Samos : Pythagorio – Tunnel d’Eupalin

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Le tunnel d’Eupalin, cité par Hérodote comme une merveille, est un aqueduc souterrain. Il y règne une agréable fraîcheur. Je suis transportée dans le Naples souterrain où j’ai visité de telles installations. Pour arriver au tunnel situé au dessus de la ville  (logique, l’eau vient de la montagne) nous avons traversé tous les restes de l’ancienne Samos. Il fait une chaleur écrasante et nous n’avons plus l’esprit disponible pour imaginer ici le Stade, plus loin le Théâtre.

Samos : Pythagorio, moni Panaghia Spillianis

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Nous terminons la visite de Pythagorio par la Panaghia Spillianis : la Vierge des Grottes : monastère blanc éblouissant où nous faisons une étape rafraîchissante (eau fraîche en bouteille vendue par un pope) devant un panorama étendu.

Puis on descend dans la grotte bien froide et bien glissante. Nos guides invoquent une certaine Phylo qui y délivrait des  oracles ou un culte très ancien des nymphes des sources. La réalité est plus orthodoxe : au fond de la grotte une chapelle. Les Grecs embrassent les icônes et essaient de recueillir l’eau qui suinte. Le pope vend des biberons destinés à cet effet.

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Pour rentre nous prenons la « grande route », celle de Karlovassi. Nous passons devant d’importantes installations militaires (la Turquie est proche). Pour pique-niquer nous montons au village de Mavratsaloi et trouvons un peu plus loin une magnifique église de pierre simple, pas peinturée. Nous nous installons à l’ombre de ses cyprès devant un panorama étendu

Samos : musée de Vathy

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La tempête ne s’est pas calmée. Toute la nuit le vent a soufflé si bien qu’on a dû fermer volets et vitres et qu’on a dormi en pyjama sous les draps : une première en Grèce !

Nous reprenons la route de Vathy par Karlovassi et trouvons les premières vignes au col. En écrivant j’affine mes observations et je les corrige.

Nous achetons nos billets de ferry pour Chios : dimanche 13h20 (13,5€) sur le Ierapetra. Nous sommes bien contentes d’être sur ce gros bateau nous ne sentirons pas les creux !

Le musée de Vathy, l’Hôtel de Ville et l’Eglise Saint Spiridon forment un ensemble néo-classique : la « Trilogie samienne » datant de « l’Hégémonie » 1832-1912. Un jardin public donne un air de petite ville à la capitale de l’île de Samos.

 

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Le Musée contient exclusivement des objets provenant de l’Héraion. Nous trouvons avec plaisir les belles Korês vêtues du chiton et de l’himation si finement plissés. Nous apprenons un »truc » : les sculpteurs ont inscrit le nom des jeunes filles sur la bordure du vêtement verticalement et sur la cuisse des jeunes hommes nus. La prochaine fois que nous verrons des sculptures archaïques nous pourrons déchiffrer leurs noms ! L’une des plus belles korês a sa jumelle au Louvre : la « Héra » de Cheramos. Il faudra aller lui rendre visite !

Les statues originales du groupe de Génélos sont beaucoup plus belles que les copies vues mardi. Nous les retrouvons avec plaisir. Elles portent leurs noms gravés. Ce détail leur confère une certaine intimité. Philippé et Ornithé en compagnie de leurs parents prennent de la consistance. Il n’est pas indifférent leur mère soit assise droite sur un bon fauteuil tandis que le père est dans la position du banquet.

La statue la plus spectaculaire est celle du Kouros. Difficile d’imaginer un tel colosse d’après les photos du livre. Il faut être confronté à lui. Le marbre de Samos aux veinures grises souligne le volume des fesses de façon surprenante. Le visage du Kouros a un sourire énigmatique comme celui des bouddhas asiatiques, bien différent des visages classiques.

