Sainte Catherine : Safari-photo dans un canyon

SINAÏ AVRIL 2008

 

 

Après le repas,  les enfants sont chargés de nous emmener dans le wadi. Ramadan porte d’autorité mes bouteilles d’eau deux autres nous suivent. Avec ma petite escorte j’entre dans un canyon étroit. Les enfants veulent se faire prendre en photo perchés sur un  rocher. Ramadan veut faire mon portrait. Je lui passe l’appareil. Au retour il veut à nouveau l’appareil, c’est urgent. Il me demande où est le téléobjectif puis se sauve. L’oiseau s’envole. L’enfant le poursuit. Il court mon Olympus à la main. Raté !

Un lézard passe. Encore une fois Ramadan veut l’appareil. Notre promenade devient un safari-photo. Les deux autres enfants s’en mêlent et servent de rabatteurs. Ils jettent de grosses poignées de sable sur un buisson où le reptile s’est réfugié. Le petit animal finit par s’enfuir et s’enterre dans un trou. Les enfants creusent. On voit la queue qui ne se casse pas. Le lézard s’échappe. Les enfants insistent. Le safari- lézard se prolonge

D attend sous une tonnelle de vigne. Les hommes ont fait la prière après leurs ablutions. Maintenant, ils bavardent en fumant tranquillement. C’est fou ce que les bédouins peuvent passer de temps à fumer et à parler.

Dernière étape : Wadi Gheraba à l’écolodge : une étape pour les méharées ou le trekking. Très belle maison de pierre : salle à manger extérieure sous un auvent avec tables et bancs en bois brut sculpté. Les toilettes sont une œuvre d’art, la douche, une vasque de pierre. La cuisine est également photogénique. Le problème est d’arriver !

Devant le gîte, des femmes ont installé leurs étals  de sacs brodés de perles ou d’ aumônières. J’ai trouvé le voile de mes rêves : fin noir, rebrodé de perles, petites discrètes, assez sophistiqué pour qu’il n’évoque pas la pénitence. Je marchande. La vendeuse me le laisse à 40 au lieu de 50 mais elle n’a pas la monnaie. Elle ajoute un paquet de thym. Je lui montre que je ne suis pas contente, elle ajoute un deuxième paquet de thym. D’autorité, je vais choisir une pochette noire brodée assortie au voile.

Sainte Catherine : Dernier petit déjeuner à Foxcamp, j’observe mes compagnons

SINAÏ AVRIL 2008

Foxcamp paillote

 

J’observe avec amusement les costumes des hommes installés sous la paillote du petit déjeuner. Les bédouins ont combiné les vêtements européens avec leurs costumes traditionnels. Slimane arbore une belle polaire blanche sur un jean, Farag jeans, surchemise de flanelle écossaise n’a pas abandonné le keffieh mais en porte en écharpe enroulé autour de son cou. Un autre, survêtement bleu, chemisette a fait un  turban avec son keffieh au sommet de son crâne. Mansour, jeans, chemise à carreaux porte le voile rouge et blanc largement étalé sur ses épaules. Un vieil homme en galabieh beige porte son voile blanc avec une cordelette noire, façon saoudienne, Mahmoud a replié son keffieh rouge et blanc sur sa tête, lui aussi est en galabieh. Le cuisinier est affublé d’une casquette de base-ball et ressemble plus à un maçon qu’à un cuisinier. Le serveur, pantalon noir et chemise blanche est, lui, habillé en serveur.

Assis de travers, un  nouveau personnage est apparu. Costume noir impeccable, il joue avec son téléphone mobile, un cure-dents entre les lèvres. Cheveux courts, œil noir, il se donne des airs d’agent secret. Impression confirmée par l’énorme pistolet à sa ceinture. C’est sans doute à cause de l’arme qu’il est forcé de prendre cette pose de guingois. En tout cas c’est un policier ou un  militaire.

