Hermopolis : Tounah el Gebel, Petosiris

MOYENNE EGYPTE

 

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Hermopolis est une  ptolémaïque. Nous faisons donc un grand saut dans le temps. Deux sites présentent des vestiges de l’ancienne cité consacrée au dieu Thot sous forme d’Ibis ou de Babouin. A Achmonéin, nous ne verrons que deux statues colossales de babouins et une exposition lapidaire de statues d’âges variés. Courte étape.

Midi et demie à Tounah el Gebel écrasé de chaleur. Les bureaux et les pavillons des archéologues sont à l’ombre de grands eucalyptus mais le site est  à plusieurs centaines de mètres dans le désert. l’ allée cimentée qui  y conduit, est à moitié recouverte par un beau sable jaune. Comme hier j’ai mis le voile turc en plus du chapeau . Nabil et Anouar nous donnent rendez vous à la cafétéria tandis qu’un policiers et deux gardiens, gallabieh bleue et gallabieh brune, nous emboîtent le pas, rejoints par un moderne pantalon et chemisette tête nue. Le sable est moins brûlant que je ne le craignais. Au bout de l’allée, le temple de Pétosiris,le grand prêtre de Thot Curieux mélange de temple et égyptien, les colonnes sont égyptiennes ainsi que les scènes de la vie quotidienne mais certains personnages portent des vêtements grecs. Le style des dessins a bien changé, les coiffures égyptiennes ont disparu mais les visages sont égyptiens.

Nous voyons ensuite la momie d’Isadora, jeune fille noyée dans le Nil en 120 ; A l’intérieur de la tombe, l’air est irrespirable. Je ne jette qu’un coup d’œil furtif à la momie.

Hermopolis – ville de Tôt catacombes des Ibis et Babouins

MOYENNE EGYPTE

Hermopolis

 

Un peu plus loin, il y a une roue et un puits. La descente à l’intérieur du puits apporte une fraîcheur agréable même si le puits est à sec.

–    « Basilica ? »
Nos accompagnateurs doivent prier pour qu’on renonce par cette chaleur.
–    « Basilica, bien sûr ! »

Peu intéressante pour les profanes que nous sommes : une rangée de grosses colonnes et un quadrilatère à moitié envahi par le sable. Mais nous voulons tout voir.

–    « baboons ?
–    « Heiwa, baboons ! »

Le gros, pantalon et chemisette, m’entraîne par un raccourci dans le sable tandis que l’escorte reste  sur l’allée. Ils réapparaîtront par enchantement à la porte des catacombes.
Dans la chambre funéraire un babouin de pierre trône dans une niche tandis que la momie bien conservée sous verre peut regarder la lumière pour l’éternité par deux trous pratiqués dans la paroi. A Saqqarah, un policier nous avait montré un tel dispositif pour que Djoser contemple l’éternité. Après la visite au babouin, nous continuons la promenade dans les catacombes : hauts couloirs taillés dans la roche. Les loculi sont très petits : ce ne sont pas des restes humains comme en Sicile mais des ibis et des babouins qui sont momifiés. Il reste un ibis en bon état. Un des gardiens fouille et extrait un paquet de tissus d’où s’exhale une poussière rougeâtre.
– « Rangez moi tout de suite cette horreur ! »  Je pense par-devers moi.

Au bout du couloir, un puits, par une échelle on accède à une chambre funéraire où il reste un sarcophage destiné à un humain. A la fin de la visite on  me montre des faucons momifiés, des œufs d’ibis.
Le militaire se charge de la répartition du bakchich : 10LE pour le vieux gardien, 5 pour les autres, 5 pour lui. Ils ont l’air content.

Anouar et Nabil attendent  devant un vieux film égyptien en noir et blanc. Je regardais autrefois les films égyptiens le vendredi soir quand la télévision israélienne ne proposait rien. Pas besoin de comprendre l’arabe. Les acteurs sur-jouent comme dans le cinéma muet. Le méchant a l’air méchant, le gentil très gentil, les femmes très belles et très bien coiffées. The End.( Non, ce n’est pas écrit). Première image des infos :  Sarkozy  a rencontré Moubarak à Paris. Chirac aussi, mais on  ne voit pas sa photo. Ce soir sur la chaîne 24, toute une émission sera consacré aux efforts diplomatiques pour tenter de sauver le processus d’Annapolis. Initiative de Carter pour discuter avec le Hamas, démarche franco-égyptienne pour obtenir une trêve à Gaza…

D’El Minia au Fayoum par la Western Desert Road

EGYPTE 2008

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Anouar, « Good Bolis » est notre accompagnateur. En fait, il rentre chez lui à Samalut. Il nous invite à rencontrer sa femme et  ses deux enfants. Nous déclinons à regrets, l’invitation qui ne rentre pas dans notre emploi du temps. Les buffles passent dans le matin, les ânes…on ne se lasse pas du spectacle. Pas de touktouk aujourd’hui à Samalut. Nous les avons ratés !

