je n’ai pas trouvé d’enregistrement du Requiem par l’Orchestrede l’Ile de France, donc pour le plaisirl’interprétation de l’Academy of Saint Martins in the Fields , Marriner
Nous avons passé une excellente soirée à la Maison des Arts de Créteilen bonne compagnie : élèves emmenés par les professeurs des disciplines artistiques de mon collège et nombreux collègues. Et cela pour un prix modique : merci à la Convention qui lie la MAC aux collèges de la Ville! mais surtout merci à l’Orchestre de l’Ile de France qui jouait la Symphonie N°1 de Beethoven et interprétait le Requiem de Mozart!
Entre les deux œuvres, on nous conta la fable que voici:
Bien sûr, les adultes (pas les enfants) ont signé quand les applaudissements résonnaient encore, et j’associe mon blog à leur démarche.
Faudra-t-il aller à Pleyel, au Châtelet ou dans les grandes salles parisiennes pour écouter de la musique vivante? Les petits collégiens de banlieue n’auront-ils plus la joie d’une telle sortie exceptionnelle? Faudra-t-il laisser à la banlieue la culture-banlieue à l’exclusive de toute autre?
Je ne suis pas fan d’installations. Cinéma, je connais, sculpture et peinture aussi, happening, je fuis… Le plus souvent les installations me déçoivent par leur vacuité.
En revanche, je ne loupe pas un film d’Amos Gitai.
L’affiche dans le métro a accroché mon regard.
Le Palais de Tokyo, en ce moment, est un vaste chantier – une friche – dit Gitai dans un interview. On vend les tickets dans une sorte de caravane de chantier.
Amos Gitai
Lullaby to My Father
Munio Weinraub Gitai (1909-1970)
Munio mon père
Comme ceux de sa génération
Appliquait à son architecture
La notion de modestie, de retenue
D’obéissance au projet collectif
C’est aussi cela, la tradition Bauhaus
Et pas seulement les bâtiments orthogonaux
Imaginons que je développe un projet de film
Qui s’appuie sur sa biographie
Et sur la géographie
Et sur la géométrie architecturale
Le visiteur s’arrête sur un pallier où sont punaisées des feuilles blanches, que j’ai lues avec attention. Ces Traces et une vidéo Lullaby pour mon père est un hommage à Munio Weinraub, son père, architecte du Bauhaus, ayant fui les persécutions nazies en
1933 et s’étant établi en Palestine. On voit aussi détaillé un projet de Salle à manger commune pour le Kibboutz Kfar Mazaryk, architecture au projet collectif. Quoi de plus collectif que cet espace où l’on dine, mais aussi où se tiennent les assemblées etla vie sociale?
Passé ce sas, je me sens agressée par le bruit provenant de diverses projections. Dans la pénombre, l’installation est logée dans un sous-sol aux piliers de béton brut aux murs, mal équarris, dans des périmètres délimités par des grillages. sur des surfaces brutes sont projetées des vidéos : la silhouette d’une violoniste de profil se détache sur des briques mais j’entends mal le violon parce que juste en face Chava Alberstein chante Chad Gadya tandis qu’une femme pleure, ce chant de Pessah, enfantin est ici d’une infinie tristesse, à côté la greffière dactylographie sur une antique machine l’acte d’accusationtandis qu’un peu plus loin le procès intenté à Munio Weinraub, par les nazis qui l’accusent d’avoir détenu des tracts subversifs. Dans un recoin une bande d’actualité montre la campagne électorale de la fille de Mussolini.
J’aimerais me souvenir de toutes ces images qui se sur-impriment, cette histoire me touche. pour une fois l’installation fait sens. quand l’art contemporain a quelque chose à dire, l’installation se justifie.
Garder les yeux ouverts même dans la banalité de la vie quotidienne!
Nous l’avons vue construire sur les bords du Lac de Créteil. Plusieurs fois je me suis introduite, furtivement, ne sachant pas trop comment me tenir…Cette journée Portes Ouvertes avec visite guidée est une aubaine pour faire du tourisme.
Deux esplanades ouvertes sur la base de loisir : l’esplanade de la fontaine et l’esplanade des oliviers, prétexte pour notre conférencier pour souligner deux aspects de ce lieu de prière : l’ouverture sur l’extérieur et la convivialité. La fontaine est simle, gaie, charmante; J’ai plus de réserve pour les oliviers: vieux arbres déracinés de Provence, ils ont bien résisté aux froidure de cet hiver, mais cette mode des oliviers en région parisienne m’agace.
Comme pour s’excuser du minaret (25m), moderne, épuré, le guide explique qu’il est construit symboliquement et qu’aucun appel à la prière n’en retentit. Logique puisque le monument est en dehors de la ville, le long de la RN 186 dont le vacarme assourdirait le malheureux muezzin qui essaierait de faire entendre sa voix.
On entre dans la grande salle blanche très claire dominée par une coupole décorée de stuc, travail des artisans de Fès et meublée par un lustre moderne en fer forgé original et de très belle facture, des zelliges colorées entourent la base des murs, le minbar est très simple. C’est la sobriété de ce lieu de prière qui m’impressionne le plus.
Nous visitons les salles d’étude destinées à l’enseignement du Coran et de l’Arabe mais pas seulement, également au soutien scolaire. Une exposition sur les Sciences Arabes semble d’une bonne tenue.
Nous nous renseignons des heures d’ouverture et des prix du Hamam où je n’irai sûrement pas (j’ai trop peur de me trouver en tenue légère devant les mères d’élèves ou pire devant mes élèves, c’est pareil à la piscine) et du restaurant dont la carte éclectique ne se contente pas d’exotiques couscous et tagines à un prix raisonnable.
Chaque fois que je découvre un aspect de ma ville, je suis heureuse d’avoir gardé des vacances un oeil touriste! Et comme il fait un temps merveilleux, j’ai pris mon temps pour faire des photos d’oiseaux et de fleurs pendant mon tour de lac, sur l’allure du flaneur plutôt qu’en foulée de jogging!