Bucarest : Musée du village

un mois en Roumanie, autotour, hébergement chez l’habitant

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Le Musée de Plein Air Muzuel Satului est aussi situé sur Kiseleff de l’autre côté de l’Arc de Triomphe dans le Parc Herastrau.

Une cinquantaine de maisons, pour la plupart en bois, ont été démontées et remontées dans le parc. Certaines sont meublées. Des artisans animent le parc : le potier, le peintre d’icones de bois, la brodeuse. Cette promenade est une parfaite conclusion à notre séjour.

Nous retrouvons une église de bois de Maramures, les maisons de rondins de Bucovine. Nous tombons amoureuses de la Maison Lipovène du Delta, blanche avec ses volets bleu vif relevé de rouge. Les fleurs de topinambour jaune vif contrastent. A la fin du parcours, nous revenons la photographier et la dessiner ; Toutefois le Musée de Sibiu Astra est beaucoup plus réussi. Au lieu de tasser les maisons de styles différents, à Sibiu des prés, des bosquets d’arbres séparent de véritables villages. Cette disposition aérée est beaucoup plus agréable.

 

promenade à Bucarest : La Calea Victorii,

Bucarest dernière promenade : La Calea Victorii,

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Dernière matinée, occasion de faire la promenade n°1 du Guide Evasion : La Calea Victorii, de la Piata Victoria au Cercle Militaire. La description ne m’avait pas séduite de prime abord.

Par cette matinée lumineuse, tôt le matin, je suis ravie de découvrir cette rue de Bucarest.
Chaussée historique construite par Constantin Brancoveanu en 1690 pour relier son palais de Mogosaia, artère mythique sur laquelle ont défilé les troupes victorieuse en 1878 après la guerre russo-turque.

Le début de la promenade aux abords de la Place Victoriei, est assez décevant. Trottoir étroit, voitures lancées à grande vitesse dans cette rue à sens unique, immeubles minables en ciment alternant avec des chantiers.

Le palais Cantacuzène a de l’allure avec sa grande marquise de verre et de fer forgé, ses lions, ses anges. Je m’aventure dans le jardin à la recherche de la maison de George Enescu et me fais chasser par un employé sans aménité :
– « Revenez à 10heures ! »
Le Casino Palace aux néons agressifs est repoussant. L’hôtel 4 étoiles, modernisé aussi.

Je tente une visite clandestine de la Casa Monteoru siège de l’Union des Ecrivains et du Gattopardo Blu – très viscontien – splendeurs palermitaine en Mitteleuropa.

Devant le Musée des Collections d’Art et le Musée National d’Art Roumain, je regrette que mon temps (et les LEI qui restent) soient comptés.

Charmante rotonde de l’Athénée, élégante à côté des massifs palais de la Piata Revolutiei sans parler de plus immodeste Cercle Militaire!

Sur le chemin du retour, je remarque les hôtels de luxe Hilton, Ramada et autres 4étoiles, les boutiques de luxe aux enseignes mondialement connues. Curieux retour des choses : les bâtiments de prestige du boulevard Unirii sont déserts tandis que Gucci est installé dans un immeuble quelconque en ciment !

Je remarque aussi les statues commémorant la Révolution de 1989 sur la Piata Revolutiei.

dernier jour, devant la télé. Qui sont les Roumains? Diversités et minorités

Un mois de Juillet, tour de Roumanie, chez l’habitant

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En attendant le taxi qui doit nous conduire à l’aéroport, nous regardons la télévision sur une chaîne Régionale ? Régionaliste ?

Trois musiciens habillés de  noir, guitare, clarinette et vielle à roue chantent en hongrois. C’est agréable. cela change des sempiternels spectacles folkloriques (une chaîne ne diffuse que cela). Reportage en hongrois sur une concentration de coccinelles VW. Pourquoi pas ?

