Posons cette hypothèse. Et si la cancel culture n’était que l’avatar logique, inévitable, d’une démocratie à bout de souffle, dite désormais « illibérale » ? L’enfant illégitime de la pensée occidentale et du capitalisme débridé, dans une société supposément universaliste, aveugle à ses impensés et incapable de reconnaître les crimes et les conséquences sans nombre de l’esclavage et de la colonisation
Dans ce court essai (38 pages sans les notes) Laure Murat, avec son expérience d’universitaire aux Etats Unis, analyse le concept de Cancel Culture qui, avec la Pensée Woke est jetée en pâture dans le débat politique français et dans les médias, termes péjoratifs, polémiques, qu’on ne comprend pas toujours, nouveaux épouvantails.
Comme dans l’essai : Toutes lesépoques sont dégueulasses CLIC Laure Murat s’applique à clarifier le débat en bon français. Dans ce dernier ouvrage il était surtout question de censure, récriture, réécriture. Dans Qui annule quoi? c’est plutôt de déboulonnage de statues qu’elle analyse.
Quel est le sens de la monumentalité aujourd’hui ? Et de la monumentalité personnifiée ? Qu’implique-telle en termes de hiérarchie, d’échelle et de culte ?
Quand il s’agit du Général Lee, défendu par une marche « sous la bannière Unite the Right rassemblant néonazis, néoconfédérés et suprémacistes blancs » ou de Léopold IIen Belgique dont le retrait des statues avait recueilli 80.000 signatures ou Théodore Roosevelt ouvertement raciste, et en France Faidherbe, Bugeaud ou Gallieni, on est en droit de s’interroger de la. pertinence de leur présence sur leurs piédestaux.
Car, à rebours des réactions scandalisées, à chaque fois que la cancel culture s’est manifestée quelque part, j’ai personnellement appris quelque chose.
Ecrit l’écrivaine.
Et bien moi, chaque fois que je lis Laure Murat j’apprends des tas de choses et surtout je prends le temps de la réflexion
Du Parking du Sémaphore, je marche à pied le long du quai attentive à relire les panneaux historiques qui racontent l’histoire de la ville.
L’Abri du Marin de Douarnenez
Une passerelle pour piétons relie une autre partie du port. A l’abri d’un mur un joli jardin exotique prospère à l’abri du vent. Sous l’Abri des marins, œuvre de Jacques de Thézac, un panneau présente ce philanthrope. yachtman, il s’est intéressé à la vie des pêcheurs, a fondé l‘Almanach du Marin puis l’Œuvre des Abris des marins . l’Abri d’Audierne ouvre en 1901. Il est conçu comme un foyer d’animation au rez de chaussée avec une salle de jeux, une bibliothèque, une infirmerie tient lieu de dispensaire et à l’étage des dortoirs. J’avais remarqué l’Abri des marins de Douarnenez peint en rose avec la devise « Aimez-vous les uns les autres«
Audierne église Saint Raymond
Je comptais trouver à l’Office de tourisme un itinéraire de promenade touristique; mais le bureau est fermé. J’improvise donc. Dans la rue parallèle aux quais, de nombreuses vitrines de magasins et galeries, des bars, un cinéma mais tout semble fermé en semaine à 14h30 en octobre. L‘église Saint Raymondest perchée en haut de la colline. Venelles, escaliers, murs fleuris. Une venelle fait le tour du sommet. la toponymie Venelle du Chastel suggère un château disparu. L’église est fermée. Elle risque de s’écrouler. Une restauration est en cours. Joli clocher baroque (1731). Un navire surmonte la fenêtre au dessus du porche tandis que deux fines colonnes aux motifs en losange font penser à des cordages. un peu plus loin, il y a une grand église: Saint Joseph qui ne m’inspire guère.