Friande de thrillers et de romans d’espionnage, je m’amuse à broder et à associer sa présence à l’arrivée hier soir de trois Israéliens aux cheveux courts et air martial, prototype d’officiers de Tsahal. Ils ont débarqué avec tout un équipement de camping, barbecue, casseroles et poêles, bougie et whisky. Je n’ai pas résisté au plaisir d’échanger quelques phrases en hébreu (bavarde impénitente) J’ai été leur demander de la monnaie mais j’ai écourté la conversation.

Cette présence israélienne m’a étonnée. Elle est beaucoup plus banale que je ne l’imaginais. Farag leur parle en hébreu le plus naturellement du monde. A Dahab, à côté de l’affichage en allemand (la propriétaire est suisse), et en anglais, il y a des annonces placardées en hébreu, preuve que les touristes israéliens sont nombreux. La présence d’américains à Cuba m’avait aussi étonnée. Comme quoi, les choses ne sont pas aussi tranchées entre voisins. Dès que les hostilités cessent les gens passent d’une frontière à une autre. Et puis la paix entre l’Egypte et Israël a près de 30 ans !

A travers le Sinaï de sainte Catherine à Dahab

SINAI AVRIL 2008

Sinaï : montagnes

Sur la route de Nuweiba, le paysage change, les montagnes granitiques font place à des formations sédimentaires tabulaires entaillées en canyon, décor de western. Le sable clair tapisse le lit des wadis. Quelques acacias déploient leur silhouette décharnée aux endroits les plus imprévus. Les grès sont façonnés par l’érosion, donnant des séries de trous – peut être les animaux ont-ils creusé des terriers ou des nids, Vers la mer on retrouve des montagnes déchiquetées parcourues d’intrusions volcaniques souvent chloritisées d’un vert un peu gris. La roche encaissante est plus difficile à déterminer vue du taxi. Elle est découpée en blocs à angles vifs.

Une journée à Dahab

SINAI 6 AVRIL 2008

Dahab : la plage

 

L’hôtel Christina Beach : jolis bâtiments blancs avec des balcons arrondis à balustre, végétation luxuriante, palmiers bougainvilliers. Notre chambre n’est pas prête. Le réceptionniste nous conseille d’aller « au restaurant ». Ce dernier est divisé en deux parties, l’une donne sur les jardins, l’autre sur la plage de l’autre côté de la rue. Quelques tables avec des chaises, des salons orientaux avec de gros coussins. Juste à côté, la plage privée:  gros lits de plage en bois avec d’épais matelas de plage.

Nous préférons aller nous promener sur la corniche qui sépare les hôtels des restaurants de plage. Il me semble que nous avons quitté l’Egypte. Les menus sont en Anglais ou en Allemand. Les caractères arabes ont disparu. Les seuls Egyptiens présents sont les serveurs des restaurants qui proposent de la nourriture internationale : moussaka, pizzas, pâtes, poissons grillés (on est à la mer) et même du bacon de porc (dans le texte). Les boissons alcoolisées ne se cachent pas. Les touristes dévêtues déambulent. Certains bikinis sont minimalistes.
On finit par trouver importunes les petites filles voilées qui tentent de vendre des bracelets sur la plage.

les poissons de la Mer Rouge

Dahab est le paradis des plongeurs. Tous les eux pas, une école de plongée. Malheureusement la mer est agitée. De belles vagues blanches sont poussées vers le sud par un vent fort. Personne ne se risque dans l’eau.

Le réceptionniste m’avait donné des espoirs :
–    « c’est marée basse. Avec la marée haute, ce sera plus facile de se baigner »
Et oui, il y a des marées en Mer Rouge. Toute l’après midi, nous verrons le niveau de l’eau monter. Mais les vagues ne se calment pas. Deux intrépides ont, par deux fois, essayé d’aller à l’eau. Ils sont vite rentrés. Les sandalettes plastiques et le masque auront fait une sortie avortée.

