Lire pour l’Afrique : Aminata Traoré – L’étau

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C’est un texte qui a plus de dix ans, publié en 1999. La situation a-t-elle vraiment changé? Ce texte est lié dans ma mémoire au film Bamako

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L’étau, c’est celui dans lequel son pays, le Mali, ainsi que tous les pays de l’Afrique de l’Ouest sont pris entre remboursement des intérêts de la dette et les exigences du FMI et des gouvernements occidentaux. Analyse magistrale d’une économiste, responsable politique qui étaie son raisonnement avec des chiffres quand il le faut mais qui écrit dans un style percutant. Je ne sais pourquoi, je ne peux m’empêcher de penser aux Damnés de la Terre de Frantz Fanon, un autre ouvrage militant qui a éclairé ma jeunesse et qui est toujours présent dans ma mémoire. Texte court, dense terriblement humain et en même temps vertébré par une analyse politique claire, analyse marxiste, même si l’auteur ne laisse que peu de place au système socialiste prévalant aux premiers temps de l’Indépendance. Analyse illustrée récemment dans le film Bamako plaidoirie à charge contre le Fmi. Dans le livre la vie quotidienne au Mali est laissée de côté.

En revanche tous les aspects du problème sont mis en lumière. La démocratie exigée par les bailleurs de fonds et fragilisée par les mêmes qui retirent au nom du Néolibéralisme toute autorité à l’Etat africain qui s’appauvrit, ne peut plus ni payer convenablement ses fonctionnaires ni même remplacer ceux qui partent n’offrant aucun débouché aux jeunes diplômés qui n’ont que l’exil comme avenir. Comment les « économies » sur le « train de vie «  de l’Etat encouragent la corruption et la gabegie. Comment, sous prétexte d’encourager les projets privés on dépouille l’état de tout contrôle sur le développement vidant ainsi les élus de toute initiative ou de tout contrôle. A quoi bon élire au cours d’élections démocratiques des gouvernements impuissants ?

Aminata TRAORE : L’Etau (Babel Acte sud)

Lire pour l’Afrique : LE CLEZIO : L’Africain

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Le Clezio est il un écrivain voyageur?
Un écrivain? Certes!
Et une voix nomade aux origines multiples et lointaines…

l’Africain, est-ce l’enfant qui jouait à la guerre aux termites mais qui craignait davantage fourmis que scorpions?

L’Africain, c’est  le père, médecin dans la brousse nigériane aux confins du Cameroun. Resté en Afrique pendant la guerre.
L’enfant, né en 1940, en France, ne le rencontrera qu’en 1948.
Portrait émouvant, illustré des photos anciennes sépia.
Afrique intouchée par la modernité où l’eau des rivières est très présente comme la forêt équatoriale.

Lucidement, la question de la colonisation n’est pas éludée, colonisation britannique différente de la française.
Afrique idyllique de la jeunesse et de l’enthousiasme du jeune couple que formaient ses parents au Cameroun avant la guerre.
Afrique plus violente au Nigéria où le médecin découvre que l’hôpital  fait partie du dispositif colonial et que l’exercice de la médecine est dur et souvent désespéré.
Enfin, analyse de la guerre du Biafra sans concession pour les puissances ex-coloniales.

Entre nos mains – film de mariana Otero

Est-ce un hasard? une coïncidence? les grèves, les manifestations, le feuilleton de Mordillat « Les vivants et les Morts », ce film qui raconte comment des ouvrières ont résisté aux licenciements en essayant de bâtir une SCOP. le peuple de gauche se réveillerait-il, redécouvrirons nous la solidarité après les années blin bling?

La réalisatrice donne la parole à ces ouvrières d’une usine de lingerie sous la menace d’une liquidation judiciaire. Au début elles sont perplexes. Se lancer ou non dans l’aventure. Rien n’est gagné. Persuasion, hésitations, elles parlent , elles se parlent, elles travaillent aussi. Jeunes vieilles, campagnarde ou chinoises ou Africaines.

