lire pour l’Egypte : Le Quatuor d’Alexandrie Lawrence DURRELL

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 Adolescente, j’ai lu ces livres avec beaucoup de plaisir.   Ma mémoire,  encore une fois, m’a trahi. Peut-être, est-ce  ma façon de dévorer les romans en une lecture superficielle?  Il ne m’en restait qu’un vague souvenir d’intrigues amoureuses dans une ville cosmopolite.  J’ai donc relu Justine comme si c’était la première lecture.

Société cosmopolite où le Français, le Grec étaient les moyens d’expression dominante. Quand un personnage parle arabe, Durrell le  précise comme si cela n’allait pas de soi.L’ombre de Cavafy plane sur tout le roman, ses poèmes en filigrane – Durrell écrit son roman dans une île des Cyclades – Le lecteur est plongé dans une ambiance plus grecque qu’arabe. Tout élément musulman est réduit à sa plus simple expression. Le roman se déroule dans un milieu où Anglais, Coptes, Français se côtoient sans rencontrer de musulmans autres que domestiques, commerçants ou passants anonymes dans les rues

 

Le premier livre, Justine, n’est finalement qu’une introduction au reste du Quatuor. L’intrigue amoureuse présente les personnages sous leur jour le moins intéressant,. Tout tourne autour de la nymphomanie, ou de l’hystérie de Justine, approche psychanalytique, roman érotique dans la lignée des Sexus, Nexus de Miller, je n’accroche plus tellement.

 En revanche la suite est passionnante. Balthazar montre les personnages dans leur complexité. Ce second ouvrage remet en cause toute l’intrigue du premier, déconstruction de la « vérité » établie dans Justine. Certains personnages secondaires prennent de l’ampleur, la description de la société alexandrine devient  plus attachante.

Dans Mountolive, le diplomate,  la perspective historique ou politique se découvre. encore différent, vue des services diplomatiques de l’Empire. On sort beaucoup d’Alexandrie,  on découvre la campagne du Delta et la vie rurale, on se balade au Caire. L’intrigue autour d’un complot pro-sioniste de la part des coptes n’est pas très convaincante  mais elle étoffe les relations entre Justine et son mari Nessim qui n’étaient pas trop crédibles.

Tout le long de cet énorme ouvrage, la réflexion sur le rapport de l’écrivain à l’écriture ,à la vérité, est de plus en plus intéressante. Les références à l’Antiquité grecque, aux débuts du Christianisme, à toutes les spéculations ésotériques, donnent encore de l’épaisseur à l’ouvrage.

Alexandrie que j’ai visitée n’est plus celle de Durrell. J’avais imaginé m’asseoir sur la corniche, non loin du Cecil, devant un ouzo ou siroter un café turc (ou grec!). L’ouzo est bien banni, un pastis clandestin au Sofitel, peut être?Plus rien de grec dans les cafés, j’ai pourtant bien cherché. Une vieille inscription peinte sur un mur en grec m’a révélé l’emplacement d’un cinéma… le « kalimera » des étudiants nous saluant au passage. Une vendeuse dans un petit bazar vers Qaitbay m’a vendu une bouteille d’eau en italien, contente d’utiliser cette langue qu’elle maniait avec fluidité. Alexandrie la cosmopolite n’est plus! Les touristes viennent plutôt du Liban ou des émirats. Reste la nostalgie de ce monde disparu.

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants – Mathias Enard

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Joli objet que j’ai convoité plusieurs semaines,la collection ACTES SUD est toujours séduisante!

Et quel titre! Une citation de Kipling mais aussi sorte de refrain qui revient au cours de la narration:

 

« je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l’amour ; au vide, ils répondent en construisant des chateaux et des temples. Ils s’accrochent à des récits, ils les poussent devant eux comme des étendards ; chacunfait sienne une histoire pour se rattacher à la foule qui la partage. On les conquiert en leur parlant de batailles, de rois d’éléphants et d’êtres merveilleux…. »

Certes, l’argument est mince et court le récit.

Du 17 avril à la saint Jean 1506, quelques semaines, Michel-Ange, à la demande du sultan Bajazet se rend à Constantinople pour jeter un  pont sur la Corne d’Or. L’épisode est véridique, comme l’est aussi son  projet et celui de Leonard de Vinci qui a été refusé par le Sultan. Mathias Enard nous livre donc un roman  poétique très bien documenté.

C’est un roman d’amour aussi, des amours troubles et inachevées, passion du poète pour Michel-Ange sans retour. Trouble de Michel-Ange pour l’androgyne chanteur ou chanteuse andalous(e), amour inabouti. Sensualité, ivresse, désirs non-dits.

L’artiste visite Constantinople, Sainte Sophie l’impressionne, il  relève les plans de la coupole dont il s’inspirera pour Saint Pierre de Rome. Aux parfums byzantins de la Ville, se mêlent ceux de Grenade, tombée il y a peu.