Dans le vestibule d’entrée du bâtiment ancien en marbre blanc et gris de Samos se tiennent cinq statues d’époque hellénistique : Héra la plus grande au vêtement ample et au drapé majestueux. La joueuse de cithare est la plus gracieuse, de loin on la croirait accoudée à l’escalier bien qu’elle ait perdu ses avant- bras qui devaient tenir son instrument. A l’étage, les vitrines contiennent des objets divers. Les objets de bois ont été conservés dans le sous-
sol humide des marais. Les bronzes sont tout à fait étonnants. Certains sont l’œuvre des chaudronniers de samos : petits personnages et figurines d’animaux, cavaliers… les plus surprenants sont les griffons ornant des chaudrons. Je les aurais imaginés chinois. D’autres objet sont exotiques : mésopotamiens, syriens, égyptiens. Ils montrent l’extension des relations commerciales de Samos. La salle suivante expose des petits objets très divers, ex votos et offrandes à Héra : ivoires, poteries, bronzes provenant de Chypre, de Crète et même d’Andalousie. Un petit lion avec sa crinière en collerette est amusant, un autre lion égyptien est de toute beauté. Nous pourrions rester des heures à inventorier toutes ces sculptures à rechercher leurs provenances à trouver des ressemblances….Des efforts de pédagogie ont été faits dans les salles du rez de chaussée en regroupant les offrandes par provenance ; certaines sont modeste : un morceau de stalactite, du cristal de roche, du corail. Chacun sacrifie à la déesse selon ses moyens. La dernière salle est celle des céramiques (assez fruste). Nous n’avons plus la patience de les examiner avec soin.

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Cette visite peu de temps après notre découverte de l’Héraion nous a ravi.

Dans le jardin du Musée un café (qui fait aussi cybercafé) a installé ses tables sous un store blanc ou sous des parasols blancs à l’ombre des grands arbres. Deux fontaines contribuent à la fraîcheur : l’une d’elle toue simple est une jarre renversée l’autre plus sophistiquée porte une statuette de bronze. Je commence à dessiner : les terrasses de café sont riches de sujets : tables et chaises, verres, mais aussi consommateurs palmiers et jacarandas…Peu de touristes, de nombreux hommes peut être venant de la Mairie toute proche. Une table d’une dizaine de notables aux cheveux blancs, lunettes noires. J’aime beaucoup les terrasses des cafés. Elles ont été longtemps réservées aux hommes mais les femmes commencent à y trouver leur place. Surtout si on est touriste.

Dans les environs les rues ont commerçantes, boutiques de mode mais aussi d’alimentation, poissonneries et boucheries qu’on ne voit pas dans les villages où viandes et poissons sont congelés.

Samos : la pointe Est de l’île

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La circulation s’organise dans l’île de Samos autour d’une route principale circulaire reliant Vathy, Karlovassi et Pythagorio. Sur le versant nord elle longe la côte tandis q’au sud elle traverse la montagne à mi pente. Des petites routes et des pistes relient les villages. Vers la pointe Nord Est il y a peu de villages et pas de routes.

Moni Zoodochos Pigi

Nous partons à l’aventure vers deux  monastères : Moni Zoodochos Pigi et Moni Aghi Zoni. Nous montons dans l’agglomération de Vathy avec pour cap Moni Zoodochos (ma carte est fausse). Un panneau marron « théâtre » nous tente, nous entamons une descente qui n’en finit plus sur  une piste cimentée qui retourne probablement à Vathy. Au bout d’un kilomètre nous rebroussons chemin. A force de nous égarer nous arriverons à la chaleur, sonnées, pour ne pas profiter de la visite.

La pointe Est à l’écart de la circulation générale est beaucoup plus sauvage. Les hauteurs sont plantées de magnifiques forêts de pins. La route en corniche est étroite. Pourvu que personne ne survienne dans l’autre sens on ne pourrait pas se croiser. Entre les pins les échappées sur la mer sont magnifiques. Une petite île ponctue un golfe bleu profond frangé de turquoise. Quelques barques sont amarrées dans une crique. Tentation de baignade, mais comment y parvenir ?

