La villa Montebello est une belle construction à flanc d’une pente très raide à la sortie de Trouville, au- dessus des Roches Noires, autrefois résidence de Marguerite Duras(actuellement en travaux). C’est une grosse villa de trois nivaux , brique et pierre, très ornée, un petit château.
Augustin Rouart (1907-1997) est exposé dans le cadre de Normandie-Impressionniste. Il a grandi dans le milieu impressionniste. Sa famille était amie avec les plus grands : Degas, Renoir et Berthe Morizot. Julie Manet a peint augustin enfant. Une photographie montre la famille Lerolle-Rouart entourant Debussy au piano.
Henri Rouart : Bateaux sur la Seine aux environ de Rouen
Il me faut faire attention aux prénoms et aux dates. Le grand-père Henri (1833-1912)était un peintre connu . Deux de ses tableaux sont ici prêtés par le Petit Palais. Ils me plaisent plus que ceux d’Augustin, surtout Bateaux sur la Seine aux environs de Rouen et une scène d’intérieur.
Trois salles sont dédiées à l’exposition Augustin Rouart : trois autoportraits (1933-1944-1980), des marines, couchers de soleil, plages.
Augustin Rouart le petit pêcheur
Noté l’Arbre dans la neige, Le nageur et Le petit pêcheur.Les dessins et portrait de ses enfants se ressemblent tous, c’est répétitif, je m’ennuie. Une autre salle présente des natures mortes, des bouquets c’est bien fait mais pas très intéressant.
Collections permanentes à l’étage :
André Hambourg :petits chevaux sur la plage de Trouville
Les bains de mer à Trouville : costume de bain, affiches anciennes,
Ancien village de Trouville avec des tableaux petit format : l’ancien village en 1850, Le port de Trouville 1840…
André Hambourg : la Plage de Trouville
André Hambourg à Trouville occupe une salle : lithographie de yachts, courses, chevaux sur la plage. C’est gai, coloré. Je les préfère de loin aux vues de Venise des Franciscaines. Un livre à la disposition des visiteurs présente d’autres aspects de l’artiste Hambourg est loin d’être un artiste gai et superficiel. Il a documenté la fin de la Seconde Guerre mondiale, fait même un reportage dessiné à Berchtesgaden, illustré un livre de Kessel.
A la suite de la visite, nous continuons la rue au-dessus des Roches Noires jusqu’à un club nautique au bout de la digue. Au-delà, une plage sauvage face au port du Havre dont on distingue très nettement les installations avec beaucoup d’acuité sous un ciel lourd de nuages très sombres. La falaise s’éboule, de gros blocs se sont détachés.
le port du Havre vu de la plage de Trouville
De jolie villas sont construites sur la digue, l’une d’elle a installé des chats de faïence sur les tuiles de l’auvent.
L’Office de Tourisme édite un circuit « Eglises de charme » occasion de se promener dans le Pays d’Auge entre pommiers et prairies vertes où paissent les vaches normandes, haras et fermes à pans de bois. Chercher une chapelle perdue est l’occasion d’emprunter des petites routes, de découvrir des paysages
Putôt-en-Auge est la première église sur notre chemin. Le village est minuscule. La Mairie à colombages, toute petite, l’annonce. Située près de la route, un peu plus bas, à l’écart après le tournant qui la cache, l’église Saint Pierre. Construite au XIIème siècle, en pierre blanche. On voit les délicates arcades romanes avec leurs modillons ; Son clocher trapu est original, posé à cheval sur la toiture sur une base carrée avec de discrètes ouvertures ; Quand on fait le tour de l’église on découvre les sobres tombes britanniques à l’abri d’une haie.
Saint Ouen hameau de Brocottes
La route tournicote, presque un chemin creux très sombre sous les hautes frondaisons. Elle est vraiment verte la Normandie. Nous découvrons l’église Saint Ouen(XIIIème s.) du hameau de Brocottes. Très simple, une tour carrée, presque un phare, surmontée d’un toit de tuile octogonal percé de quelques ouvertures. La nef à l’arrière est plus large. L’église est ouverte. A l’intérieur, très claire avec de larges baies. Le chœur est précédé de 4 fines colonnes soutenant une arcade comme un baldaquin très simple d’où est suspendu un lustre à breloque insolite dans la simplicité campagnarde.
