une Aventurière au Musée – Alexandra David Néel –

EXPOSITiON TEMPORAIRE AU MUSÉE GUIMET 

jusqu’au 22 mai 2017

Je lis toujours avec beaucoup d’intérêt les récits et les écrits des grands voyageurs. Mais les exploratrices me passionnent encore plus. J’attendais avec impatience l’exposition du Musée Guimet qui vient tout juste de commencer. Il ne s’agit pas d’une grande exposition mais seulement dans la Rotonde du 2ème étage (décor prestigieux avec cariatides).

 

Alexandra David Néel (1868-1969) féministe, anarchiste, exploratrice, écrivains et « dame-lama » trouve toute sa place au Musée Guimet puisque c’est à la suite de la visite de ce musée après sa création en 1889 qu’elle découvre le bouddhisme. En 1891 Emile Guimard organisa des cérémonies bouddhiques au Musée et Alexandra David Néel adopta le bouddhisme en 1892. 

A cette époque elle se consacrait au chant lyrique. De belles photos et sa tenue de cantatrice datent de la décade 1890-1900.

L’exposition se compose surtout de photos de ses deux grands voyages en Asie de 1911 à 1925. Son voyage à lhassa (1923-1924) en hiver est le plus aventureux, à 56ans elle effectue ce voyage clandestin dans une région interdite aux étrangers et non cartographiée, 2000km à pied et souvent de nuit se faisant passer pour une tibétaine. . Dans des vitrines on voit aussi ses petits carnets et des lettres rédigées avec une impeccable calligraphie.

Elle légua au Musée 8 panneaux peints de toute beauté, des objets. On voit aussi des objets provenant de Digne-les Bains où elle passa ses dernières années entre autre deux masques effrayants et une belle statue à tête de lionne.

En 1959 Marie Madeleine Peyronnet entre à son service. Elle a contribué à l’élaboration de deux bandes dessinées retraçant ses aventures par Fred Campoy et Mathieu Blanchot ed Grand Angle. Je ne suis pas très fan de BD et je n’ai pas beaucoup aimé leur graphisme.

En revanche je garde un souvenir ébloui de L’Inde où j’ai vécu que j’ai lu il y a quelques temps en rentrant des voyage au Rajasthan.

 

 

Mexique au Gand Palais (3) Des Femmes fortes

20161211_104758-2Cette section est initiée par des séquences filmées où des femmes rossent des soldats, des malotrus. Curieux cinéma où les rôles sont inversés.

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Bien sûr, parmi ces femmes fortes on trouve Frida Kalho mais elle est loin d’être la seule femme peintre.

Frida Kalho
Frida Kalho
Nahui Olin
Nahui Olin

Je découvre Nahui Olhin,

Maria Izquierdo
Maria Izquierdo

Maria Izquierdo (lire ICI ) qui sont représentées dans des autoportraits.

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Nujeen – L’incroyable périple – Nujeen Mustafa avec Christina Lamb

515ike91dwl-_sx210_J’ai envie d’offrir ce livre à toutes mes élèves kurdes que j’ai rencontrées au collège.

J’ai envie de faire lire l’histoire de Nujeen à tous ceux qui ne sont pas persuadés que les migrants, les réfugiés, les Syriens (ou Irakiens, ou Afghans….) ne sont pas capables d’offrir plus à leur pays d’accueil que leur simple force de travail.

Leçon de vie aussi, que celle de la jeune fille du 5ème étage d’Alep.  Clouée par son handicap à la maison, elle a été capable non seulement de parcourir tout le périple d’Alep à la Rhénanie sur son fauteuil roulant.  Elle a vécu cette Odyssée non comme une épreuve mais comme une aventure. Aventure pleine de premières fois excitantes.

Nujeen à cause de son handicap, n’a pas pu aller à l’école, n’a pas pu nouer d’amitié avec des enfants de son âge, mais elle a   tiré profit de ses heures passées à regarder un feuilleton télévisé pour apprendre l’Anglais seule et cette compétence la rendra, non seulement utile comme traductrice pour sa famille et son entourage, mais même célèbre (je ne spoile pas, cela ressemble à un conte de fées). De sa solitude, et de son éloignement des enfants, elle a accumulé, grâce à Internet, une culture étonnante. Culture hétéroclite, dispersée mais tellement étendue!

Comment ne pas imaginer que Nujeen s’adaptera en Allemagne et qu’elle fera de sa vie quelque chose de bien!