Le monastère est précédé d’un pin parasol géant. Longue bâtisse crépie de crème au toit de tuiles où dépasse la coupole de l’église et des cyprès. Construite en 1756 devenu monastère au 19ème siècle elle domine le Détroit de Mycale « mesurant 7 stades » où se déroulèrent des batailles navales 479 av JC contre les Perses et en 1824 pendant la révolution grecque. Le monastère ferme à 13h 30 pour ne rouvrir que de 18h à 19h. Décidément nous n’avons pas de chance avec les visites de monastères. Notre déception est minime : nous ne venons pas faire nos dévotions. Les édifices récents sont décevants. Les fresques se ressemblent toutes. Seules les fresques anciennes me touchent.

Le site est remarquable, la nature intacte, la vue plongeante. Bon endroit pour un pique-nique : nous mangeons nos feuilletés.

Impossible d’aller lus loin : terrain militaire « pas de photos ». Cette interdiction de photos me paraît bien dérisoire à l’époque des satellites de Googlearth !

Une plage idéale!

Pour arriver à la petite crique nous retournons au lieu-dit Kamara, loupons l’embranchement et nous retrouvons devant l’autre monastère Aghios Zonis en chantier. La piste se trouve à Kamara. Un petit kilomètre plus loin : LA BAIGNADE IDEALE. Quelques tamaris sous lesquels on peut s’installer, une cabine pour se changer, rien d’autre pour défigurer la petite plage. 4 ou5 voitures sont dispersées sous les arbres. Deux silhouettes dans l’eau me rassurent. Sandalettes plastiques aux pieds, masque sur la tête, je plonge avec délice d&ans l’eu cristalline pour découvrir après un passage de gros galets et une frange incertaine une prairie de posidonies sur le sable fin blanc. Les herbes marines sont clairsemées. Elles ressemblent à du riz qu’on viendrait de repiquer. De temps à autres une touffe épaisse de longues lanières foncées : des algues. Des poissons broutent paisiblement. Un banc de très petits allongés,  transparents m’entourent. Toutefois, il faut nager vigoureusement. L’eau est agitée par des rafales. J‘ai peur de me laisser emporter. Je balise mon espace. Ici, une ancre de bateau, là-bas une grosse touffe. La tête dans l’eau à regarder les poissons, je perds la notion du temps. L’eau est fraîche mais pas froide. Je serais restée plus longtemps n’étais-ce la fatigue de nager à contre-courant. La douche est squattée par les frelons. Je n’empiète pas sur leur territoire et préfère garder le sel sur ma peau.

Samos : route vers l’ouest jusqu’à Drakei

 

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Quelle belle promenade  sur la route en corniche à la pointe ouest !

oliviers

Dépassant la jolie plage de Limionas avec ses villas de vacances, nous arrivons dans une région encore sauvage où les oliviers forment l’essentiel de la couverture végétale. Certaines oliveraies sont bien entretenues, arbres taillés récemment, seulement quelques graminées sèches . D’autres laissent à désirer. Les buissons de pistachiers, les genêts envahissent la colline en une broussaille  abondante. Certains secteurs ont brûlé il y a bien longtemps. Les branches calcinées sont devenues gris argenté. L’olivier est vivace ; De sa souche poussent des rejets vigoureux qui n’attendent qu’à être taillés à nouveau pour régénérer un nouveau verger. Je vénère les oliviers qui symbolisent l’essence le la vie : huile nécessaire à la cuisine qui alimente les mèches des lampes depuis l’Antiquité et jusqu’à maintenant en Grèce dans les chapelles. Olives qui agrémentent les repas ; du pain, quelques olives, un oignon et du fromage suffisent au repas du paysan depuis la nuit des temps.

Je marche dans la fraîcheur du matin dans les stridulations des cigales d’un bon pas. Beaucoup plus bas, la mer bleu marine agitée de rides mouvantes de crêtes d’écume blanche. Sur un épaulement d’une colline, un village aux maisons groupées. Les toits de tuiles rouges contrastent avec le gris argenté des oliviers. De temps en temps, un caroubier fait une tache verte soutenue. Des îles se détachent du miroir de l’eau, violettes.

Sur l’horizon, au loin, mauves, les côtes turques ou peut être une autre île plus lointaine ? Vers le nord, encore des îles. L’une d’elle est assez proche pour qu’on y distingue des villages : Ikaria ou Patmos ?

