LITTERATURE ROUMAINE

C’est avec beaucoup de curiosité et d’enthousiasme que j’ai commencé ce gros livre de près de 700 pages. J’aime bien pavés, promesse de longues lectures. Mais Cartarescu m’a perdue dès le premier chapitre entre les Cyclades et l’Ethiopie, la Valachie, mer Egée, Mer Rouge. Entre la Reine de Saba et la Reine Victoria qui envoie son général Napier. Je ne sais où donner de la tête.
Tu n’es pas devenu maître du monde et pantocrator, parce que cette mission était déjà confiée a ton époque, au Christ dans les cieux et à la reine Victoria sur la terre;
Et comme je suis une lectrice têtue, j’ai persisté et je me suis retrouvée en pleine guerre coloniale britannique.
Troisième chapitre, nouveau personnage Kassa, éthiopien, je commence à me repérer quand intervient Sofiana, la mère de Theodoros(dans les Cyclades) alias Tewodoros en Ethiopie, alias Tudor en Roumanie.
C’est sans doute ainsi que l’Ovide de l’Antiquité, exilé sur les rives de la Grande Mer qui bordait la Valachie, dut supporter le vent scythe et la barbarie des mœurs et ceux auprès desquels il avait été jeté pour périr de froid et de tristesse. Enroulé dans sa toge qui ne parvenait pas à réchauffer le vieux poète…
Les histoires s’enchaînent, sans rapport les unes avec les autres, qui nous mènent jusqu’à San Francisco chez un original qui se voulait aussi empereur. Le livre ressemble à un recueil des Mille et Unes Nuits, contes qui s’empilent plutôt qu’ils ne se suivent. Entre Alexandre et les héros d’Homère et les textes saints. La visite de la Reine de Saba à Salomon, fondatrice pour les éthiopiens qui en tirent leur héritage, est racontée avec force détails. Il y a aussi une série d’histoire en Roumanie.
Souvent les allusions à la religion orthodoxe, version grecque ou éthiopienne, me paraissent totalement incompréhensibles; il est question d’hérésies, d’interprétations des textes saints…
J’ai de plus en plus de mal à faire la liaison entre toutes ces histoires. Après 300 pages de lecture laborieuse, je prends un autre livre, j’alterne roman policier et chapitre de Théodoros pour l’abandonner finalement. Je n’en suis pas fière. L’abandon est la défaite de la lectrice. Si le livre est mauvais, il est justifié . Ce n’est pas le cas de Theodoros, il est simplement trop copieux, j’ai perdu l’appétit.