Intrigues, menaces sourdes. Est-ce le pape Jules II qui a armé le bras qui menace le sculpteur? ou est-ce la jalousie? Le Sultan honorera-t-il ses promesses : il a attiré l’artiste en faisant miroiter une fortune et voilà qu’il cède un village perdu en Bosnie comme tout salaire des plans et des maquettes que Michel-ange lui a présentés:

« Turcs ou romains, les puissants nous avilissent »

Plus que de batailles, et d’éléphants, le roman chante l’ivresse, la poésie, l’amour mais aussi les manipulations des princes.

« Frôlement historique », annonce le 4ème de couverture, j’aurais aimé toutefois que Mathias Enard approfondisse plus son sujet, donne plus à voir d’Istanbul, sentir les épices.

Des Eclairs – Jean Echenoz

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Jean Echenoz appelle « roman« cet ouvrage qui s’inspire, sous le nom de Gregor, de la vie de Nicolas Tesla  

Génial inventeur, ingénieur inspiré, rival d’Edison, de Marconi et de Branly,  Tesla est moins connu du public. S’il n’avait pas donné son nom à une unité électro-magnétique, je n’en auraisjamais entendu parler.

Récit très vivant où l’on croise savants et hommes d’affaires, où la science et la technique sont  mis en scène de façon spectaculaire.

Incendies – film de Denis Villeneuve, d’après la pièce de Wadji Mouawad

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Les guerres civiles sont les plus cruelles. Chrétiens, Palestiniens, musulmans se déchirent. Les vendettas, les représailles s’additionnent et seuls les chefs de guerres en tiennent un compte exact pendant des décénnies, remarque un personnage du film.

Quête des racines, quête d’identité …. les deux jumeaux canadiens sont projetés dans le Liban déchiré.

Thriller? On ne s’ennuie pas un instant pendant les 2h10 du film, les surprises et rebondissements  sont haletants.

Comment le cinéaste a-t il filmé ces décors de destructions absolues? Reconstitutions ou ruines encore visibles. La violence est extrême on n’en ressort pas indemne.

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La ressemblance entre les deux actrices qui jouent  Lubna Azabal (Nawal Marwan, la mère). la mère et Jeanne, Mélissa Désormeaux-Poulin,la fille et les nombreux flash- back, exigent du spectateur une attention redoublée aux décors. Un téléphone portable, un 4×4 nous permettent de nous situer dans le temps.

Tragédie, tragédie des origines, j’aurais aimé voir la pièce de Wadji Mouawad dans la suite du théâtre antique.

Lire pour l’Egypte : LES FILS DE LA MEDINA -Naguib MAHFOUZ

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Le lieu : la Gamaliyya, quartier situé entre Bâb El Nasr et Khan El Khalili dans les petites rues médiévales bordées de palais fatimides ou ottomans, de vieilles maisons avec des balcons de bois ouvragés, poussiéreuses et encombrées de charrettes à bras et de cantines ambulantes.

La période de l’histoire est indéterminée, il semble que le temps s’est arrêté, l’Ancêtre fondateur du quartier cloîtré dans la grande maison pendant des générations ne finit par mourir à la suite de l’intervention du dernier héros.

Le Gabalawi, l’Ancêtre, chasse son fils aîné Idris puis le cadet Adham  de la Grande Maison. Idris, violent et mauvais . Adham innocent et sa femme se trouvent comme Adam et Eve chassés du paradis, le jardin où Adham joue de la flûte.A dham est forcé de gagner son pain à la sueur de son front. Ses fils jumeaux Hammam et Qadri, sont bergers dans le désert sous le Mokattam, Qadri tue son frère, on reconnaît Caïn et Abel.

La Gamaliyya est sous la coupe d’un intendant qui spolie les habitants du revenu du waqf et qui s’appuie sur les futuwwas, les caïds qui terrorisent le quartier. Gabal, le charmeur de serpents, veut libérer sa tribu de l’oppression des futuwwas .Après des combats épiques, il réussit à vaincre les caïds grâce à ses serpents et rétablit les droits de sa famille et la justice.

Rifaa, quelques générations plus tard reprend le combat pour libérer le quartier de l’oppression des futuwwas, mais il veut employer l’amour, la douceur et la charité, cela finit très mal il est assassiné. Survient un autre héros Qasim qui reprend le flambeau, aimé d’une femme riche et plus âgée, comme le Prophète il fuit avec ses compagnons sur le Moqattam puis après une bataille sanglante est vainqueur des futuwwas. Enfin le dernier héros est un alchimiste qui invente une bouteille incendiaire terrifiante. Malgré sa bonne volonté, les catastrophes s’enchaînent il se retrouve involontairement meurtrier de l’ancêtre, puis prisonnier de l’intendant qui a deviné le meurtre mais qui souhaite utiliser sa puissance de l’alchimie.

