Dakhla – vieille Mout et le complexe d’Hassan Fathy

EGYPTE 2010 / DESERT BLANC ET OASIS

 

 Nous irons seules à pied à la découverte de Mout. L’hôtelier nous conseille d’aller voir la Vieille Ville. Il faut prendre la grande route sur la droite et c’est au 2ème square. Au premier rond point, rien n’indique un site touristique. A 16h la route est vide, les rideaux des commerces sont baissés. Un monsieur âgé en galabieh brune se tient devant sa porte. Il ne comprend pas l’anglais mais appelle son fils : »Mina ! ».  Mina, 16 ou 17 ans arrive une bouteille d’eau à la main. D’une autre fenêtre sortent une demi-douzaine de têtes féminines (pas de voile) qui nous invitent au thé. Le père ordonne à Mina de nous accompagner. Il a posé sa bouteille et joue avec son téléphone cellulaire. Devant la vieille ville il prend congé de nous sans demander son reste.

Un caravansérail moderne avec des voûtes nubiennes (assurant une climatisation naturelle) est l’œuvre d’un architecte connu : Hassan Fathy Jolies coupoles, arches arrondies, très belle application moderne d’un style traditionnel, ce bel ensemble architectural n’a pas rencontré le succès attendu. Il est complètement vide.
Un peu plus loin, Mout est un champ de ruine. Citadelle de terre plus qu’à moitié écroulée, pratiquement complètement désertée. Promenade tranquille, on photographie les ruines. Une femme en robe rouge et sans voile berce un petit enfant. Elle nous appelle. Nous offrons aux petites filles des caramels. La dame voudrait nous retenir. Elle fait signe qu’on la prenne en photo. Sa mère et elles nous montrent la croix tatouée à l’intérieur de son poignet et veulent savoir si n ous sommes aussi chrétiennes. Samer porte lui aussi ce signe distinctif des coptes.

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L’office de Tourisme est ouvert, le Monsieur est très affable. Il nous dit qu’il est à notre entière disposition pour organiser tout ce que  nous voulons : circuits, transports, hébergement…. Nous n’avons besoin de rien. Mais je lui ferai un article sur VN . Il répond à mes questions con cernant la Nouvelles Vallée et comprends mes réticences par rapport à l’utilisation intensive des eaux fossiles. Les forages exploitent trois nappes distinctes : l’une à 100m de profondeur, une autre à 300m, la plus profonde à 2000m . les forages à diverse profondeurs équilibrent les prélèvements, selon lui. La nappe la plus importante est celle des grès nubiens qui s’étend jusqu’au Tchad et au Darfour. C’est une nappe considérable qui progresse au rythme de 50m/an. Les 3 milliards pompés chaque années épuisent les réserves
–    « c’est trop ! » dit-il
Ce monsieur est charmant, je l’écouterais des heures.
Nous préférons dîner dans la chambre qu’au restaurant aux baies occultées par d’épais rideaux rouges. Le poulet grillé est un délice, le riz également. Rien à dire du foul omniprésent.

Dakhla – El Qasr

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Le faste des petits déjeuners-buffets des hôtels 3* ou 4* est oublié. Sur notre assiette, on trouve un œuf, deux fromages fondus et une portion de confiture à la figue, «  pain du gouvernement »
(Le gouvernement. veille à ce que le prix de ce pain reste très bas). Nous nous rappelons qu’en 2008 il y a eu des émeutes du pain dans le delta. Le serveur vient mollement nous proposer du foul, offre déclinée.
A 8h30, nous partons visiter El Qasr, le village qui nous avait tant plu hier.
Le minaret de la mosquée Nasr-El-din date du 11ème-12ème siècle C’est une mosquée ayyoubide-(Saladin était un  ayyoubide). Le minaret est construit sur 3 niveaux, en cône tronqué hérissé ressemblant à des minarets africains. A côté, un mausolée.

Nous entrons dans la vieille ville à la suite du gardien du site, silencieux. Les ruelles sont étroites avec des passages couvertes qui laissent voir les troncs des palmiers et les branchages soutenant les plafonds. Dans une cour des briques  de terre crue sèchent : on restaure la citadelle avec les matériaux originels Je suis fascinée par les portes : le linteau utilise une belle poutre est gravée d’inscriptions coraniques : je demande à Samer de me les lire
–    «  je n’aime pas lire ce genre de chose » répond- il
On peut quand même avoir l’esprit large ! La calligraphie est fascinante ; une barre faisant office de serrure est elle aussi décorée de motifs géométrique. Les clés qui ouvrent les serrures sont elles aussi en bois. Nous déambulons dans le labyrinthe des ruelles des passages et des courettes pour arriver à la madrasa, une haute bâtisse en briques cuites ressemblant aux maisons ottomanes de Rosette.

