Gerhard Richter – Vuitton

Exposition Temporaire jusqu’au 2 mars 2026

1987 Gudrun

la Fondation Vuitton consacre une vaste rétrospective au peintre allemand Gerhard Richter (né en 1932 à Dresde – actuellement à Cologne). Présentée chronologiquement selon 6 décennies de 1962 à nos jours. 

1963 Hirsch

1962-1970 Peindre d’après photographies : Richter va utiliser des photographies de magazines et des photographies de famille souvent en noir et blanc. Il va repeindre, écraser, flouter et retravailler l’image parfois en distorsion. Photographies d’actualité, avec des images de bombardiers évoquant les bombardements de Dresde. Il documente un côté douloureux de l’histoire allemande. 

1965 Horst mit Hund

De ses photos de famille, il va exhumer des secrets douloureux comme la figure d’un père perdu, parti à la guerre, revenu en 1945 mais interdit d’exercer son métier, de sa tante Marianne liquidée dans les projets eugénistes nazis.

1968 Stadtbild

D’après photographies et toujours en Noir&Blanc, il peint des paysages, cette vue aérienne de ville mais aussi de somptueux paysages de montagnes enneigées

1970 mer

Pour peindre la nature, il ne s’installe pas sur le motif. Il emporte son appareil photo et retravaille la photo dans son atelier. Une vidéo le montre dans son atelier projeter la diapositive en couleur, repasser les contours au fusain…et obtenir une précision photographique dans sa peinture. les marines avec des ciels nuageux et le triptyque  de nuages est  impressionnant.

1970 Wolken blau

1971 -1975 Remise en question de la représentation

Une série de peinture d’après photographies est qualifié de dépeintures selon la brochure. A la Biennale de Venise il réalise une série de 48 portraits d’après photographies de personnalités, exposée dans une salle blanche que j’ai trouvée plutôt ennuyeuse après avoir repéré Thomas Mann et Stefan Zweig pas Gide. A Venise, Richter peint une série après la découverte de l’Annonciation du Titien 

1973 Annonciation d’après le Titien

A partir de la gamme de couleur et des personnages, il peint des variations

1973 nach Tizian

De cette époque datent aussi les travaux sur la couleur avec de grands nuanciers qui ne m’ont pas enthousiasmée.

1976 – 1986 Explorer l’abstraction

1976 Konstruction

Parallèlement à ses tableaux d’après photographies, Richter peint de grands formats très colorés, très libres, où il expérimente plusieurs techniques. Une médiatrice présente dans la salle explique qu’un tableau abstrait nécessite de nombreux mois de travail alors que ses tableaux photographiques sont peints en parfois un seul jour. .

1980 Faust

La période voit le règne de l’Expressionnisme abstrait dans  le monde entier.

Il peint aussi des aquarelles.  On ne peut cantonner Richter dans un seul style, en même temps il peint des paysages qui évoquent le Romantisme allemand de Caspar Friedrich, sauf qu’il choisit des points de vue quelconques, peu pittoresques, des barrières dans un champ, un coin peu reconnaissable de la Cathédrale de Cologne, le banal contrastant avec le romantisme du style.

1987 Chinon

1987 – 1995 Sombre Réflexion

Nouveau thème : la peinture historique autour du cycle 18.  Oktober 1977 . Suicide ou liquidation de la Bande à Baader, peintures floues portraits d’Ulrike Meinhof,

18.Oktober 1977
1988 18.Okt 1977 Beerdigung

Une série de très grands tableaux abstraits à tonalité grise fait suite

1989 Abstraktion

Richter expérimente encore couleurs et techniques.

Puis il se tourne vers le papier et le dessin, alterne grandes compositions abstraites et figuratives. Enfin se livre un peu dans un portrait de sa femme et de leur enfant.