La télé passe du coq à l’âne : un vieux monsieur est à l’honneur dans une salle de conférence. Tiens je comprends le Roumain maintenant ? Non c’est du Grec que je ne pratique pas couramment mais dont les sonorités me sont familières. Pendant un bon quart d’heure, on disserte sur les parentés entre la Grèce orthodoxe et la Roumanie. Une vieille dame Russe leur succède, très digne, très distinguée, très russe. Elle a invité un violoniste à la coiffure très russe – au bol – Aussi loin que je puisse comprendre, on parle de Dostoïevski puis de Prokofiev, récital. Cinq dames en costume brodé bleu et beaux voiles blancs chantent des mélodies orientales. Un homme derrière un pupitre décoré avec une mosquée stylisée fait un discours. Ce sont des Tatars (l’homme revendique sa culture très ancienne(les sous-titres roumains sont explicites).
Hongrois, Tatars, russes, toutes ces minorités font la Roumanie. Tous ? Au cours de notre voyage, nous avons vu des Allemands en Transylvanie, une Hongroise en pays Sicule, Viorica est Houtsoule, rencontré de nombreux Tsiganes. Sous forme de boutade j’avais demandé à Pétré « Qui sont les Roumains ? » Assumant son origine russe et, vivant à Crisan, village Ukrainien, il m’avait donné une version optimiste de l’acceptation par les Roumains de leurs nombreuses minorités surtout dans la Dobrogea où vivent aussi Lipovènes, Tatars, Turcs et Grecs…

Kyra Kyrilina de l’écrivain roumain Panaït Istrati est un conte oriental. Le héros est Roumain mais l’action se déroule dans l’empire ottoman.

Toute cette diversité me fascine mais je ne suis pas aussi optimiste. La disparition tragique de la communauté juive, la mauvaise intégration des Tziganes, me pose problème. L’accueil à la synagogue et au Musée juif m’ont semblé étranges. Où sont passés les Juifs ? Les Israéliens ne passent pas inaperçus, l’Hébreu s’entend dans tous les sites touristiques, les sociétés israéliennes comme la Bank Léumi ont pignon sur rue mais il me faudra lire les mémoires d’Elie Wiesel pour trouver les traces de la Sighet juive. Aussi pour connaître une autre version de l’histoire contemporaine : dès 1939, Sighet est redevenue Hongroise et c’est comme Hongrois que les Juifs de Sighet ont connu un certain répit jusqu’en mars 1944 avec l’entrée des Allemands comme occupants. La déportation  a suivi.

Je n’arrive pas à faire du tourisme en Europe de l’Est sans que l’histoire récente de la Seconde Guerre mondiale ne me rattrape. J’aurais également aimé discuter avec les Roumains rencontré de la période d’avant 1989 mais je n’ai pas su poser les bonnes questions, je n’ai pas été assez claire, peur de parler de sujets qui fâchent avec ces gens si hospitaliers.

Henry Bauchau :OEdipe sur la route

MYTHES ANTIQUES ETERNEL/S / CLASSIQUES OU MODERNES

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J’avais beaucoup aimé l’ Antigone de Bauchau dont je ne retrouve plus de traces dans ma liste de lectures.

. Œdipe est déjà aveugle quand s’ouvre le récit. Il est chassé de Thèbes. Antigone le suit.L’errrance des réprouvés se fait dans une Grèce très primitive que j’imagine grâce à notre dernier voyage en Béotie et en Thessalie. Bauchau ne s’embarrasse pas de tourisme. La tragédie est intemporelle, primitive, elle pourrait se dérouler dans n’importe quelle contrée. Et pourtant les montagnes grecques défilent en arrière plan, la mer, les côtes rocheuses. Ils rencontrent Clios, le bandit de grand chemin qui les défie et suit Œdipe, le sert avec une fidélité exemplaire. Où Bauchau a t il trouvé le personnage de Clios ? Existe-t-il dans une mythologie que je ne connais pas? Dernier survivant d’une vendetta entre deux clans de bergers les uns champions de la musique, les autres, champions de la danse. Massacre sans pitié des clans rivaux. Bauchau convoque les arts dans leur expression la plus primitive, flûte d’os et danse de transe ! Diotime, la guérisseuse est elle aussi une invention de l’auteur ? C’est un beau personnage que celle qui accueille les réprouvés leur redonne une dignité et un art : Clios devient potier, Œdipe, malgré sa cécité, sculpte, Antigone tisse… Œdipe, arbitre des bergers reste malgré l’errance, l’infirmité, la mendicité, le roi superbe. Récit riche de personnages, de symboles. On y croise le Minotaure, Thésée, roi d’Athènes. Le voyage s’achève à Colonne sur la route d’Athènes et nous pressentons la tragédie des luttes pour la royauté de Thèbes, la tragédie d’Antigone. Livre éblouissant.

lire pour la Grèce : Jacqueline de Romilly raconte L’Orestie D’Eschyle

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Revisiter les classiques, un souvenir d’Epidaure

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Périodiquement, je retourne aux sources de la Mythologie, des grands textes grecs. Vernant, Vidal Naquet, de Romilly, éclairent les légendes, les héros, les Dieux.