Beuvron-en-Auge : maison fleurie
Beuvron-en-Auge est un très beau village labellisé et touristique qui a fait l’objet d’une belle restauration très réussie dans les années 70. Colombages et encorbellements, enseignes décorées, jolies boutiques restaurants chics et hors de prix (formule à 77€) . Trottoirs fleuris, roses épanouies, dahlias, sauge bleue. Une perfection. Manque peut-être l’authenticité. On entend plus d’Espagnol et de Japonais que de parler normand. La boulangère rechigne à emballer les deux éclairs au café que nous mangerons plus tard. Magasins chics. Dans la halle, un étrange « musée » présente des photos en Noir et Blanc, artistiques, de libellules et autres insectes déguisés en trolls et en lutins.
Beuvron-sur-Auge
L’église est un peu difficile à trouver, à l’écart du bourg. Son clocher pointu ressort mais l’accès est caché. Saint Marin est un édifice du XVIIème s. très remaniée au XIX ème et XXème. Briques rouge coiffée d’un élégant clocher très effilé presque une flèche.
La rue du Presbytère ne conduit pas à l’église comme je le supposais, elle s’élève au-dessus du village vers le hameau de Gerrots. La petite église Saint Martin semble perdue dans la campagne vallonnée. Toit de tuile, clocher d’ardoises planté « en tabouret » à l’arrière du fronton.
Nous passons par N.D. à Beaufour-Druval, puis de l’autre côté de l’autoroute A13 nous cherchons N.D. d’Heuland. A la Croix d’Heuland, il y a une belle auberge mais point d’église. La serveuse du restaurant nous renseigne : « c’est la première à droite, un chemin très étroit, n’ayez pas peur, il y a un parking derrière l’église ». Effectivement, la route est goudronnée mais très très étroite. Si un véhicule venait d’en face il faudrait reculer longtemps avant de trouver ce que les Ecossais appellent une « passing place »Le chemin tortille longtemps. Enfin ! L’église est en pierre blanche et en silex avec un clocher-peigne et à l’arrière un petit appentis à pans de bois accolé au chevet.
N.D. de Heuland
Le circuit n’est pas terminé. Dominique en a assez des routes sinueuses et étroites. Nous filons vers Cabourg pour une belle promenade sur la plage dégagée à marée descendante. Je marche les pieds dans l’eau. Les autres promeneurs ont ouvert leurs parapluies. Il y a un bel arc en ciel.
Samedi est jour de marché à Dives, excellente occasion pour découvrir cette petite ville animée. L’un des joyaux est la Halle médiévale à la belle charpente de bois reposant sur 60 piliers. Charcutiers, bouchers, fromagers et primeurs sont installés sous cette belle toiture pentue. Les autres commerçants ont investi toutes les rues adjacentes étroites.
la Lieutenance
Les maraichers et vendeurs de fruits et légumes aux étals colorés sont sur la place devant la Lieutenance, (1695) belle maison en pierre de Caen appelé aussi Manoir de Bois Hibou. Les poissonniers sont installés dans une halle de bois, ouverte, installée sur une estrade. Plus lion, des vêtements bradés. C’est le dernier marché de l’été ; dit une marchande qui propose des bracelets en acier à 10 €. Toujours pour 10€ j’achète un Laguiole(peut être pas tout à fait authentique) mais j’i une fâcheuse tendance à égarer mes canifs.
l’église ND de Dives
Je parviens enfin à a belle église blanche, Notre Dame, fondée au XI ème siècle. La façade a un fronton pointu accompagné de deux clochers aux ouvertures gothiques. A l’intérieur, de beaux vitraux colorés et les ex-voto des marins. Il y a même une barque de pêcheur toute entière. Au-dessus du porche, un historien, Arcisse de Caumont(1801-1873) a fait graver le nom des 475 compagnons de Guillaume le Conquérant.
Village Guillaume le conquérant : relais de Poste
Guillaume le Conquérant est la grande figure historique de Dives. C’ est dans l’estuaire de la Dives qu’il a rassemblé mille bateaux en 1066 pour partir conquérir l’Angleterre. Avant de traverser la Manche, il fera une escale dans la Baie de Somme. Toute la ville célèbre Guillaume. Les piliers des Halles portent les blasons de ses barons. Le village touristique de Guillaume et bien sûr Port Guillaume.
