Abydos : temple de Ramsès II et piquenique

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Un homme armé d’une arme automatique nous conduit un peu plus loin au petit temple de Ramsès II. Sans son arme, il serait fort sympathique.

Sur le mur d’enceinte, est gravée la bataille de Kadesh.  Les scènes sont incomplètes car le haut du mur manque .

A l’intérieur du temple, les scènes sont colorées. C’est étonnant toutes ces belles couleurs à l’air libre sous le soleil! Sur les deux murs latéraux nous reconnaissons les mêmes processions qu’à Louxor : les bœufs gras, les offrandes… des prisonniers attachés par le cou  défilent.

Dans les chapelles : des barques, comme dans le grand temple de Séthi 1er. Nous cherchons la scène où Hathor allaite l’enfant Ramsès et ne la trouvons que dans la dernière chapelle.

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Le hauts parleurs hurlent l’appel pour la grande prière du Vendredi. Le soleil tape dur sur le sable. Il n’y a plus d’ombre.

Le chauffeur arrête le taxi  sous un arbre le long de la route, étend une toile épaisse, me propose son coussin.

André a déniché une bouteille de vin Omar Khayam, une boîte de feuilles de vigne et du thon au citron en filets . C’est un pique-nique de luxe !

Le chauffeur refuse l’invitation à se joindre à nous. Il a déjeuné de foul au village (j’avais remarqué les étranges récipients en aluminium dans de petites carrioles à ânes). Il va chercher de l’eau dans la maison proche pour refroidir le moteur. Les gens sont sortis et nous regardent manger. A la fin du repas, il reste du pain et des tomates. André tend les sacs au chauffeur qui appelle les enfants. Ils se font prier. Chacun a sa fierté !

On retraverse le Nil à Qena . Le soleil et la chaleur nous assomment. Tout le monde somnole dans la voiture.

Denderah : Mammisi

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Le site de Dendérah est immense : un Temple énorme, un  « petit » Mammisi, une basilique chrétienne, un Lac sacré, un « petit » temple d’Isis, des murs d’enceinte en brique.

C’est une erreur de cumuler les visites d’ Abydos et de Dendérah dans une même journée. Ils se trouvent sur la même route mais ces deux visites méritent chacune une journée spéciale. Notre capacité d’émerveillement n’est plus intacte, nous avons déjà beaucoup piétiné. Les batteries des appareils photos sont à plat et nous ne disposons que de peu de temps.
Le site de Dendérah est consacré à Hathor.

Mammisi : Hathor allaite le Pharaon (ou Horus). Cela apparaît comme une évidence. Hathor, la vache donne du lait. Malheureusement, de nombreuses figures ont été martelées.

De la Basilique copte, il ne reste que les fondations, quelques arches décorées de motifs géométriques.

Denderah : grand temple d’Hathor

 

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Le grand temple est presque intact. Les colonnes impressionnantes sont surmontées de la tête d’Hathor, femme aux oreilles de vache. Une moitié du temple a été nettoyée. Le plafond est décoré dans une dominante de bleu et de turquoise, lapis-lazuli. Ciel étoilé. Hiéroglyphes colorés.
De la grand salle hypostyle, on entre par une rampe dans une plus petite, puis insensiblement dans une encore plus petite. Les proportions sont gardées chaque fois les dimensions de la porte, de la salle et la hauteur de plafond diminuent, la pénombre s’épaissit. Miracle d’harmonie. Dans les chapelles on retrouve les barques. Hathor à l’entrée accueille le visiteur avec un  plateau de fleur, debout perchée sur une rampe de papyrus.

André me montre le plafond d’une salle carrée. Nout en fait presque le tour. On repère d’abord ses pieds, puis à angle droit sa jupe, nouvel angle droit au niveau du sexe d’où le soleil sort régénéré dardant ses rayons sur un arbre. Sa tête se trouve dans l’angle opposé où elle avale le disque rouge. Le plafond est coupé en deux : moitié nuit avec les étoiles, moitié jour avec les rayons !Ce plafond tout à fait merveilleux n’est pourtant pas le plafond astronomique célèbre. Il faut monter sur la terrasse (ou aller voir l’original au Louvre) et voir le zodiaque.