Comme elles, on y croit à la SCOP. Si bien que le patron se  manifeste, propose un nouveau plan. Est-ce lui qui a torpillé le projet? Ou l’indifférence des grandes surfaces. « Mais où sont passés nos petits clients? » se demande une ancienne. On n’a pas fait le poulet ni invité les moines qui auraient chassé les mauvais esprits, se lamente une asiatique…

Mieux qu’un documentaire, un vrai film avec des personnages attachants!

Lire pour l’Afrique : Wole SOYINKA : Cet Homme est Mort

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J’avais envie de connaître le Nigeria, si proche de Pobé, quelques kilomètres, décrié par de nombreux Africains comme un Enfer sur terre. Pays très peuplé, fermé au tourisme pour cause d’insécurité et de violences.

L’auteur a écrit ce texte à la suite de son enfermement au secret pendant le conflit du Biafra, puis en 1983 après des meurtres de personnalités de l’opposition. Pour la couleur locale, il faudra se contenter de la description des postes de polices et des prisons. En revanche le texte est d’une portée universelle et peut être comparé aux écrits de Primo Levi. Comment un intellectuel, emprisonné au secret, sans accusation ni procès, sans aucun contact avec l’extérieur, ne rencontrant que ses geôliers, sans aucun repère temporel sans livres ni journaux peut garder sa dignité et sa lucidité. Sa seule lutte, sa seule résistance est la grève de la faim qui embarrasse au plus haut point le directeur de la prison.

Lire pour l’Afrique – Amadou Hampaté Bâ : l’étrange destin de Wangrin

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Je n’avais lu que des oeuvres autobiographiques de Hampaté Bâ : l’enfant Peul et Oui mon Commandant.

Hampaté Bâ assure que Wangrin a bien existé, qu’il l’a rencontré, qu’il ne fait que transcrire la vie qu’il lui a contée. Pourtant quoi de plus romanesque que la destinée de cet homme ? Voué au dieu Gongoloma Soké, le dieu des contraires de la ruse, il « fait Salam » (pratique l’Islam) et parle le français avec assez d’aisance pour commencer comme maître d’école « Moussé lékol », et rapidement devient interprète du commandant.

De cette position il tire profit de la guerre de 14, devient un escroc de haut vol, bâtit une fortune qui le hausse au dessus de pauvres colons blancs.

Wangrin a-t-il oublié sa prudence légendaire par orgueil ? A-t-il négligé le dieu Gongoloma, et le culte des ancêtres ? La femme blanche l’entraînera dans la déchéance, jetant par ignorance son  gris gris, et lui faisant connaître l’alcool…

Hampaté Bâ est un conteur merveilleux, enrichissant le récit par les expressions glanées aux griots, proverbes maliens, français pittoresque des tirailleurs… j’ai goûté aux trouvailles langagières en ne négligeant aucune note, en fin d’ouvrage. Cette lecture hachée d’allers et retours, aux notes ralentit à plaisir,  le récit que je n’ai pas hâte de terminer.

Carrefour entre les civilisations de tradition orale et la pénétration de la colonisation française. Rencontre des traditions animistes, de l’islam, et de l’occident chrétien. Wangrin maîtrise tous les codes, il peut flouer les rois et les chefs peuls comme les militaires français et même les juges à Dakar, il a aussi assimilé les mécanismes de l’enrichissement, du profit de guerre comme de la simple escroquerie…

Et pourtant le personnage a de la grandeur, une générosité immense qui lui vaut l’estime de tous ou presque, ses ennemis personnels lui livrent des guerres mythiques et pittoresques.