Village Guillaume le Conquérant . Louis XIV
Le Village de Guillaume le Conquérant se compose de plusieurs cours entourées de maisons à colombages. C’est un ancien Relais de Poste sur la route de Caen à Rouen, transformé en hostellerie. Henri IV, Marie de Médicis, Louis XIV , Madame de Sévigné, y sont passés. A la fin du XIX ème siècle, le propriétaire de l’auberge, collectionneur d’antiquités fit orner la cour de nombreuses statues et d’éléments de décoration. Ce « village » est tout à fait charmant et pittoresque. C’est aussi le siège de l’Office de Tourisme. A propos de l’auberge Guillaume le Conquérant voici ce que je viens de trouver dans La Recherche du Temps perdu – La Prisonnière
« C’est de la même façon que tout le monde a connu à Dives un restaurateur normand, propriétaire de «Guillaume le Conquérant», qui s’était bien gardé — chose très rare — de donner à son hôtellerie le luxe moderne d’un hôtel et qui, lui-même millionnaire, gardait le parler, la blouse d’un paysan normand et vous laissait venir le voir faire lui-même, dans la cuisine, comme à la campagne, un dîner qui n’en était pas moins infiniment meilleur et encore plus cher que dans les plus grands palaces. »
En passant par l’avenue Secretan et le boulevard Maurice Thorez, nous retrouvons la toponymie communiste (il y a aussi une rue Aragon, un collège Paul Eluard, une rue Benoit Frachon). Nous retrouvons la mémoire ouvrière d’une ville industrielle.
L’usine électrométallurgique
le beffroi de l’usine garde l’entrée du quartier résidentiel de Port guillaume
En 1891 Pierre-Eugène Secretan fonda une usine métallurgique par le procédé Elmore-Secretan (élaboration de tubes de cuivre par électrolyse sans soudure. Il y a eu jusqu’à 144 cuves à électrolyse et le diamètre des tubes allait jusqu’à 600 mm. Le métal était acheminé du havre par cabotage.
En 1897, création d’une fonderie et d »’ateliers de laminage
1910 création d’une douillerie.
En 1929, la société métallurgique de Dives devient Compagnie Générale d’électro-métallurgie.
En 1945, reconstruction des bâtiments endommagés par les combats de 1944
1956 adjonction d’un département plastique
1967 fusion Cegedur et Trefimétaux. L’usine de Dives est la plus importante usine français de métallurgie , 1100 personnes y sont employées.
1988 cessation d’activité. L’usine est rasée, ne subsiste que le beffroi et les bâtiments des bureaux.
Autour de l’usine des cités furent construites pour accueillir les travailleurs français, marocains, bretons, polonais, russes et italiens.
Quand nous revenons du Centre-ville à Port Guillaume, nous traversons ces quartiers ouvriers.
1991 Inauguration de Port Guillaume
Port Guillaume le soir
La marina et les immeubles touristiques sont construits dans le périmètre de l’usine rasée. On entre dans le quartier en passant entre le beffroi et les immeubles de bureaux contenant maintenant la médiathèque de Dives et un musée de marionnettes. Le buste de Secretan a été déboulonné par les ouvriers grévistes dans les années 80. On l’a remplacé aujourd’hui par une cuve de fonderie.
LE TOUR DU BOULEVARD PERIPHERIQUE AVEC LE VOYAGE METROPOLITAIN
Porte de la Villette : le canal saint Denis
C’est le troisième épisode d’une exploration à pied de cette ceinture dédiée à l’automobile qui délimite la Ville de Paris sur l’emplacement des anciennes Fortifications militaires, ou de la Zone . Bande à destination incertaine où les activités qu’on ne voulait pas voir à Paris sont rejetées en lisière : rebuts de toutes sortes, entrepôts, abattoirs….Coïncidence, dans quelques jours la vitesse limite autorisée pour les automobiles passera à 50km/h comme en ville sur l’anneau infernal qui fera peut être moins de bruit et de pollution.
D’ailleurs, avec les nouvelles stations de métro la limite Intra/extramuros s’estompe et nous allons franchir à nombreuses reprises le périf parfois sans s’en rendre compte.
Le rendez-vous est à la sortie du Métro Porte de la Villette, en limite du parc. Jens et Marion nous ont préparé un petit livret illustré qui rappelle La Cité du sang, les abattoirs qui ont fonctionné de 1867 à 1874, remplacés en 1980 par le Parc de la Villette après des tentatives de reconstructions calamiteuses. On imagine mal les bovins alignés croupe contre croupe dans un immense marché aux bestiaux, puis le passage, en souterrain de ceux qui vont rejoindre l’abattoir. De ce temps révolu, il reste encore quelques souvenirs sur le bord de l’avenue Corentin Cariou, quelques boucheries Hallal, des restaurants…
Aubervilliers : Centre commercial Le Millenial
Nous suivons le Canal Saint Denis, promenade très tranquille sous le soleil. Sans nous en rendre compte nous passons sous le périphérique et nous trouvons face à un centre commercial fantôme : Le Millenial. Etrange silence. Malgré une belle passerelle rouge, il est inaccessible à pied. Il faudrait emprunter des navettes électriques à quai le matin.