En marchant, on remarque des détails insaisissables de la voiture : les tiges encore vertes des fenouils, les minuscules fleurs mauves.

méditation de la promeneuse solitaire

La fréquentation des îles, les parcours en ferry me font appréhender autrement l’histoire de la Grèce. Je comprends mieux comment ces marins naviguaient d’île en île. Sur la Mer Egée elles sont si nombreuses que même les embarcations antiques pouvaient aller de Sicile en Mer Noire essaimer des colonies. Je comprends aussi mieux la présence grecque en Asie Mineure. A Samos nous sommes si près d’Ephèse, de Milet, Didymes et  Priène.

Kalithéa

Nous sommes surprises de voir tant de maisons à Kalithéa, on se croyait au bout du monde. A la recherche de d’un pique-nique je ne trouve que deux cafés tenus par des vieilles toutes de noir vêtues. Assis chacun à sa table, un bâton noueux devant lui, des vieillards me dévisagent d’un air ahuri comme des hiboux que j’aurais tirés de la nuit. Je bredouille quelques mots en grec. Une vieille serviable me conseille d’aller à la plage. Il y a là-bas une taverne.

–    « tu mangeras tout ce que tu souhaites ! »

Après Kalithéa, il y a encore un hameau : Drakei. Les imprudents qui s’aventurent en voiture doivent faire une marche arrière de plusieurs centaines de mètres avant de pouvoir faire demi-tour. Une jeep recule déjà. Une dame en noir  nous fait signe de partir. Nous ratons la petite route qui mène à la plage de Karavi.

Samos : Varsamo, « snack-rooms » au bout de la piste…;

 

 

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En dessous de Kalithéa, nous voyons un petit port avec des barques quatre ou cinq maisons, des voitures. Comment y descendre?

Un écriteau prometteur indique « Varsamo – Snack bar- Rooms », un peu rouillé. La route est cimentée, bien étroite, bien en pente quoique tout à fait carrossable. Il ne faudrait pas que les freins lâchent. Pourquoi lâcheraient-ils, la voiture est neuve ! Par prudence on descend en 1ère pour profiter du frein moteur. Un embranchement : l’autre route mène sans doute au petit port. Varsamo est sur la gauche. Une glissière métallique sécurise la piste. Au bout de deux kilomètres de descente nous arrivons à une crique entre deux falaises toutes blanches. Personne, la mer est agitée. Seule je n’ose pas aller à l’eau.

Nous reprenons la piste dans l’idée d’aller au petit port aperçu d’en haut et nous prenons une bien mauvaise piste. De toute évidence il faudrait un 4×4. On préfère reculer. J’essaie de guider à pied. Je ne dois pas être très efficace !voilà que la roue arrière droite est perchée sur un rocher qui dépasse tandis que la roue avant gauche patine dans l’ornière remplie de cailloux, chasse les pierres et se retrouve tournant à vide sur une roche lisse comme du marbre. Impossible d’avancer. Impossible de reculer. On essaie de combler le trou à l’avant ; sans succès ; il faut chercher de l’aide.

Au snack bar, il n’y a qu’une jeune fille qui ramasse des galets et deux dames très vieilles habillées de noir. Entre temps une Hyundai comme la nôtre est arrivée mais ses occupants sont dans l’eau.

Enfin passe notre sauveur. Un pick-up Toyota beige conduit par un Grec qui ne comprend rien de ce que je tente de lui expliquer :

– « avtokinita provlima ! »
– « pou hiné ; »

Je montre la voiture blanche à travers les taillis. L’homme veut aller « à l’hôtel ». La jeune fille en rouge sert d’interprète. Je lui explique :

– «  la roue avant : une pierre, la roue arrière, une pierre »

par la même occasion j’apprends un mot nouveau « petra » j’aurais pu m’en douter. La jeune femme me demande le nom de la compagnie de location pour leur téléphoner d’envoyer la dépanneuse.
J’insiste :
–  » la voiture est tout près. Les pierres ne sont pas si grosses. La voiture est petite. »

Intérieurement je rêve que le Monsieur costaud soulève la voiture. On nous l’a déjà fait au Portugal avec la coccinelle bien plus lourde.