1995 S mit Kind

La Fondation Vuitton offre un très vaste panorama des œuvres plus tardives de Richter. Je piétine depuis plus de 2h30 et perds un  peu de concentration pour prendre des notes ou faire de nouvelles photos. Mais ce n’est pas la lassitude qui m’empêche de rendre compte de la dernière salle Birkenau. Avec la Shoah, j’ai du mal. La représentation, même si elle est pertinente et respectueuse, m’apparait impossible. 

Les critiques des Midi de Culture sont beaucoup plus sévères que moi l’une s’étant « ennuyée » l’autre jugeant le peintre pour le podcast ICI

Je suis toujours là – Marcelo Rubens Paiva

BRESIL/ UN LIVRE/UN FILM 

J’ai découvert le film en janvier 2025. Walter Salles  a réalisé Central do Brasil et Carnets de voyages racontant  la traversée de l’Amérique latine par Guevarra  avant qu’il ne soit le Che. Ce film a été multirécompensé

J’ai beaucoup aimé ce voyage au Brésil. Ambiance années 70, plage et joie de vivre avant le drame : l’arrestation de Rubens Paiva, sa disparition et la lutte constante de Eunice Paiva jouée par Fernanda Torres pour mettre en lumière la vérité. Je l’avais chroniqué sur mon blog Toiles Nomades CLIC 

J’avais ressenti l’urgence de rétablir la vérité historique sur la dictature qui a régné sur le Brésil entre le coup d’Etat de 1964 et le rétablissement de la démocratie dans les années 80. La présidence de Jair Bolsonaro montre que les forces d’extrême droite sont encore puissantes. 

j’ai donc coché dans la liste de la Masse Critique de Babélio le livre de Marcelo Rubens Paiva : JE SUIS TOUJOURS LA d’où est tiré le film. J’ai eu peur de m’ennuyer puisque je connaissais l’histoire et les personnages. Cela n’a pas du tout été le cas. D’abord, j’avais fait un contresens : je m’étais imaginée que, dans « je suis toujours là » , « je » représentait le père, arrêté, disparu, mais toujours présent dans les démarches de la mère pendant des années afin de retrouver des preuves de vie, d’abord, puis de son décès. 

« Je suis toujours là » , le « je » est mis pour Eunice, personnalité remarquable. Le livre lui est donc consacré. Femme au foyer, mère de 5 enfants, maîtresse de maison, épouse d’un ex-député. Rien ne la prédisposait à mener la lutte qu’elle a menée. Epouse d’un disparu, elle n’est pas « veuve », elle ne joue pas les victimes et refuse ce rôle avec  fierté et dignité. La photographie montre la famille souriante et non pas abattue. Pour sa lutte, Eunice n’a pas choisi la vengeance ou la clandestinité. Elle a commencé des études de Droit, et a choisi la profession d’avocate pour faire valoir ses droits. Avocate des Droits de l’Homme, pas seulement des disparus. Elle est devenue l’avocate des minorités indigènes, des Indiens Pataxos contre les grands propriétaires terriens soutenus par la dictature. 

Ce livre sous-titré « Roman » est plutôt un témoignage. Témoignage des tortures, des disparitions, de la chape de plomb de la dictature. C’est un livre de mémoire, mémoire de l’histoire brésilienne, mémoire de sa famille. Un livre de mémoire alors que la mémoire quitte Eunice. Alzheimer s’installe et bouleverse sa vie. Au moment où elle pourrait profiter de l’hommage rendu à son mari, où grand mère elle peut tenir son petit-fils sur ses genoux, la maladie la gagne.

« Son orgueil était plus fort que son oubli. jamais elle ne s’apitoierait sur elle-même. Elle ne voulait pas que nous ayons pitié d’elle. jamais elle n’a demandé de l’aide. Ces derniers temps, une nouvelle phrase, pleine de sens, est entrée dans son répertoire, en particulier quand elle est prise dans un tourbillon d’émotions […]Cette phrase signifie un moment de bonheur ou une mise en garde « Je suis toujours là. Je suis toujours là »

Oui maman tu est toujours là. A 85 ans, ma mère n’est pas entrée dans la quatrième phase, la pire de toutes . Sa vie est composée de nombreux actes. Il y en aura encore un. Tant que la mort de mon père n’aur pas pris fin« 

Ainsi s’achève l’histoire.