Thierry Benzaïd
En descendant la Rue Danton, je pousse la porte de la Galerie Cobalt. le peintre Thierry Benzaïdm’accueille aimablement et commente ses tableaux colorés. De loin, on dirait un damier en examinant dans les détails on devine la silhouette d’un phare, la carcasse d’une barque. jeux de bleus et de jaune. C’est beaucoup plus figuratif qu’il ne paraissait.
marie Thérèse de SavoieExposition temporaire jusqu’au 8 février 2026
Emmanuelle Kant « Portrait Grandeur Nature « et Angelica Kauffmann Autoportrait en bacchante
Le Musée Cognac Jay réunit les collections XVIIIème siècle des fondateurs de la Samaritaine. Rue Elzevir, non loin de Carnavalet dans un joli hôtel particulier, l’hôtel Donon. Les pièces d’exposition sont particulièrement soignées avec des boiseries d’époque. Les tableaux et bibelots sont présentés avec des meubles précieux . Même hors exposition la visite des collections permanentes vaut la visite.
Salon Boucher une des plus belles pièces du musée
Dans Correspondances, Agnès Thurnauer projette un éclairage contemporain sur l’art du 18ème siècle et plus particulièrement sur cette période-clé où les femmes peintres, comme Vigée-Lebrun, savantes La marquise de Chatelet ou Madame de Staël ont su s’imposer dans un monde masculin. Deux « Portraits Grandeur Nature » EMMANUELLE KANT et FRANCOISE BOUCHER gros badges comme des pins monstrueux donnent le la. Exposition radicalement féministe.
Un merveilleux Canaletto est accompagné de 7 petits tableaux de nuages avec l’inscription NOW. Commentaire de Agnès Thurnauer :
« une œuvre est plus contemporaine du regard que l’on pose sur elle que de l’époque où elle a été produite »
La plasticienne va orienter le regard du visiteur, établir des Correspondances entre les œuvres du 18ème S. et son travail exposé.
La salle suivante aura pour thème : Le Corps à l’Œuvre
Sleepwalker – Vénus de Poncet et au sol matrices de lettres
Il faut aussi confronter cet ensemble à l‘Odalisquede Boucher où le corps de la femme est livré comme objet de désir. Sleepwalker accumule les mots de l’artiste acrylique … académique … composition… dyptique… et par dessus le texte, le corps de l’artiste, nue de dos apparait sujet et non pas objet . L’artiste s’affirme créatrice et n’a pas peur à se représenter nue.
Perrette et le pot au lait (détail)
Performance au féminin occupe la salle suivante .
La figure centrale est Perrette et le Pot au Lait de Fragonard présenté ainsi par les Frères Goncourt
« La laitière du pot au lait montre ses jambes et pleure comme une naïade sur son urne brisée »
Regard masculin érotisé. Perrette pleure-t-elle ses rêves de fortune ou sa vertu perdue?
Agnès Thurnauer : Le Corps à l’œuvre
Ce n’est plus une petite fille éplorée mais une femme puissante dont les seins gonflés rappellent le lait perdu. Elle montre ses jambes bien campées au sol. Seules les couleurs sont celles de Perrette!
Lire, Ecrire, Se Représenter
Emilie e Breteuil Marquise du Châtelet
Cette salle met à l’honneur des femmes majeures du Siècle des Lumières. la figure centrale est Emilie de Breteuil, marquise du Châtelet, mathématicienne, physicienne, traductrice de Newton, représentée ici avec un compas.
Madame de Staëlcitée sur la cimaise :
Les femmes : « tantôt elle sont tout, tantôt elle ne sont rien. Leur destinée ressemble à quelques égard à celles des affranchis chez les empereurs, si elles ont du pouvoir, on leur rappelle, si elles sont esclave on opprime leur destinée… »
Prédelles entourant Marie Thérèse de Savoie
Agnès Thurnauerexpose les portraits d’autres femmes savantes intercalés entre ses Prédelles noter l’homophonie prédelle/près d’elles.
Le Goût du 18ème siècle
Bonheur du jour
nous entrons dans les collections permanentes avec toutes sortes de bibelots, tableautins, médailles, porcelaine de Meissen. Coup de cœur pour les meubles marquetés et surtout les joli Bonheur du Jour.