Tout le monde se met à guider : la jeune femme et une dame en noir font signe d’avancer. Le monsieur voudrait qu’on recule. Il crie toute sortes de commandes en Grec :
–  « Pros !pros ! » cela veut dire en avant !

Evidemment on n’y comprend rien. Le Monsieur crie. Les dames font des gestes contraires.

Finalement la voiture s’ébranle, perchée sur son rocher, elle finit par en descendre dans une forte odeur de brûlé. On retourne à l’hôtel. Il faut que la Hyundai refroidisse. Nous voulons remercier notre sauveteur et lui offrir quelque chose. Ce n’est pas de refus ; Sans hésitation il demande une bière. Pour remercier la patronne on commande pour ous un nescafé frappé et un ouzo avec de la glace et beaucoup d’eau. La glace ce n’est pas possible. Elles n’en ont pas. Le Nescafé arrive, mousseux à souhait. Il me semble que je n’en ai jamais bu d’aussi crémeux. L’ouzo tarde, on se demande bien pourquoi. C’est qu’il ne vient pas seul mais accompagné de pain d’anchois et de concombre.

Entre temps, toujours pour remercier, je demande s’il y a des chambres à louer. Oui, il y en a deux. Elles occupent la troisième. Je leur promets de faire un article sur Internet. Violetta a un ordinateur à son travail à Athènes. Elleira voir les photos . Elle me dicte ce que je dois écrire :

l’hôtel est tenu par 3 générations »

Violetta, sa grand-mère, sa mère et sa sœur qui est la patronne mais qui se trouve aujourd’hui à Karlovassi. Dans les chambres, il y a un grand lit, un frigo, un évier et des plaques électriques. La salle d’eau carrelée est impeccable. Le prix varie selon la saison : 30€ en août, 25€ les autres mois. C’est raisonnable. Elles me montrent aussi la carte du restaurant. Les prix sont plus bas qu’ailleurs malgré l’isolement. Après avoir pris toute une série de photos nous prenons congé. La remontée sera en douceur avec une étape au bout d’1km.

Nous retrouvons la jolie plage de Limionas. Les deux tavernes ne vendent ni souvlakis ni calamars. Dans le premier, musique cubaine, patron baba, il n’y a que des sandwiches. L’autre est un restaurant gastronomique, pas le genre « à emporter ». Au petit supermarché je trouve une boite de tzatsiki et des glaces. La baignade est toujours merveilleuse. Je retrouve mes « jardins » de posidonies et d’algues.

Samos : la grotte de Pythagore

 

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A la sortie de Votsalakia, après les loueurs de voitures, les magasins de souvenirs et les bars proposant de la bière danoise, après les dernières maisons, se trouve un chemin qui se dirige vers la montagne : « Pythagoras cave » . Cette route n’est répertoriée sur aucune de mes cartes. La grotte figure sur des endroits différents selon l’édition.

Comme nous n’avons pas de projet précis pour la journée nous suivons cette route qui s’enfonce dans les oliviers. Des théories de familles germaniques avec chapeaux, sacs à dos, gourdes et enfants.. avancent sur la piste. Ils ont sans doute acheté le guide Sunflower que j’ai négligé(19€)Vu l’âge des enfants, la randonnée ne doit pas être si difficile, 3 km selon un panneau.