C’est donc un voyage au Brésil, une leçon de vie. Lecture agréable, bien menée.

Et comme le sujet est loin d’être épuisé, un nouveau film est sorti sur la dictature L’Agent Secret de Kleber Mendoça Filho qui se déroule en 1977 à Recife en plein Carnaval. il dure 2h40 mais vous ne vous ennuierez pas. CLIC

Gabrielle Hébert – Amour fou à la Villa Médicis – Orsay

Exposition temporaire jusqu’au 15 février 2026

Annonciation dans les lys de la villa Medicis

Gabrielle Hébert (1853 Dresde- 1934 La Tronche)

En 1880, Gabrielle vient à Paris étudier la peinture dans l’atelier d’Ernest Hébert. Le 6 novembre ils se marient, elle a 28 ans, lui 63. En 1884, Ernest Hébert prend la direction de la Villa Médicis où ils resteront jusqu’en 1893. 

Ernest Hébert – Villa Médicis

Ernest Hébert collectionne les photographies. Il en possède des centaines d’images. 

Le 21 juillet 1888, Gabrielle « sort acheter les choses nécessaires pour la photographie »[…]prend des leçons auprès de Cesare Vasari et installe en compagnie du pensionnaire Alexis Axilette, une chambre noire pour développer ses négatifs, tirer et retoucher ses épreuves.

Bosco

Gabrielle tient la chronique de la Villa Médicis, de son architecture, de ses jardins avec une grande attention pour les fleurs, surtout les lys qu’elle inclut dans ses mises en scène comme l’Annonciation (plus haut), elle photographie les visiteurs : Sarah Bernhardt

Sarah Bernhardt

Elle photographie les pensionnaires au travail : le sculpteur Denys Puech, l’architecte Hector d’Espouy. Sans oublier le jardinier, leurs petits chiens. Amusante scène de jeu de saute-mouton des pensionnaires

La muse d’André Chénier – Denys Puech

Ces épreuves sont de très petits formats figurant parfois des véritables tableaux vivants comme l’Annonciation qui rappelle la Renaissance mais dans l’esprit des Préraphaélites. Autre mise en scène: sa soeur jumelle pose pour les Vestales sur l’escalier du Bosco 

Vestales sur l’escalier du Bosco

 

Elle fait aussi de nombreux portraits de son mari à qui elle voue une admiration sans borne. Dans ses écrits elle l’appelle « Alles » (tout)

ERnest Hébert et les enfants des rues, ses modèles

Après avoir quitté la villa Médicis, ils font de longs périple en Italie et en Sicile, en Espagne. Avec bien sûr de très belles photographies. Sa production s’interrompt à la mort d’Ernest en 1908 à la Tronche en Isère où elle se consacrera à un musée à sa gloire. Son œuvre photographique ne sera redécouverte qu’au XXI -ème siècle, par hasard.

Ernst Hébert : la Mal’Aria

Magdalena Abakanowicz – La trame de l’existence au Musée Bourdelle

Exposition temporaire jusqu’au 12 avril 2026

Les Coquillages  1973- tapisserie sisal et lin

Magdalena Abakanowicz (1930-2017) est une artiste textile polonaise.

Andromède II 1964 laine coton crin de cheval

Dans ses tapisseries, elle s’affranchit du plan du mur pour incorporer des matières originales et  obtenir l’impression de relief.

Abakan rouge qui se reflète dans un miroir

A partir , de 1964elle qualifie ses tissages monumentaux suspendus au plafond d‘Abakan. Les personnages qui se reflètent dans le miroir donnent l’échelle de l’œuvre. Ces abakans peuvent évoquer toutes sortes de chose au spectateur : un volcan, ou un sexe de femme, un paysage….