Western Desert Road est une route à chaussées séparées terriblement monotone. . J’essaie de faire la conversation à Nabil  qui s’endort au volant.
Diversion, le téléphone sonne.

–    «  c’est la sécurité. Notre escorte nous attendra dès qu’on arrivera dans le Fayoum »
J’avais cru que Nabil était surveillé par son patron quand je l’entendais faire le point sur l’itinéraire les jours précédents. Ce n’était pas son patron mais la police qui appelait ; curieux ! en  France c’est interdit de téléphoner au volant !
J’essaie de maintenir mon esprit en éveil et corrige mes observations. Les arbres plantés ne sont pas des tamaris mais des casuarinas. Je découvre d’autres récoltes : les pommes de terre en sacs. Des camions transportent des betteraves à une énorme sucrerie. Je suis surprise ; je pensais que la canne à sucre suffisait.
Notre escorte est un pick-up avec 5 policiers. Nous apprécions leur présence, ils réveillent Nabil, conduisent vite, et dégagent la route dans de petites localités encombrées que nous traversons. Ces petites villes sont très misérables, pas de voirie, tout le monde est dans la rue. Des femmes vendent des légumes dans la rue. Les maisons n’ont pas d’allure : sur un  rez de chaussée relativement construit on a mis n’importe quoi, un étage maçonné, un deuxième étage à moitié fait, une cahute de branchages, du foin, une parabole de télévision, un débarras….Les villes du sud marocain paraissent bien plus riches ; Notre arrivée précédée des flics ne passe pas inaperçue. Tout le monde nous salue gentiment, jeunes et vieux.

Fayoum : Deir el Malak

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Couvent deir el malak

 

Couvent Deir El Malak

Entrée monumentale: deux tours de ciment surmontées d’un grand portique jaune tout neuf. Le couvent est très étendu. Les cellules ressemblent à des pavillons de banlieue. Une autre église gigantesque est en construction. Pas très pittoresque ! En revanche, nous sommes très bien accueillis par un  moine qui nous fait entrer dans la pièce où se trouve les fons baptismaux : on voit une grande cuve remplie d’eau. Les coptes baptisent par immersion. Dans cette pièce tranquille, il peut nous énumérer tous les anges et archanges. Ici, c’est Michel qui est vénéré. Le moine est vêtu d’une soutane noire très légère qui ressemble à de la soie. Il est barbu mais barbe et chevelure sont retenus dans un  capuchon brodé au point de croix. Nabil, toujours démonstratif lui embrasse la manche. Il nous mène dans une église très ancienne datant du IVème siècle. Comme c’est la Semaine Sainte, l’église est cernée d’un grand bandeau de tissu noir. Des portraits du Christ gris sur fond noir sont aussi suspendus pour compléter l’impression de deuil. De nombreux fidèles écoutent les prêtres qui officient derrière l’iconostase. Très aimablement ils se lèvent pour nous permettre d’admirer les fresques du IX ème siècle. Dans le narthex les fresques sont encore plus belles. Dans l’église l’assistance se lève, chante, Nabil se mêle à eux. J’aimerais bien les écouter plus longtemps. Mais il n’y a que des hommes c’est gênant. Nous passons à la boutique du monastère qui est une véritable épicerie. J’achète deux bouteilles d’eau, Nabil des olives, du fromage dans de grosses boites métalliques magnifiques.

Une femme nous demande si elle peut faire de l’autostop avec son fils. Ce n’est pas une passagère très polie ni très agréable. Son passage fait du désordre dans la voiture et nous perdrons à cette occasion Gallimard et la belle carte de l’IGN.

La caravane traverse le Fayoum. Certains endroit sont boisés : immenses manguiers ; orangers. Je ne cherche plus à faire des photos. J’aimerais bien prendre les pigeonniers mais je les rate, les confondant avec les minarets.