Aubervilliers sous le périf, du Street Art.
les graffeurs ont bien décoré les piliers mais il n’y a personne sauf les pigeons qui peuvent nicher sous les travées. Occasion pour Jens d’évoquer un personnage attachant : Giuseppe Belvedere quiprenait soin des pigeons de Beaubourg. Les pigeons en ville, utiles ou nuisibles?
les navettes électriques Acades
pour accéder au Millénial le jolies navettes Icade attendent les passagers. Elles ont des noms poétiquesEstrée, Montjoie, Lendit et Flandres(nous retrouverons ces noms au cours de l’excursion). Correspondance avec le métro Corentin Cariou Horaires étranges, seulement l’après-midi et un « badge » demandé. C’est assez mystérieux, le badge doit être celui des gens qui travaillent ici. Le quartier est vide, seulement des bureaux. Entre un centre commercial fantôme et des bureaux désertés le samedi, la balade n’est pas très animée.
On retrouve l’animation sur le boulevard des Maréchaux Une visite était prévue dans le jardin tout nouvellement inauguré sur la Petite Ceinturemais celui qui devait nous ouvrir ne s’est pas présenté. Un peu plus loin un Tiers Lieu 19m.com occupe une friche, jardinières, étrange mécano blanc? Ce lieu semble en relation avec le 104 dont on m’a parlé et que je souhaiterais mieux connaître.
le 19mcom
En face, se trouve une autre adresse intéressante La Gare aux mines.Encore un lieu culturel alternatif!
Nous sommes Porte-des-Poissonniersune porte de Paris inconnue des automobilistes puisqu’il n’y a pas de sortie du périf, et pas de station de métro. Si je remarque cette Porte-des-Poissonniers c’est qu’elle correspond au trajet ancien du poisson, de Dieppe aux Halles en continuité avec une rue du même nom à Saint Ouen et à Saint Denis. Le conférencier à Saint Denis nous avait parlé du Chasse-marée
ainsi que du quartier du Landy (ancien marché de la Plaine Saint Denis) nom d’une des navettes fluviales.
Immeuble bizarre
Longeant un chantier bordé de palissades d’un côté, le périf de l’autre on passe devant une tour bizarre qui paraît inoccupé à par des pots de végétaux (beaucoup d’aloès) dans certains appartements.
Nous arrivons à Saint Ouen . Pause en bas d’une cité où une plaque célèbre la Paix et l’Amitié entre les Peuples en même temps que le Jumelage avec Podolsk (URSS) et Rousse (Bulgarie) Trani (Italie) souvenir du temps de la Ceinture rouge de Paris. Jens nous parle de l’Estrée et des montjoies. L’Estrée est l’ancienne route du nord, la route de l’étain au temps de la Préhistoire, la route de Saint Denis, que le saint martyr parcourut portant sa tête dans ses mains. Route des foires de Saint Denis et du Lendit….bordée d’une foule de croix, les Montjoies et passant au col de La Chapelle. S’il ne reste plus trace de ce Chapelle qui a donné son nom à la Porte de la Chapelle, la toponymie la rappelle.
Affiches collées aux piliers de béton sous l’autoroute
Sous les piles de l’autoroute, c’est propre, tout propre, trop propre…pour être honnête. Avant les JO, des gens campaient dans des tentes Decathlon. Où sont-ils passés? Les affiches d’associations rappellent que, pour accueillir « le monde » on a chassé ceux qui dérangeaient là.
A Saint Ouen, il était prévu que nous allions voir le Stade Bauer, stade du Red Star de Saint Ouen, « club historique », (fondé en 1897 et qui évolue à saint Ouen depuis 1909) . C’est jour de match, même de derby contre Paris FC. Les vigiles nous barrent la route, on ne passe pas. il faudra faire le tour du quartier et même de l’autre côté les gendarmes carénés de protections, caparaçonnés comme s’ils allaient affronter une armée de blackblocks, protègent un autobus aux vitres noires avec les joueurs du Paris FC à son bord. Et l’on dira que le sport favorise l’amitié entre les peuples!