SculpturesSérie de portraits anonymes (1989-1990)

Série de portraits anonymes (1989-1990)

Autant j’ai aimé ses tissages et abakans, autant j’ai ressenti un profond malaise avec ses personnages de textile . Sculptures et moulages avec de la toile de jute. Masques mortuaires ou non? Rides captées ou exagérées avec les bandelettes?

Quelle danse, quelle procession, quelle fuite pour ces personnages sans tête. Et que font donc ces dos arrondis, accroupis ou assis, courbés. prisonniers ou condamnés. Le malaise augmente quand je m’aperçois que ce sont des coques creuses.

Aucun de ces « humain » ne possède un corps entier, le plus souvent c’est la tête qui est absente. les foules sont encore plus angoissantes

Foule

Foule anonyme, en rang serré, immobile. Qu’attend-elle?

Abakan noir

A l’arrière de l’abakan noir, une série nommée « Paysages » est composée des bas-reliefs de corps humains émergeant de la terre.

paysages

Oeuvres puissantes mais très malaisantes. Magdalena a évacué toute joliesse, toute exigence du « beau ». Comme elle est polonaise, je pense immédiatement à la Shoah, aux charniers, à la boue, aux cendres.
mais j’ai peut-être tout faux; Ces foules sont peut-être celles qui participaient au pouvoir communiste. Aucune indication biographique n’oriente le visiteur vers l’un ou l’autre de ces épisodes dramatiques qu’a vécu la Pologne. Témoignage ou protestation militante. Rien ne nous sera expliqué.

Magdalena Abakanovicz a aussi sculpté le bois et le fer pour des objets encore effrayants. Elle a aussi dessiné des têtes anonymes, et s’est même consacrée à la métamorphose d’une mouche aux dimensions monstrueuses de la même taille que la tête d’homme qui est accrochée sur la cimaise.

J’ai même trouvé réconfortantes les têtes hurlantes de Bourdelle alignées dans le couloir qui conduit à l’espace d’expositions temporaires du Musée Bourdelle. Elles criaient pourtant l’horreur de la guerre 

Tunnels – Rutu Modan – Actes sud

LITTERATURE ISRAELIENNE (BD)

Les blogs que j’ai l’habitude de suivre présentent de plus en plus de BD. Il faut sans doute que je sorte de ma zone de confort et que je cherche dans le rayon BD de la Médiathèque. Mission difficile, je n’ai toujours pas compris le mode de classement. Si bien que je pioche un peu au hasard.

Tunnels a excité ma curiosité. pour deux raisons. Une bonne : la traductrice est Rosie Pinhas Delpuech que j’apprécie en tant qu’autrice et que traductrice. Une mauvaise : « Tunnels » m’a fait penser aux tunnels de Gaza où ont été prisonniers les otages. Il aurait suffi que je regarde la date d’édition 2021, rien à voir avec la guerre actuelle. 

Le graphisme m’a fait penser à Tintin. Roman d’aventures avec des personnages plutôt farfelus. Nous voici parmi les archéologues. L’archéologie est une passion nationale en Israël, d’abord parce que la terre regorge de restes antiques, ensuite parce que les israéliens voient dans les antiquités juives une justification supplémentaire à leur attachement à la Terre d’Israël, quitte à trouver des synagogues partout et à négliger les églises byzantines, les sites hellénistiques ou les châteaux Croisés. 

Parmi ces fadas d’archéologie, on rencontre d’abord un collectionneur, M. Abouloff, richissime et vaniteux, qui n’hésite pas à acheter des pièces pillées par Daech, incapable de débrouiller des vrais des faux. Nili Broschi, fille d’un archéologue distingué mais sénile, veut poursuivre les fouilles que son père a entrepris. Son frère, est également archéologue mais carriériste. Motké Sarid, le Grand Professeur, dont la plus grande trouvaille est d’avoir évincé Israël Broschi. Dénué de tout scrupule, il espionne Nili pour s’approprier ses découvertes éventuelles. A cette collection de « savants » s’ajoute Gedanke, un illuminé orthodoxe qui croit hâter la venue du Messie en trouvant l’Arche d’Alliance, il a surtout le mérite d’avoir des pelleteuses et une certaine expérience dans les excavations. A sa suite tout un lot de jeunes colons hurluberlus qui pourront peut-être manier une pelle.