L’Orestie, c’est la Trilogie qui regroupe Agamemnon, Choéphores, Euménides. Ces deux dernières pièces, je les ai vues représentées à Epidaure. J’avais lu le texte quelques heures avant la représentation et, tenant le livre sur mes genoux, à l’aide des bribes de grec que je comprends, je m’efforçais à suivre pendant la pièce. Cet exercice me rappelle la façon dont j’ai suivi autrefois la lecture de la Haggadah de Pessah sans comprendre tout mais avec des repères. Le cadre du théâtre antique était magnifique et j’ai plutôt vécu cette séance comme une cérémonie religieuse.

Cependant, il me manque  l’arrière plan historique et culturel pour saisir le sens profond du texte. En cela,  l’analyse de De Romilly est neuve et essentielle pour moi. Si le mythe des Atrides est connu, le contexte de l’installation de la démocratie à Athènes au cours du 5ème siècle était flou pour moi. Cela me donne envie de relire le texte original. Et comme dans Ulysse raconté par Vernant le plaisir et la découverte sont intacts.

Jacqueline DE ROMILLY : raconte L’Orestie d’Eschyle Bayard – coll. La mémoire des œuvres – 117p

Jason Goodwin – Le Trésor d’Istanbul

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Un roman policier à lire avant un voyage à Istanbul, ou encore mieux au retour!  En revenant d’un été grec, ce n’est pas mal non plus…

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1838, le sultan Mahmoud se meurt dans son palais de Besiktas, la Validé est restée dans le Harem de Topkapi, Hachim, notre détective, eunuque libre, qui a donc ses entrées au Palais, enquête sur une série de meurtres qui le touchent de près ou de loin. Attaque d’un marchand de légume grec, assassinat d’un libraire grec du Grand Bazar, disparition d’un Fontainier albanais, d’un archéologue français…

Hachim pense au début qu’il doit y avoir un lien entre ces faits divers. On lui suggère qu’une société secrète grecque serait probablement à l’instigation des meurtres des grecs, nous sommes proches des guerres de l’Indépendance Grecque et on parle ici de la Grande Idée. Hachim nous entraîne à Fener au siège du Patriarcat.

On parle de Byron et de Missolonghi où le poète est décédé, le médecin personnel du sultan est celui qui a soigné Byron !

Les identités successives Byzance, Constantinople, Istanbul s’emmêlent comme les serpents de la colonne serpentine de l’Hippodrome…

Mais je ne veux pas déflorer le mystère !

L’auteur entraine le lecteur dans tous les recoins les plus pittoresques de la Ville, nous fait connaître toutes les communautés qui vivaient à l’époque, Juifs, Arméniens, Italiens, Anglais, il y a même un  ambassadeur polonais alors que la Pologne a été démembrée depuis longtemps.  Courts chapitres : ce roman ressemble à un kaléidoscope, où tous les monuments servent de décor  des Sainte Sophie aux citernes, du Grand Bazar au bazar aux épices….Longues digressions aussi sur l’histoire aussi bien contemporaine (XIXème siècle, bien sûr) que très ancienne.

Jason GOODWIN – Le Trésor d’Istanbul – Grands  Détectives 10 /18 – 376p.

Amin Maalouf :Le dérèglement du monde

COMPRENDRE LE MONDE QUI CHANGE

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Sommaire : I. les victoires trompeuses

                II. les légitimité égarées,

               III. les certitudes imaginaires

   conclusion : Une trop longue Préhistoire. 