Je m’élance hors de la voiture sans trop réfléchir, sans eau, mais avec mon téléphone et mon chapeau. La piste est cimentée,  traverse des oliveraies et se trouve à l’ombre aux petites heures du matin. Malgré la montée, j’adopte un rythme soutenu. Je me suis fixée ¾ d’heure. Je dépasse rapidement les familles et un couple qui herborise thym et herbes sèches. Pas le loisir de me livrer à des méditations comme hier. Pas de paysage à interpréter. J’avance entre deux murailles arides, falaises presque verticales, où s’accrochent à grand mal des broussailles épineuses. De loin, je pense à du calcaire. Peut être est ce du marbre ? La géologie de Samos est restée un mystère après une semaine d’exploration. Le massif de l’est est la Montagne de Kerris et culmine à 1444m plus à l’ouest le mont Menegaki, entre les deux un creux ravin. A proximité,  j’ai repéré des affleurements de schistes mais aussi d’argile rouges, vertes, violettes sur la route qui contourne la montagne pour aller à Drakei. Devant tout ce fatras de couches je conclus que je n’ai jamais rien compris au métamorphisme et que ce n’est pas ici que je vais commencer à comprendre.
D’ailleurs je ne réfléchis pas, j’avale la pente, reprenant mon souffle là où l’ombre est plus épaisse sous un caroubier. Ne pas s’arrêter même si la pente varie. Une jolie chapelle blanche et bleue est blottie à la sortie des oliviers Ensuite, plus d’ombre, des genêts, des cistes, des buissons de lentisques.

J’arrive dans les temps à 9H10 à la fin de la piste. Pas de caverne ! Un bar. Sur le côté, des marches ont été construites avec de belles dalles de micaschiste vert. Elles montent droit dans la montagne. Une gracieuse arche naturelle relie un piton rocheux à la paroi. J’arrive à une nouvelle chapelle. Les marches continuent bien plus hautes, chaulées. Heureusement, il y a une rambarde. J’ai une appréhension : serai-je capable de les descendre ?

La grotte est une grotte comme celle de ST Anthony, plus profonde. Je suis soulagée d’être arrivée. J’envoie un SMS victorieux. Il est 9h40.
Le but n’a rien d’extraordinaire, mais c’est la récompense. C’est l’attente, le désir d’arriver qui donne le prix. Pour ceux qui sont montés en jeep jusqu’au bar pour monter simplement les marches cela peut paraître décevant.

Samos : petite crique à l’ouest en dessous de Paléochori

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Maintenant, il faut trouver une plage.

Il faut croire que l’aventure de Varsamo ne nous a pas suffi !

Nous reprenons la route de la pointe Ouest et descendons à Paleochori qui est le petit village perché que j’ai photographié hier tassé sur son épaulement à l’avant des îles. Une piste est fléchée « Plakia ». C’est la plage que nous avons cherchée hier. Une voiture gris bleu nous suit. C’est rassurant. Si on retombe en panne, on pourra chercher du secours !

D’en haut, on voit une toute petite plage avec une voiture vert pomme. La piste est cimentée dans les passages abrupts. Il faut faire confiance à la Hyundai. En première, avec beaucoup de craintes, on finit par arriver. La meilleure place, à l’ombre de quatre vieux arbres noueux, ils l’ont prise pour leur voiture. Ils ont tendu une sorte de velum entre 4 piquets.

Les bourrelets ont raison!

Ce sont des naturistes. Monsieur, avec sa quequette à l’air, les fesses et le bide qui dégoulinent. Madame est en slip seins et bourrelets débordant. Ils sont là pour être tranquilles. Nous aussi ! Evidemment s’ils étaient plus décoratifs…mais j’ai horreur de cette dictature de la minceur. Les bourrelets ont donc raison !
Il suffit de regarder ailleurs.

une crique merveilleuse!

L’endroit est vraiment magnifique. Un îlet émerge devant une île violette.  Les petites vagues déferlent sur les galets. J’entre avec beaucoup de précautions dans l’eau jusqu’aux genoux. Elle est d’une transparence absolue. Un platier est cimenté naturellement. Il porte tout un revêtement d’anémones de mer, d’oursins, d’algues, une mousse orange (éponges  ou des coraux) moi j’aurais aimer pousser plus loin mais je ne suis pas téméraire.