Il faudrait aussi montrer les statuettes, les tableaux d’Hubert Robert, de Boucher, Fragonard…..Je ne pouvais pas fair l’impasse sur l’âne de Balaam de Rembrandt
Rembrandt Ane de Balaam
Si je n’ai pas été convaincue par toutes les œuvres d’Agnès Thurnauerabusant de procédés répétitifs avec les lettres, en revanche le regard féministe décalé en fait une merveilleuse pédagogue. Elle guide notre regard, nous apprend à interpréter une œuvre. C’est aussi une féministe résolue qui met en avant des artistes un peu oubliées.
Dominique m’attendra sur le parking de la base nautique dans le cliquetis des mas. De l’autre côté de la route la chapelle Sainte Evette a été édifiée près d’une stèle gauloise christianisée par gravure d’une croix.
Esquibien, chapelle Ste Evette et stèle gauloise
Je trouve le GR34 au Centre nautique qui longe une petite plage et arrive à l’embarcadère pour l’Ile de Sein; le bateau vient de partir et s’éloigne sous mes yeux. La station SNSM de la Baie d’Audierne est un bâtiment blanc et bleu passé sur pilotis. Sa rampe descend au loin. Je note – amusée – qu’il est âgé de 4 jours de plus que moi. L’entrée du port d’Audierne est très dangereuse ainsi que la Chaussée de Sein. Les canots d’Audierne ont effectué de nombreux sauvetages depuis 1866.
Le sentier suit tranquillement le rivage, parfois protégé par des arbustes. Les prunelliers sont envahis par le lierre et les ronces. Les prunelles commencent à se friper. J’en croque une et recrache aussitôt. pas encore mangeables. Les fougères sont toutes sèches, les extrémités des branches de genêts sont grillées. Le paysage est presque hivernal.
A l’approche du petit phare de Lervily on a installé des bancs peints en bleu et un décor. Des ardoises avec des inscriptions en breton sont dispersées dans les touffes de graminées. l’une d’elle « Korreg Beuzec, naufrage de l’Estrid 1933″est la seule compréhensible. L' »Île aux vaches »est une chaussée rocheuse brune sans une seule touffe d’herbe capable de tenter un ruminant. Drôle de nom. Le sentier de terre est très confortable et plat. C’est un plaisir de marcher sans peine. Le vent se lève et quelques crêtes blanches se soulèvent sur la mer. Les vagues se brisent avec beaucoup d’écume.
La campagne est morcelée par des murets de pierre sèche comme en Irlande. Les parcelles étaient ainsi protégées du vent. maintenant il n’y a plus de cultures seulement des fougères, des ronces et des prunelliers.
treuils pour remonter le goémon
L’intérêt de la promenade : la récolte du goémonla cuisson dans les fours à goémon. Plusieurs poteaux de levage et un four à goémon se trouvent au site de Lennac’h. Plusieurs treuils permettent de remonter les laminaires qui s’accumulent après les tempêtes dans la crique sur les rochers à la base de la falaise.
Goémoniers André Jolly Musée de Pont Aven
Un film au Musée breton de Quimper montre hommes et femmes armés de gros râteaux, dans l’eau jusqu’aux mollets qui tirent sur les algues. Ils les transportent sur l’estran sur des civières. les fours rectangulaires creusés dans le sol permettent le brûlage pour obtenir des « pains de soude ». les algues sont séchées au préalable sur les murets. le feu allumé le matin doit être modéré, alimenté au cours du brûlage et malaxé à l’aide du pifoun. L’iode est séparé de la soude.
Esquibien batterie Pen anemez
Sur une pointe, je découvre la Batterie de Pen An Enez : deux canons protègent l’anse de Cabestan. A côté des fortifications des grands ports, Vauban a imaginé une chaîne de postes de garde surveillant le littoral. Seize hommes servaient la batterie. Ce n’étaient pas des soldats de métier mais des cultivateurs, artisans et pêcheurs. Selon le panneaux ils s’appelaient Saouzannet, Pichon, Cudennec… à qui on a imposé le service de garde-côte. L’un d’eux écrit : « Il est cruel pour l’espèce humaine d’être obligé de passer des nuits dans une maison aussi dure sans feu, couché dans le corps de garde sans lumière. Un seul un mauvais sujet pourrait le détruire sans qu’ils puissent opposer la moindre résistance » (1794)
Mireille, une lectrice du groupe de lectures italiennes de Facebook, m’a donné rendez-vous pour une promenade en Baie d’Audierne. C’est une expérience singulière de rencontrer une lectrice des mêmes livres avec qui j’ai échangé depuis de nombreuses années.