Dans les victoires trompeuses  l’auteur fait l’état des lieux après la chute du mur de Berlin. La Guerre Froide  terminée, c’est la victoire du libéralisme et de la démocratie, croit-on. « L’Occident a gagné, il a imposé son modèle, mais par sa victoire-même, il a perdu ». L’hégémonie américaine, l’extension de l’Europe aux pays de l’Est ont eut être conféré un certain optimisme mais l’auteur montre  que la supériorité militaire de Washington, n’a pas été contrebalancée par une autorité morale. Passant d’un conflit à un autre, du Panama à l’Irak puis à la Somalie, Haïti, la Bosnie… »cette répétition est préoccupante » note Maalouf. Plus loin il écrit « si l’Occident n’a pas pu profiter pleinement de sa victoire sur le communisme, c’est aussi parce qu’il n’a pas su étendre sa prospérité au-delà de ses frontières culturelles » et il analyse les prémices de la deuxième guerre d’Irak.

Une autre conséquence de la fin de la Guerre Froide est la fin du débat d’idées entre communisme et capitalisme et le retour de l’orthodoxie et de l’Islam, retour des clivages identitaires. Il voit  en « Internet un accélérateur et un amplificateur, a pris son essor à un moment de l’Histoire où les identités se déchainaient  et où « l’affrontement des civilisations » s’installait et où l’universalisme s’effritait … » En tant que Libanais, Maalouf connait les limites et les dangers du communautarisme qui a détruit la démocratie libanaise.

Le point de vue de Maalouf, libanais exilé est précieux. Se réclamant d’une double culture, occidentale et orientale, il possède aussi une connaissance détaillée de l’histoire du Proche Orient. C’est aussi un conteur formidable. Il analyse les conflits et la colonisation d’un regard non pas neutre mais doublement éclairé. Sans jamais tomber dans l’anti-américanisme primaire il comprend les rancœurs des opprimés et spécialement du monde arabo-musulman.

La deuxième partie : les légitimités égarées  est absolument passionnante. Je ne suis pas juriste et je ne sais pas ce que vaut ce concept de légitimité, dans cet essai il est particulièrement fécond. « La légitimité, c’est ce qui permet aux peuples et aux individus d’accepter sans contrainte excessive l’autorité d’une institution personnifiée par des hommes et considérée comme porteuse de valeurs partagées »

Commentant par l’élection en Floride de Bush, il écrit « je le pressentais un peu, aujourd’hui je le sais avec certitude, ce vote en Floride allait changer le cours de l’Histoire dans mon propre pays natal, le Liban ». Et avec son  talent d’auteur de romans historiques il narre deux contre-exemples, de légitimité portée par deux leaders Atatürk et Nasser, et dans la foulée c’est toute une fresque historique qui se déroule, de la Première Guerre mondiale avec la défaite de l’Empire Ottoman et les promesses de Lawrence d’Arabie jusqu’à la guerre d’Irak aujourd’hui. Ce concept de légitimité est porteur aussi dans le cas du Liban qui a refusé de faire la guerre à Israël, craignant d’entrainer son armée dans la défaite et qui, en ayant raison, contre son peuple a eu tort. Raisonnablement il aurait été insensé de faire la guerre, et pourtant ne pas l’avoir faite a eu des conséquences encore plus désastreuses.

Bien qu’alarmiste, ce constat n’est pas dénué d’espoir. Maalouf place la solution dans la culture et aussi dans les différentes diasporas qui possèdent une double culture et pourront servir de trait d’union entre leur pays d’origine dans le tiers monde et la culture occidentale.

Amine MAALOUF – Le dérèglement du monde – GRASSET 314p.

Lire ausssi

le site de Maalouf


Marie NDIAYE – Trois Femmes Puissantes

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Ces trois femmes puissantes, avant d’ouvrir le livre, il me semblait les voir, ces femmes sénégalaises, négociantes  en poisson, ou mères d’élèves, ces grandes filles déjà des femmes en 6ème souvent très mûres. Marie Ndiaye ne s’arrête pas à ces clichés, ces trois femmes seront bien différentes de celles des idées reçues.

 Ce roman raconte trois histoires tragiques : trois femmes si différentes Norah, Fanta et Khady Demba. Trois femmes qui disent non, annonce le 4ème de couverture.

Il n’est pas facile de se laisser entraîner par l’écriture de Marie Ndiaye. Ce n’est pas mon premier essai. Pas assez motivée, j’avais abandonné d’autres ouvrages dans les premières pages. L’écriture est ardue, les phrases souvent s’enroulent sur elles mêmes. On ne sait pas où l’auteur veut en venir. Ecriture sophistiquée, le style soigné. Puis je me laisse happer sans y prendre garde en suivant les personnages.