Dakhla – El Qasr pressoirs

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Dans une cour, on a installé un pressoir à huile : la meule de pierre sert à concasser les olives tandis que le pressoir, dans la cour voisine utilise les mêmes paillassons que ceux d’une huilerie moderne que nous avons vue en Grèce.

Dans un autre cour : le moulin à farine actionné par une « petite vache », le mécanisme est en parfait état.

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Un musée ethnographique complète cette promenade. On voit l’intérieur d’une maison, les costumes des femmes multicolores avec un e curieuse robe de mariée blanche brodée  de fils multicolores et cousue de dizaines de boutons de nacre. On présente la vie des femmes : le four à pain, la petite meule pour le grain ou les  pois chiches, le coi n avec le feu et la place des plats. On peut  aussi y acheter de la vannerie qui semble être la spécialité de l’oasis de Dakhla avec les chapeaux de paille bordées d’un galon bleu ou noir que portent les paysans aux champs.

Dakhla – Deir- el Haggar

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Temple de l’époque romaine, commencé sous Néron, continué sous Vespasien, Titus et Domitien (81-96 après JC).

Comme à Siwa, la divinité honorée était Amon et la triade Amon, Mout (représentée sous la forme d’une lionne) et l’enfant Khonsou.

Malgré l’époque tardive, les représentations sont exclusivement égyptiennes, pas de barbe hellène, ni de toge, non plus que dans les inscriptions écrites.
Précédé d’une colonnade, bien restauré, c’est une jolie visite.


Bibliographie : site excellent et très détaillé:

http://alain.guilleux.free.fr/dakhla_de … _hagar.php

Dakhla – Aigrettes, ânes et âniers

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Nous demandons qu’on nous laisse nous promener dans les champs seules, pour prendre des photos. Des vaches paissent tranquillement. Une compagnie d’aigrettes blanches arpente la parcelle inondée. Dans un chemin adjacent nous croisons plusieurs carrioles à ânes Pour prendre une photo d’une charrette chargée de luzerne, l’ânier, la quarantaine arrêt aimablement son équipage et en profite pour consulter ses SMS ou ses appels en absence sur son téléphone cellulaire. Un vieux monsieur enturbanné  nous propose même une promenade.

Aigrettes

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Dakhla – Balat

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Balat  est situé à une trentaine de kilomètres à l’est  de Mout vers El Kharga.

C’est un petit village encore très traditionnel. Nous croisons beaucoup de barbus et des petites filles en uniforme bleu avec un grand voile sortent de l’école. A la différence d’El Qasr, forteresse-musée, Balat est habitée. Le gardien nous fait les honneurs du village. Avec la clé en bois, il ouvre la mosquée. Quelques nattes couvrent le sol, un rideau noir délimite le coin des femmes, un micro est installé pour le muezzin –pas de minaret visible -. Les rues sont saupoudrées d’un fin sable orangé. On aurait envie de se déchausser et de continuer la visite pieds nus. On nous montre aussi le moulin à farine et le point d’au. Ici poussent quelques brins de menthe, là un bananier. Le long du mur s’accroche une liane  aux feuilles ressemblant à celles de la courgette : c’est la loufa dont le fruit est un accessoire de toilette.

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Chérif et Samer sont installés au café, Chérif fume la chicha. Samer m’offre un thé bienfaisant.
Le vent s’est levé et fait tournoyer la poussière et le sable du désert. Il fait chaud. Le ciel est jaunâtre. Allons- nous avoir une nouvelle tempête de sable ?

Dakhla – Mout, la reine des mouches

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Nous nous nous installons au jardin pour trier les photos. Les mouches nous agacent. Ce n’est rien à côté de ce qui se passe dans la chambre : le néon du plafond est recouvert de dizaines et de dizaines de mouches agglutinées. Les gens de l’hôtel viennent avec une bombe. Elles tomberont raides mortes il faudra les pousser dehors avec un carton. Le personnel de l’hôtel nous regarde sévèrement : nous n’aurions jamais dû ouvrir les fenêtres !