Il est encore trop tôt, nous déjeunons à l’arrière de la dune qui borde la plage de Tréguennec. La grande plage de sable fin s’étale à perte de vue sur 10 km de Penhorsà La Torche. Elle est protégée par un cordon dunaire. Seuls les blockhaus maintenant à moitié enfouis sous le sable mouillé donnent quelques repères ; certains sont décorés de graffs et d’étranges fleurs qui ressemblent à des moulins d’enfants.
concasseur
Un monument étrange rappelle la Seconde Guerre mondiale : le Concasseur de galets bâti en 1943 par l’occupant allemand pour construire le mur de l’Atlantique. Un cordon de galets protégeait la dune, gisement paraissant inépuisable pour alimenter le concasseur. Après la guerre, le stock laissé par les Allemands a été utilisé pour la reconstruction du Port de Brest. Cependant l’extraction massive des galets a fragilisé la dune. Après les inondation de février 1948 l’administration a fermé le site.
Nous avons marché 2 heures, environ 8 km, pieds nus dans l’eau sous un soleil radieux. Plaisir de faire connaissance et de bavarder. Personne ne se hasarde dans l’eau, ni baigneurs ni surfeurs malgré le beau temps. La plage est dangereuse avec des courants de baïne. En dehors des zones surveillées en saison, la baignade et les activité nautiques sont interdites.
308 pages, Un polar qui se lit très bien avec embrouilles, rebondissements, et tous les ingrédients d’une lecture mauvais genre : Marwan Khalil est à la recherche d’une prostituée ukrainienne disparue dans les lieux les plus mal famés de la ville. Corruption à tous les étages, violence et même enlèvements. Marwan pourrait être désabusé, son enquête est mal partie, très mal partie même et pourtant il insiste.
Le détective est pathétique, sympathique. Le personnage principal est Beyrouth sur laquelle toutes les catastrophes s’acharnent dans un bazar indescriptible. Malgré les bombardements israéliens récents, les combattants du Hezbollah aux abois après la mort de Nasrallah et les explosions des bipeurs, les services publics déficients (il n’y a même plus de réseau électrique), les séquelles de l’explosion du port….malgré tout cela, les libanais s’organisent, vivent. Résilience après tant d’années de guerres.
D’autant plus intéressant que le roman se déroule en décembre 2024 au moment où la Syrie voit se mettre en place un nouveau pouvoir, où la guerre se déroule dans tout le Moyen Orient…
Merci à Babélio et à l’éditeur pour ce voyage en enfer malgré le titre de paradisiaque!
Pont Croix était la capital du Cap Sizunavant l’essor d‘Audierne et de ses conserveries de sardines. A l’origine gué sur le Goyen, le pont a donné son nom à la petite cité construite à flanc de colline autour de son château dont il ne reste rien.
Le Topoguide L’Ouest Cornouaille à pied propose un tour dans Pont Croix, promenade d’une heure, 3 km qui commence dans le grand parking Place du 8 mai, à l’arrière de l’Ancien Séminaire. La rue Jean-Louis Le Goff le long de l’espace culturel Bolloré. je parviens sur une jolie petite place à l’arrière de la Collégiale. Cette église porte le curieux nom de Roscodon – colline aux ramiers – Construite au XIIIème siècle d’abord de style roman, elle possède un très haut clocher gothique ouvragé très élégant. Sa flèche est ajourée de roses à 6 feuilles. Le style de Pont Croix articulant roman et gothique a été copié dans les édifices religieux bretons si bien qu’on parle d’une « Ecole de Pont Croix ». A l’intérieur, on remarque les piliers fasciés caractéristiques de ce style. Une Cène de bois sculpté doré a été restaurée récemment. Elle se trouve maintenant à l’arrière de l’autel protégée dans une boîte de verre.