Je suis désarçonnée : plutôt que des femmes bien campées, bien charpentées, ce sont des femmes défaites dans des histoires tragiques.  Et plutôt que la puissance des femmes c’est l’inconsistance des hommes, la vieillesse et la déchéance du père de Norah. Le destin de Rudy Descas, le mari de Fanta, tourne à la tragédie.  Quant au mari de Khady Demba, il meurt. On ne verra jamais Fanta la déracinée, l’orpheline qui avait cru réussir sa vie en devenant professeur au lycée Mermoz, en faisant un beau mariage, en venant en France. Sa présence est récurrente, son mari la traque au téléphone. Sa puissance serait-elle sorcellerie quand intervient la buse qui poursuit Rudy Descas ?

 Dans l’histoire de Khady Demba des oiseaux malfaisants font aussi irruption, les corbeaux, oiseaux de mauvais augure quand se noue le destin de l’héroïne, poussée à l’exil sans l’avoir même envisagé. Histoire poignante de celle qui ne demandait rien que d’exister, elle Khady Demba, dans la dignité.

Marie NDIAYE – Trois Femmes Puissantes – nrf –  Gallimard 316p

Alain Mabanckou – Alain MABANCKOU – Et Dieu seul sait comment je dors –

Lire pour Voyager/Voyager pour Lire

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Mabanckou me surprendra toujours, il est toujours là où je l’attends le moins. Traducteur de Uzodinna Iweala, ou dans sa Lettre à Jimmy s’adressant à James Baldwin, Porc Epic congolais… Dans cette édition africaine Présence Africaine, Mabanckou situe son roman en Guadeloupe.

C’est une histoire émouvante d’un homme simple, laid, pauvre, mutique. Auguste-Victor traine un passé trouble qui est dévoilé à la fin du roman. Makabana, le vieil Africain bossu le recueille. Lui aussi, a une histoire peu commune, adopté par des grands bourgeois de Rambouillet il est tombé amoureux de la Guadeloupe.

Paradoxes et métissages, déchéance et rédemption? Enigme et roman d’amour.

Vais-je classer  ce roman publié par un éditeur africain Présence Africaine dans ma bibliothèque africaine?

Alain MABANCKOU – Et Dieu seul sait comment je dors – Présence Africaine – 246 p.

Athènes: Acropole promenades byzantine et ottomane

Pâques aux Météores et une semaine au Pélion

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Tôt le matin,  sous un soleil sans nuages, nous nous dirigeons vers l’Acropole dans les petites rues de Plaka. Les crépis colorés ont été refaits et retagués. Les dalles sont toujours aussi glissantes. Des coquelicots poussent entre les pierres de l’Agora romaine. Le parfum entêtant des orangers en fleurs me saoule. Les marchandes ouvrent leurs boutiques. Les tavernes ont laissé dehors les tables carrées et les chaises de bois. La vigne dégringole des tonnelles.

Au passage, je reconnais la Tour des Vents dans l’Agora romaine et la petite église de Métamorphis, le banc sur lequel nous avions pique-niqué …Cette promenade suffit à m’enthousiasmer ! A l’entrée de l’Acropole, il est déjà passé 9 heures, et tous les groupes sont arrivés. On nous intime l’ordre de déposer nos sacs au vestiaire. Pour 12€, nous obtenons un billet composé de 5 talons détachables.

Acropole

Avant de passer les Propylées, cela bouchonne déjà.

Le Théâtre d’Hérode Atticus paraît tout neuf, gradins  refaits, la scène s’élève sur trois niveaux. One pousse la promenade vers le Théâtre de Dionysos situé à la base de l’Acropole, passons devant une citerne byzantine et une fonderie antique sans nous arrêter. Nous réservons la visite au sanctuaire d’Asclépios pour le retour.

Le théâtre de Dionysos semble tout petit. Seule la partie la plus basse de la cavea a été dégagée. Dans son entier, il s’adossait à la falaise et pouvait contenir 17000 spectateurs.

