 1850, Le port de Trouville 1840…
André Hambourg : la Plage de Trouville
André Hambourg à Trouville occupe une salle : lithographie de yachts, courses, chevaux sur la plage. C’est gai, coloré. Je les préfère de loin aux vues de Venise des Franciscaines. Un livre à la disposition des visiteurs présente d’autres aspects de l’artiste Hambourg est loin d’être un artiste gai et superficiel. Il a documenté la fin de la Seconde Guerre mondiale, fait même un reportage dessiné à Berchtesgaden, illustré un livre de Kessel.
A la suite de la visite, nous continuons la rue au-dessus des Roches Noires jusqu’à un club nautique au bout de la digue. Au-delà, une plage sauvage face au port du Havre dont on distingue très nettement les installations avec beaucoup d’acuité sous un ciel lourd de nuages très sombres. La falaise s’éboule, de gros blocs se sont détachés.
le port du Havre vu de la plage de Trouville
De jolie villas sont construites sur la digue, l’une d’elle a installé des chats de faïence sur les tuiles de l’auvent.
L’Office de Tourisme édite un circuit « Eglises de charme » occasion de se promener dans le Pays d’Auge entre pommiers et prairies vertes où paissent les vaches normandes, haras et fermes à pans de bois. Chercher une chapelle perdue est l’occasion d’emprunter des petites routes, de découvrir des paysages
Putôt-en-Auge est la première église sur notre chemin. Le village est minuscule. La Mairie à colombages, toute petite, l’annonce. Située près de la route, un peu plus bas, à l’écart après le tournant qui la cache, l’église Saint Pierre. Construite au XIIème siècle, en pierre blanche. On voit les délicates arcades romanes avec leurs modillons ; Son clocher trapu est original, posé à cheval sur la toiture sur une base carrée avec de discrètes ouvertures ; Quand on fait le tour de l’église on découvre les sobres tombes britanniques à l’abri d’une haie.
Saint Ouen hameau de Brocottes
La route tournicote, presque un chemin creux très sombre sous les hautes frondaisons. Elle est vraiment verte la Normandie. Nous découvrons l’église Saint Ouen(XIIIème s.) du hameau de Brocottes. Très simple, une tour carrée, presque un phare, surmontée d’un toit de tuile octogonal percé de quelques ouvertures. La nef à l’arrière est plus large. L’église est ouverte. A l’intérieur, très claire avec de larges baies. Le chœur est précédé de 4 fines colonnes soutenant une arcade comme un baldaquin très simple d’où est suspendu un lustre à breloque insolite dans la simplicité campagnarde.
Beuvron-en-Auge : maison fleurie
Beuvron-en-Auge est un très beau village labellisé et touristique qui a fait l’objet d’une belle restauration très réussie dans les années 70. Colombages et encorbellements, enseignes décorées, jolies boutiques restaurants chics et hors de prix (formule à 77€) . Trottoirs fleuris, roses épanouies, dahlias, sauge bleue. Une perfection. Manque peut-être l’authenticité. On entend plus d’Espagnol et de Japonais que de parler normand. La boulangère rechigne à emballer les deux éclairs au café que nous mangerons plus tard. Magasins chics. Dans la halle, un étrange « musée » présente des photos en Noir et Blanc, artistiques, de libellules et autres insectes déguisés en trolls et en lutins.
Beuvron-sur-Auge
L’église est un peu difficile à trouver, à l’écart du bourg. Son clocher pointu ressort mais l’accès est caché. Saint Marin est un édifice du XVIIème s. très remaniée au XIX ème et XXème. Briques rouge coiffée d’un élégant clocher très effilé presque une flèche.
La rue du Presbytère ne conduit pas à l’église comme je le supposais, elle s’élève au-dessus du village vers le hameau de Gerrots. La petite église Saint Martin semble perdue dans la campagne vallonnée. Toit de tuile, clocher d’ardoises planté « en tabouret » à l’arrière du fronton.
Nous passons par N.D. à Beaufour-Druval, puis de l’autre côté de l’autoroute A13 nous cherchons N.D. d’Heuland. A la Croix d’Heuland, il y a une belle auberge mais point d’église. La serveuse du restaurant nous renseigne : « c’est la première à droite, un chemin très étroit, n’ayez pas peur, il y a un parking derrière l’église ». Effectivement, la route est goudronnée mais très très étroite. Si un véhicule venait d’en face il faudrait reculer longtemps avant de trouver ce que les Ecossais appellent une « passing place »Le chemin tortille longtemps. Enfin ! L’église est en pierre blanche et en silex avec un clocher-peigne et à l’arrière un petit appentis à pans de bois accolé au chevet.