L’Auberge du Fayoum, un palace historique

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sur la cheminée, le portrait de Churchill
Au dessus de la cheminée : le portrait de Churchill

 L’Auberge du Fayoum est un palace 5 étoiles.Son entrée est impressionnante : marbres polis partout, glaces dorées, éclairages, lobby gigantesque.Digne d’un château. D’ailleurs, c’en est, un puisque c’est un relais de chasse construit par le roi Farouk. Il a aussi servi  de résidence à Churchill qui y rencontré le roi Ibn Séoud. Dans un vaste salon avec une cheminée monumentale les photos encadrées de ces deux personnages historiques racontent cet épisode. Le Guide du Routard prétend que l’entretien n’est pas à la hauteur des 5 étoiles. Depuis le passage du Routard, l’hôtel a été repris par une chaîne scandinave Helnan et le palace a retrouvé son lustre. Service impeccable, tout brille. Nous n’avons jamais résidé dans un tel luxe. Nous avons une après midi devant nous pour goûter la vie de château.
Je passe l’après midi à nager dans une merveilleuse piscine turquoise aux contours arrondis et compliqués et à la mosaïque sophistiquée. Pendant un bon quart d’heure 6 personnes s’affairent pour déplier des parasols, bouger les tables, mettre des chaises…4 ou 5 personnages en galabieh blanche keffieh rouge retenue par des cordelettes (des émirs ?) prennent place, on leur apporte un thé qu’ils avalent en vitesse. On consacrera autant d’effort à débarrasser après leur passage.

La surface du lac est lisse comme un miroir, un pêcheur passe.Nous ne pouvons pas sortir du périmètre de l’hôtel d’ailleurs nous n’y pensons même pas. Plus dans un village l a grande roue d’une fête foraine dépasse. Pour nous, le Fayoum ce sera un 5étoiles.
Le dîner est à la hauteur du reste. Avec la « demi-pension »  on aurait pu commander n’importe quoi dans la carte. Je me contenterai d’un bar entier grillé absolument délicieux farci d’herbes et d’ail de salades et de pâtisseries orientales minuscules mais très variées et succulentes.

les canards du Fayoum

EGYPTE 2008

contrairement aux oies de Meidoum, les canards du Fayoum sont bien  vivants

fayoum : marché

 

C’est le marché au village le plus proche de l’Auberge du Fayoum.

Nous sommes ravies, Nabil beaucoup moins. Le microbus est coincé au milieu de pick-up, touktouks charrettes, brouettes….Nous pouvons faire toutes les photos que nous voulons. Des villageois arrivent à pied un ou deux canards sous le bras.

canard du Fayoum

Le canard est une spécialité du Fayoum. Ce n’est pas une légende. Toutes sortes de canards sont à vendre, des blancs, des noirs et blancs, des canetons, des œufs. Des femmes sont assises à côté de leurs paniers d’œufs. Des hommes brandissent des volailles vivantes. Tout le monde a l’air content d’être pris en photo. Nabil, en revanche, nous interdit de baisser les vitres « pour éviter les problèmes »

Du Fayoum à Alexandrie

EGYPTE 2008

 

Après l’antiquité, l’Egypte moderne

Du Fayoum au Caire il y a une autoroute payante (5LE).
Tout d’abord Nabil fait le plein. Même pour cette opération toute simple le prix est sujet à négociation ; la facture n’est pas établie automatiquement – échange discret de billets. L’autoroute est encombrée.

Gizeh
Derrière un enchevêtrement de fils électriques et de pylônes se profilent les pyramides de Gizeh. Je ne me souviens pas que Mykérinos fût si petite à côté des autres. Nous traversons Gizeh et découvrons des quartiers modernes, des centres commerciaux, un immeuble de verre (Microsoft). L’autoroute vers Alexandrie est bondée. Nous sommes à la veille d’un très long week -end (4 jours avec le lundi de Pâques) les cairotes vont à la mer. Les voitures font la queue au péage – péage égyptien avec colonnes lotus et statues antiques. A Alexandrie, le péage sera grec avec fronton, colonnes corinthiennes, statues grecques et romaines…

Egypte moderne : panneaux publicitaires

Des panneaux publicitaires monstrueux se succèdent sur les bords de l‘autoroute, très rapprochés. On ne voit qu’eux ! J’essaie de deviner : téléphones mobiles, produits de beauté, parcours de golfe, ordinateurs…. Quel contraste avec l’Egypte de ce matin du marché aux canards !

Pour voir l’Egypte moderne il faut aussi regarde de chaque côté de l’autoroute les cultures : des vergers se succèdent : oliveraies, orangeraies, pêchers, abricotiers, grand champs de blé, vignes… Des dispositifs d’irrigations énormes sont installés : arrosage sur roue par aspersion.