Cette journée de farniente ne me déplaît pas. Terminer le cahier. Faire les comptes. Laisser vagabonder l’esprit, bercée par les vagues en regardant les belles montagnes découpées de l’Arabie, si proche !


A la tombée de la nuit une ville s’illumine ; c’est l’Arabie !

Lever de soleil sur Dahab

SINAI – Printemps 2008

 

lever de soleil sur Dahab

5h45, les oiseaux annoncent bruyamment le lever du jour. Je m’habille en hâte.
Le gardien me demande :
–    « the sun ? »

Et me fait signe de le suivre. Il grimpe un escalier raide et ouvre le salon sur le toit, parfaitement orienté pour cet évènement. Une estrade est aménagée avec des coussins. Je peux attendre confortablement mais je préfère m’accouder à la rambarde..l
I

Les montagnes de l’Arabie forment des crêtes découpées. Les sommets se détachent nettement, mauves à roses dans l’aurore. Elles disparaîtront et se fondront dans la brume bleutée quand le soleil aura dispensé sa chaleur. Cette présence intermittente de l’Arabie donne un parfum d’Orient à cette station balnéaire un peu trop occidentalisée. Si Dahab n’est déjà plus l’Egypte, c’est pour nous la voisine de l’Arabie rêvée, de nomades et caravanes, des Mille et unes nuits, de TE Lawrence, de la Mecque et de Riad…bien qu’attirée par l’inconnu et aiguillonnée par la difficulté, je n’envisage pas de voyage en Arabie. Si j’étais un  homme sûrement !

Avant même que ne surgisse le point lumineux, la surface de l’eau se colore de reflets orangés qui dansent dans le clapotis. Brusquement le disque solaire monte de la montagne. Juste le temps de quelques clichés dans sa gloire orangée. Le spectacle est grandiose mais bref.  Dans nos contrées du nord, nous pouvons jouir d’un lever ralenti où le ciel garde une demi-heure toutes les teintes de l’aurore de l’orange à l’or et à l’argent des nuages. Ici, les transitions sont brèves. En dix minutes tout est expédié. L’astre solaire illumine la mer. L’Arabie se fond, comme un mirage disparaît. Un cheval fait résonner ses sabots sur la promenade. Début du jour sur Dahab !

Si j’avais été plus prévoyante, j’aurais profité du calme du matin pour me baigner à marée haute. Mais la valise n’est pas prête. Je me contente de relever les jambes du pantacourt et de marcher avec précaution dans l’eau à mi-mollet sans m’éloigner de plus d’un mètre du restaurant. Il ne sera pas dit que je n’aurai pas trempé mes pieds dans la Mer Rouge !

Après le petit déjeuner, le vent se lève. Des crêtes blanches viennent rouler sur le bleu profond. Je n’aurai pas vu la barrière de corail si proche : à peine une centaine de mètres, là où se brisent les rouleaux et où l’eau passe du vert d’eau au bleu.
Au petit déjeuner, j’oublie toute prudence et tout régime. Je me jette sur les falafels et les aubergines frites, le fromage blanc salé et toutes les spécialités moyen-orientales.

8h30,Susanna, une des hôtesses de Christina Beach me tient compagnie, pendant que nous attendons le taxi qui doit nous emmener à l’aéroport à Charm el Cheikh. . Christina Beach appartient à Christina, une Suissesse mariée à un égyptien. Susanna est allemande, aussi mariée à un Égyptien. Comme je lui fais part de mon impression que Dahab n’est pas vraiment l’Egypte, elle me répond que cette impression me vient de ce que je suis touriste ; Elle qui réside ici doit se conformer aux codes égyptiens

– « I must behave  » , résume t elle.

Ophélie 1948 (Hamlet de L. Olivier )

CHALLENGE SHAKESPEARE

Claudialucia a consacré plusieurs billets passionnants à Ophélie et j’ai eu envie de visionner la cassette du Hamlet de Laurence Olivier .

Hamlet classique, éternel !