Pessimisme, le retour périodique de ces libérateurs qui pour un temps combattent contre l’oppression et la misère des petites gens sont vainqueurs pour un temps, puis la corruption, la force des puissants et de leurs séides les futuwwas s’installent à nouveau. Avec la passivité des opprimés.

Les quatre héros libérateurs sont inspirés de Moïse, Jésus et Mahomet et ? La science ?

Les références à l’histoire sainte sont implicites et donnent de la force à l’épopée du quartier chantée par les conteurs à la veillée dans les cafés où circule le narguilé ou dans les fumeries de hachisch.

Ce n’est pas un roman folklorique. Le génie de Mahfouz donne une dimension universelle à cette histoire.

lire pour l’Egypte : Gamal GHITANY Epître des Destinées (Coll. points)

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Une petite vingtaine d’histoires courtes racontant  la destinée d’Egyptiens des années 70-80

.Point commun de tous ces personnages: une jeunesse brillante, des espoirs, des études brillantes pour la plupart d’entre eux. Puis faute d’emploi qualifié, le dérapage, et la déchéance dans la corruption… Lexil pour améliorer une situation financière médiocre,Irak ou le Liban dans ces terres d’exil jamais nommées,. Pire, la corruption, le trafic de drogue. Destinées de militaires brillants après une mise à la retraite. Tous ces personnages proviennent de faits divers, d’entrefilets de journaux.

C’est touchant, attachant, très pessimiste et bien écrit. Voici une image de l’Egypte beaucoup moins pittoresque que celle de Mahfouz, et pourtant on sent la parenté de ces destinées.

Lire pour l’Egypte: Sous le regard des Dieux – Christiane Desroches-Noblecourt

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Egyptologue, scientifique, féministe, C. Desroches Noblecourt est une personnalité fascinante dévoilée par ce gros livre d’entretiens. La lecture est facile, ce qui n’exclue pas la rigueur scientifique. 46 chapitres courts évoquent les différents aspects de la carrière de l’Egyptologue.

Ses maîtres, l’abbé Drioton à qui elle rend un hommage appuyé, les anciens comme Champollion, Mariette, Carter, tous sont racontés par des anecdotes brillantes. Ses difficultés avec certains collègues misogynes, aussi. Ses succès, et ses rencontres des grands de ce monde…

L’essentiel de ce gros livre est consacré à son travail de chantier, de conservateur au Louvre, d’épigraphe soucieuse de faire coller la lecture des textes avec le contexte de la vie antique. Critique permanente des idées reçues. Recherche d’interprétations originales en  symbiose avec  les souvenirs des traditions anciennes chez les paysans égyptiens qui l’assistent dans les chantiers. Regard féminin original qui donne une importance nouvelle à la Déesse primordiale, Hathor, Isis la naissance, la maternité ….

Si tout cet ouvrage livre une réflexion sur le sacré, il est toujours scientifiquement démontré : les preuves matérielles, les objets analysés sont toujours sur le devant de la scène. C’est un petit godet en forme de débarcadère, un autre godet :  le « Lac de turquoise » acquis à Drouot qui expliqueront toute la renaissance de l’âme sous forme de poisson. Parenté avec les symboles chrétiens !
C’est avec regret que je vais rendre ce livre à la bibliothèque où je l’ai emprunté !

Christiane DESROCHES NOBLECOURT : Sous le Regard des Dieux –  Albin Michel 381p.

Lire pour l’Egypte : le Sinaï – Alexandre Dumas

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Petit livre charmant, jolie couverture ornée d’une aquarelle de David Roberts que j’ai glissé dans ma valise. Alexandre Dumas n’a pas visité l’Egypte. Il relate le voyage de Dauzats peintre, qui, en compagnie de deux visiteurs occidentaux, a loué les services de chameliers bédouins pour visiter le monastère Sainte Catherine en 1830.

Ce merveilleux récit  commence au Caire avec le départ burlesque des dromadaires et les mésaventures des cavaliers qui ne savent  les chevaucher (souvenir personnel récent !). Ils arrivent à Suez en suivant les ossements laissés par de malheureux pèlerins à la Mecque qui n’ont pas eu la chance d’arriver. A Suez, le souvenir de Bonaparte est encore très vif. On visite la maison où il a passé la nuit. Une curieuse mésaventure coûte la vie au cheval du Général : la marée rattrape Napoléon qui traversait à pied la Mer Rouge. Moi aussi, j’avais été très surprise que cette mer ait des marées !