Hampaté Bâ    : l’étrange destin de Wangrin  (10/18)

Lire pour l’Afrique :Tidiane N DIAYE – L’Eclipse des Dieux -Grandeur et Désespérance des peuples noirs

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Tidiane N’Diaye trace une vaste fresque des « peuples noirs » qu’il commence avec l’histoire les premiers hominidés du Rift et qui va couvrir non seulement le continent africain mais aussi l’exil des traites esclavagistes, Atlantique mais aussi Arabo-musulmane moins connue, pour s’achever au 20ème siècle aux Etats Unis et à la Décolonisation.


Qui trop embrasse, mal étreint.
L’idée était peut être trop ambitieuse, dans la première partie, Préhistoire, les concepts sont parfois confus, l’utilisation des mots race et espèce ne correspondent pas vraiment à leur définition scientifique. L’auteur s’attarde peut être un peu trop sur la pigmentation de la peau des anciens Egyptiens. Quelle importance?


En revanche, je reste un peu sur ma faim en ce qui concerne les grandes civilisations africaines que j’aurais aimé mieux connaître et qui sont décrites un peu rapidement.

Qui d’autre nous aurait parlé des grandes constructions de granite du Zimbabwe, attribuée aux « Mines du roi Salomon » par les britanniques incapables d’imaginer des Africains bâtisseurs?


L’histoire de l’Éthiopie est également passionnante et millénaire.
Le Ghana forma un empire puissant au 9ème et au 10ème siècle, empire musulman aux souverains animistes. entrent en scène les Almoravides qui prirent Sigilmassa dont nous avons visité les ruines au Maroc.


L’Empire du Mali (13èm-14ème) fut aussi très brillant, l’auteur attribue même une première découverte de l’Amérique. On lui doit aussi la Bibliothèque de Tombouctou. Riche et lettré. Qui  l’eut cru en Europe encore au Moyen Age?
J’aurais voulu en lire plus sur Songhaï ou les Rois de Bénin….

les deux traites : Atlantiques et Arabo Musulmanes ne sont pas racontées d’un point de vue misérabiliste. Au lieu de victimiser les esclaves, Tidiane NDiaye insiste sur les révoltes, révoltes des Zendji à Bagdad (689 – 694-869…), des révoltes au Brésil conduisant à la République Libre de Palmarès, des révoltes aux Antilles.

pour finir, il livre une analyse originale de l’antisémitisme noir, du code noir, …

Si l’Histoire de la Traite Atlantique commence à être mieux connue, ainsi que l’Histoire de l’Esclavage, de la guerre de Sécession et plus tard des luttes pour l’égalité et contre l’apartheid, ce livre apporte un éclairage nouveau  non pas du point de vue européen mais du point de vue africain.

C’est aussi, pour moi, le but du voyage (même horizontal) décentrer l’observateur, examiner des faits connus d’un autre lieu, autre part.

Lire pour l’Afrique-J. Le Carré : Le chant de la Mission

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Quittons l’Afrique de l’Ouest pour nous intéresser aux richesses du Kivu.

En Afrique, les ressources du sous-sol sont parfois plus une malédiction qu’un bienfait.  Grandes puissances, multinationales, chefs tribaux, aventuriers se disputent le contrôle des minerais. Les territoires recelant les matières premières les plus stratégiques sont parfois le théâtre de guerres incessantes.

Il n’est pas indifférent que j’aie  choisi ce livre à la suite des troubles (quelle litote !) dans la région des Grands Lacs au Congo et à la suite de l’élection d’Obama. Les images vues à la télévision donnent un  coup de projecteur à cette fiction si proche de la réalité.

Le personnage principal est un interprète employé par les services de Sa Majesté, traduisant le Français, le Swahili et différentes langues parlées en Afrique de l’Est. On requiert aussi ses services dans des occasions moins brillantes comme au chevet d’un SDF mourant dans un hôpital londonien. Marié à une journaliste en vue, habitant un quartier agréable de Londres, le narrateur britannique est un sujet brillant, cultivé et élégant dans son smoking. D’ailleurs le roman commence dans une party où tout le gratin londonien est convié.