N.D. de Heuland
Le circuit n’est pas terminé. Dominique en a assez des routes sinueuses et étroites. Nous filons vers Cabourg pour une belle promenade sur la plage dégagée à marée descendante. Je marche les pieds dans l’eau. Les autres promeneurs ont ouvert leurs parapluies. Il y a un bel arc en ciel.
LE TOUR DU BOULEVARD PERIPHERIQUE AVEC LE VOYAGE METROPOLITAIN
Porte de la Villette : le canal saint Denis
C’est le troisième épisode d’une exploration à pied de cette ceinture dédiée à l’automobile qui délimite la Ville de Paris sur l’emplacement des anciennes Fortifications militaires, ou de la Zone . Bande à destination incertaine où les activités qu’on ne voulait pas voir à Paris sont rejetées en lisière : rebuts de toutes sortes, entrepôts, abattoirs….Coïncidence, dans quelques jours la vitesse limite autorisée pour les automobiles passera à 50km/h comme en ville sur l’anneau infernal qui fera peut être moins de bruit et de pollution.
D’ailleurs, avec les nouvelles stations de métro la limite Intra/extramuros s’estompe et nous allons franchir à nombreuses reprises le périf parfois sans s’en rendre compte.
Le rendez-vous est à la sortie du Métro Porte de la Villette, en limite du parc. Jens et Marion nous ont préparé un petit livret illustré qui rappelle La Cité du sang, les abattoirs qui ont fonctionné de 1867 à 1874, remplacés en 1980 par le Parc de la Villette après des tentatives de reconstructions calamiteuses. On imagine mal les bovins alignés croupe contre croupe dans un immense marché aux bestiaux, puis le passage, en souterrain de ceux qui vont rejoindre l’abattoir. De ce temps révolu, il reste encore quelques souvenirs sur le bord de l’avenue Corentin Cariou, quelques boucheries Hallal, des restaurants…
Aubervilliers : Centre commercial Le Millenial
Nous suivons le Canal Saint Denis, promenade très tranquille sous le soleil. Sans nous en rendre compte nous passons sous le périphérique et nous trouvons face à un centre commercial fantôme : Le Millenial. Etrange silence. Malgré une belle passerelle rouge, il est inaccessible à pied. Il faudrait emprunter des navettes électriques à quai le matin.
Aubervilliers sous le périf, du Street Art.
les graffeurs ont bien décoré les piliers mais il n’y a personne sauf les pigeons qui peuvent nicher sous les travées. Occasion pour Jens d’évoquer un personnage attachant : Giuseppe Belvedere quiprenait soin des pigeons de Beaubourg. Les pigeons en ville, utiles ou nuisibles?
les navettes électriques Acades
pour accéder au Millénial le jolies navettes Icade attendent les passagers. Elles ont des noms poétiquesEstrée, Montjoie, Lendit et Flandres(nous retrouverons ces noms au cours de l’excursion). Correspondance avec le métro Corentin Cariou Horaires étranges, seulement l’après-midi et un « badge » demandé. C’est assez mystérieux, le badge doit être celui des gens qui travaillent ici. Le quartier est vide, seulement des bureaux. Entre un centre commercial fantôme et des bureaux désertés le samedi, la balade n’est pas très animée.
On retrouve l’animation sur le boulevard des Maréchaux Une visite était prévue dans le jardin tout nouvellement inauguré sur la Petite Ceinturemais celui qui devait nous ouvrir ne s’est pas présenté. Un peu plus loin un Tiers Lieu 19m.com occupe une friche, jardinières, étrange mécano blanc? Ce lieu semble en relation avec le 104 dont on m’a parlé et que je souhaiterais mieux connaître.
le 19mcom
En face, se trouve une autre adresse intéressante La Gare aux mines.Encore un lieu culturel alternatif!
Nous sommes Porte-des-Poissonniersune porte de Paris inconnue des automobilistes puisqu’il n’y a pas de sortie du périf, et pas de station de métro. Si je remarque cette Porte-des-Poissonniers c’est qu’elle correspond au trajet ancien du poisson, de Dieppe aux Halles en continuité avec une rue du même nom à Saint Ouen et à Saint Denis. Le conférencier à Saint Denis nous avait parlé du Chasse-marée
ainsi que du quartier du Landy (ancien marché de la Plaine Saint Denis) nom d’une des navettes fluviales.