La Dame à la lampe- une vie de Florence Nightingale – Gilbert Sinoué

LE MOIS ANGLAIS

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J’ai « rencontré » Florence Nightingale dans l’excellent Winter on the Nile  de Sattin racontant le voyage simultané (mais séparés) de Florence Nightingale et de Gustave Flaubert en Egypte.

La biographie de Florence Nightingale de Sinoué  m’a d’abord paru honnête mais un peu plate. Le narrateur est un journaliste américain qui choisit, à l’enterrement de la Dame  à la Lampe, en 1910 de faire sa biographie.Il  se met en quête de témoignages de personnes l’ayant approchée de son vivant .

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A chaque chapitre, il  rencontre avec de très vieilles personnes qui fouillent dans leurs souvenirs, fournissent de nouvelles pistes. Son premier témoin est Henry Carter, un ancien collaborateur, secrétaire de la fondation de Florence Nightingale qui lui fournit des recommandations pour d’autres personnages. Le portrait qu’en brosse Carter est pour le moins complexe.

« Contradictoire. contradictoire étant un euphémisme. A titre d’exemple, savez-vous qu’après s’être posée en championne de l’émancipation féminine, elle refusa obstinément de soutenir le droit de vote pour les femmes? »

« Elle clamait à qui voulait l’entendre qu’il y avait bien assez à faire pour les femmes. qu’elles pouvaient opter pour les carrières d’enseignantes, de sages-femmes, ou d’infirmières, sans chercher à devenir des « hommes de troisième rang ».

C’est dans la description des courants sociaux traversant  la société victorienne que l’ouvrage de Sinoué est le plus convaincant.

Née dans la classe la plus riche, elle opte pour une position très sociale dans la discussion sur la New Poor law qui révoquait l’ensemble des mesures allouées aux indigents. Et bien que sa richesse personnelle fut mise à contribution pour le financement de ses fondations

« Miss Nightingale affirmait avec force que la philanthropie est une fumisterie? Qu’à travers elle on se contente de dissimuler les fractures. On soigne les symptômes sans s’attaquer à la source du mal, qui est le chômage massif, conséquence de la révolution industrielle. « 

Une sainte Florence Nightingale? mais pourquoi resta-t-elle quarante ans presque alitée? les rapports avec sa sœur Parthénope, également malade chroniquement sont ambigus. L’entrevue avec un aliéniste fournit une explication d’époque en décrivant la maladie de Parthénope comme hystérie. 

« Connaissez vous les causes de l’hystérie? – Vaguement. – Elle touche surtout les femmes, non parce que les femmes y seraient plus sensibles que les hommes, mais parce que dans les sociétés où la femme est opprimée, les femmes l’utilisent comme moyen d’exprimer leur malaise psychologique profond. « 

Les hésitations entre anglicanisme et catholicisme m’ont un peu ennuyée. La dame trouvait sa spiritualité aussi bien dans les temples égyptiens, et avait été très remuée par l’évocation d’Osiris, racontait Sattin dans l’Hiver sur le Nil.

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C’est dans l’évocation de la Guerre de Crimée que ce livre est le plus passionnant. Il faut dire que je ne savais rien de ce conflit, ni du prétexte qui l’a déclenché (une querelle entre les moines orthodoxes, soutenus par la Russie et chrétiens latins protégés par la France à Bethléem) ni des alliances et des enjeux stratégiques (contrôle de la navigation dans les détroits du Bosphore et des Dardanelles. Une anecdote m’explique ce que fait le zouave au pont de l’Alma. J’ignorait que l’Alma était une rivière de Crimée. Cette guerre terrible a été bien oubliée, le souvenir oblitéré par les suivantes. Les conséquences médicales sont encore bien dans nos esprits : méthodes d’hygiène mises en oeuvre  par Florence Nightingale. La  fondation de la Croix Rouge, après la bataille de Solférino (1859) , suit de peu la fin de la guerre de Crimée.

Si j’ai été plus touchée par la découverte de Florence Nightingale dans le livre de Sattin, celui de Sinoué m’a appris beaucoup d.