J’imagine Salvo sous les traits d’Obama. Métis, fils d’une congolaise et d’un curé irlandais, son histoire recèle une enfance africaine d’ »enfant caché » dans une mission catholique de la région des Grands lacs. Cette naissance illégitime donne une autre dimension au personnage.

Salvo se laisse donc entraîner dans une conférence secrète entre différents chefs de guerre et un étrange syndicat anonyme, multinationales ? Humanitaires ? Je n’ai pas envie de raconter l’intrigue, comme toujours palpitante, de ce roman d’espionnage dont Le Carré est vraiment le maître. Le choix  du héros,interprète auprès des « voleurs de son », donne une sensibilité particulière,  une attention au ton, au vocabulaire, aux bruits de fonds quand l’espion travaille sur cassette enregistrée.

Après la chute du Mur de Berlin, je me demandais où Le Carré situerait  ses intrigues . Toujours attentif à l’actualité, il a redéployé ses activités sur d’autres continents.

John LE CARRE : Le Chant de la Mission  Seuil 346p

Lire pour l’Afrique : Amadou Hampâté BÂ : Amkoullel, l’Enfant Peul – Oui mon commandant.

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C’est un vrai grand livre qui m’a emportée pendant des jours et qui me hante encore.

Les mémoires d’enfance  de l’écrivain remontent au début du 20ème siècle, à la colonisation française. La vie dans une ville du Mali est décrite dans les moindres détails.

Nous avons vu un campement Peul en sortant de la Réserve de la Pendjari, au Bénin. Huttes démontables de paille. Les commentaires de  notre chauffeur, Duran, nous laissaient penser que les nomades peuls « qui n’aiment pas se mêler aux autres », « qui ne s’intéressent qu’à leurs bœufs », étaient des sortes de gitans, nomades pauvres et déshérités. Rien ne laissait soupçonner la noblesse et la fierté des peuls.

Richesse de cette culture orale, influencée par l’Islam mais aussi par l’animisme !

L’enfant Peul apprend à lire dans le Coran, mais il apprend à vivre dans les contes des griots à la veillée. Le maître de l’école coranique trace des  lettres sur la planchette de bois puis la rince et fait boire à l’enfant l’encre qui a servi à écrire le texte sacré. Tout un symbole. Tandis que la circoncision est racontée comme une initiation de passage d’âge et non pas comme un cérémonie musulmane.

C’est aussi le récit d’une dynastie de princes et de rois de grande noblesse que je ne soupçonnais pas. Récit d’initiation dans des sociétés enfantines qui découvrent le monde des blancs.Cocasses questions d’enfants: concernant les cacas des blancs! L’enfant grandit alors que la colonisation s’installe.

Rencontre des cultures, rencontre aussi des traditions orales des conteurs et de la langue française qu’Hampâté Bâ maitrise admirablement.

Amadou Hampâté Bâ : Oui mon  Commandant

C’est la suite de l’enfant Peul.

 A. Hampâté Bâ a terminé ses études. Il commence sa carrière de fonctionnaire de la colonisation française en Haute Volta à Ouagadougou en bas de l’échelle. Le livre commence donc par son voyage à travers le Mali jusqu’au Burkina. Voyage surveillé par un garde, il est presque prisonnier, voyage à pied, en pirogue, à cheval à travers l’Afrique Occidentale française.

L’auteur raconte ses débuts comme commis. Il se fait apprécier par son travail sa probité et sa personnalité. Il n’est pas le fils d’un roi pour rien. Dans la ville où son père a régné, il détient même pendant un certain temps l’autorité que seul un blanc peut exercer.

Il raconte avec fidélité les déboires d’un africain employé par la colonisation, administrateurs médiocres parfois corrompus, parfois militaires incompétents, parfois d’ancienne noblesse derniers aventuriers de la 3ème République,…parfois ridicules, toujours profondément humains. Bâ se « convertit » à l’Islam, à un Islam exigeant, empreint de spiritualité soufie. Jamais, il n’est intolérant si borné.