Nabil rit :
–  « il y a dix ans c’était le désert ! »
C’est le même processus que j’ai observé sur la Western Desert road vers Minia, en plus avancé. Le long des grandes voies de communication on fait « fleurir » le désert. Cette agriculture n’a plus rien à voir avec celle des pharaons encore pratiquée dans la vallée du Nil. Les investissements, eux,  ont du être pharaoniques, eux. D’après Nabil ce sont des capitaux privés.

Wadi Natroun : la vieille église d’Amba Bshoï

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Monastères du wadi Natroun

Au programme des visites de la journée : deux ou trois monastères du wadi Natroun. Deir Abou Makar est fermé. Portail clos à Deir Baramos, Deir Souriani également .
Deir Amba Bchoï est très animé. Beaucoup de voitures sur le grand parking, des gens pique-niquent. Ce monastère est énorme. De nombreuses coupoles se superposent. Un campanile est haut et fin comme un minaret.

Baiser la main d’un moine

Nabil va et vient. Il baise la main des moines qu’ils rencontrent. Curieusement, au moment où ses lèvres s’approchent de la main le moine retire sa main si bien que Nabil s’embrasse lui-même la main. On demandera plus tard l’explication de ce manège étrange : les fidèles vénèrent les moines comme des représentants de Dieu sur terre, donc ils les embrassent. Ces derniers, par modestie enlèvent leur main. Nicodème, en revanche, pour faire plaisir aux gens ne retire pas sa main et se laisse embrasser.

Saint Bichoï

Après appels téléphoniques et négociations,  Nabil nous annonce que nous allons avoir une visite en Français. Quelques temps plus tard arrive un moine encapuchonné, plutôt mince, parlant parfaitement français. A l’entrée dans l’église, il nous parle de Saint Bichoï, le patron et fondateur du monastère dont le corps est resté intact dans l’église sans avoir été embaumé. Le Christ lui est apparu deux fois. Une fois, il lui a lavé les pieds, une autre fois, il l’a porté et le Christ lui a promis que son corps resterait intact.

La vieille chaire de bois

Nous nous déchaussons pour entrer dans la vieille église du 4ème siècle. Notre guide nous montre la vieille chaire de bois travaillé, très belle.

–    « savez vous pourquoi elle n’est plus utilisée ? »
–    « elle est vermoulue, trop fragile… »
–    « non » ce n’est pas la bonne réponse
–    « ….. »
–    « vous donnez votre langue au chat ? » (quelle bonne connaissance de notre langue !)

Il nous montre les hauts parleurs accrochés en hauteur
–    «  plus besoin de monter ! »

La vieille église

La vieille église est pleine. Comme dans les églises grecques, il n’y a pas de bancs et les fidèles se déplacent beaucoup tandis que d’autres sont assis sur des tapis à la mode égyptienne.

Deux séries de fresques racontent l’histoire du saint que notre guide vient de nous conter. Il nous permet de faire des photos. J’hésite : débrayer ou pas le flash ? Une sonnerie de téléphone mobile met fin à mes interrogations. L’éclair du flash ne devrait pas déranger plus que la sonnerie du mobile ! Je photographie aussi l’encadrement d’une porte en bois très ancien et le lustre.

Wadi Natroun : vie monastique

EGYPTE 2008/WADI NATROUN


Moulin

Nous nous rechaussons pour tourner autour de l’église et découvrir une série de bâtiments : le moulin à farine avec son engrenage de bois, ses meules de pierre.

Cellules

les cellules des moines s’ouvrent sur un long couloir à ciel ouvert. Celle que nous visitons est désaffectée. La porte est basse : celui qui la franchit plie les genoux en signe d’humilité. La porte est aussi étroite en référence à la Porte Etroite des Ecritures. Par une petite fenêtre on apportait au moine de la nourriture. J’entre pour visite : deux petites pièces communiquent.

Réfectoire

Réfectoire des moines

la  longue pièce au plafond en coupoles de briques, est meublée seulement d’une longue table basse  de pierre. Les moines mangeaient assis par terre. L’acoustique est parfaite : tous les moines, même ceux qui occupaient les places les plus éloignées, pouvaient entendre la lecture des textes sacrés. Dans ce réfectoire sont entreposés des troncs d’arbres fossiles que je photographie.

Nicodème nous rappelle que les repas des moines, les agapes, viennent du verbe grec agapo = j’aime. Importance de la convivialité !

Avec une feuille de papier, utilisant la réflexion, le moine éclaire le mur comme le faisaient les gardiens des tombes des Nobles à Gournah.

Les portes sont en marqueterie : deux motifs apparaissent : l’Etoile de David et un octogone figurant la ruche. Frère Nicodème récite un Psaume 119 : 103

– « que tes paroles soient comme du miel… »