Rue des courtils
Le circuit pédestre descend par la rue des Partisans puis remonte rue des Courtils. Ces courtils sont des jardins cachés par de vieux murs colonisés par des fleurettes. En cherchant on peut voir des gloriettes XVIIIème siècle. j’ai entendu le mot « courtil » à Guernesey, je pensais ce mot normand, en me documentant il est plus répandu que je ne le croyais, il désigne un jardin dans un usage ancien. Au bout de cette rue bordée de hauts murs, j’arrive à une placette très fleurie avec des potées, des anémones du Japon. La petite rue des Chères pavée descend brusquement. Chère vient du verbe choir!
Petite rue Chère
Elle aboutit au pont sur le Goyen, petit fleuve de 32 km qui se jette dans l’Océan à Audierne. A Pont Croix les marées sont encore assez puissantes pour actionner un moulin à marée. De l’autre côté du pont le quartier de Keridreuff était très ancien. Quelques maison, la venelle des Pommiers (bien nommée, les pommiers sont couverts de pommes). Je remonte la Grande rue chère, plus large que la petite mais bien escarpée.
Toute essoufflée, j’arrive sur la grande place de la Républiquequi était autrefois le Champ de Foire, vaste place carrée où se trouvaient les halles. Une maison attire mon attention, une très belle maison blanche avec une banderole : POURQUOI LAISSONS-NOUS LES ENFANTS MOURIR A GAZA. A chacune des fenêtres des gros nounours et une affiche bleue avec la colombe de la paix. Sur un mur une exposition de photos d’une photographe palestinienne. Un enfant de Gaza fait face à l’enfant du ghetto de Varsovie. Belle exposition pour un village de 1600 habitants.
Par la Rue de la Prison j’arrive au Marquisat d’après le titre nobiliaire de la famille de Rosmadec dont la maison fut la résidence du XVème siècle jusqu’en 1814. Déception! le Musée de Pont Croix qui y est logé n’ouvrira que l’après midi. je ne verrai donc pas l’exposition Peindre Pont Croix. Rue aux Œufs puis rue de Rosmadec me ramènent à la Collégiale puis à la chapelle Saint Vincent du Séminaire.
En ce moment, les routes du Finistère font l’objet de gros chantiers : assainissement, fibre optique…des tranchées barrent les routes. La déviation qui évite le pont nous fait faire un détour par Audierne!
le Monde de Colette(1873 – 1954) est vaste et varié. On entre dans l’intimité de la famille à Saint- Sauveur- en -Puisaye, on feuillette l’album photos de Willy, et on découvre les maisons de Colette, Rozven , en Bretagne offerte par Missy, découverte de sa collaboration avec le peintre breton Mathurin Méheut
Plus tard, à Saint Tropez à la Treille Muscate avec les gravures de Dunoyer de Segonzac ou la peinture de Camoin
La Treille muscate Dunoyer de Segonzac
Flânerie dans les paysages de Coletteentre photographies, manuscrits, lettres et cartes postales ainsi que beaux livres. On n’est pas à la BnF pour rien.
Série de dessins à la craie de Louise Hervieu
Colette a été très attentive à la nature, aux plantes du jardin, aux chats et même aux plus petits animaux dessinés ici par Louise Hervieu (1878-1954) contemporaine de l’auteur du Dialogue de Bêtes présenté ici. Un herbier (1949) a été illustré par Raoul Dufy
Un mur est consacré à l‘Enfant et les Sortilèges de Ravel dont Colette a composé le livret en 1925, aquarelle des costumes, photographies de scène de cette féérie-ballet et même quelques moments du spectacle dans une mise en scène récente.
Colette ne fut pas seulement écrivaine à succès des Claudine promue par Willy. Quand elle se sépare de son mari elle doit gagner sa vie sur scène dans le Music Hall dans le monde et le demi-monde. L’exposition scénarise l‘Envers du Music Hall toujours avec des photographies d’époque, des affiches de spectacles, des portraits de Polaire,Missy, de la Belle Otero …costume de scène du Faune et un portrait de Matisse, de très beaux dessins et même une lettre.