 

 

Les heures silencieuses – Gaëlle Josse

PORTRAIT DE FEMME

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Pour introduire l’oeuvre,  un tableau  de

« je m’appelle Magdalena Van Beyeren. C’est moi de dos sur le tableau[…]J’ai choisi d’être peinte, ici, dans notre chambre où entre la lumière du matin. […]C’est la lumière du soleil montant, celles des promesses du jour que j’ai voulue pour ce tableau. La journée n’est pas encore écrite et ne amande qu’à devenir. Ce sont mes heures préférées, j’aime leur reflet dans le miroir de Venise ou l’écho de nos silhouettes se perd dans les dorures…. »

Pendant deux mois Magdalena tient son journal, peut être sont elles ces heures silencieuses , où elle raconte en courts chapitres l’essentiel de sa vie.

Ce court roman – 88 pages – est le portrait d’une femme. Une hollandaise, fille de commerçant, femme  d’armateur. Mère de grands enfants. Enfant elle a couru dans les docks, dans le parfum des épices de l’Orient. Jeune son père l’a initiée au commerce qui fait la prospérité des Pays Bas à l’époque (1667). Toute demoiselle, elle est tombée amoureuse de Pieter le capitaine du Haarlem qui rapportait de la porcelaine de Chine…

L’épinette, représentée sur le tableau l’accompagne dans toute sa vie. Une de ses filles est particulièrement douée pour la musique. Ces heures ne sont peut être pas aussi silencieuses que le titre le suggère.

Un joli livre qui se lit d’une traite.

Le regard de l’aveugle – Mamadou Samb

LIRE POUR L’AFRIQUE

le regard de l'aveugle

« la souffrance m’a tellement envahie et détruite qu’actuellement je pleure pour toutes les femmes mutilées, infibulées, qui toutes ont connu ou connaîtront une nuit pareille… »

Mamadou Samb dénonce l’excision et l’infibulation, il raconte l’itinéraire d’Oulimata, jeune bambara née au Mali dans un petit village au bord du fleuve.

De l’initiation des jeunes filles, je n’avais entendu parler qu’à mots couverts, le roman donne une version très crue et précise de ces mutilations génitales. L’initiation avait aussi pour but de faire prendre conscience à Oulimata de sa place dan la société dans une caste intérieure.

La seule chance d’Oulimata fut d’être envoyée par son père, Danfa à Bamako pour entrer à l’école française et d’être confiée à Saliou et Fanta qui l’adoptèrent comme leur propre fille. Fanta vient du même village qu’Oulimata, comme elle, elle fut excisée et refusa l’homme à qui elle était destinée, son sauveur fut Danfa, le père d’Oulimata qui permit sa fuite à Bamako. Triste histoire qui se répète à chaque génération. Comment vivre une sexualité normale après l’infibulation?

Une malédiction s’abat sur le village  : l’onchocercose ou cécité des rivières. Le village est abandonné quand Oulimata y retourne, ne retrouvant que son père, aveugle, et une amie d’enfance, 10Oumy qui conduit ses parents, eux aussi aveugles. La seule solution est la mendicité, à Bamako d’abord, puis à Dakar où la magie de la grande ville a attiré Oulimata. La grande ville est un piège pour la jeune fille.

« depuis mon enfance, j’avais toujours aimé lutter contre ceux qui voulaient faire de moi une soumise, une moins que rien; je rugissais comme une lionne, je mordais comme une tigresse à chaque fois que ‘avais les moyens de me défendre. j’avais toujours refusé de porter sur mon dos l’histoire de mes ancêtres. « 

Si l’histoire d’Oulimata est celle de la misère, de la prostitution, de la déchéance, de la prison  et du SIDA, Oulimata n’est pourtant pas une victime passive. Elle est pleine de vitalité, passionnée de lecture, instruite, elle danse si bien qu’une troupe de danseurs l’intègre. Elle connaît même une véritable histoire d’amour.

Mamadou Samb a su raconter cette histoire sans misérabilisme superflu, sans le manichéisme qui m’avait dérangée dans l‘Echarpe des Jumelles où il dénonçait aussi les injustices que la tradition fait aux femmes. On y croise des personnages de tous les milieux, avec leurs contradictions et leurs caractères.

Marie curie prend un amant – Irène Frain

FEMMES

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« Ce livre est une reconstitution. Comme telle, il comporte une marge d’incertitude et de conjecture. 