Le monument de Trasyllos dominant le théâtre est actuellement en réfection est une découverte pour moi ! Je lis avec curiosité les panneaux racontant l’histoire de ce site creusé dans le roc, surplombé par deux colonnes corinthiennes. D’abord, annexe du théâtre consacrée au chorège vainqueur, riche citoyen finançant la tragédie. Il devint ensuite une église byzantine. On connaît le détail des portes, aujourd’hui disparues, détruites pendant la guerre d’Indépendance en 1827 .Que compte-t-on restaurer ?

Théâtre de Dyonisos

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Les restaurations se succèdent sur l’Acropole qui se « métamorphose » à chacun de mes passages. Le Théâtre de Dionysos a subi une campagne de fouilles en 2003. C’est peut être pour cela que nous l’avions ignoré précédemment.
D est tout à fait enthousiaste à l’idée de découvrir ce site: elle raconte à ses élèves la naissance de la tragédie,  le chœur, le coryphée… Juste avant notre départ, elle est revenue très fière que le professeur de lettres classiques se soit étonné de ce que ses élèves connaissent Sophocle, Euripide et Eschyle. Elle veut rapporter des documents personnalisés.  Nous photographions les soixante fauteuils des dignitaires et surtout le trône du Prêtre de Dionysos qui domine l’orchestre joliment dallé. De la scène, la Skena, il reste une très jolie frise datant de l’époque romaine racontant le mythe de Dionysos. Malheureusement, les personnages ont perdu leur tête à l’exception des silènes barbus dont la tête penchée semble supporter le poids de la corniche.
L’aire archéologique est boisée de pins, de cyprès et de chênes verts, nous y trouvons de l’ombre pour nous asseoir. Les oiseaux, nombreux, animent les lieux. Je remarque un magnifique geai. Le nombre de touristes, ici, est raisonnable. Un groupe germanophone est mené par un magnifique guide barbu à la longue chevelure grise nouée en chignon à la manière des popes. Il parle allemand lentement et très distinctement. Je glane l’anecdote des trépieds qui récompensent les concours dramatiques. En effet, un peu plus loin, nous découvrons la Rue des Trépieds. Un groupe d’écoliers grecs en uniforme passe. Quelques Français en voyage individuel.

Près du grand théâtre, de l’Odéon de Périclès, il ne reste plus grand chose. Nous passons le long des fondations des deux temples bien détruits et cherchons l’emplacement de la Stoa de Lycurgue.

Il ne reste plus qu’à remonter sur l’Acropole par le sentier, le Peripatos qui conduit au sanctuaire d’Asclépios. Nous avons visité à Epidaure et ailleurs, un de ces sanctuaires où les malades attendaient du dieu guérisseur une cure ou un miracle. J’ai le souvenir de bâtiments destinés à l’hébergement des patients qui attendaient la visite d’Asclépios dans un rêve. Le temple d’Hygéa, sa fille, la construction de la Tholos et la fosse aux serpents étaient associées au culte d’Asclépios. Il faudra que je consulte mes carnets de bord pour retrouver mes autres pèlerinages. D passe hardiment les cordes pour chercher la fosse aux serpents mais elle se fait siffler par la gardienne.

De retour sur l’Acropole, nous retrouvons la foule.

Il faut prendre son tour pour grimper à la file les marches de Propylées qui sont tellement encombrées qu’il faut bien de la persévérance pour trouver du charme à la visite. A moins d’habiller tous les touristes à l’antique, de mêler quelques chevaux et d’autres animaux pour les sacrifices. Peut-être se pressait-on ainsi aux Panathénées !

Le temple d’Athéna Niké a perdu les bâches qui le cachaient la dernière fois. Un grand panneau conte ses restaurations depuis la première anastylose en 1850.

Devant le Parthénon il ne nous reste plus qu’à parasiter un groupe pour profiter des discours instructifs des conférencières. De la première, j’apprends les utilisations du Nombre d’Or pour calculer les hauteurs, diamètre et écartement des colonnes. Les colonnes prolongées construiraient une pyramide solide dégageant de l’énergie. La guide suivante a une théorie plus « naturelle » : 4/9 : les membres du corps, 4/9 la ramure d’un arbre, 4/9 les proportions du Parthénon.  Une troisième tient pour la courbe, aucune droite dans le Parthénon, rien que des courbes : courbe le sol, courbes, les colonnes. Les légendes restent à peu près les mêmes mais les théories varient !