Portrait de Colette par Matisse
« Etes-vous pour ou contre le second métier de l’écrivain? »interroge Colette à propos de l’ouverture de son institut de beauté.
Colette a pratiqué bien plus que deux métiers: saltimbanque, écrivaine, journaliste. Une section entière de l’exposition montre la journaliste qui écrivit dans le Temps et d’autres journaux plus de 1200 articles. Envoyée spéciale au Maroc, à New York… chroniqueuse judiciaire racontant les procès monstres comme Landru ou Violette Nozière, chroniqueuse sportive (c’est plutôt inattendu!).
la vagabonde
S’écrire , Colette se met en scène et en même temps brouille les pistes. Est-elle Claudine(1900)? ou Renée dans la Vagabonde (1910), Léa dans Chéri (1920) Proust qui se racontait aussi l’admirait.
Une conversation avec Jean Cocteau quand Coletteétait alitée dans son lit-radeau la montre plaisantant, vantant l’oisiveté…
J’aime toujours ces expositions à la BnF où littérature, édition, arts plastique, photographie sont toujours très bien présentées. Expositions dans le calme sans la foule.
La piste qui mène au sentier après les Roches Blanches est à peine carrossable, Dominique n’ose pas la prendre seule; A pied, j’explore pour éviter les roches coupantes ou les nids de poules traitres. Après le pique-nique je trouve le GR34 très escarpé équipé de marches très hautes(bâton obligatoire) et parfois de passages rocheux. Je fais un aller-retour dépassant la Pointe de Leydé(après le sentier passe sur la route).
Et en face Crozon. Zut j’ai raté le Belem
La vue sur Crozon est magnifique. Il y a beaucoup d’animation : les petits bateaux de pêche rentrant au port, le bourdonnement d’hélicoptères qui survolent un navire bizarre (je brode un film sur un bateau-espion, la réalité dépasse la fiction mais le pétrolier russe est à Saint Nazaire). Le Belem croise juste en face, majestueux. Deux cormorans pêchent à grand bruit et secouent leurs plumes.
Nous rejoignons en voiture la Pointe de Millier où il y a un parking avec vue (circuit des korrigans N°9 du topoguide). Le phare de Millier est une maison-phare. Au lieu de me diriger vers le Moulin de Kériolet comme le suggère le circuit du topoguide, je m’engage sur le sentier des douaniers vers l’ouest. Parcours confortable. Le sentier en terre court parmi les fougères en balcon avec peu de dénivelée. Le soleil est radieux. C’est une promenade facile avec le Cap de la Chèvre à Crozon en face.
Allée couverte de Lesconil
En route, des flèches indiquent l’allée couverte de Lesconil. Sous de très beaux chênes, en face d’une exploitation maraîchère qui vend des légumes, l’allée couverte est formée de dalles plates (18 orthostates selon Wikipédia) elle est aussi appelée allée des korrigans.
Confort Meilars église
La route du retour traverse Confort-Meilars « petite cité de caractère » que nous avons déjà passé en remarquant un calvaire imposant devant une belle église méritant un arrêt. Le village doit son nom à son église Notre Dame du Confort (Réconfort) . Bâtie sous François 1er à l’initiative de Alain de Rosmadec (que nous retrouverons à Pont Croix). Sa façade est gravée de caravelles et de poissons montrant ainsi qu’elle a été également financée par des armateurs. Son originalité : la Roue à Carillon ; c’est une roue équipée de 12 clochettes que l’on peut faire tourner en tirant la chaîne après avoir fait don d’une offrande. Cette roue miraculeuse aurait donné la parole à un enfant muet. La notice prévient: « ne vous attendez pas à un miracle ».
Roue à carillon
Les statues du calvaire ont été décapitées à la Révolution. Un sculpteur local leur a redonné leurs têtes en 1870. Même si on connait cette anecdote, le calvaire reste très spectaculaire!
Cette très belle journée commence dans la brume lors de la traversée du Cap Sizun.Les bancs de brouillard noient les vallées et les creux tandis que le soleil de face nous éblouit. Heureusement, les arbres magnifique, châtaigniers ou chênes offrent un certain répit à nos yeux éblouis.