 

Lire pour l’Afrique : Orsenna : Madame Bâ, Fatou Diomé: le Ventre de l’Atlantique

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Je ne me suis jamais tellement intéressée au football. Tout le  battage médiatique autour de ce sport m’ennuie. Mais c’est au cours de mon premier voyage « africain » au Cap Vert que j’ai mesuré la joie que le foot donnait au gens. Nous étions arrivées à Sal un jour de Finale gagnée par le Brésil et c’était la fête!j’ai donc reconsidéré mon dédain….

Erik ORSENNA : Madame Bâ

Madame Bâ est une forte personnalité. Elle envoie au Président de la République française une requête pour un visa refusé. Elle veut aller en France pour retrouver son petit fils enlevé par des entraîneurs de foot peu scrupuleux venus en Afrique dénicher les talents prometteurs. Le livre est astucieusement construit selon les items du formulaire de demande de visa, Etat civil, profession, enfants… tout la vie de madame Bây passe :  fille de forgerons Soninké, instruite, institutrice,mariée à un  trop beau Peul, nomade–cheminot …. Orsenna est toujours très sympathique, il dénonce, il raconte… les meilleurs sentiments ne font pas forcément les meilleurs livres. C’est un livre très agréable à lire, bien documenté qui  manque peut être de souffle. D’autant plus que je venais de lire le livre du  Amadou Hampâté Bâ , la comparaison nuit à Orsenna.

Fatou DIOME : Le Ventre de l’Atlantique

Fatou Diomé est sénégalaise et vit en France. Le roman est il autobiographique ?

La narratrice regarde les matches de foot pour pouvoir les raconter au téléphone à son petit frère qui rêve de venir jouer en Europe. Des chapitres entiers sont donc consacrés à ce sport et ce n’est pas le plus passionnant. Dans la petite île sénégalaise, les Africains essaient de regarder le match quand la télévision marche. Tous ont un rêve : immigrer dans cette France racontée par les immigrés qui sont rentrés au pays. Et le foot leur paraît la solution rêve de s’enrichir…Orsenna a déjà traité cette thématique dans Madame Bâ.  Et, avec beaucoup plus de talent.

Un homme qui crie – film tchadien de Mahamat Saleh Haroun

Un film tchadien sélectionné à Cannes, c’est un évènement à ne pas rater!

Adam, ex-champion de natation exerce la fonction de maître nageur dans un hôtel de NDjamena, la piscine, c’est sa fierté, sa vie, dit-il.

A l’occasion  du rachat de l’hôtel par des Chinois Adam doit céder sa place à son fils Abdel et se retrouve dégradé au rang de garde-barrière. il n’est pas seul, son ami cuisinier est licencié. Adam n’accepte pas ce remplacement. Le face à face père/fils est ambigu, un autre verrait peut être cette passassion de témoin comme naturelle, lui non.

L’action se déroule aussi dans un contexte de guerre qui gronde autour de la ville. Un notable du quartier suggère, ordonne peut être à Adam de donner son fils à l’effort de guerre. Rien n’est dit, mais on devine qu’Adam a cédé.

A-t-il livré ce fils devenu un rival?  A-t-il cédé à la pression? Aurait-il du intervenir quand les soldats sont venus chercher Abdel? Lacheté devant la force ou pire?

je me suis interrogée sur le sens du titre. Justement Adam aurait peut-être dû crier tant qu’il était encore temps. C’est la critique du Monde qui m’a révélé  l’allusion à Aimé Césaire « Un homme qui crie n’est pas un ours qui danse »

J’avais aimé Daratt, saison sèche du même réalisateur (2006), la vengeance du fils  avait une dimension de tragédie antique que n’atteint peut être pas Un homme qui crie. J’aurais souhaité louer le chef d’oeuvre comme Daratt, j’ai trouvé des longueurs, peut être pas assez de rythme dans le montage. Certaines scènes sont mangifiques : la fin poignante après l’errance de la mto et du side-car