Maramures :Poienil Izei gite chez des musiciens Ion de la Cruce

Un mois autourde la Roumanie en Logan et chez l’habitant

Danses folkloriques

Ion en costume folklorique et sa famille partent jouer  de la musique au village distant d’un kilomètre. Oubliée la fatigue de la route !

Au village, personne n’a entendu parler du concert. Les gens très aimables nous dirigent vers l’église de bois. Que peuvent chercher des touristes? Ou vers le centre culturel – fermé. Devant un café, de nombreuses femmes portent la tenue traditionnelle : jupe froncée avec des fleurs rouges ou roses sur un fond noir ou bleu marine. La jupe est très courte, parfois plissée, bouffante, comme s’il y avait plusieurs jupons, Sur la tête, un foulard coloré. Les jambes nues, souvent des chaussures à talon.  Non! Elles ne savent pas où sont les musiciens ? Bien sûr, elles connaissent Ion et nous indiquent le chemin de notre pension. Enfin, un homme sort de sa voiture. Il parle français et nous dirige vers une rue latérale où nous trouverons la musique après trois quarts d’heure à errer dans le village.

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Au milieu de la cour, Ion au violon, son fils au tambour, Anka, sa fille, debout brandissant une guitare. Ana chante. Une ronde les entoure. Filles et garçons en costume traditionnel mais aussi des adultes. Bientôt une dame vient nous inviter à entrer dans la ronde. Le groupe de jeunes est en vacances. C’est une ambiance de fête. Les jeunes ont des appareils-photos numériques et des téléphones portables mais ne semblent pas gênés de faire des danses folkloriques.
Nous avions prévu de dîner dans la gloriette du jardin. Une pile d’assiette sur une belle nappe blanche est posée. Ana et Ion attendent d’autres convives qui arrivent pour dîner. Embrassades : ce sont des habitués, des Français qui parlent roumain.

chiez Ion et Ana, gloriette à musique

Ana apporte la chorba aux haricots dans laquelle elle a ajouté de la crème. Puis deux bols de salade froide : caviar d’aubergines et une salade de fromage et œufs durs pilés. Enfin une grande soupière contenant de la purée de pommes de terre et des saucisses. Pour finir un gâteau.
Ion et Ana ont revêtu leur tenue de spectacle, un cousin est arrivé ainsi que Petricu, 7 ans avec sa belle blouse brodée, son petit chapeau et son petit violon. Nous avons un concert exprès pour nous. La voisine, la mère du petit violoniste descend se joindre à nous. Les musiciens sont contents de faire de la musique ensemble. Ils ne se forcent pas pour leurs hôtes. Au contraire ils prolongent la soirée.

Maramures: Eglise de bois de Sieu

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crucifix peint

Sieu, encouragée par le beau ciel bleu, je photographie l’église en bois. Une voisine sort précipitamment et propose de l’ouvrir. Nous ne sommes qu’au début de nos surprises. Très jolies couleurs et une Tarasque, la Tour de Babel et l’Arche de Noé.

La dame me fait ensuite lire un papier imprimé où il est question du communisme allié à l’église Orthodoxe et de la visite de Jean Paul II. Ici, l’église est Grecque-Catholique, reconnaissant l’autorité du Pape mais ayant gardé les rites orthodoxes. Compromis historique avec l’Autriche catholique afin de garder les traditions au 18ème siècle.

Maramures : le marché aux chevaux de Bogdan Voda

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les mocassins du marché

 

 

A Bogdan Voda, les chevaux sont installés au fond du pré. Un magnifique cheval blanc à la belle crinière et à la queue peignée retombant jusqu’au sol, fait l’admiration de tous. Comme de nombreux villageois sont venus au marché en carriole les chevaux sont nombreux.

On peut s’approvisionner en articles divers et variés : vêtements de toutes sortes, coupons de tissu fleuri  dont sont faites les jupes des femmes, châles qui me font envie mais aussi panta-courts chinois, sous-vêtements ou savates.

Les mocassins pointus faisant partie de la tenue traditionnelle avec des chaussettes de laines blanches et des laces de cuir sont proposés en deux versions : marron en cuir (ou simili) et noir en chambre à air de pneu.