La montée en pente douce avec des marches très plates est presque une rampe (on pense à la Giralda). Une procession gravée dans le mur nous accompagne. La descente, plus raide s’effectuera aussi entre une haie d’honneur. Malheureusement on ne peut pas grimper tout en haut pour avoir une vue d’ensemble sur le site.

Denderah : Lac sacré temple, d’Isis et retour à Louxor

 

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Un jardin planté de palmiers occupe le Lac sacré. Autrefois un Nilomètre y descendait.

Sur le mur arrière du grand temple,  Cléopâtre, Marc Antoine et Césarion sont figurés à l’égyptienne,  face au temple d’Isis.

A Qena, notre chauffeur nous montre une grande mosquée très décorée, et propose d’aller la visiter. Pressés de rentrer, nous déclinons cette proposition. Je le regretterai en découvrant par la suite sur le Guide Gallimard que cette mosquée est très fameuse.

Les verts paysages que nous avons traversés le matin sont noyés dans un mélange de brume de chaleur et de fumée : les paysans mettent le feu aux champs après la récolte de la canne, on brûle aussi des ordures près des canaux. Partout s’élèvent des colonnes de fumée.

Nous arrivons de nuit à Louxor : occasion de voir le temple illuminé.

 

Medinet Habou au petit matin

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C’est un privilège immense d’être la seule visiteuse à Médinet Habou!

J’ai toute l’attention des gardiens.
–    « Where do you come from? »,  sempiternelle question!
Un vieil homme s’attache à mes pas.

Devant le Pylône, « Ramsès III ». Le pharaon a triomphé des ennemis, il s’élance, brandissant un fouet. An tas, à ses pieds, les mains coupées des vaincus. Les énormes gravures ressemblent à celle de Ramsès II dans la bataille de Kadesh : même attitude du pharaon sur son  char, même cheval empanaché. Je commence à réviser mes idées quant à la bataille de Kadesh. Ce que j’avais pris pour une narration exacte se trouve transposé ici. Il faudrait être égyptologue pour faire la part du symbolique et de l’anecdote.
L’anecdote, je vais la trouver plus tard, après être passée dans une autre cour avec les colosses et les chapiteaux en bouton de lotus colorés. Le gardien me montre des scènes très colorées. Je ne trouve pas la bataille navale : elle est à l’extérieur du temple dont il faut faire le tour. Le gardien me montre aussi une scène avec des poissons, un taureau debout et un autre aux pattes liées.

Dernières images d’Egypte

10h. Le petit car emprunte la route  le long du canal bordée de maisons aux façades colorées et aux picots de dentelle autour du toit. Tant de maisons restent inachevées en Egypte, celles-là, avec leurs finitions, sont presque exceptionnelles.

Vol agréable au dessus du désert qui, vu d’avion, raconte une autre histoire qu’au ras du sol : histoire de canyons et de rivières, d’inondations, érosion puissante de l’eau. Quand ? Est-ce le travail d’orages isolés et violents ou une histoire ancienne quand, il y a 25 000 ans et que le Sahara était encore vert ? Je guette les pyramides. L’avion  survole des quartiers neufs d’immeubles de brique rouge, plantés serrés.
De grosses chutes de neige à Zurich ont retardé le trafic aérien. L’avion a 1h30 de retard. Irruption cocasse de l’hiver au Caire.

Another Year – Mike Leigh – l’année commence bien au cinéma!

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Quatre saisons de la vie de Tom et Gerri, une année de plus !

Ils ont peut être soixante ans, une  maison victorienne chaleureuse à Londres, un jardin ouvrier qui vit au rythme des saisons, un fils gentil et attentionné. Elle est psychologue, lui, géologue  « creuse des trous », des amis de longue date un peu paumés qu’ils savent réconforter…

Mike Leigh sait dépeindre la vie telle qu’elle va dans la plus grande sincérité et authenticité. Les personnages ont de l’étoffe, ils sont vrais, sans glamour ni artifice, sans misérabilisme non plus. La chaleur humaine est communicative, la générosité fait chaud au coeur. Même si Mary sombre dans l’alcoolisme et la dépression, même si Ken se laisse complètement aller, si le deuil a rendu Ronnie mutique…Heureusement, le jeune couple est d’une fraîcheur qui revigore.