Le site des fouilles est situé dans les Territoires, en zone palestinienne où les Israéliens ne sont pas censés creuser et surtout juste en dessous du mur de séparation. Le tunnel que les archéologues creusent doit rejoindre un tunnel ancien que le père de Nili a creusé avec des Palestiniens du village le plus proche. Palestiniens et archéologues vont se rencontrer. Les villageois n’ont aucune visée archéologique mais le tunnel serait bien pratique pour rejoindre leurs champs. Pratiques aussi pour de la contrebande? Nili retrouve avec plaisir les anciens ouvriers de son père qui acceptent de continuer le travail….

Si vous voulez savoir la suite, il faudra lire la BD.

Amusante, farfelue, invraisemblable, humoristique, à vous de voir.

La Couleur de la Grenade – Mourad Merzouki à la Maison des Arts de Créteil

ARMENIE ET HIP HOP

Mourad Merzouki est chez lui à la MAC  de Créteil où il fut le directeur jusqu’à l’an passé. Il conserve tous ses fans et c’est devant une salle conquise qu’il a présenté ce nouveau spectacle. Mourad Merzouki nous a habitués à des surprises et ce spectacle en fut une merveilleuse. 

Le titre est  celui du film de Serguei Paradjanov : Sayat Nova dont on célèbre le centenaire. Quelques images du film sont projetées sur le rideau de scène en introduction. A l’invitation de la metteuse en scène  arménienne Saté  Khatchatryan se rendit à Erevan, en Arménie et le spectacle est le résultat du dialogue entre le chef d’œuvre arménien et le hip-hop du chorégraphe.

Conception musicale de Hogh Arghun musicien arménien et électro. Costumes de Edgar Manoukian et accessoires et tapis venant d‘Arménie. 

Nous partons pour un voyage merveilleux, sur des tapis volants, parmi les manuscrits anciens et livres arméniens (les Arméniens sont très fiers de leur écriture millénaire) . La princesse orientale est inspirée par le film et la bande annonce ci-dessous montre clairement les inspirations du spectacle de danse. On retrouve les livres ouverts, les costumes des prêtres, les grenades.

Ce n’est pas une simple copie de l’œuvre de Paradjanov. Merzouki nous propose des trouvailles dansées comme les jeux de l’échelle et du cadre de tableau.

Les ombrelles tchékoviennes, elles, sont dans le film!

je vais chercher le film en entier en VOD!

Et je vous recommande ce spectacle

Dragons au Quai Branly

Exposition temporaire jusqu’au 1er mars 2026

Dragon de danse . Pour la parade de Nouvel An chinois. prisonnier de l’exposition, il ne dansera pas dans les parades sur le pavé parisien

« le dragon est né en Chine il y a plus de 5000 ans au Néolithique. C’est à l’âge de Bronze que le dragon prend la forme qu’on lui connaît. « 

« il règne sur les mers, les montagnes ou les cieux, dans les nuages chargés de pluie, là où se concentre l’énergie universelle »

Il contrôle les eaux terrestres et céleste. Il incarne les forces naturelles aussi bien bienfaitrices que destructrices. En effet, il apporte la pluie vitale pour les hommes mais il peut entraîner tempêtes et sécheresses

Entre le dragon-cochon et la vidéo 5000 ans !

Peut-on lire sur le dépliant de présentation de l’exposition – très bien fait !

Dragon dans les nuages (vidéo)

5000 ans, c’est énorme! d’autant plus que l’art contemporain n’est pas oublié avec des vidéos bluffantes de dragons dans les nuages.