Des stands proposent des pièces métalliques variées, faux avec leur pierre à aiguiser, fourches et râteaux en bois, plus légers sur l’épaule. Au rayon ferraille, il y a aussi des pédaliers, des chaînes et dérailleurs de vélo, raccords de plomberie et plein d’objets énigmatiques qui manquent probablement dans une ferme ou dans un garage ; évidemment si on préfère une bassine en plastique ou des boîtes à pique-nique, cela se vend aussi !

Maramures: Eglises de bois de Calinesti et Sarbi

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A Calinesti, les églises sont invisibles. Plusieurs allers-retours dans le village n’y changent rien. Une église, avec un clocher pointu cela se voit ! « Se vede » ! Et bien non ! Il faut demander aux passants. Le mot magique est « biserica ». Autre astuce. Dans chaque village ou presque, les églises vont par paire, l’une qualifiée de Josani (du bas) et l’autre de Susani (du haut). Là où cela se complique, c’est quand l’église du bas est perché sur une pente très raide au flanc de la montagne. Un petit sentier y monte. Je m’apprête à redescendre quand mon téléphone vibre :

–    « ne redescends pas ! Une dame va t’ouvrir l’église ! »

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C’est une très vieille dame toute ridée, très alerte malgré son age qui grimpe la pente, me salue en français m’explique que nous nous trouvons dans une église Gréco-catholique puis ouvre toutes les fenêtres pour que je puisse admirer les fresques. Je suis éblouie, au propre comme au figuré. Quand mes yeux habitués à la pénombre déchiffrent les scènes la dame les commente. J’en sors bien catéchisée.

A Sarbi, nous faisons encore des allers-retours à petite vitesse pour trouver le panneau « biserica ». même d’ »en bas » l’église se mérite par une grimpette. Elle est en travaux : on a creusé des tranchées pour la remettre sur des fondations solides. Les anciennes paraissent vermoulues. L’église d’en haut est encore plus cachée. Il nous faut chercher la rue « oulitsa ». Malheureusement l’église et fermée. Il nous reste à admirer le travail d’assemblage sans clou et surtout cette corde qui entoure l’église qui ressemble à celle d’Horezou.

Maramures: Eglises de bois de Budesti

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Eglise de bois de Budesti

 

Budesti possède aussi son église d’en bas et son église d’en haut.
La « bisérica Josani » (celle du bas) est facile à trouver elle est devant la mairie « primaria ». Avec ses  4 clochetons elle est originale. La clé est à la Mairie. C’est une clé bizarre avec un grand manche on croirait un ciseau de menuisier.

Les fresques ne nous déçoivent pas. Ni celles du narthex, ni les plus élaborées mais moins colorées du naos. Les animaux fantastiques nous amusent ainsi que celle sur le thème de la Chute où finalement Adam laboure tandis qu’Eve, assise, file.

La dame de la Mairie nous montre la cote de maille du Haïdouk Pintea Viteazul. Malheureusement, son français n’est pas suffisant pour qu’elle nous en conte l’histoire..

Trouver la « biserica  susani » est encore toute une affaire. Le chemin entre la Mairie et le Centre culturel  va à la rivière. Après on demande. Il faut retrouver l’asphalte, sans problème. Enfin, nous passons un pont alors qu’il aurait fallu bifurquer. C’est l’heure de midi, les routes sont vides, personne pour nous remettre dans la bonne route.

La route grimpe dans la montagne, ce qui ne nous inquiète pas puisque nous cherchons une église « d’en haut ». Le goudron fait place à une route forestière très bien entretenue qui nous emmène après 6km à un monastère perdu dans la montagne. Les sommets culminent vers 1600m et nous avons l’impression d’être beaucoup plus en altitude. Il fait frais presque froid. Un ruisseau coule. Les sapins sont très hauts. A deux pas, les alpages, puis es crêtes. A défaut d’église en bois, nous piqueniquons auprès du ruisseau.