Est-ce le jardinage qui donne tant de bonheur? Image merveilleuse du couple réfugié dans l’abri de jardin lors d’une averse?

Ou la tranquillité d’un voyage en Irlande : le géologue regarde la falaise et la femme du géologue regarde la mer.

Lire pour l’Egypte : Eça de Queiros : Les Anglais en Egypte –

 

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Le 11 juillet 1882 Alexandrie est bombardée par la Royal Navy. L’auteur analyse la mainmise de John Bull sur l’Egypte. Il raconte les circonstances de l’intervention britannique. L’impuissance du khédive, les velléités de réforme du colonel Arabi. La diplomatie trouble de la Turquie qui ne sait plus bien si le khédive est un vassal ou un souverain indépendant, la passivité de la France qui laisse faire. Et surtout l’importance stratégique de l’Egypte sur la route des Indes.

c’est un livre charmant contemporain des faits racontés, vivant et très agréable à lire

Eça de Queiros : Les Anglais en Egypte – Mille et une Nuits (100p)

 

j‘ai eu envie de sortir cet articles des profondeurs du blog pour le Challenge Victorien : la route des Indes est le pivot de la politique coloniale de l’Empire britannique et sur la route des Indes se trouve l’Egypte et surtout le Canal de Suez nouvellement creusé.

Challenge victorien

 

lire pour Naples : Erri de Luca – Montedidio

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Très joli livre composé de courts textes très poétiques. Certains chapitres ne font qu’une dizaine de lignes.

Un « conte de Noël » :  l’essentiel se déroule  dans un court laps de temps et se termine à la Saint Sylvestre.

Unité de lieu, un quartier de Naples, Montedidio.

Un récit initiatique : le héros un jeune apprenti devient un homme en trouvant l’amour et perdant sa mère, sa parole est encore celle d’un enfant. Un curieux personnage traverse le récit : un cordonnier juif bossu à qui il pousse des ailes pour rejoindre Jérusalem. Comme Camilleri, Eri de Luca utilise le dialecte pour enrichir l’Italien, le traducteur n’a pas adopté la même technique que le traducteur de Camilleri et préfère laisser les phrases en dialecte telles quelles. C’est sûrement le livre le plus poétique que j’ai lu depuis longtemps.

Ce livre m’a incitée à partir à Naples. Je n’ai pas visité Montedidio mais la parole de l’auteur a résonné longtemps.

Lire pour Naples : Valeria PARELLA : Le ventre de Naples

Voyager pour Lire/Lire pour Voyager

Valeria PARELLA : Le ventre de Naples SEUIL 167p.

Six nouvelles,  cinq femmes et un homme. Tous pris dans la vie quotidienne napolitaine. Rien de touristique, rien de pittoresque. Je reconnais quelques lieux. Pas les plus spectaculaires ! Les banlieues traversées par les lignes de Métro Circum-Vesuviana ou la Cumana. Les quartiers les plus défavorisés du vieux Naples. Petite Canaille rêve de devenir une dame. Elle choisira ses amants pour s’élever dans l’échelle sociale, le premier, un voyou, lui paye un appartement pour s’établir, qu’elle louera à des étudiantes quand un caïd la prendra sous sa protection et lui achètera une boutique, elle s’élèvera si bien qu’elle ira jusqu’à faire les élections municipales.

L’héroïne d’une autre nouvelle, luttera contre la spéculation immobilière et essaiera de faire respecter le plan d’occupation des sols..

Une autre, femme de convoyeur de fond mafieux sera contrainte à dealer.

Dans chaque nouvelle, l’ombre de la Camorra est sensible. Energiques ces femmes cherchent à s’en sortir dans une cavalcade éperdue, avec ou sans compromission. Comme elle le peuvent…

Une écriture prenante, vigoureuse, des caractères.

Valeria PARELLA : Le ventre de Naples –  SEUIL 167p.