Je sors mon cahier moleskine. Le cadrage s’impose : les conifères torturés encadrent le dessin. Ils ressemblent à des genévriers (des genévriers en arbre est ce possible ?). A l’horizon, l’île violette, sur les bords, des rochers. Je dessine avec beaucoup de plaisir pour retenir un peu de la beauté de cette crique. Seule ombre au tableau : comment se comportera la voiture à la remontée ?

une apparition

Au moment où nous nous préparons à partir un beau bateau blanc s’avance majestueusement : je déchiffre LANE : c’est notre bateau le Ierapetra. Il fait route vers Rhodes. Demain, il repassera ici vers midi pour être à Vathy à 13h20 et nous embarquerons. Passage fugace, le temps d’une photo. Le Ierapetra disparaît.

De l’audace!

Pour remonter il faut adopter une conduite audacieuse : ne pas temporiser avec les cailloux, foncer. Ne pas donner aux roues l’occasion de patiner. Avancer le plus vite possible. Il ne faudrait pas qu’un autre véhicule vienne à notre rencontre. Avec cette nouvelle stratégie, la Hyundai grimpe vaillamment et sans chauffer. Nous nous retrouvons au village sans nous en rendre compte. Il a fallu négocier les virages en épingle à cheveu. Là aussi de l’audace, de l’audace !

de Samos à Chios sur le Ierapetra et arrivée à Thiminia

en mer

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Sur le Ierapetra nous retrouvons les mêmes marins. Nous mettons les valises à la même place . Nous avons nos habitudes ! La traversée n’est pas longue : 3h.
La première heure se passe à regarder s’éloigner Samos. Le bateau passe entre des îles que je ne sais nommer qui se profilent, mauves sur la mer bleu foncé. Sur tribord, une côte basse et aride, des éoliennes, des villages tirés au cordeau. Est-ce Chios ? Bien plat bien désert. Nous fonçons droit sur une ville au pied de montagnes bien découpées. La Turquie ? Nous avons tout faux : les villages modernes formant des quadrilatères sont turcs. La haute montagne est à Chios.


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Thimiana, Fannyrooms
La maison est magnifique, en belle pierre de taille un peu bosselée de grès rose de plusieurs tons.  La cour est pavée,  rose et rouge, en harmonie avec le grès. Des arbres variés : albizzia  rose en fleur, un cyprès, un haut peuplier, des massifs d’hibiscus. De nombreuses plantes en pot, des géraniums…
Les abords sont très sympathiques mais la chambre est exiguë. Fraîche, mais exiguë.
Pas de cuisine non plus. Il y a bien une cuisine extérieure sous l’escalier, mais interdit de cuisiner.

Contre mauvaise fortune, bon cœur !

L’intelligence étant la capacité de s’adapter à un nouvel environnement, on va s’adapter, je range, je finis bien par trouver une place pour chaque objet indispensable, y compris en rangeant les couverts et le sucre dans le frigo.
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La seule épicerie ouverte lee dimanche à Thimiana nous fournira l’eau en bouteille : l’eau est saumâtre à Chios, des yaourts du petit déjeuner, les croissants mais pas les oranges.
Au restaurant, pour  15€, j’achète des souvlakis de porc et de la seiche dans une sauce délicieuse servie avec du riz dans un paquet. A retenir « paqueto » !

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Nous terminons la soirée autour de la table dans le jardin. Il fait un temps délicieux, vent frais et douceur d’été.

Chios : visite de la ville de Chios, citadelle

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Journée d’adaptation : nous allons à Chios à l’Office de tourisme et sur le port acheter notre billet de ferry pour Lesvos. Ensuite nous visiterons la ville.

La route de Thimiana à Chios passe entre les grands murs de grès du Kampos enfermant les belles propriétés et les vergers.

Chios
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D’abord se garer. Il y a une circulation infernale : un gros paquebot de croisière à quai. Les policiers municipaux détournent tout le trafic pour permettre aux passagers de descendre directement dans la file de taxis de luxe qui les attend. Nous trouvons une place de parking le long du jardin public. Nouvelle ville, nouveaux usages. Il faut acheter une carte de parking au kiosque périptère. On coche ensuite au stylo bille le mois, le quantième, le jour de la semaine et l’heure d’arrivée. C’est désuet et charmant.