Piquée de ne pas avoir trouvé, nous continuons notre recherche ? Au pont, un jeune nous indique la route. L’église est fermée. Par une fenêtre, nous devinons les fresques. Je crois même reconnaitre une représentation de la Cène.
Pour passer dans la vallée de Mara, la route enjambe les collines. La vue est très étendue.  Comme il fait beau, déformation professionnelle, j’étudie le panorama, cherche les appareils volcaniques bien identifiables. Sur la roue du monastère dans la forêt, la roche volcanique était exploitée et concassée

Maramures: Eglise de bois de Desesti

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Desesti : église peinte

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L’église de Desesti est   facile à trouver, perchée au dessus de son cimetière.

Selon un papier  papier épinglé explique que la clé est au presbytère, à 40m. Un molosse garde la cour. Je ne vois qu’au dernier moment son collier et la grosse chaîne (pourvu qu’elle soit courte !). Deux enfants blonds vont chercher leur père « immediat » dit le petit.

Nous restons un bon moment à étudier chaque scène du naos  et montons même dans la galerie à l’étage pour être plus près du plafond peint. Les damnés – les Infidèles, Tatars, turcs, Juifs, en costume traditionnels me plaisent bien. Quand je sais ce que je cherche, le cyrillique m’en donne confirmation mais il est difficile de le déchiffrer de prime abord. Le prêtre nous laisse regarder et photographier.

Il fixe le prix de la visite à 5LEI. Plus cher qu’ailleurs mais cela en vaut la peine !

Retour par Vadu Izei, un peu décevant. La proximité de la ville de Sighet explique peut être une circulation et urbanisation plus concentrée. Les beaux portails correspondent à  des pensions touristiques. La vie rurale est moins pittoresque que plus avant dans la vallée.

Maramures : recette du sok

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Arbre à pots

Arbre à pots : un lecteur m’a écrit

Un arbre plein de pots signifie que dans cette maison il y a une fille qui n’est pas marie. (L’arbre aux pots ne represente pas une activite de commerce.)

Toute la journée, nous avons été frappées par l’animation de cette campagne.
C’est la saison des foins : tout le monde est dehors – qui avec un râteau de bois, qui avec la fourche à deux dents, les hommes avec leur faux, certains poussent un motoculteur avec une lame de coupe.

Ion, parti ce matin ne reviendra que tard vers 21heure poussant son motoculteur. L’engin n’est opérationnel que dans les prés à faible pente. Si le terrain est abrupt, seule la faux peut couper l’herbe. Même si la mécanisation est en route le relief des Maramures rendra toujours le travail à la main indispensable.
Je pense à Céleste, cette vieille dame de 80 ans que nous avions rencontrée, il y a une vingtaine d’années en Ariège, seule dans sa ferme au dessus d’Ussat qui racontait qu’autrefois la montagne bourdonnait d’activité et que partout les paysans étaient aux champs. Les Pyrénées se sont vidées. Seule est restée la vieille dame encore capable de remonter son baluchon d’herbe pour ses bêtes. Maramures subira-il le même sort ? En attendant, grands et petits s’activent. Ana nous raconte que le petit violoniste Piericou, 7 ans, est lui aussi aux foins. L’école se vide.

Ana nous montre les herbes pour la soupe : le céleri que nous connaissons mais aussi la livèche, plus coriace que le céleri aux feuilles plus étroites et plus épaisses mais très parfumées.
Petite salade de chou et de tomates.
Le poulet est accompagné de riz aux carottes, oignons délicieux. Comme nous avons refusé hier la palinca et la bière Ana nous apporte du sok, une boisson à base de fleur de sureau nous assurant qu’elle n’est pas alcoolisée.

Dans 10 litres d’eau elle plonge une très grosse poignée de fleurs de sureau (elle montre ses deux mains pleines), ajoute 1kg de sucre, 2 ou 3  citrons, un peu de levure pour la fermentation et laisse fermenter deux jours. C’est pétillant, un peu acide, rafraîchissant délicieux. Pour dessert, il y a de la pastèque et des gâteaux.

Le cimetière « joyeux » de Sapantsa

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cimetière joyeux de Sapantsa : l’institutrice

Quand un site est trop vanté, trop attendu, il y a  un risque de déception.

Nous avons vu tant de cimetières ombragés où les tombes sont blotties autour de l’église entre la végétation sauvage et les fleurs cultivées que le site de Sapantsa  plat, sans une ombre, dans la chaude journée de Juillet, nous paraît inhospitalier.