Puces de Saint Ouen : nous traversons le village des Antiquaires, village chic, les vendeurs déjeunent sur des petites tables devant les boutiques. C’est très propre, probablement très chic. on peut même acheter des cheminées Renaissance de 3 m de haut, ou des cerfs, des biches en bronze, des luminaires….Pique-nique dans le Jardin Ephémère
jardin Ephémère des Puces de Saint Ouen
jens nous rappelle l’origine des « Puces » . Avant que les poubelles ne soient inventées, la profession de chiffonnier ou de biffin était reconnue. Ils recyclaient les « déchets » au coin des bornes des rues de Paris. Souvenir de cinéma avec Les Glaneurs et La Glaneuse d’ Agnès Varda. Sous le périf, à la Porte Montmartre il existe un autre marché, marché de la misère, très encadré, engrillagé, et surveillé. On y vend des nippes dépareillées, habits d’enfants à moitié déchirés. Les policiers nous découragent « allez vous promener dans les Alpes, les Pyrénées, là-bas c’est beau. Ici ce n’est pas joli ». D’autant moins jolis que certains vendeurs apeurés remballent la marchandise dans le drap, la couverture qui fait balluchon que parfois ils abandonnent. La benne n’est pas loin et avale le pauvre balluchon.
Cité pasteur – Chemetov
Quartier Pasteur, Saint Ouenleçon d’architecture devant un îlot dessiné par Chemetov qui est un grand nom de l’architecture des années 70 et 80 dont nous avons vu le travail entre autres à Nanterre. Découvert les amusantes coursives avec les silhouette de voitures (2 ronds pour les roues, un garde corps qui imite la carrosserie. Offrir aux quartiers populaires des banlieues rouge des œuvres originales!
Porte Pouchet
Porte Pouchet , aire de jeux, espace vert.Et au milieu roule le périf!
Un peu plus loin, la rénovation intelligente de La tour Bois Le Prêtre par Lacaton et Vassal : transformation en ajoutant des loggias et jardins d’hiver en augmentant ainsi la surface des logements et la luminosité grâce à l’utilisation d’un matériau bon marché et translucide : la tôle ondulée translucide.
Encore une leçon d’architecture Rue Rebière : différents architectes ont associés leurs projets tous différents, mais tous contemporains et élaborés ensemble. On constate un gros effort pour la végétalisation des murs et les jardins sur les balcons. Mais la végétalisation n’est pas vraiment une réussite, les plantes n’ont pas colonisé les grilles ou les niches proposées, le résultat est maigre.
Cimetière des Batignolles
Au cimetière des Batignollesnous avons vu la tombe de Verlaine. Calme et verdure des grands arbres à peine troublé là où le périphérique enjambe une partie du cimetière. Comment l’ont-ils construit? Un mausolée arrivé à ras du plancher de béton.
Le Tribunal des Batignolles
le Tribunal des Batignolles, 38 étage Renzo Piano domine un grand espace vert du Parc Martin Luther King entouré d’un « écoquartier » de grands immeubles modernes éclipsant le village des Batignolles situé à l’arrière.
Merci à l’équipe du Voyage Métropolitain pour ces belles découvertes dans des quartiers où personne n’aurait l’idée d’aller faire du tourisme.
Merci à Lisa Pascaretti de Plumes, pointes et palettesd’avoir conseillé cette visite! Le Musée d’Orsay présente cette artiste norvégienne, célèbre dans son pays mais tout à fait inconnue de moi. J’adore les surprises et ce fut une belle découverte.
Kitty Kielland a peint Harriet Backer dans son atelier, coupé le grand tableau est le portrait de Kitty par Harriet.
La formation de Harriet Backerfut européenne : Munich, Paris(10 ans ) Florence. Elle copie les grands maîtres avec un intérêt particulier pour la peinture hollandaise. Elle se lie en 1975 à Kitty Kielland et partage avec elle son atelier. Elle fréquente les cercles d’artistes-femmes scandinaves. On peut voir dans l’exposition d’Orsay des portraits « croisés », les unes prenant pour modèles les autres. Joanna Bauck et Bertha Wegman, Hildegard Thorell, Asta Norregaad.
A la lumière de la lampe
En 1881, elles partent en Bretagne où Harriet Backer s’intéresse aux intérieurs ruraux . Le plus souvent, une femme est représentée : une dentellière, une autre lit, une coud, les lumières sont particulièrement étudiées et soignées.
Femme cousant à la lumière de la lampe . On reconnait une machine à coudre
Harriet Backer : chez moi
Le titre de l’exposition : La musique des couleurs rappelle qu’on fait beaucoup de musique chez Harriet Backer. Sa soeur est une compositrice reconnue. La salle où sont accrochés ces tableaux musiciens est sonorisée par une musique au piano : celle d’Agathe Backer Grondahl.Je me suis assise sur la banquette et j’ai pris mon temps pour écouter cette musique.
Au piano de mon arrière- grand-mère 1921
« Le tableau est une musique pour l’oeil »
Rythme et harmonie.