Il est aussi le fruit d’une enquête, au sens où les historiens entendent ce mot. j’ai écarté les témoignages qui m’ont paru douteux et, à l’inverse, repris à mon compte ceux qui m’ont semblé fondés. »

Irène Frain nous livre donc une biographie sérieuse de Marie Curie avec un éclairage original. Evitant l’hagiographie qui a souvent cours, elle présente Marie Curie comme la grande savante aux deux Prix Nobel mais aussi comme une femme avec ses amours, ses enfants. Irène Frain démonte aussi les agissements d’une certaine presse à scandale qui s’est acharné sur elle, en tant que femme et étrangère. Presse nationaliste,  anti-dreyfusarde, antisémite et misogyne et moralisatrice.

« la joute qui se déroulera le 8 décembre au tribunal s’exclame-t-il, opposera la science à la vertu. D’un côté, la Sorbonne, repaire du parti de l’étranger et d’arrogants individus sans morale et sans Dieu, incapables de dominer leurs bas instincts. De l’autre les courageux partisans de la famille et de l’ordre, à la tête desquels la douloureuse Jeanne, incarnation de la vraie mère, héroïquement dressée face à l’armée des puissants qui veulent sa perte, les protestants, les juifs, les francs-maçons, le gouvernement…. »

Cette analyse est passionnante.

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En revanche, je suis restée sur ma faim, en ce qui concerne la partie scientifique qui est indissociable de l’histoire de Marie et de Paul Langevin. Marie, celle qui a découvert le radium nous est connue, en revanche ses relations avec les autres savants de cette époque passionnante sont envisagées plus du point de vue des relations personnelles que de l’échange scientifique qui faisait la richesse de ces rencontres. Des travaux de Paul Langevin, nous n’apprendrons presque rien, ni de Jean Perrin. Petit clin d’oeil à Einstein. J’aurais voulu en savoir plus sur les relations de Rutherford avec Paul Langevin et Marie Curie.

Une bonne biographie, mais pas un livre exceptionnel.

 

8 mars : Angèle Etoundi Essamba : FORCE&FIERTE

8 MARS – JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES

Exposition au Musée Théodore Monod de Dakar
Exposition au Musée Théodore Monod de Dakar

Pour la Journée Internationale des Femmes, je voudrais vous faire partager la découverte de cette photographe camerounaise basée à Amsterdam, qui expose actuellement à Dakar.

Cette exposition condense 30 ans de création engagée, composée de 200 photographies articulée en trois ensembles : (je recopie le document de présentation):

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« Noir et Blanc retrace l’engagement d’Angèle Etoundi Essambaa dans la représentation de la femme africaine au delà des stéréotypes. Femmes fortes, fières et conscientes de leur existence […]

 

« Couleur illustre le passage de l’artiste à la couleur. Fidèle à la représentation de la femme noire d’Afrique et de la diaspora, Couleur inclut également quatre séries inédites dévoilant un travail photographique surprenant autour de la  couleur et de la matière. 

Invisible est le récit photographique de la vie des femmes africaines qui travaillent dans les secteurs des mines, de l’énergie et de la construction mais aussi du textile du commerce, de l’agriculture et de l’eau. Cette’ série rend hommage à ces invisibles dont le travail est souvent sous-estimé alors même qu’elles contribuent activement à la construction et au développement de l’Afrique. »

La photographe renommée partage son exposition avec un collectif dakarois Sunu Nataal . 

Je suis sortie éblouie de ces images et je n’ai même pas voulu attendre d’avoir rédigé mes carnets de voyage pour partager mon enthousiasme!

 

Tout le mois de mars est dédié aux Femmes au Sénégal où j’ai vu une autre exposition intéressante  au musée Henriette Bathily, consacrée aux portraits de Femmes Combattantes de la Liberté exposition venant de Nantes  intitulée Dix Femmes Puissantes (clin d’oeil à Marie N’Diaye?). Lire ici le Pdf de l’exposition de Nantes : http://memorial.nantes.fr/pdf/Catalogue-expo-web.pdf

NOIRE – La vie méconnue de Claudette Colvin – Tania de Montaigne

claudette colvin« prenez une profonde inspiration, soufflez, suivez ma voix, rien que ma voix, désormais vous  êtes noir, un noir de l’Alabama dans les années 1950 »

« Il n’y a plus d’esclavage mais on a fait le nécessaire pour que rien ne bouge »

Claudette Colvin, comme Rosa Parks, avant Rosa Parks refusa de céder sa place dans un autobus à Montgomery, Alabama, en 1955. Claudette Colvin avait 15 ans, bonne élève, elle rentrait de l’école. Elle fut arrêtée mais plaida non coupable contrairement à celles qui l’avaient précédé. Cet incident, qui logiquement aurait dû être un incident, brisa la vie de Claudette. 