J’avais imaginé qu’un guide nous traduirait les épitaphes en vers, pour qu’on puisse les comprendre. Il faudra nous contenter des  images pour imaginer l’histoire du défunt.

cimetière joyeux de sapantsa : le berger

 

De très nombreuses scènes de la vie quotidienne du village y sont retracées en couleurs vives. La bonne cuisinière à ses fourneaux, la fileuse, la maîtresse d’école, le communiste, le  berger et son chien, le chasseur…Nous trouvons la stèle de la petite fille morte d’un accident de la route. Nous voyons aussi les bouteilles, causes de nombreux décès au village.

Ce détail paraît choquant : dévoiler les faiblesses d’un défunt n’est pas dans notre tradition…

Sighet : mémorial des victimes du communisme

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Sighet : mémorial du communisme

 

Le Mémorial des Victimes du communisme a été aménagé dans l’ancienne prison. Le hall est tapissé de portraits des nombreuses victimes. Dans chaque cellule, un thème est abordé : la résistance des intellectuels, l’église, les résistants dans les montagnes, la vie quotidienne…

A l’entrée nous sommes accueillies en français. On nous remet un livret en français qui résume les documents exposés.

Cette leçon d’histoire  est très bien documentée et mise en scène avec intelligence.Elle sûrement plus parlante pour les Roumains. Une bonne partie des témoignages consiste en lettres manuscrites, articles de journaux, bordereaux administratifs que nous ne pouvons comprendre. Les personnages des photos nous sont inconnus.

La reconstitution commence avec la prise de pouvoir des communistes à la suite d’élections truquées pour se terminer par une évocation des époux Ceausescu encensés dans le monde entier. Quelle leçon de Realpolitik que de voir la liste de voyages officiels, de décorations de diplômes honoris causa décernés par els grands de tous bords, De Gaulle, la reine d’Angleterre, Castro…

Travaux forcés : creusement du Canal du Danube à la Mer Noire. Dictionnaire réalisé par les prisonniers roumain-français pour supporter l’enfermement. Poèmes transcrits en morse…

Chaque fois l’effort de mise en scène est celui d’un plasticien autant que d’un pédagogue. Nous sortons abasourdies pour terminer par la découverte des statues implorantes les bras levés devant le mur de brique.

Note d’un lecteur roumain

Sighet- la résistance anti-communiste a continue en Roumanie jusqu’a 1965! En 1965 quand Ceausescu a pris le pouvoir, tous les détenus politiques ont été libérés. Croyez vous qu’ils ont été laissés “immediat” a la maison? Non! Tous ont été forcement embarqués dans plusieurs autobus, pour faire le tour de Roumanie et voir “tout ce que le régime communiste a réalisé jusqu’a 1965 “ !

Sighet : la maison natale d’Elie Wiesel

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Sighet : maison d’Elie Wiesel

 

J’attendais cette visite de la Maison d’Elie Wiesel.

Un peu à l’écart de la rue principale, une maison d’angle bleu pastel, basse, aux corniches blanches. Un jardin. On a mis une étoile de David en ciment au milieu d’une pelouse mal entretenue. Des pruniers couverts de fruits, quelques bancs à la peinture bleue écaillée. Abandon et tristesse. Ouvrira ou n’ouvrira pas?  Une feuille de papier est scotchée sur la porte avec un numéro de téléphone. Appeler ? Je m’installe d’abord patiemment à l’ombre du prunier. Au bout d’un certain temps je perds patience. Rien n’indique que quelqu’un viendra ouvrir.

Immense manque qu’ont laissé les milliers de déportés dans le shtetl roumain  proche de l’Ukraine ou peut être Hongrois. Etait-ce d’ailleurs en ce temps là l’Ukraine ou la Russie ? A Sighet, les Juifs occupaient toutes les positions sociales ? Certains étaient même bergers. Il y avait des laiteries cachères. Je pense à Touvia le laitier, polonais ?  Ou russe ? On devait vivre dans les années 30 comme on vit maintenant à Maramures. La maison de bois, la barrière, la charrette, l’arbre à pots ? Monde disparu brusquement. La communauté juive a quasiment disparu même s’il reste une synagogue.