Immeuble bizarre
Longeant un chantier bordé de palissades d’un côté, le périf de l’autre on passe devant une tour bizarre qui paraît inoccupé à par des pots de végétaux (beaucoup d’aloès) dans certains appartements.
Nous arrivons à Saint Ouen . Pause en bas d’une cité où une plaque célèbre la Paix et l’Amitié entre les Peuples en même temps que le Jumelage avec Podolsk (URSS) et Rousse (Bulgarie) Trani (Italie) souvenir du temps de la Ceinture rouge de Paris. Jens nous parle de l’Estrée et des montjoies. L’Estrée est l’ancienne route du nord, la route de l’étain au temps de la Préhistoire, la route de Saint Denis, que le saint martyr parcourut portant sa tête dans ses mains. Route des foires de Saint Denis et du Lendit….bordée d’une foule de croix, les Montjoies et passant au col de La Chapelle. S’il ne reste plus trace de ce Chapelle qui a donné son nom à la Porte de la Chapelle, la toponymie la rappelle.
Affiches collées aux piliers de béton sous l’autoroute
Sous les piles de l’autoroute, c’est propre, tout propre, trop propre…pour être honnête. Avant les JO, des gens campaient dans des tentes Decathlon. Où sont-ils passés? Les affiches d’associations rappellent que, pour accueillir « le monde » on a chassé ceux qui dérangeaient là.
A Saint Ouen, il était prévu que nous allions voir le Stade Bauer, stade du Red Star de Saint Ouen, « club historique », (fondé en 1897 et qui évolue à saint Ouen depuis 1909) . C’est jour de match, même de derby contre Paris FC. Les vigiles nous barrent la route, on ne passe pas. il faudra faire le tour du quartier et même de l’autre côté les gendarmes carénés de protections, caparaçonnés comme s’ils allaient affronter une armée de blackblocks, protègent un autobus aux vitres noires avec les joueurs du Paris FC à son bord. Et l’on dira que le sport favorise l’amitié entre les peuples!
Puces de Saint Ouen : nous traversons le village des Antiquaires, village chic, les vendeurs déjeunent sur des petites tables devant les boutiques. C’est très propre, probablement très chic. on peut même acheter des cheminées Renaissance de 3 m de haut, ou des cerfs, des biches en bronze, des luminaires….Pique-nique dans le Jardin Ephémère
jardin Ephémère des Puces de Saint Ouen
jens nous rappelle l’origine des « Puces » . Avant que les poubelles ne soient inventées, la profession de chiffonnier ou de biffin était reconnue. Ils recyclaient les « déchets » au coin des bornes des rues de Paris. Souvenir de cinéma avec Les Glaneurs et La Glaneuse d’ Agnès Varda. Sous le périf, à la Porte Montmartre il existe un autre marché, marché de la misère, très encadré, engrillagé, et surveillé. On y vend des nippes dépareillées, habits d’enfants à moitié déchirés. Les policiers nous découragent « allez vous promener dans les Alpes, les Pyrénées, là-bas c’est beau. Ici ce n’est pas joli ». D’autant moins jolis que certains vendeurs apeurés remballent la marchandise dans le drap, la couverture qui fait balluchon que parfois ils abandonnent. La benne n’est pas loin et avale le pauvre balluchon.
Cité pasteur – Chemetov
Quartier Pasteur, Saint Ouenleçon d’architecture devant un îlot dessiné par Chemetov qui est un grand nom de l’architecture des années 70 et 80 dont nous avons vu le travail entre autres à Nanterre. Découvert les amusantes coursives avec les silhouette de voitures (2 ronds pour les roues, un garde corps qui imite la carrosserie. Offrir aux quartiers populaires des banlieues rouge des œuvres originales!
Porte Pouchet
Porte Pouchet , aire de jeux, espace vert.Et au milieu roule le périf!
Un peu plus loin, la rénovation intelligente de La tour Bois Le Prêtre par Lacaton et Vassal : transformation en ajoutant des loggias et jardins d’hiver en augmentant ainsi la surface des logements et la luminosité grâce à l’utilisation d’un matériau bon marché et translucide : la tôle ondulée translucide.
Encore une leçon d’architecture Rue Rebière : différents architectes ont associés leurs projets tous différents, mais tous contemporains et élaborés ensemble. On constate un gros effort pour la végétalisation des murs et les jardins sur les balcons. Mais la végétalisation n’est pas vraiment une réussite, les plantes n’ont pas colonisé les grilles ou les niches proposées, le résultat est maigre.