De retour en Norvège, en 1888, dans un contexte de revendication de l’identité norvégienne. Harriet Backer s’intéresse aux églises, à la vieille église en bois peinte – la Stavkirke d’Uvdal
A l’intérieur de la Stavkirk
Dans des églises luthériennes plus sobre, elle a peint les divers rites : baptême, relevailles…
Après 1903, elle peint des natures mortes : Vie silencieuse qu’elle laisse souvent inachevées
Nature morte image éternelle
Comme Kitty Kielland, elle peint aussi des paysages
Paysage de Baerum
Ce paysage de Baerum est mon préféré. Comme dans ses intérieurs, elle peuple sa toile de femmes.
HOMMAGE A ISMAIL KADARE – LECTURE COMMUNE AVEC CLEANTHE
Tel un oiseau superbe et solitaire, vous volerez sur ces montagnes silencieuses et tragiques, pour arracher à leurs gorges et à leurs griffes nos malheureux garçons.
Il y avait dans la tâche qu’il allait accomplir quelque chose de la majesté des Grecs et des Troyens, de la solennité des funérailles homériques.
C’est une relecture.
Lu autrefois, il y a si longtemps. Je venais de découvrir Kadaré. Ne connaissant rien à l‘Albanie j’avais lu ce texte comme Le Désert des Tartares. Lecture hallucinée avec ce général qui parle de ses guerriers dans leurs uniformes de nylon, leur linceul. Général pataugeant dans la boue et souvent pris de boisson avec d’étranges compagnons comme ce prêtre mutique, et l’autre militaire manchot qui déterre également des corps…Fantastique, intemporel.
Ils me rappellent mon armée à moi et je me demande comment mes soldats défileraient vêtus de leurs sacs bleus aux lisérés noirs.
Relu au retour d’Albanie, j’ai reconnu des paysages. Compris que c’est un récit historique qui raconte la campagne calamiteuse mussolinienne en 1939 en Albanie. Un récit qui rend compte de la résistance des partisans. Etrangéité de cette Albanie isolée avec ses coutumes anciennes, ses chants guerriers, son hospitalité…
Leurs chants ont pour thèmes dominants la destruction et la mort. C’est une particularité de leur art. On la retrouve dans leurs chants, dans leurs costumes, dans toute leur existence. C’est, en général, une caractéristique commune à tous les peuples balkaniques, mais elle est, chez les Albanais, plus prononcée que partout ailleurs. Même leur drapeau national ne symbolise que le sang et le deuil.
Relu à l’occasion de cette lecture commune rendant hommage à l’auteur disparu récemment. J’ai repris ce livre et j’ai été encore fascinée par le récit. Redécouvert des épisodes comme ce mariage où les étrangers n’avaient rien à faire mais où les traditions d’hospitalité transcendent les souvenirs douloureux. Musique et danses. Et la tragédie que la vieille femme fait surgir…
L’histoire se déroule à Gjirokastër, la Cité de Pierresoù nous avions visité la Maison de Kadaré, la Maison d’Enver Hoxa, la Citadellefortifiée par Ali Pacha (cf Alexandre Dumas et le comte de Montecristo) et d’autres maisons-tours impressionnantes. Je revisite les souvenirs de voyage avec grand plaisir.
L’action commence pendant la Deuxième Guerre Mondiale. L’Italie fasciste, impériale, envahit l’Albanie en 1939, avec des déboires (résistance, guérillas et incursion des Grecs). En 1943, l’Allemagne nazie remplace l’occupation italienne et tente de rallier certains nationalistes albanais qui rêvent d’une grande Albanie. C’est dans ce contexte qu’a eu lieu « Le Dîner de trop« .
Les deux chirurgiens réputés de Gjirokastër étrangement portent le même nom: Gurameto. Gurameto le Grand a fait ses études de médecine en Allemagne tandis que Gurameto le Petit a étudié en Italie. Le commandant des troupes allemandes, le baron von Schwabe, est un ancien condisciple de Gurameto le Grand. Il se présente au nom de leur ancienne amitié. Au nom de l’hospitalité traditionnelle, le chirurgien l’invite à un dîner:
qu’était-ce en vérité que ce dîner que d’aucuns surnommaient encore « le dîner de la honte », et d’autres « le dîner de la résurrection » ?
La nuit se déroule dans une atmosphère étrange : l’invasion allemande a été accueillie par une embuscade. Les Allemands prennent un certain nombre de citoyens en otage sous la menace de leurs mitrailleuses pendant que les chefs festoient accompagné par la musique d’un gramophone fou que toute la ville entend. Ambiance presque surnaturelle, correspondant à des contes albanais où la mort se joint à un festin. Le décor des mitrailleuses me rappelle celles qui sont encore aujourd’hui exposées dans la maison d’Enver Hoxa
Le régime va changer, le communisme s’installe en Albanie.