Dragon de jade

Le visiteur pourra se perdre (avec délice) dans les thèmes abordés. Symbolique du nombre 9 en Chine : le Dragon est une chimère combinant 9 animaux, avec des bois de cerfs, une tête de chameau, un cou de serpent, un ventre de mollusque, des écailles de carpe, des griffes d’aigle, des pattes de tigre et des oreilles de boeuf.

Dragon d’encre sur un rouleau calligraphié

Ou suivre les métamorphoses filmées

ou les rechercher dans ce palais

Une autre visite serait celle des dragons comme symbole de l’autorité impériale, brodés sur des vêtements d’apparat

Broderie d’or sur cape

Le visiteur peut aussi s’attacher aux merveilleux objets de porcelaine, de jade, d’or …le thème du dragon est partout et à toutes les époques.

Il y a aussi des visites pour les enfants qui semblent fascinés. Corollaire, il y a foule le dimanche après-midi (éviter aussi le mercredi).

Prévoyez une belle plage de temps et laissez-vous guider par le hasard des rencontres

Dinosaures, crocodiles et coccinelles, les tribulations d’un naturaliste – Philippe Taquet – Odile jacob

PROMENADE AU JARDIN DES PLANTES

Crocodile sarchosaurus imperator galerie de paléontologie

De 1985 à 1990, Philippe Taquet fut le directeur du Muséum d’Histoire Naturelle. Paléontologue, il eut la chance, dès la fin de sa  thèse de partir en mission au Niger, dans le désert du Ténéré et d’y découvrir un gisement de vertébrés fossiles. De cette mission il a rapporté un crane de crocodile géant, Sarchosuchus imperator, âgé de 100 Millions d’année. C’est par le récit de cette expédition que commence le livre. 

Le squelette porte comme il se doit sa carte d’identité : Sarcosuchus imperator – Broin et Taquet – 1966 –
Aptien du Niger. Des milliers de visiteurs dont de nombreux enfants contemplent ébahis cet énorme
reptile ressuscité du passé. Souvent, parmi les commentaires une voix malicieuse s’écrie : « Ah ! Sarkozy, l’empereur des crocodiles ! »

Que les lecteurs ignorants de la Paléontologie des vertébrés se rassurent : cet ouvrage n’est pas destiné aux spécialistes. Il est de lecture facile et surtout très amusante.

Une quinzaine de chapitres courts racontent sa vocation de savant, ses rêves depuis l’enfance. Il nous offre  une promenade dans le Jardin des Plantes en commentant les arbres remarquables : le Robinier de Robin, planté en 1636, le Sophora du Japon dont on fit cadeau des graines à Bernard de Jussieu, le Cèdre du Liban qui fit le voyage dans le chapeau de Jussieu….

Histoire de la Grande Galerie de l’Evolution, je ne savais pas qu’elle avait fait partie des Grands Travaux de Mitterrand!

Les coccinelles, c’est une autre paire de manches! Un des rôles du Muséum d’Histoire Naturelle est de veiller à la biodiversité et aux zones Natura2000, coccinelles et pique-prunes, firent l’objet d’études savantes pour préserver leur habitat. Histoire cocasse pour les coccinelles qui vivaient sur le Plateau d’Albion

gendarmerie d’Apt : « Allô, monsieur le directeur, pouvez-vous nous éclairer sur la présence de
prétendus chasseurs de coccinelles du Muséum dans un lieu hautement stratégique ? – Affirmatif mon
brigadier ! Il s’agit bien de chercheurs naturalistes, en mission officielle, qui luttent pour éradiquer les
pucerons à l’aide des coccinelles françaises.

Rencontre avec deux savants prestigieux : Théodore Monod et Claude Lévi-Strauss…

C’est un livre distrayant, charmant, et fort instructif que je vous recommande sans aucun bémol.