J’ai essayé de donner ma réponse à la question de Claudialucia : Hamlet aime-t-il Ophélie?

Est-il capable d’aimer, alors que l’amour joue si peu de rôle dans les mariages royaux où les intérêts de l’Etat passent avant l’amour? c’est Polonius qui soulève cet argument, et il n’a sans doute pas tort, cette fois-là.

Est-il capable d »aimer alors qu’il est torturé par le spectre de son père?

La trahison de sa mère ne lui fait-elle pas perdre toute confiance en l’amour?

Ou simplement, solitaire, irrésolu, n’est-il pas dans sa nature de balancer entre des sentiments flous?

C’est Ophélie qui aime. Qui sait qu’elle aime. A la folie. Folie d’Ophélie/folie feinte de Hamlet ou vraie peut être?

Pour répondre à une question j’ ai posé tant d’intérrogations….

D’ailleurs, je viens de découvrir que le film est ressorti cette semaine à Paris et qu’on peut le voir en salle.

John Gielgud : le visage de Prospero

CHALLENGE SHAKESPEARE

Un autre atout du Prospero’s Books de Greenaway est le choix de John Gielgud pour incarner Propero.

Prospero, le magicien entre en scène coiffé d’une sorte de bonnet à corne tel que le portaient les doges de Venise, manteau magique brodé de signes cabalistiques qui passe du bleu au rouge sans crier garde.

Dans la solitude de son cabinet, l’érudit est coiffé d’un simple bonnet de toile fine; mais quand il reprend son dûché de Milan, il revêt la fraise des hommes de 1611!

Prospero’s bookS – Greenaway – les grimoires du magicien

CHALLENGE SHAKESPEARE

BookS le S qui fait toute la différence.

Dans mon billet précédent je m’interrogeais sur le singulier de » I’ll to my book »

Greenaway a décidé pour le pluriel. Il nous offre toute une bibliothèque d’incunables et de manuscrits (en plus d’une Tempête, d’une lutte de pouvoir, d’une histoire d’amour, d’un meurtre qui échoue, d’un mariage , c’est tout cela la Tempête). Grimoires de magiciens, planches d’anatomie, relations de voyages. On pourrait regarder le film en ne s’intéressant qu’aux livres.

Enigme: Prospero est il en train de rédiger le dernier de sa collection?

Prospero’s books – Greenaway

CHALLENGE SHAKESPEARE

Inspiré de La Tempête de Shakespeare, le film de Greenaway est très loin d’une adaptation cinématographique et encore plus du théâtre filmé.

C’est du cinéma! et quel cinéma! du Greenaway, original.

Des images travaillées et retravaillées,  découpée, sur-imprimées… plus proche de la performance esthétique que de l’illustration ou de la narration.

Parenté avec le spectacle de danse contemporaine de Hervieu et Montalvo (j’ai vu Orphée à la MAC, la semaine dernière) ou Prejlocaj.

Décors époustouflants (presque trop, on en est étourdi).

Greenaway prend toute liberté avec l’oeuvre qui l’a inspiré pour ré-écrire une histoire originale qu’il sert admirablement malgré ses infidélités.

Comme dans la Tempête de Shakespeare, le personnal central est Prospéro, le magicien, duc de Milan exilé sur son île.Son refuge   désigné comme « cell »,  j’avais imaginé une grotte, une hutte, un modeste abri sur l’ île déserte de Caliban où Sycorax avait aussi été déportée. Grennaway a bâti un palais oriental avec péristyles, colonnades, bassins et sallles voûtées d’arcades presque aussi vaste que les citernes de Constantinople.

Je croyais que Prospero et Miranda n’avaient pour société que les esprits Ariel et Caliban, que Miranda n’avait jamais vu d’autres humains que son père. Greenaway a convoqué une armée de figurants le plus souvent nus ou en tenue extravagante convenant à un ballet contemporainplus qu’à une comédie élizabethaine.

