PROMENADE AU JARDIN DES PLANTES

De 1985 à 1990, Philippe Taquet fut le directeur du Muséum d’Histoire Naturelle. Paléontologue, il eut la chance, dès la fin de sa thèse de partir en mission au Niger, dans le désert du Ténéré et d’y découvrir un gisement de vertébrés fossiles. De cette mission il a rapporté un crane de crocodile géant, Sarchosuchus imperator, âgé de 100 Millions d’année. C’est par le récit de cette expédition que commence le livre.
Le squelette porte comme il se doit sa carte d’identité : Sarcosuchus imperator – Broin et Taquet – 1966 –
Aptien du Niger. Des milliers de visiteurs dont de nombreux enfants contemplent ébahis cet énorme
reptile ressuscité du passé. Souvent, parmi les commentaires une voix malicieuse s’écrie : « Ah ! Sarkozy, l’empereur des crocodiles ! »
Que les lecteurs ignorants de la Paléontologie des vertébrés se rassurent : cet ouvrage n’est pas destiné aux spécialistes. Il est de lecture facile et surtout très amusante.
Une quinzaine de chapitres courts racontent sa vocation de savant, ses rêves depuis l’enfance. Il nous offre une promenade dans le Jardin des Plantes en commentant les arbres remarquables : le Robinier de Robin, planté en 1636, le Sophora du Japon dont on fit cadeau des graines à Bernard de Jussieu, le Cèdre du Liban qui fit le voyage dans le chapeau de Jussieu….
Histoire de la Grande Galerie de l’Evolution, je ne savais pas qu’elle avait fait partie des Grands Travaux de Mitterrand!
Les coccinelles, c’est une autre paire de manches! Un des rôles du Muséum d’Histoire Naturelle est de veiller à la biodiversité et aux zones Natura2000, coccinelles et pique-prunes, firent l’objet d’études savantes pour préserver leur habitat. Histoire cocasse pour les coccinelles qui vivaient sur le Plateau d’Albion
gendarmerie d’Apt : « Allô, monsieur le directeur, pouvez-vous nous éclairer sur la présence de
prétendus chasseurs de coccinelles du Muséum dans un lieu hautement stratégique ? – Affirmatif mon
brigadier ! Il s’agit bien de chercheurs naturalistes, en mission officielle, qui luttent pour éradiquer les
pucerons à l’aide des coccinelles françaises.
Rencontre avec deux savants prestigieux : Théodore Monod et Claude Lévi-Strauss…
C’est un livre distrayant, charmant, et fort instructif que je vous recommande sans aucun bémol.
Pour rester dans le Jardin des Plantes vous pouvez écouter le podcast de Radio France: Le Muséum d’Histoire Naturelle a 400 ans interview de son Directeur actuel ICI


















Orgon nous tente pour la pause de midi avec ses maisons provençales, sa jolie église, son château en ruine. A l’entrée du village le rond-point porte une réplique de rudiste (fossile en forme de cône tordu). Cela fait tilt. Bien sûr, Orgon a donné son nom a un faciès bien connu des géologues : l’Urgonien, barre calcaire qui marque le paysage. Des souvenirs remontent. La géologie est célébrée dans les ronds-points ! Un musée au nom d’Urgonia n’ouvrira qu’à 14h. Une petite route monte à la chapelle N.D. de Beauregard dépassant les cimetières puis un bois de pins. Elle grimpe très raide bordée des rochers ruiniformes des Alpilles. A la fin de la route le « sentier de pierre » passe sous un porche pour arriver à une table d’orientation. Le calcaire mouillé par la pluie est très glissant, je ne porte pas les bonnes chaussures, je renonce. Pique-nique panoramique sur le parvis de la chapelle qui mérite son nom de Beauregard face à la Durance qui s’étale dans la plaine et se ramifie en différents bras.


