Cimetière des Batignolles
Au cimetière des Batignollesnous avons vu la tombe de Verlaine. Calme et verdure des grands arbres à peine troublé là où le périphérique enjambe une partie du cimetière. Comment l’ont-ils construit? Un mausolée arrivé à ras du plancher de béton.
Le Tribunal des Batignolles
le Tribunal des Batignolles, 38 étage Renzo Piano domine un grand espace vert du Parc Martin Luther King entouré d’un « écoquartier » de grands immeubles modernes éclipsant le village des Batignolles situé à l’arrière.
Merci à l’équipe du Voyage Métropolitain pour ces belles découvertes dans des quartiers où personne n’aurait l’idée d’aller faire du tourisme.
Exposition de Normandie-Impressionniste2024 jusqu’au 22 septembre 2024
Les Mondes flottants, au Japon qualifient des estampes décrivant la vie quotidienne. Les impressionnistes, avec l’ouverture vers le monde extérieur à l’ère Meiji, collectionnèrent estampes, éventails, paravents et cet engouement fut le Japonisme. L’exposition Les Mondes flottants est une confrontation entre deux mondes, entre l’art Japonais et les tableaux impressionnistes, entre les impressionnistes du XIXème siècle et les artistes japonais contemporains. Confrontation, mise en abyme.
D’entrée, La Parisienne japonaise d’Alfred Stevens (1872) est présentée à côté du tableau Une moderne Olympia de Yasumasa Morimura (2018) montage photographique qui s’inspire de l’Olympia de Manet, tableau scandaleux. Dans l’œuvre de Morimura, c’est un homme nu japonais qui est couché tandis que le rôle de la servante est joué par un homme occidental. Questionnement des genres, questionnement racial. Sur le divan, l’homme oriental est féminisé, est-ce le regard occidental ? l’homme occidental barbu avec un haut de forme revêt des vêtements féminins.
la parisienne Japonaise- Alfred Steven
Plus loin, ce sont des tableaux impressionnistes qui sont accrochés en sandwich avec des estampes japonaises : Maurice Denis et Valotton on compare l’usage des à-plats. Deux jolis et très petits Henri- Edmond Cross sont soumis à la même comparaison avec les estampes des Ponts d’Edo.
Etude d’un poisson dans un aquarium – Albert Copieux
Et ce poisson exotique, japonais ? non Albert Copieux, peintre normand.
Cette exposition fait la part large à la photographie souvent en très grand format Etonnantes lunettes de Le Corbusier laissant apparaitre un texte français tandis qu’à côté les Lunettes de Tanizaki lisent des idéogrammes, de la photographe japonaise Tomoko Yoneda.
Félix Regamey – 2 prêtre de la secte shigon expliquent à Emile Guimet la qualité de leur dogme
Felix Elie Regamey(1844-1907) est le seul peintre français présenté ici qui a peint le Japon. Il a accompagné en 1876 Emile Guimet pour un voyage de 10 mois dont deux au Japon. De retour, Guimet lui commande 40 grandes toiles pour l’Exposition Universelle de 1878.
Une section est appelée Immensité du Littoral révélant que les Japonais n’ont pas la même approche de la mer Hiroshige voisine avec Boudin et Valtat.
Une série de grande photographie documente sur le séisme et le tsunami en 2011.
Une vidéo hypnotique » Ocean view resort » m’a scotchée de longues minutes : des rideaux qui remuent au vent, une femme fume à sa fenêtre dans la nuit bleutée, seule point coloré, la braise de sa cigarette
La ville : ce nouveau sujet
Des images proche de l’univers manga décrivent une ville apocalyptique, Prison NUKE FISSION 235 utilise la xylogravure pour une allégorie sur la politique nucléaire. .
Mari katayama
Face aux « Parisiennes de Blanche et de Helleu, des tirages très grand formats de la photographe Mari Katayama. Amputée des deux jambes, elle se met en scène avec ses prothèses, regardant bien en face l’objectif. Au sol les prothèses brillent. Une femme amputée- mannequin, l’accompagne dans un décor kitsch très brillant.
Encore un couple Hiroshige/Signac !