L’employée de l’Office de Tourisme parle français. Elle nous donne des prospectus en anglais et en allemand (on renonce à ceux en turc) mais ne nous aide guère. Seul renseignement : il y aura vendredi soir une fête dans un village. Pour acheter les billet sur le Samothraki qui part dimanche à 13h, il faut aller à l’Agence Kanaris (si on avait voulu reprendre le Ierapetra on serait arrivées à 22h à Mytilène, cela aurait été dans une autre agence).

Mastic

L’agence Kanaris se trouve à côté de la boutique de Mastic. Le mastic est la spécialité de Chios. Je connais depuis longtemps le lentisque (Elat mastic) comme arbuste de la garrigue méditerranéenne. J’ignorais les propriétés de sa résine.
Bizarrement, cette résine ne cristallise naturellement qu’à Chios et nulle part ailleurs. Cette ressource originale est utilisée pour différents usages : pour le raki, la confiserie, la parfumerie. Du temps des Ottoman elle a conféré à l’île de Chios des privilèges. Actuellement les produits dérivés sont nombreux, entre autres une boisson gazeuse, toutes sortes de produits de beauté. Nous achetons du dentifrice au mastic qui a très bon goût (les romaines utilisaient des bâtonnets dentaires au mastic) (6€) et du lait hydratant au mastic – pépins de raisin- huile d’olive et thé vert (17,30€) Ce n’est pas un caprice. Sur le bateau, nous avons constaté que bras et jambes se desquament et que nous avons des écailles comme un vieux lézard en train de muer.

Citadelle

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La citadelle est toute proche. On entre dans les murailles épaisses par une arche – presque un tunnel – qui nous conduit à l’ancien donjon signalé par une plaque qui raconte qu’en 1822, 74 citoyens grecs y furent emprisonnés et exécutés.
A côté, le Palaki – palais Giustiani- la famille génoise qui a gouverné l’île pendant des générations. Le « Petit Palais » se visite, c’est un musée byzantin, fermé le lundi.
Nous suivons le guide vert. Nous passons devant une petite galerie d’Antiquité qui vend des icônes (pas terribles), des vieux pistolets et des armures miniatures. Sur la petite place se trouve un minuscule cimetière turc. Les pierres tombales sont verticales, plantées dru les unes à côté des autres. Au fond le sarcophage du chef de guerre turc tué par l’amiral Kanaris.

Les ruelles de la citadelle sont étroites et tortueuses. Les maisons à encorbellement, un peu comme les maisons ottomanes de Rosette, ont des avancées en bois (mais pas de moucharabieh) ici : des volets. Après les massacres de 1922, seuls les turcs et les juifs avaient le droit d’habiter dans la place forte. Maintenant, la ville close a u n charmant aspect d’abandon avec beaucoup de jardins et surtout des plantes en pot. Bien qu’on soit en pleine ville dans un endroit où la construction est dense, il y a des fleurs partout : géraniums, citronniers et tant d’autres. Certaines maisons tombent en ruine, d’autres sont en restauration. Les artisans travaillent en pleine rue, les menuisiers ont tiré le bois de charpente, une grande boulangerie embaume. Nous trouvons par hasard, au fond d’une cour pavée une église et son campanile. Eglise catholique, puis mosquée – il reste une belle plaque de marbre avec des caractères arabes, maintenant attenante à une église orthodoxe plus grande. Un platane très vieux a une branche horizontale si lourde qu’on dû

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l’étayer. Elle abrite un bac qui ressemble à un sarcophage et qui était la fontaine aux ablutions de la mosquée.

Nous suivons la rue Giogiou Fouriou jusqu’aux murailles. Les bains turcs sont en restaurations. Il y a   quatre coupoles, une grande fermée et trois autres plus petites percées. Nous passons devant une tour ronde inaccessible. Plus loin, du côté du port, sur le bord de la mer, en traversant la terrasse fleurie d’une maison basse et en passant avec précaution sur le rebord en ciment, j’accède au chemin de ronde en haut de la muraille. La vue est saisissante : sur le port et ses grands navires, sur les moulins de la jetée du vieux port de marchandises. Et au loin sur les côtes turques. Je découvre les coupoles du hammam sans les échafaudages.