Ce n’est qu’en 1953 que le souvenir de ce dîner va ressurgir, dans un contexte très tendu de Procès des blouses blanches et de conspiration sioniste à la veille de la mort de Staline. les deux Gurameto sont arrêtés, torturés dans les sinistres cachots d’Ali Pacha. Gurameto le Grand doit s’expliquer sur ce dîner…
Ce n’est pas le roman le plus facile de Kadaré. Très peu de folklore, des notions géopolitiques un peu embrouillées. Et surtout, peu de faits établis, des rêves, des contes et même les chansons que compose l’aveugle de la place principale. Des doutes s’instillent. Des conspirations fumeuses. Mais une ambiance balkanique très dépaysante.
l’ex-Empire ottoman, quatre ex-surveillants du harem impérial, trois vice-directeurs de banques italo- albanaises, quinze préfets à la retraite, tous régimes confondus, deux anciens étrangleurs professionnelsde princes héritiers, une rue baptisée « ruelle aux Fous », deux péripatéticiennes de luxe, sans parler des trois cents fameux juges et quelque six cents simples d’esprit. Tout cela faisait beaucoup pour une ville médiévale visant à devenir communiste.
Je suis retournée à Gjirokastër avec grand plaisir.
Exposition de Normandie-Impressionniste2024 jusqu’au 22 septembre 2024
Les Mondes flottants, au Japon qualifient des estampes décrivant la vie quotidienne. Les impressionnistes, avec l’ouverture vers le monde extérieur à l’ère Meiji, collectionnèrent estampes, éventails, paravents et cet engouement fut le Japonisme. L’exposition Les Mondes flottants est une confrontation entre deux mondes, entre l’art Japonais et les tableaux impressionnistes, entre les impressionnistes du XIXème siècle et les artistes japonais contemporains. Confrontation, mise en abyme.
D’entrée, La Parisienne japonaise d’Alfred Stevens (1872) est présentée à côté du tableau Une moderne Olympia de Yasumasa Morimura (2018) montage photographique qui s’inspire de l’Olympia de Manet, tableau scandaleux. Dans l’œuvre de Morimura, c’est un homme nu japonais qui est couché tandis que le rôle de la servante est joué par un homme occidental. Questionnement des genres, questionnement racial. Sur le divan, l’homme oriental est féminisé, est-ce le regard occidental ? l’homme occidental barbu avec un haut de forme revêt des vêtements féminins.
la parisienne Japonaise- Alfred Steven
Plus loin, ce sont des tableaux impressionnistes qui sont accrochés en sandwich avec des estampes japonaises : Maurice Denis et Valotton on compare l’usage des à-plats. Deux jolis et très petits Henri- Edmond Cross sont soumis à la même comparaison avec les estampes des Ponts d’Edo.
Etude d’un poisson dans un aquarium – Albert Copieux
Et ce poisson exotique, japonais ? non Albert Copieux, peintre normand.
Cette exposition fait la part large à la photographie souvent en très grand format Etonnantes lunettes de Le Corbusier laissant apparaitre un texte français tandis qu’à côté les Lunettes de Tanizaki lisent des idéogrammes, de la photographe japonaise Tomoko Yoneda.
Félix Regamey – 2 prêtre de la secte shigon expliquent à Emile Guimet la qualité de leur dogme
Felix Elie Regamey(1844-1907) est le seul peintre français présenté ici qui a peint le Japon. Il a accompagné en 1876 Emile Guimet pour un voyage de 10 mois dont deux au Japon. De retour, Guimet lui commande 40 grandes toiles pour l’Exposition Universelle de 1878.
Une section est appelée Immensité du Littoral révélant que les Japonais n’ont pas la même approche de la mer Hiroshige voisine avec Boudin et Valtat.
Une série de grande photographie documente sur le séisme et le tsunami en 2011.
Une vidéo hypnotique » Ocean view resort » m’a scotchée de longues minutes : des rideaux qui remuent au vent, une femme fume à sa fenêtre dans la nuit bleutée, seule point coloré, la braise de sa cigarette
La ville : ce nouveau sujet
Des images proche de l’univers manga décrivent une ville apocalyptique, Prison NUKE FISSION 235 utilise la xylogravure pour une allégorie sur la politique nucléaire. .
Mari katayama
Face aux « Parisiennes de Blanche et de Helleu, des tirages très grand formats de la photographe Mari Katayama. Amputée des deux jambes, elle se met en scène avec ses prothèses, regardant bien en face l’objectif. Au sol les prothèses brillent. Une femme amputée- mannequin, l’accompagne dans un décor kitsch très brillant.
Encore un couple Hiroshige/Signac !