Pourquoi nous souvenons nous de Rosa Parks et non de Claudette Corvin? Rosa Parks était la personne idéale pour représenter les femmes noires, « mariée, croyante, modeste sans être pauvre, noire sans être trop noire, femme sans être trop femme »  elle renvoyait une image idéale tandis que l’adolescente, tombée enceinte après son procès ne pouvait être un symbole. 

Si le refus de céder la place dans l’autobus fut un déclencheur de la lutte anti-ségrégationniste c’est que d’autres militantes dans l’ombre étaient prêtes à lancer le boycott des autobus. C’est aussi qu’un jeune pasteur Martin Luther King, a soutenu la lutte pour les droits civiques….

Un livre court, 165 pages, facile à lire, clair, émouvant. A lire et à faire lire,  parce que même si on connait cette histoire, il est étonnant de se mettre dans la peau de l’héroïne et qu’il faut le « vivre » pour le croire.

 

La petite iXe : une collection féministe PINAR SELEK – ROSA BONHEUR

CADEAU FÉMINISTE

Si telle la Mère Noëlle vous voulez glisser un cadeau dans la ballerine de quelqu’une sous le sapin ou lui faire la surprise en le glissant subrepticement dans son sac, voici une jolie idée! Encore mieux pour le 8 mars, mais c’est dans longtemps!

Format presque carré 12,9cm x 10 cm , une couverture souple blanche aux motifs abstraits, moins d’une centaines de pages. Collection militante pour des textes originaux que j’ai envie de faire connaître autour de moi.

PINAR SELEK – Loin de chez moi..mais jusqu’où?

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Préfacé par son collectif de solidarité.

Je connaissais Pinar Selek romancière de La Maison sur le Bosphore que j’avais beaucoup aimé. Au détour du blog Entre les lignes, j’avais lu une analyse de son texte Service Militaire en Turquie construction de la classe de sexe dominante et entendu parler de ses poursuites par la justice turque qui l’ont contrainte à l’exil. J’ai apprécié la romancière, la sociologue et la militante féministe et pacifiste. J’avais envie de mieux la connaître. Quand les éditions iXe m’ont proposé de lire un livre de leur collection, c’est mon premier choix. Je les remercie de me l’avoir envoyé!

Le collectif de soutien à Pinar Selek présente son histoire, ses engagements féministes, pacifiste et antimilitaristes dans une première partie. Loin de chez moi…mais jusqu’où? est un texte assez court(20pages) mais très dense. Annoncé par deux vers de Novalis:

« La philosophie est le mal du pays

C’est le souhait de se sentir chez soi partout »

C’est donc un texte philosophique sur le sentiment d’appartenance à une maison et sur l’exil. Virginia Woolf écrivait :

« En tant que femme je n’ai pas de pays. En tant que femme je ne désire aucun pays. Mon pays à moi, femme, c’est le monde entier. »

Philosophe féministe elle « expérimente l’état de déterritorialisation » repoussant toute frontière.

L’exil comme nostalgie de la maison, ou l’exil comme chance?

ROSA BONHEUR : « Ceci est mon testament… »

ceci est mon testamentSuzette Robichon dans l’avant-propos Le domaine de la parfaite amitié présente Rosa Bonheur, célèbre peintre animalier(e?) , sa vie libre dans la nature, son amour des animaux, ses succès internationaux et ses compagnes, Nathalie Micas, son amie de toujours depuis ses 14 ans et Anna Klumpke « sœur de palette » qu’elle désigne comme légataire universelle lui laissant le « Domaine de Parfaite Amitié« . 

Le testament et la lettre-testament n’ont aucune prétention littéraire. C’est cependant un texte scandaleux pour l’époque (1898). Il était alors, (et maintenant?) inconcevable de déshériter les proches de sang (frère ou sieur)  au profit d’une étrangère même si cette dernière avait partagé le domaine du vivant de Rosa Bonheur. Dans la lettre-testament, elle croit nécessaire de justifier sa conduite envers sa famille « m’ayant mal jugée en mon droit de libre librement » . C’est donc le testament d’une femme libre.

Enfin un article de la Fronde raconte l’enterrement de l’artiste à Thomery puis au Père Lachaise. 

En annexe, une chronologie complète l’ouvrage.