Traversée de la vallée de l’Egarement, …lutte contre la soif, le khamsin, les serpents, les hyènes et chacals….Le voyage au XIXème siècle était autrement plus périlleux que notre traversée en autobus ! Véritable livre d’aventure de l’auteur des Mousquetaires !
Mais aussi évocation de Moïse, du Passage de la Mer Rouge, au Tables de la Loi. Curieusement, pas une allusion au Buisson Ardent. La visite du monastère a aussi été bien différente de la nôtre.

Alexandre DUMAS : LE SINAI (coll. Heureux qui comme… Alexandre DumasMAGELLAN&Cie – GEO) 149p.

GEO présente  cde petit livre dans un très joli coffret LE VOYAGE EN EGYPTE  avec ALEXANDRIE de J J Ampère et CLEOPATRE de Théophile Gautier

Lire pour l’Egypte : Un substitut de Campagne en Egypte -Tewfik El Hakim

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Au  retour d’Egypte,  j’en ai savouré la lecture, dans ma tête se déroulait le film de notre voyage en Moyenne Egypte où les paysans vivent encore comme il est raconté ici.

Lecture lente, je goûte l’humour et la tendresse de l’auteur pour ces paysans misérables qui ne comprennent pour la plupart du temps pas ce qu’ils font au tribunal : celui qui a égorgé son mouton comme l’ont fait ses ancêtres avant lui -après tout c’était son animal -ceux qui ont trouvé des nippes dans le canal – ils étaient nus Allah les a habillés.. celui qui « pêchaient » les poules avec un hameçon…La misère est si grande, si grande aussi leur ignorance. Ils ne se rebellent même pas devant la sentence qu’ils prennent comme une calamité naturelle.

Le substitut ne se fait guère d’illusion sur sa fonction : une fois il perd le fil du procès, ou bien il raconte comment deux juges prennent des sanctions différentes seulement parce que l’un d’eux doit prendre son train. La misère ne frappe pas que les paysans. Fonctionnaires de la justice, policiers vivent aussi d’expédients.

La justice comme un théâtre ! Et El Hakim consacre un chapitre à sa rencontre avec un acteur qu’il avait connu autrefois.

Grande humanité dans cet ouvrage. Comme dans tous ceux de la collection Terre Humaine qui m’on laissé des souvenirs inoubliables. Malheureusement celui-ci est épuisé. Comment faire pour persuader l’éditeur de le sortir à nouveau ?

Tewfik EL HAKIM : Un substitut de campagne en Egypte Coll Terre Humaine

Lire pour l’Egypte : La chanson des Gueux, de Naguib Mahfouz (folio)

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La naissance de l’ancêtre glorieux Ashur an- Nagi, à l’orée de la Cité des Morts, sur une rue menant à la Mosquée el Hussein débute la saga des an-Nagi. Ashur, par sa force singulière, sa droiture, l’aide des miséreux, devint chef de clan, de ces chefs qui font la loi sur le quartier.Il disparaît mystérieusement. A Ashur succède Shams Eddine, puis Sulayman, Khidr… Tous les descendants de la famille An Nagi ont donné des chefs de clans. Au fil des générations, ils ont perdu la droiture et le soutien des miséreux. Ils se sont embourgeoisés se sont mariés aux filles des plus grandes familles, pensent plus à s’enrichir qu’à protéger les faibles.

A chaque génération naît un  espoir: un successeur de Shams Eddine ou d’Ashur ? On voit s’élever un homme exceptionnel qui au fil du temps se corrompt, se laisse tenter par l’alcool ou tombe sous l’influence d’une femme de mauvaise vie. Le plus splendide, Galal, croit arriver à l’immortalité en construisant un minaret monstrueux sans mosquée  et meurt fou. Chaque génération voit aussi une disparition, des crimes, des enrichissements et des faillites. Toujours demeure le souvenir d’Ashur et la gloire des An Nagi,  même quand ils sont redescendus au rang des plus miséreux. Dix générations (100 ans dit le 4ème de couverture), beaucoup plus il me semble, se déroulent jusqu’à ce qu’un nouvel Ashur se lève et par sa force extraordinaire reprend le combat des faibles pour la justice. Cette saga se déroule dans un Caire intemporel. Grainetiers, charretiers, patrons de café, usuriers maintiennent leurs boutiques et leurs petits métiers sans aucune évolution technique. Après 10 générations le nouvel Ashur retrouve le mur de la tekkyia, la fontaine, l’abreuvoir…où le premier Ashur a disparu.


Le génie de Mahfouz est de faire vivre le quartier du Caire qu’il connaît si bien, d’inventer des personnages complexes et jamais manichéens, jamais à l’abri de la faiblesse ou de la déconfiture, si humains. Les femmes sont aussi très présentes, tentatrices intrigantes souvent mais aussi courageuses, fortes, mères exemplaires ou indignes, courtisanes qui deviennent des bourgeoises…