Nature mystérieuse
La vidéo de Momoko Seto : Planet Sigma m’a fascinée. Je suis restée longtemps devant ce monde en transformation, ces insectes qui se dégèlent, d’une beauté extraordinaire. Momoko Seto est une artiste franco-japonaise, née à Tokyo mais élève d’école française, venue à Paris étudier aux Beaux -Arts, vidéaste, cinéaste, documentariste pour le CNRS. Intéressée par la croissance des cristaux de sel, des moisissures, de la germination des graines. C’est aussi une bricoleuse qui fait appel à des technologies sophistiquées pour montrer ces croissances qui semblent immobiles. Sa démarche me fait penser à celle d’Hicham Barrada à la différence que ce plasticien expose ses bocaux et ses aquariums où se déroulent les cristallisations en direct.
Yayoi kusama
L’exposition continue avec l’installation de Yayoi Kusama, univers étonnant en pois blancs sur fond rouge et miroirs.
J’avais envie de retourner en Corse. Jérôme Ferrarisait si bien raconter son île que j’ai téléchargé sans hésitation ce court roman (118 pages). Sur la couverture, le bateau de croisière écrase la vue : la critique du surtourisme m’intéresse.
Le pitch : un jeune Corse poignarde un touriste pour un motif dérisoire. Ce ne sera pas vraiment un policier, je ne spoile donc pas!
Ce court ouvrage est formé de quatre récits – quatre contes – qui s’emboîtent, se répondent et se mêlent à l’intrigue principale
« Nul besoin de prophétie pour savoir que le premier voyageur apporte toujours avec lui d’innombrables calamités »
Le premier conte, récit de voyage, relate l’arrivée du premier voyageur dans la cité interdite de Harar. Un conte oriental a pour héros un djinn qui veillerait sur une jeune fille. Autre « conte » celui du « bandit corse », bandit de folklore, héros d’un article de presse d’une journaliste en mal de folklore sensationnaliste qui met en scène un fait divers assez minable. Ce héros de pacotille va servir de modèle au jeune meurtrier.
Le narrateur est un enseignant qui tente de se garder des dérives du tourisme et de ses conséquence sur la population locale. Il est proche de l’assassin. Il essaie d’analyse le geste de ce vague cousin et ancien élève.
Ferrarilivre une description pessimiste d’un monde gangréné par l’argent et surtout la bêtise. Bêtise des touristes, vulgaires, hideux . Cynisme et bêtise des locaux qui ont vendu leurs terres et leur âme pour s’enrichir. Rien ne nous est épargné, ni les cuites ni les vomissures. Par moment j’ai pensé à Houellebecq.
145 avenue de la République – A l’entrée de Deauville en arrivant de Villers-sur-mer.
Le grand couvent édifié au XIXème siècle a été occupé par des sœurs franciscaines qui l’ont vendu en 2011 à la Ville de Deauville qui l’a aménagé en « lieu culturel » : médiathèque et lieu d’exposition, Fablab, auditorium pour des conférences.
le cloitre et le lustre
Le cloitre bordé d’arcades est couvert et éclairé par un lustre monumental fait de 14285 tubes de polycarbonate. Chaises, tables, blocs et présentoirs de la Presse en font un lieu de lecture ou de rencontre.
Le comptoir de la Billetterie repose sur d’étranges briques blanches : les tranches de livres. Déclassés, ils étaient promis à la benne et ils se retrouvent encore en bibliothèque !
Billet d’entrée cher : 16€ mais il y a 4 expositions en ce moment.
Exposition Robert Capa
Photographe de guerre, Capa a documenté l’histoire du XXème siècle, de la guerre d’Espagne jusqu’à sa mort en Indochine en 1954.
On peut admirer la qualité des photographies ou s’intéresser à ces témoignages. Conflits ou naissance d’Israël.
Il faudrait avoir un œil neuf, le cerveau disponible pour passer le temps nécessaire dans cette exposition. Après les Mondes Flottants, je sens mon attention flottante. Je reconnais certaines images universellement connues mais je passe trop rapidement.
André Hambourg – Rendez-vous à Venise
Hambourg
André Hambourg est né à Paris en 1909 et s’est éteint à Deauville en 1999 . La ville de Deauville a reçu en leg 539 peintures et des milliers de dessins. Le Musée Hambourg est situé aux Franciscaines. En 1957 il découvre Venise et s’y rendra une quinzaine de fois. Cette exposition nous entraine à la découverte de Venise.
Jeux d’eau de de lumière, reflets de jour ou de nuit. C’est une peinture très jolie, séduisante, décorative, un peu trop de tout cela.