LIRE POUR L’EGYPTE

Trouvé ce titre dans le blog de Patrice Si on bouquinait
Alexandrie est une ville qui me fascine : légende familiale, mais aussi littéraire, visitée à plusieurs reprises. Evidemment, Alexandrie des années 2000 a perdu son ambiance cosmopolite, la Corniche est une véritable autoroute terrifiante… L’Hôtel Cecil, précisément celui du Quatuor de Durrell, existe encore et Ana une des protagonistes du roman de Marjan Tornsic y travaille.
Les Alexandrines sont des jeunes femmes slovènes venues depuis le chantier du Canal de Suez jusqu’aux années 50 travailler comme nourrices, dames de compagnie, gouvernantes ou nurses dans des familles riches de commerçants, banquiers, diplomates, égyptiens, syriens, juifs, grecs, anglais …
Dans tout Alexandrie et Le Caire, et aussi ailleurs, les Slovènes étaient depuis longtemps extrêmement
recherchées et respectées. Elles avaient la réputation d’être travailleuses, honnêtes et fidèles.
A bord du vapeur reliant Trieste à Alexandrie, dans les années 30, trois jeunes femmes :Ana revient après une première expérience pour gagner assez pour racheter les dettes de la ferme familiale et peut être d’agrandir leurs terres? Merica qui vient d’accoucher sera nourrice, elle laisse son bébé et donnera son lait à Thomas, un petit anglais. Vanda, 16 ans, très jolie mais naïve espère un emploi de dame de compagnie. Le couvent des Franciscaines Sainte Catherine leur servira de première étape et de lieu de ralliement. Elles y retrouvent d’autres slovènes et l’histoire des 3 héroïnes s’enrichit de toutes les expériences de ces Alexandrines. Certaines histoires ressemblent à un conte de fées, d’autres sont dramatiques. Princesse ou putain, destins contrastés.
Elles allaient et venaient, comme les hirondelles, les grues et autres oiseaux. Ce qui leur remplissait le
coeur de joie, c’était le retour à la maison. Beaucoup d’entre elles n’avaient atteint leur but, et avec lui le
plus grand bonheur, que lorsqu’elles avaient trimé et gagné assez de funts pour pouvoir repartir la
conscience tranquille dans leur village, ne serait-ce que quelques semaines ou quelques mois. Rentrer
signifiait que leurs rêves s’étaient réalisés. Repartir en Égypte voulait dire que le monde sombrait de
nouveau dans la pénombre. C’est ce que pensaient ou ressentaient nombre de Slovènes, dont Merica. Ana
n’était pas de cet avis, c’est pourquoi elle la contredisait
Histoires d’exil. Nostalgie du village pour les Alexandrines en Egypte. Nostalgie de la vie facile quand elles retournent à la campagne aux travaux des champs. Double attachement aux enfants de sang et aux enfants de lait pour les nourrices. Eloignement du foyer, et du mari. Les tentations sont grandes. Qui y cèdera? qui restera fidèle?
C’est donc un livre très exotique dans un monde oriental parfois proche des MIlle et Unes Nuits. On y converse en Italien, en Français, Anglais, Arabe. parfums d’Orient. Khamsin et chaleur accablante. Fraîcheur de la mer et des jardins des palais. Dépaysement garanti, pour les Alexandrines et pour les lecteurs.