Pour rester dans le Jardin des Plantes vous pouvez écouter le podcast de Radio France: Le Muséum d’Histoire Naturelle a 400 ans interview de son Directeur actuel ICI 

 

Sheila Hicks : Le fil voyageur au Quai Branly

Exposition temporaire jusqu’au 8 mars 2026

Sheila Hicks est née au Nebraska en 1934, depuis 1964 elle est basée à Paris. Artiste textile, elle a fait de nombreuses expositions. Le Fil voyageur présenté à l‘Atelier Martine Aublet (mezzanine, 3ème étage) présente un nombre restreint d’œuvres, surtout des petits formats. Elle célèbre aussi une collaboration, entre la plasticienne et Monique Levi-Strauss , spécialiste des cachemires et auteure d’une biographie de Sheila Hicks. Une vidéo montre les deux femmes filer le fil voyageur de leur amitié . 

La mer – à l’origine horizontale, cette sculpture évoque plutôt une cascade

On entre dans l’exposition en passant devant les cordons soyeux de la Mer – à mon grand regret rien n’indique que la sculpture qui se trouve dans les collections permanentes ne fait partie de l’exposition. 

Minime

Les Minimes, comme un carnet de voyage en Amérique Latine tissés au fil des jours, des rencontres avec les tisserands des Andes. A leur côté elle apprend à filer et tisser. 

minime

Elle inclue aussi des silex, des pointes de flèche ou les piques du porc-épic

minime porc-épic

Ses œuvres sont présentée en résonnance avec des tissus authentiques : un poncho, une broderie, de bizarres sphères aplaties à fonction funéraire.

Ses techniques sont variées, du tissage sur un métier, simple cadre ou nouage avec ses doigts, utilisant des outils traditionnels, à « quatre lisières« , Sheila Hicks se sent libre pour toutes les expérimentations.

Sheila Hicks improvise sous nos yeux (vidéo)

Symbolique aussi ce cadeau de mariage de son mari  chilien, Enrique Zaffartu, un petit cadre et des outils traditionnels

boîte à ouvrage andine

Tapis, poncho, ou tissu arachnéen, le fil voyage et nous fait voyager et rêver

Grand Prince – Aléxia Stresi – Flammarion

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

Outrenoir. Pourquoi Soulages?

« L’existence c’est formidable, paraît-il. C’est surtout long, estime Simone Guillou. A 85 ans, elle pense heureusement avoir fait le plus gros. Il ne peut plus rien lui arriver.

peut-on lire sur la 4ème de  couverture.

C’est donc l’histoire un peu extraordinaire d’une vieille dame d’un village tranquille de Loire Atlantique, qui passe une retraite un peu trop tranquille dans le bourg vide hors saison. A 85 ans, elle se porte plutôt bien, de l’arthrose au genou la fait souffrir, mais c’est l’âge. Son fils la délaisse, il est occupé. Sa petite fille est plus attentive, mais elle est loin. Elle a bien des copines de son âge, mais l’entrain n’y est plus.

Et pourtant, il suffit de si peu pour que la curiosité de la vieille dame, l’imagination ne se mette en branle. L’histoire démarre comme un roman policier, avec constatation du gendarme… l’enquête de police n’ira pas loin. Si je ne veux pas divulgâcher il va falloir que je m’arrête bientôt!

marais salants

C’est un roman très agréable à lire, les pages se tournent toutes seules. Gentil dépaysement dans les Marais salants près de Guérande. Nostalgie pour les commerces de centre-bourg, remplacés par les grandes surfaces.  Un bouquet de roses trémières. Et un espoir pour tous : l’aventure se présente à tout âge!

merci à l’éditeur et à Babélio qui m’ont fait ce cadeau!

Hier, rencontre dans les locaux de Babélio avec Alexia Stresi qui nous a livré quelques secrets de fabrication de son livre. C’était passionnant, mais attention « spoilers »! Autrice très sympathique, très bon contact avec les lectrices-eur. Et buffet excellent, encore merci Babelio