L’entrée dans Douarnenez avec ses maisons mitoyennes ouvrières alignées le long de la rue en pente me rappelle l’entrée de Fécamp. Des immeubles très moches percent de temps en temps les quartiers ouvriers. Douarnenez n’est pas une ville chic, c’est une cité ouvrière de pêcheurs et d’ouvriers des conserveries qui s’est construite autour de la richesse locale : la sardine.
Port Rosmeur
le Topoguide propose une promenade N°5 « Le Chemin de la Sardine » . Il est balisé dans le goudron par des clous ovales en forme de sardines qui guideront mes pas. Impossible de rejoindre en voiture le départ du circuit sur le Quai du Petit Port du Rosmeur : le trafic est réservé aux riverains et le quartier piétonnier. En plus des sardines métalliques, la visite est commentée par des panneaux très bien faits illustrés de photographies anciennes, racontant l’histoire de la ville.
Dès l’époque gallo-romaine, la sardine était travaillée dans les cuves à garum de Plomarc’h (que je n’ai pas trouvées). Ensuite on a pressé les sardines,pressées et essorées, entassées dans des tonneaux pour être expédiées au loin. Nourriture bon marché qui accompagnait pain ou pommes de terre. Au XIXème siècle avec l’appertisation (découverte en 1795 par Nicolas Appert), les conserveries remplacent le pressage. La ville grandit. Les hommes vont à la pêche, les femmes travaillent aux conserveries. Au début du XXème siècle, avec la grande grève des Penn Sardin(1924), les sardinières entrent dans l’Histoire. Un siècle plus tard, on se souvient encore de leurs luttes et de leurs chants. Grève très politique avec le soutient du Parti Communiste et de Charles Tillon. Grève féministe puisque dès 1925 le PC inscrit une femme sur les listesau conseil municipal alors qu’elle n’avaient pas le droit de voter. Un podcast de RadioFranceraconte la grève CLIC
Et un roman policier Du sang sur Douarnenez enquêtes d’Anatole Lebras CLIC
par les venelles du circuit des sardines
Douarnenez, ville communiste, a perdu nombreuses de ses conserveries mais garde le souvenir dans la toponymie : je grimpe la Rue Barbusse, la rue Charles Tillon, la rue Louise Michel. L’esprit de la gauche flotte encore avec des affiches soutenant Gaza, des graffitis subversifs, « BLOQUONS TOUT3 (10 septembre 2025), « LE RN EST COMME TON EX IL DIT QU’IL A CHANGE MAIS IL MENT » (sûrement des féministes), plus mystérieux sur le mur en face de l’église « QUE LE PAPE BENISSE LES SUBVENTIONS » (quel pape? quelles subventions?).
En suivant les sardines, je déambule sur les quais du Petit Port pittoresques mais vides en début de matinée ; les restaurants n’ont pas encore sorti les tables en terrasse. Jolies façades, bacs de fleurs. A l’arrière, des galeries d’art. Des vieilles photos sur une fenêtre. propositions de stages d’aquarelle. Artistes et bobos prennent la place des ouvriers ou pécheurs dans les venelles et rues piétonnes abondamment garnies de potées de plantes fleuries ou vertes.
La Chapelle Sainte Hélène est ouverte au public. Façade sculptée aux statues et gravures pas très lisibles. Je cherche els filets de pêche sans les trouver. le visiteur est accueilli en musique. Une souscription est ouverte pour restaurer le plafond étoilé.
Suivant les sardines je continue la promenade très agréable dans les venelles puis je grimpe la Rue Barbusse et la Rue des Baigneurs pour arriver à la grand église du Sacré Coeur, église XIXème siècle (ces églises XIXème ne m’émeuvent guère). Descente sur l’autre versant pour arriver au Port Rhu, étroit chenal où est installé le Port Musée.
Port Rhu
Non loin, face à l’Ile Tristan, les petites plages se sont peuplées. Malgré la fraîcheur se baignent une quinzaine de nageurs en maillot.