D’entrée, je suis surprise. J’avais commandé un DVD en VO sous-titré en suéduois, sans aucune crainte puique j’ai l’édition bilingue de la pièce. Mais voilà! avec toutes les libertés que Greenaway s’est octroyées, je ne retrouve plus rien.

ActeI, sc.1, au lieu d’être à bord du navire en train de lutter contre les éléments, l’action se situe au bord d’une piscine, thermes antiques ou hammam oriental?Ariel, angelot aux boucles blondes se balance sur une balançoire et fait pipi dans les flots sur une très jolie maquette d’un voilier stylisé. Magie blanche? Assistons-nous à une cérémonie incantatoire comme celle où l’on plante des aiguilles dans les poupées figurant les victimes qu’on désire ensorceler?Ariel se démultiplie, enfant, adolescent, jeune adulte. Des images sous-marines montrent le naufrage, des nymphes ou des sirènes emportent les noyés dans un ballet nautique.

Caliban n’est pas le monstre contrefait mais un danseur nu très gracieux. Seules marques de sa disgrâce : ses attributs virils d’un rouge agressifs hypertrophés. Caliban danse, fait des entrechats, lu alors que je l’imaginais courbé sous les bûches des corvées que Prospero lui infllige.

Napolitains et Milanais sont plus réalistes, une fraise d’un diamètre exagéré et un habit noir – sec comme l’avait précisé Shakespeare – nous ramènent dans la pièce originale.

A partir du 2ème acte, la stupeur passée, je suis désormais le texte avec mon livre. Greenaway a supprimé des scènes, a inventé des intermèdes originaux, a imprimé un rythme soutenu scandé par des images des grimoires et des manuscrits de la bibliothèque de Prospero. Chaque scène est annoncée par un encrier et une goutte d’encre. je finis par deviner que Prospero est en train d’écirire l’histoire. Quelle belle écriture que la sienne! le texte de Shakespeare se dessine:  calligraphie en surimpression.

Trinculo, Stephano et Caliban projettent d’attenter à la vie de Prospero pour conquérir l’île. Harmonies rouges infernales, le palais de Propero est une sorte de pyramide. C’est un peu trop, je commence à fatiguer. Heureusement avec un DVD, on peut se permettre un entracte!

La fin est plus classique, j’attendais la partie d’échecs, une image furtive. La réconciliation est presque raisonnable, théâtrale.

Retour sur le bord de la piscine pour la noyade très esthétique des livres.

Prospero : I’ll to my book

CHALLENGE SHAKESPEARE

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     PROSPERO : Act3, Scene 1

 

So glad of this as they I cannot be,
    Who are surprised withal; but my rejoicing
    At nothing can be more. I’ll to my book,
    For yet ere supper-time must I perform
    Much business appertaining.

 

Formule lapidaire, quel est donc le verbe sous entendu?

Yves Bonnefoy, le traducteur, écrit « je retourne à mon livre« , inconcevable absence du verbe en français. Economie de parole géniale.

Ferdinand et Miranda se sont déclarés leur amour l’un à l’autre. Miranda a même eu l’initiative de la demande en mariage. Coup de foudre du destin, ou arrangé par le magicien? Prospero a été témoin de la scène, s’en émeut brièvement et,  retourne à son livre!

Son livre? étonnant singulier. Prospero est il érudit ou mage? On sait qu’il a préféré l’étude au gouvernement de son Duché de Milan qu’il a abandonné à son frère avant d’en être totalement dépouillé et chassé. Abandonné dans un  canot misérable, grâce à l’intiative de Gonzalo il emporte quand même ses chers livres

Knowing I lov’d my books, he furnish’d me
From mine own library with volumes that 
I prized above may dukedom. 

Sur son île Prospero a donc emporté sa bibliothèque. L’usage du singulier désigne-t-il un grimoire magique ou participe-t-il de cette concision du langage qui caractérise la Tempête.

D’ailleurs à l’ActeV il annonce I’ll drown my book