Dakhla – Esbet Bashendi

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Avant Balat, sur la gauche, une route latérale nous emmène à Esbet Bashendi. Le minibus jaune s’arrêt sur une place moderne décorée par une rocaille portant en son centre de grosses jarres. En face la poste, sur le côté une ravissante mosquée blanche et verte.
Un vieil homme en galabieh sombre et en caffyiah à damier rouge s’approche et se  présente : c’est le gardien des tombes. Le village est très propre

 avec ses murs peints en rose, jaune et blanc, son sol tapissé de sable fin . Vieillards et enfants sont assis à même le sol (comme à la plage). Des bassines sont sorties. A notre approche les femmes ne s’enfuient pas, au contraire elles nous abordent avec des chapeaux de paille et d’affreux bijoux en plastique, pas de l’artisanat local comme elles le prétendent. A chaque coin de rue, un étal improvisé propose cette même marchandise. Le village est si joli avec ses murs colorés, les effets d’ombre et de lumière tamisée par les palmes et les clairevoies.

 

Dakhla – Bashendi – tombes islamique et antiques

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Bashendi – Mausolée

 

Dans un imposant mausolée est enterré Bashendi qui a donné son nom au village, sous un drap vert. Les murs sont maculés des empreintes des mains passées au henné des femmes qui veulent enfanter. C’est marron et peu ragoutant. Le gardien nous dit de coller l’oreille dans un coin : on entend distinctement ce qui se chuchote à l’angle opposé, l’acoustique est exceptionnelle.

bashendi

Non loin de là une tombe de l’époque romaine se trouve dans un petit édifice carré décoré de bas-reliefs plutôt grossiers, les murs sont couverts de gravures. Malgré l’époque romaine les motifs sont égyptiens. Je remarque une frise avec u n chandelier à 7 branches (motif juif ou triomphe de Titus ?)
Plus de visite au programme pour aujourd’hui, nous ne sommes pas pressés. Nous nous attardons pour les photos et demandons quartier libre pour une petite heure. J’aurais aimé dessiner dans le vieux village. L’insistance des vendeuses m’agace une rue moins ancienne, plus large conduit à al fabrique de tapis.

Dakhla – Bashendi – fabrique de tapis

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fabrique de tapis

 

 

Une dame voilée nous accueille, la visite est payante et guidée 3$E. Elle ne parle pas du tout anglais mais ce qu’elle nous montre se passe de commentaire : les tas de laine brute et sale attendent la lavage dans des grandes cuves en ciment (aujourd’hui vides). Au rez de chaussée de grosses machines cardent, pressent filent et bobinent la laine brute maintenant très claire. La dame me fait soupeser un écheveau léger et très doux. A l’étage, des jeunes filles tissent sur de grands métiers des kilims majoritairement en laine brute marron ou beige. Certains sont rayés d’autres à damier ou à carreaux compliqués de motifs géométriques. Au fond de très jeunes nouent des tapis avec des textes (du Coran probablement) sous l’œil sévère de la maîtresse toute voilée de rose. Tout le monde se prête avec gentillesse à la séance-photo. Par discrétion on les photographie plutôt de loin et de dos. A leur regard, on vit bien qu’elles auraient aimé des portraits (si la dame rose n’avait pas été là). Dernière étape : le magasin. Les kilims sont immenses, les tapis destinés à la prière. Notre hôtesse au voile marron n’est pas étonnée que nous n’achetions rien.


Au coin d’une rue deux jeunes cordonniers réparent un tas de vieilles sandales. Des gens sont assis devant leur maison. J’ai encore le temps de dessiner la petite place. Nous sommes ravies de cette bonne matinée !
Le désert devient plus difficile à décrire. Le rebord du plateau lointain disparaît, de nombreuses buttes gréseuses se succèdent. Des sommets déchiquetés barrent l’horizon. Des dunes s’alignent sur le cailloutis.
Surgie de nulle part, une ville paraît être un mirage : deux châteaux d’eau design, des alignements de « chalets » identiques tous parallèles avec la même antenne télé au même endroit. Abu Tartur sort du néant.
Au gauche, la ligne de chemin de fer, à droite la ligne électrique à haute tension. Le désert s’industrialise ! Même une belle dune dorée ne nous fait pas oublier ces artefacts. Le train emporte les phosphates et le fer vers le Caire. Toute l’électricité égyptienne provient d’Assouan.