De même, la statue chryséléphantine d’Athéna pour l’une a disparu à Constantinople, pour l’autre n’y est jamais parvenue. Peu importe la vérité historique, pourvu que l’imagination soit sollicitée.

L’Erechtéion est toujours mon temple préféré avec son olivier sacré, ses frises et ses caryatides. Cette année, je remarque la finesse des frises, palmettes lotus et gouttes si délicates. Le site est si riche que je pourrais revenir à nombreuses reprises, je découvrirais toujours un détail nouveau qui me ravirait. Les restaurations font apparaître de nouveaux monuments.

Que dire du Parthénon ?
Le ciel s’est couvert, pas de photos.

Musée de l’Acropole

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Le Musée de l’Acropole est pour nous, une découverte, il était fermé lors de notre premier passage.  Nous y trouvons un Parthénon archaïque insoupçonné, détruit par les Perses, avec son fronton spectaculaire présentant un démon à trois corps, la lutte d’Héraclès contre Triton et contre l’Hydre de Lerne, peint de vives couleurs. Les sculptures d’animaux, un taureau à terre dévoré par un fauve, sont impressionnantes. La très jolie collection de Corés me plaît bien. On pourrait imaginer une « histoire de la mode » ou de la coiffure. Comment varier à l’infini les plis de la chemise gaufrée ou des drapés, les galons bordant le péplos, les broderies…Je les aurais volontiers toutes photographiées. Mais c’est la fin de la pellicule.

Chef d’œuvre du Musée : la frise du Parthénon (tout au moins la partie que Lord Elgin a bien voulu laisser à Athènes). La finesse des détails anatomiques, les veines gonflées des chevaux ou des hommes est impressionnante. On voit la procession avancer, les porteurs d’eau, le bétail du sacrifice, les chevaux, d’abord au pas puis au galop, enfin l’un d’eux se cabre…

A la sortie du Musée, il fait presque froid. J’ai hâte de prendre mon sac, d’enfiler un sweat shirt et mon K-way. Nous redescendons à Monasteraki en traversant l’Agora. Je dépose les films chez le photographe, à 15H30, les photos seront prêtes. Je retourne à Omonia acheter  notre menu favori : feuilleté aux épinards pour moi et salade César pour Dominique.

Notre nouvelle chambre donne sur la grande place de l’hôtel de Ville ornée d’une belle fontaine moderne. L’Hôtel de ville est de style néo-classique.

Promenade Byzantine et ottomane

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L’Office de Tourisme Grec de Paris sous a offert un guide de promenades à thèmes. Nous décidons de suivre le circuit byzantin en prenant Eolou, rue piétonnière parallèle à Athinas, bordée de boutiques de vêtements de toutes sortes, chics ou ordinaires. Vers 16H, le samedi, c’est la fermeture : les rideaux de fer descendent sous nos yeux. Du circuit, nous ne visitons que deux églises : Kapnikarea du XIème siècle est fermée, la Petite Métropole XIIème aussi. Je m’y attarde pour examiner les décorations originales et éclectiques des murs extérieurs, remploi d’édifices antiques. Une fresque de procession païenne court sur le fronton de l’église. Pour lui donner un air chrétien on  a gravé des croix au hasard. Nous ne trouvons pas l’église suivante du circuit, tournons autour de l’agora romaine, passons entre les tables des tavernes. Il nous vient l’idée de planter ici les byzantins et de nous installer en terrasse. Par hasard nous avons glissé dans le « circuit ottoman », découvrons la porte de la medersa cachée dans la verdure. Nous prenons place dans un café devant la mosquée Fetihié avec vue sur la Tour des Vents. Café frappé et, ouzo  . L’endroit est calme, les serveurs de bonne humeur hèlent les passants en essayant de deviner le pays d’origine des touristes. Je m’installe pour dessiner. D va acheter des cartes postales et revient avec deux bracelets en argent à motifs de « grecques ». Le soir tombe. La lumière rasante avive les couleurs des maisons de Plaka.  Photos dans  une ruelle pittoresque qui n’a pas été rénovée. Un panneau prévient « attention au chien ». ce dernier sautera de son mur et attrapera mon pantalon. J’espère que la photo sera réussie avec le crépi jaune, les bancs traversant la rue, les balustres ruinés.  Retour le long de l’Agora jusqu’au métro ancien qui circule dans une tranchée.

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