Nature mystérieuse
La vidéo de Momoko Seto : Planet Sigma m’a fascinée. Je suis restée longtemps devant ce monde en transformation, ces insectes qui se dégèlent, d’une beauté extraordinaire. Momoko Seto est une artiste franco-japonaise, née à Tokyo mais élève d’école française, venue à Paris étudier aux Beaux -Arts, vidéaste, cinéaste, documentariste pour le CNRS. Intéressée par la croissance des cristaux de sel, des moisissures, de la germination des graines. C’est aussi une bricoleuse qui fait appel à des technologies sophistiquées pour montrer ces croissances qui semblent immobiles. Sa démarche me fait penser à celle d’Hicham Barrada à la différence que ce plasticien expose ses bocaux et ses aquariums où se déroulent les cristallisations en direct.
Yayoi kusama
L’exposition continue avec l’installation de Yayoi Kusama, univers étonnant en pois blancs sur fond rouge et miroirs.
J’avais envie de retourner en Corse. Jérôme Ferrarisait si bien raconter son île que j’ai téléchargé sans hésitation ce court roman (118 pages). Sur la couverture, le bateau de croisière écrase la vue : la critique du surtourisme m’intéresse.
Le pitch : un jeune Corse poignarde un touriste pour un motif dérisoire. Ce ne sera pas vraiment un policier, je ne spoile donc pas!
Ce court ouvrage est formé de quatre récits – quatre contes – qui s’emboîtent, se répondent et se mêlent à l’intrigue principale
« Nul besoin de prophétie pour savoir que le premier voyageur apporte toujours avec lui d’innombrables calamités »
Le premier conte, récit de voyage, relate l’arrivée du premier voyageur dans la cité interdite de Harar. Un conte oriental a pour héros un djinn qui veillerait sur une jeune fille. Autre « conte » celui du « bandit corse », bandit de folklore, héros d’un article de presse d’une journaliste en mal de folklore sensationnaliste qui met en scène un fait divers assez minable. Ce héros de pacotille va servir de modèle au jeune meurtrier.
Le narrateur est un enseignant qui tente de se garder des dérives du tourisme et de ses conséquence sur la population locale. Il est proche de l’assassin. Il essaie d’analyse le geste de ce vague cousin et ancien élève.
Ferrarilivre une description pessimiste d’un monde gangréné par l’argent et surtout la bêtise. Bêtise des touristes, vulgaires, hideux . Cynisme et bêtise des locaux qui ont vendu leurs terres et leur âme pour s’enrichir. Rien ne nous est épargné, ni les cuites ni les vomissures. Par moment j’ai pensé à Houellebecq.
145 avenue de la République – A l’entrée de Deauville en arrivant de Villers-sur-mer.
Le grand couvent édifié au XIXème siècle a été occupé par des sœurs franciscaines qui l’ont vendu en 2011 à la Ville de Deauville qui l’a aménagé en « lieu culturel » : médiathèque et lieu d’exposition, Fablab, auditorium pour des conférences.
le cloitre et le lustre
Le cloitre bordé d’arcades est couvert et éclairé par un lustre monumental fait de 14285 tubes de polycarbonate. Chaises, tables, blocs et présentoirs de la Presse en font un lieu de lecture ou de rencontre.
Le comptoir de la Billetterie repose sur d’étranges briques blanches : les tranches de livres. Déclassés, ils étaient promis à la benne et ils se retrouvent encore en bibliothèque !
Billet d’entrée cher : 16€ mais il y a 4 expositions en ce moment.
Exposition Robert Capa
Photographe de guerre, Capa a documenté l’histoire du XXème siècle, de la guerre d’Espagne jusqu’à sa mort en Indochine en 1954.
On peut admirer la qualité des photographies ou s’intéresser à ces témoignages. Conflits ou naissance d’Israël.
Il faudrait avoir un œil neuf, le cerveau disponible pour passer le temps nécessaire dans cette exposition. Après les Mondes Flottants, je sens mon attention flottante. Je reconnais certaines images universellement connues mais je passe trop rapidement.
André Hambourg – Rendez-vous à Venise
Hambourg
André Hambourg est né à Paris en 1909 et s’est éteint à Deauville en 1999 . La ville de Deauville a reçu en leg 539 peintures et des milliers de dessins. Le Musée Hambourg est situé aux Franciscaines. En 1957 il découvre Venise et s’y rendra une quinzaine de fois. Cette exposition nous entraine à la découverte de Venise.
Jeux d’eau de de lumière, reflets de jour ou de nuit. C’est une peinture très jolie, séduisante, décorative, un peu trop de tout cela.